Archives de octobre 2007

Un courant engagé, en rupture avec une tradition de soumission   Leave a comment

Quand, dans les rues de Rangoun, les moines birmans ont retourné leur bol en signe de refus de l’aumône des militaires, ils ont commis un acte de désobéissance religieuse grave. Dans le bouddhisme, le moine ne vit que d’aumônes… ou il jeûne. En choisissant l’affrontement avec le régime militaire de leur pays, en 1988 et en 2007, les moines birmans participent de fait au « bouddhisme engagé », ce mouvement panbouddhique, non issu d’une école particulière, diffus et peu structuré, né du contact avec la modernité occidentale et l’histoire de ses luttes révolutionnaires.

 

Le terme a été forgé par le moine vietnamien Thich Nhat Hanh (né en 1926, exilé en France après la victoire communiste au Vietnam). Mais sa figure emblématique est celle du dalaï-lama, chef religieux et politique du Tibet en exil. Ce courant puise aussi ses modèles ailleurs que dans le bouddhisme, chez Gandhi ou les quakers américains.

 

Il est l’héritier des luttes d’émancipation anticoloniales, auxquelles les moines bouddhistes, dans les pays où ils représentent une force sociale, ont été engagés. A l’instar des moines sri-lankais qui, à la fin du XIXe siècle, ont fait la guerre au colonisateur britannique autour du slogan « Une île, une nation, une religion ». Ils sont encore en conflit avec les Tamouls hindous ou chrétiens.

 

Le bouddhisme engagé renouvelle l’approche bouddhiste de la compassion. Il considère comme légitime l’opposition aux structures politiques en place pour restaurer un idéal de société juste. Il ne remet pas en cause les notions clés de respect, de non-violence, de compassion, mais se refuse à faire de la souffrance l’état de la seule conscience personnelle. Il existe une souffrance liée aux inégalités sociales, aux crises économiques, à l’oppression politique.

 

Le bouddhisme engagé représente une rupture radicale avec l’histoire du bouddhisme faite de subordination et de collusion avec les pouvoirs politiques, jusqu’aux plus despotiques : des petits monarques locaux aux colonisateurs et aux régimes marxistes. Pour Eric Rommeluère, spécialiste du bouddhisme, le bouddhisme engagé représente « la prise de conscience d’une dimension politique autre que celle qui a toujours existé chez les bouddhistes, celle d’une entente tacite avec les pouvoirs en place : « Je vous protège ; vous me soutenez » ».

 

Cette prise de conscience n’est, bien sûr, pas la même dans tous les pays bouddhistes, mais pour beaucoup d’observateurs, le bouddhisme engagé est en passe de devenir la principale composante du bouddhisme moderne.

Publié 29 octobre 2007 par dandanjean dans Actualités et politique

Une résistance silencieuse   Leave a comment

Le mouvement de constestation sociale des moines birmans ne faiblit pas, au contraire il s’intensifie, mais dans le silence des monastères et des pagodes. C’est une autre phase, physiquement moins violente mais psychiquement plus radicale, qui s’annonce, moins spectaculaire parce qu’elle ne se déroule pas dans la rue, dans le bruit et la fureur des foules malmenées.

 

Pour une fois, les bouddhistes du monde entier ont participé à ce mouvement. La solidarité des bouddhistes s’est d’abord exprimée en Asie même, puisque le Dalaï-lama et nombre d’autres personnalités appartenant aux écoles les plus variées se sont engagés derrière les moines birmans, mais elle s’est aussi exprimée entre les bouddhistes occidentaux et asiatiques.

 

La cause tibétaine a échoué en plusieurs décennies à faire ce que la cause birmane vient de réussir en quelques semaines : polariser les consciences des bouddhistes, toutes écoles confondues, derrière une «cause».

 

Ainsi en Birmanie, la guerre civile pourrait se poursuivre en silence, par le refus des offrandes venant des militaires et de leurs familles, par exemple. Les militaires de base ont une famille qui est en général proche des moines de base, une famille dont ils ne peuvent pas se passer dans le contexte de la culture birmane, et qui, dans ce cas, pourrait faire pression, voire rejeter le fils, le cousin, le mari, le neveu militaire, tenu pour responsable de cette condamnation religieuse à errer dans le «samsara», le monde de la souffrance, en raison d’un cruel manque de ces mérites qui sont obtenus contre les offrandes faites au Sangha.

 

Dans cette situation de désarroi, l’assise de l’armée se trouverait dangereusement ébranlée, ce qui est déjà le cas comme nous l’apprend le témoignage recueilli hier d’un jeune religieux récemment relâché, dans lequel celui-ci raconte que lors de sa détention, certains militaires venaient implorer discrètement le pardon des moines qui venaient d’être battus.

 

Cette situation d’insurrection silencieuse peut devenir intenable pour le pouvoir en place, parce qu’elle est insidieuse, incontrôlable, qu’elle sape les structures même de la hiérarchie militaire et administrative. L’action non-violente bouddhique à la birmane passe forcement par cette stratégie du refus.

 

Les défections, voire les actes de désobéissance ne manqueraient pas de se multiplier dans l’armée si le Sangha en arrivait à tourner ainsi le dos à ces hommes qui, s’ils sont soldats, sont aussi dans leur écrasante majorité de pieux bouddhistes.

 

Au fond, les militaires n’ont peur que de deux choses. D’abord de l’obstination, même silencieuse, surtout silencieuse, des moines, et ensuite des embargos internationaux qui deviennent intolérables dans ce pays littéralement affamé.

Publié 10 octobre 2007 par dandanjean dans Actualités et politique

Années de naissance Tibétaines   Leave a comment

 

Les années Terre : années se terminant par 8 ou 9

Les années Métal: années se terminant par 0 ou 1

Les années Eau   : années se terminant par 2 ou 3

Les années Bois  : années se terminant par 4 ou 5

Les années Feu   : années se terminant par 6 ou 7

 

Quelques Caractéristiques de chaque Élément

 

TERRE

 

NATURE : être semé et moissonné

ORDRE DE PRODUCTION : La Terre produit le Métal

ORDRE DE TRIOMPHE : La Terre triomphe sur l’Eau

LES NATIFS : Stables, Pratiques, Conservateurs. Centrés sur eux-même, Imaginatifs et rusés.

Unions conseillées avec les natifs de Bois et de l’Eau.

 

MÉTAL

 

NATURE : obéissant et changeant de forme

ORDRE DE PRODUCTION : Le Métal produit le l’Eau

ORDRE DE TRIOMPHE : Le Métal triomphe sur le Bois.

LES NATIFS : Vigoureux, Progressifs, Déterminés. Difficulté à trouver l’équilibre. Difficultés dans les relations humaines, la vie contemplative leur va mieux.

 

EAU

 

NATURE : Humecter et descendre

ORDRE DE PRODUCTION : L’Eau produit le Bois

ORDRE DE TRIOMPHE : L’Eau triomphe sur le Feu

LES NATIFS : Attentifs, Communicatifs, Sans repos, Sens du bonheur des masses. Gens de famille, ils sont des abris naturels.

Unions conseillés avec les natifs de Bois et de la Terre.

 

BOIS

 

NATURE : Susceptible d’être courbé et redressé

ORDRE DE PRODUCTION : Le Bois produit le Feu

ORDRE DE TRIOMPHE : Le Bois triomphe sur la Terre

LES NATIFS : Rustiques, Pratiques, Créateurs, Amants de la nature. Calmes et surs d’eux, ils réussissent bien.

Unions conseillés avec les natifs de la Terre et de l’Eau.

 

FEU

 

NATURE : Flamber et monter

ORDRE DE PRODUCTION : Le Feu produit la Terre.

ORDRE DE TRIOMPHE : Le Feu triomphe sur le Métal

LES NATIFS : Enjoués, agiles, agressifs. Éloignés des préoccupations matérielles. Aiment être des gens supérieurs.

Unions conseillés, exclusivement avec les natifs du Feu.

 

Publié 8 octobre 2007 par dandanjean dans Voyages

L’école Mahayana   Leave a comment

Bouddha a vécu quatre-vingts ans – dont quarante de prédication -, mais n’a jamais nommé de successeur. Cette absence d’autorité suprême et l’éparpillement des communautés ont donné leur marque au bouddhisme naissant. Son histoire est faite d’une longue série d’emprunts aux traditions locales – chamanisme ou tantrisme hindou -, de divisions et de schismes. Même si les frontières sont poreuses, le bouddhisme se répartit aujourd’hui en trois écoles principales, correspondant à trois zones d’implantation géographique en Asie.

 

Elle est née en Inde au début de l’ère chrétienne. C’est le bouddhisme « du Nord » : celui de la Chine (dès le Ier siècle), du Japon (VIe siècle), de la Corée et d’une partie du Vietnam. Cette réforme de l’enseignement primitif est fondée sur la notion de bodhisattva (« l’être voué à l’Eveil »), c’est-à-dire celui qui renonce à son propre nirvana pour pratiquer au plus haut degré la vertu de don et conduire à la délivrance de tous les êtres. Le bodhisattva accepte de rester dans le « cycle des existences », donc dans le monde de la souffrance, pour vivre une dimension de compassion totale.

 

L’école mahayana se fait appeler « Grand Véhicule », par opposition à l’école theravâda, qu’elle qualifie d’une notion péjorative : le « Petit Véhicule », soupçonné de ne chercher que le salut individuel. Entre les deux écoles, la dimension intérieure change, mais la vie monastique est presque identique. Dans la tradition mahayana, la figure du moine est moins idéalisée que dans la première. En Chine et au Japon par exemple, des moines se font à manger, ce qui est une hérésie pour un moine theravâda, birman ou sri-lankais. Dans tous les cas, les moines ne font pas de voeux perpétuels (puisque le monde est « impermanent »). Ils entrent et sortent du monastère, lieu de l’initiation de la plupart des jeunes.

Publié 8 octobre 2007 par dandanjean dans Voyages

L’école Theravâda   Leave a comment

Bouddha a vécu quatre-vingts ans – dont quarante de prédication -, mais n’a jamais nommé de successeur. Cette absence d’autorité suprême et l’éparpillement des communautés ont donné leur marque au bouddhisme naissant. Son histoire est faite d’une longue série d’emprunts aux traditions locales – chamanisme ou tantrisme hindou -, de divisions et de schismes. Même si les frontières sont poreuses, le bouddhisme se répartit aujourd’hui en trois écoles principales, correspondant à trois zones d’implantation géographique en Asie.

C’est la « voie des Anciens », encore appelée l' »école du Sud », puisqu’elle est implantée dans le sud-est du continent : au Sri Lanka, en Birmanie (où elle s’impose au XIe siècle), au Cambodge, en Thaïlande, au Laos et au Vietnam pour partie seulement (à cause de l’influence chinoise).

 

Ecole la plus ancienne et la plus proche du bouddhisme primitif, le theravâda – dont les textes sacrés sont en langue pâli – propose un enseignement traditionnel pour avancer sur la « voie de l’Eveil », dont l’étape de perfection ultime (nirvana) se traduit par le dépouillement de tout lien de souffrance ou de désir. L’objectif est de se libérer du samsara, le « cycle des renaissances ». Etre sauvé signifie être libéré d’un monde terrestre réduit à des réalités « phénoménales » ou « impermanentes ».

 

Pour ne plus mourir, il ne faut plus renaître… D’où le développement d’une spiritualité, dans le theravâda, du « non-attachement », puissante chez les moines, qui s’interdisent toute activité mondaine. Ils ne travaillent pas, ne reçoivent aucun argent, ne se font pas à manger. Ils sortent chaque matin pour mendier leur nourriture et dépendent intégralement des laïcs. Ils pratiquent de manière radicale le Noble Octuple Chemin (« parole juste, acte juste », etc.) pour développer cette attitude mentale de « non-attachement ».

Publié 6 octobre 2007 par dandanjean dans Voyages

L’école Vajrayana   Leave a comment

Bouddha a vécu quatre-vingts ans – dont quarante de prédication -, mais n’a jamais nommé de successeur. Cette absence d’autorité suprême et l’éparpillement des communautés ont donné leur marque au bouddhisme naissant. Son histoire est faite d’une longue série d’emprunts aux traditions locales – chamanisme ou tantrisme hindou -, de divisions et de schismes. Même si les frontières sont poreuses, le bouddhisme se répartit aujourd’hui en trois écoles principales, correspondant à trois zones d’implantation géographique en Asie.

Elle est aussi appelée « Véhicule du diamant », ou « Véhicule des formules » (mantrayana), ou « bouddhisme tantrique » (tantrayana, inspiré des tantras hindous, mot qui signifie « ouvrages explicatifs »).

 

Il s’agit ici du bouddhisme tibétain, très minoritaire dans le bouddhisme mondial, mais le plus connu et pratiqué en Occident. L’école du « diamant » (le diamant est le symbole de la force qui détruit les illusions) est née également dans le nord de l’Inde et s’est développée, entre les IIIe et Ve siècles, au Tibet, en Mongolie et au Bhoutan.

 

Elle emprunte aux deux précédentes écoles, pénétrant même le « Grand Véhicule » de Chine et du Japon. Le zen japonais (chan en chinois), également connu et pratiqué aux Etats-Unis et en Europe, incorpore, par exemple, des éléments tantriques, ces techniques d’invocation de divinités et de récitation de formules rituelles, capables de provoquer une « transmutation » intérieure. Le but est d’acquérir l’état d’éveil dès cette vie, et non sur un parcours étendu à de nombreuses existences. Le maître spirituel (guru) y tient une place essentielle.

 

Ce bouddhisme a inspiré au Tibet un système théocratique fondé, depuis le milieu du XVIIe siècle, sur le pouvoir des lamas (« maîtres »). Le dalaï-lama est le maître dont la sagesse est aussi vaste que l’océan (dalaï). L’actuel dalaï-lama, Tenzin Gyatso, a dû quitter son pays occupé par les Chinois en 1959.

Publié 4 octobre 2007 par dandanjean dans Voyages

Génocide tibétain   Leave a comment

 

– Plus de 1.2 million de morts entre 1950 et 1976,

   soit un cinquième de la population totale du pays.

 

– 342 970 morts de famine

 

– 432 705 tués au combat

 

– 173 221 morts en prison ou en camps de travail

 

– 156 758 exécutés

 

– 92 731 morts sous la torture

 

– 9 002 suicides

 

Sous les yeux du monde, le pays le plus peuplé de la Terre, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la convention internationale des droits de l’enfant continue à violer impunément les droits humains les plus élémentaires.

 

Le génocide tibétain et l’occupation illégale du Tibet par la Chine sont reconnus par la commission internationale des juristes.

 

Des résolutions ont été prises par les Nations Unies en 1959, 1961 et 1965. Elles ne sont toujours pas appliquées en l’an 2007…

Publié 2 octobre 2007 par dandanjean dans Actualités et politique

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