Archives de février 2008

Le 29 février : Quelque chose de spécial   Leave a comment

Une tendance de plus en plus répandue est de développer des superstitions liées à la date du 29 février des années bissextiles.

 

Une année bissextile est une année de 366 jours, comprenant un 29 février. En latin, on emploie le terme de bisextus pour désigner le jour intercalaire que l’on plaçait tous les quatre ans dans le calendrier julien. Ce mot est composé de bis (deux fois) et de sextus (sixième). On doublait le sixième jour avant les calendes de mars, c’est-à-dire le 24 février. Un bissexte, c’est à l’origine un 24 bis de février. En ancien français, le jour intercalaire portait le nom de bissestre (ou besistre). Aujourd’hui, on parle plutôt du 29 février que du bissexte !

 

Depuis 1582, sont donc bissextiles toutes les années divisibles par 4 mais non divisibles par 100 et les années divisibles par 400.

 

Et cette année, en 2008, il y aura un 29 février…

 

Une étude menée récemment a révélé que des gens qui n’ont pas l’habitude de jouer ou qui ne jouent pas beaucoup tentent leur chance ce jour-là. Il est donc très possible que l’on voit petit à petit émerger un marché du "jour de chance" lié au 29 février, un peu comme les super tirages des vendredis 13.

 

Bien sûr il y a toutefois les plus pessimistes pour qui la date du 29 février reste associée à :

 

29 février 1960 : un tremblement de terre ravage Agadir, au sud du Maroc. L’ensemble de la ville est détruite, à l’exception du fort historique, et le bilan officiel fait état de plus de 12 000 victimes.

 

29 février 1968 : un avion Iliouchine 18 de la compagnie United Arab Airlines se crashe à Aswan et tue 16 de ses 112 passagers et membres d’équipage.

 

29 février 1996 : le crash d’un Boeing 737 de la Faucett, au sud du Pérou, tue les 117 passagers et 6 membres d’équipage.

 

29 février 2000 : la collision entre un autocar et une voiture fait 29 morts et 18 blessés à Bailén en Espagne

 

Ne nous alarmons pas car le 29 février c’est aussi :

 

29 février 1848 : fin de la Révolution de février 1848, qui se termine par la proclamation de la République. Les titres de noblesse sont abolis.

 

29 février 1940 : Hattie McDaniel devient la première actrice noire à obtenir un Oscar pour sa participation au film Autant en emporte le vent.

 

29 février 2008 : première Journée mondiale des maladies rares.

 

En attendant, passez un excellent 29 février 2008 et détendez-vous.

Publié 29 février 2008 par dandanjean dans Débats à partager

Dernier refuge, reportage sur les traces des réfugiés tibétains en Inde   Leave a comment

 

Par Laetitia Cheyroux

 

A 600 km au Nord-Ouest de New-Delhi, Dharamsala-McLeod Ganj est la petite ville himalayenne où se sont installés le gouvernement tibétain en exil et le Dalaï Lama, avant d’être rejoints par de nombreux Tibétains. Le centre d’accueil des réfugiés ouvert en 1990 est pour eux l’ultime étape avant de commencer une nouvelle vie en Inde.

 

Un panneau l’annonce discrètement. En plein centre de McLeod Ganj, un vieux bâtiment fait office de centre d’accueil pour les réfugiés tibétains récemment arrivés en Inde. Des murs décrépis, des pièces sombres et sans chauffage, mais aussi des portraits du Dalaï Lama entourent ceux qui ont quitté récemment le Tibet. Chaque année, en moyenne 2500 à 3000 nouveaux réfugiés passent par le centre d’accueil de Dharamsala. En 2007, ils étaient moins nombreux. « Nous avons reçu un peu plus de 2300 personnes l’année dernière », explique M. Dorjee, le directeur du centre d’accueil. «  Les contrôles de la police chinoise se sont accrus, donc moins de Tibétains ont tenté leur chance ou plus d’entre eux ont été repérés. »

 

Rejoindre le Dalaï Lama

 

La majorité d’entre eux fuient leur pays en traversant la barrière himalayenne pendant l’hiver. Après des mois d’économie, ils paient leurs passeurs environ 4000 à 5000 yuans. Bien souvent, seul un membre de la famille peut partir. La priorité est donnée aux enfants dans l’espoir qu’ils reçoivent, une fois en Inde, une éducation respectant la culture tibétaine. Après des nuits de marche dans la neige, bravant le froid et évitant les crevasses, ils passent la frontière népalaise. « Quand ils atteignent Katmandou, ils sont exténués par leurs trois semaines de marche. Notre premier centre les prend en charge, leur procure des soins, en particulier pour leurs gelures et les aident à obtenir les papiers nécessaires pour venir en Inde. A partir de ce moment-là, ils n’ont plus à se soucier de rien », souligne M. Dorjee. Le gouvernement tibétain en exil, en coopération avec les autorités indiennes, a en effet mis en place un programme d’accueil des nouveaux réfugiés. Ils sont transportés dans le second centre d’accueil à Delhi, avant de prendre un autre car pour Dharamsala. Là, ils sont logés, nourris et habillés gratuitement, en attendant d’être reçus par le Dalaï Lama. Deux à trois semaines d’attente en moyenne, dont la plupart profitent pour se reposer et se préparer à leur nouvelle vie.

 

Aller de l’avant

 

Haut et fort, Penmayang et Pasang récitent en boucle l’alphabet anglais. Ces adolescentes font partie des soixante-huit pour cent de réfugiés de moins de trente ans qui transitent par le centre. Elles sont arrivées il y a peine quatre jours. Elles savent déjà se présenter et entamer une conversation en anglais grâce aux cours du centre, et à leur détermination. Allongées sur leur matelas, emmitouflées dans leurs couvertures, elles ont passé leurs journées à s’interroger mutuellement : « How are you ? I’m fine, and you ? ». Leur longue route pour rejoindre Dharamsala semble déjà appartenir au passé. Elles sont aujourd’hui impatientes de connaître leur nouvelle école. Pour l’instant, elles n’en connaissent que le nom : le Tibetan Children’s Village (TCV) de Suja. Un des quinze établissements scolaires tenus par le gouvernement tibétain, situé à environ trois heures de route de Dharamsala. Dans le centre d’accueil, Penmayang et Pasang ne sont pas les seules à se réjouir de leur avenir immédiat.

« Nous avons envie de profiter de notre liberté. »

 

Au fond d’un étroit couloir, dans une des chambres réservées aux anciens prisonniers politiques, Lobsang Padon et Tashi Phusok reprennent des forces. Ces moines, en civil, ont passé ensemble douze ans dans une prison de Lhassa. « Nous avions vingt-quatre ans lorsque nous avons manifesté devant l’ambassade chinoise. Avec trois autres moines, nous réclamions simplement plus de liberté. Nos amis ont été condamnés à quinze ans de prison pour avoir été les meneurs, nous un peu moins », rappelle Lobsang Padon. Son compagnon, dont l’œil gauche a été abîmé par les coups reçus pendant les premiers mois de sa détention, raconte, avec un sourire paradoxal, son séjour. « Au début, les Chinois nous battaient quotidiennement pour nous punir et nous faire dire que ce que nous avions fait été mal. Petit à petit, ils ont arrêté. Nous vivions dans une petite maison à part et ils nous apportaient à manger. Le soir, nous arrivions à lire discrètement des textes bouddhiques apportés par nos proches, et le temps passait. » Un an après leur sortie de prison, ils sont partis pour l’Inde et ne souhaitent pas retourner dans un monastère tout de suite. « En prison, nous ne pouvions pas faire grand chose. Dans un monastère, il y a aussi beaucoup de règles », précise Lobsang Padon. « Nous avons envie de profiter de notre liberté. » Une fois tous leurs examens médicaux terminés, ils iront donc dans un centre d’enseignements pendant cinq ans, et décideront alors de rejoindre, ou non, une communauté de moines en Inde.

 

Pour les réfugiés qui dépassent la trentaine ou qui n’appartiennent à aucun ordre religieux, la situation est plus complexe. « Ceux sont ceux qui nous posent le plus problème, surtout s’ils n’ont aucun proche déjà en Inde. Ils doivent trouver eux-mêmes leur logement et c’est dur pour eux de trouver un travail », s’inquiète le directeur du centre. « Nous leur donnons juste 3000 roupies pour qu’ils se lancent, plus quelques conseils pour les guider et monter leur propre affaire, mais c’est tout. » La plupart de ceux qui décident de rester dans la ville installent un étal de bijoux le long des rues de McLeod Ganj. Ils comptent alors sur les touristes séduits par l’artisanat tibétain pour survivre.

Publié 26 février 2008 par dandanjean dans Débats à partager

Eclipse   Leave a comment

Un jour après la naissance d’Emmy, une éclipse de lune

Amateurs d’astronomie, aujourd’hui est votre journée. À défaut de voir une météorite s’écraser comme dans la province de votre choix aujourd’hui, vous pourrez voir, si dame nature le permet, une éclipse de lune.

L’éclipse de lune sera totale au-dessus du Québec en autant que le temps soit clair. L’événement aura lieu en début de soirée.

La lune devrait commencer à s’effacer dans l’ombre de la terre vers 20h45. Puis, elle sera totalement éclipsée vers 22h. La terre lui fera alors un ombrage total, empêchant le soleil de l’éclairer. Vers 22h50, la lune va recommencer à paraître pour sortir complètement de l’ombre un peu dépassé minuit.

Munissez-vous de votre téléscope ou de jumelles pour voir le phénomène. Contrairement à l’éclipse de soleil où c’est la lune qui passe entre nous et le soleil, l’éclipse lunaire peut être observée sans danger pour nos fragiles rétines.

Publié 20 février 2008 par dandanjean dans Textes de mon cru

La tradition bouddhiste tibétaine Karma Kamtsang   Leave a comment

Le Bouddhisme tibétain

Les trois aspects des enseignements du Bouddha se sont perpétués au Tibet. Il n’y a pas véritablement de chose telle que le « bouddhisme tibétain », en ce sens que son contenu est principalement le Bouddhisme qui fleurissait en Inde entre le 8è et le 12è siècle ap. J.C., et qui s’est transposé au Tibet pendant ces siècles, au cours d’une grande vague d’activité alimentée à la fois par les maîtres bouddhistes tibétains et indiens (heureusement il en fut ainsi parce qu’il fut éradiqué dans son Inde natale au cours des siècles qui suivirent). Bien que les Tibétains firent un excellent travail de codification et de commentaires sur le Bouddhisme d’Inde, ils ajoutèrent peu à son contenu. Le Bouddhisme tibétain ne doit pas être considéré comme une sorte d’excroissance exotique de Bouddhisme, comme certains pourraient le croire, mais comme la crème du Bouddhisme, dans sa forme la plus complète, où que ce soit dans le monde. Dans ses nombreux enseignements, on trouve tout ce qui se retrouvé séparément ailleurs, comme le Théravada, le Zen, etc., ainsi que de nombreux enseignements qui ne restèrent tels quels qu’au Tibet.

Des trois sortes de Bouddhisme indien, la vajrayana (souvent appelé tantra également) n’a survécu sous une forme vivante et intégrale qu’au Tibet, bien qu’on en retrouve des traces sous une forme plus rare et hermétique, au Burma et au Japon. C’est le nec plus ultra du Bouddhisme, et les Tibétains l’ont préservé d’une manière extraordinaire. On dit qu’à peu près un homme sur quatre au Tibet était moine ou ermite. Un pourcentage un peu plus faible mais significatif, de la population féminine, était nonne. C’est par leur pratique de méditation répandue et assidue que la « transmission intérieure » de la véritable signification des enseignements du Bouddha, fut maintenue et s’épanouit au Tibet.

Au cours des siècles, différents courants majeurs du Bouddhisme sont arrivés au Tibet. Bien que l’analyse des érudits tibétains y distingue 8 courants, de nombreuses personnes aujourd’hui considèrent qu’il y a quatre écoles principales du Bouddhisme tibétain : Nyingma, Kagyu, Sakya et Gelug. Parmi celles-ci, la plus ancienne est le Nyingma, fondé lorsque le Bouddhisme s’implanta pour la première fois au Tibet au 8è siècle, et le plus récent est le Gelug, qui remonte environ au 14è siècle, dont la personnalité actuelle la plus connue est SS le Dalaï Lama.

La tradition Kagyu

Comme toutes les lignées bouddhistes authentiques, la tradition kagyu a des racines implantées fermement dans les enseignements du Bouddha. Le point central en est toujours identique et unique : comment émerger des fluctuations perpétuelles de hauts et de bas, de douleurs et de plaisirs éphémères de l’existence mondaine basée sur l’illusion, et comment trouver la joie permanente, ultime, qui est la vraie nature de l’existence ? Illusion et vérité, relatif et ultime.

Ce qui distingue le Kagyu des autres traditions est la manière par laquelle les enseignements du Bouddha sont formulés et par les techniques très puissantes de méditation qu’elle utilise afin de permettre l’expérimentation et la réalisation des enseignements du Bouddha. La clarté de la formulation et la vivacité de la technique fleurissent à travers une lignée directe et ininterrompue d’enseignements qui nous viennent du Bouddha. Ceci est explicité plus en détail dans la page sur la Kagyu et l’héritage spirituel de Tilopa, et dans la partie sur la signification du nom Kagyu.

La lignée Kagyu elle-même dérive directement du Bouddha à travers deux courants d’enseignement. Le contenu de ces deux courants, et le coeur véritable de la doctrine Kagyu est appelée mahamoudra :

  • le premier courant d’enseignements provient du Bouddha, sous la forme du Vajradhara, à travers une succession de maîtres indiens, dont Saraha et Nagarjuna, et qui se termine avec Maitripa dans l’Inde du 11è siècle. Le fait principal de cet aspect du mahamoudra est le travail de méditation directe sur l’esprit lui–même. Ces enseignements furent amenés au Tibet par le disciple de Maitripa, – le Tibétain, Marpa.
  • le second courant d’enseignements vint du Vajradhara à Tilopa, un mahasiddha bouddhiste extraordinaire, qui a assimilé et maîtrisé les enseignements de plus de 100 importants gourous de son époque. Il transmit la quintessence de son héritage au Mahapandita Naropa, un des plus grands érudits du bouddhisme, et un des 84 grands siddhas de l’Inde. Cette lignée du mahamoudra utilise de nombreuses techniques de visualisation et de yoga aux fins d’aider à la compréhension générale de la nature de la réalité. Le tibétain Marpa fut également le suzerain principal de cette transmission.

Les deux principaux courants du mahamoudra arrivèrent donc au Tibet de par l’incroyable puissance de volonté de Marpa, qui, dans sa recherche de compréhension, fit le dangereux voyage du Tibet à l’Inde par trois fois, et qui y passa plus de 20 ans sous l’autorité de Naropa, pour y absorber la quintessence des enseignements bouddhistes vajrayana de l’Inde.

Le principal disciple de Marpa fut Milarepa, une personne amène au bouddhisme par les événements dramatiques de sa propre vie. Milarepa allait devenir le yogi le plus célèbre du Tibet parce qu’il acheva son voyage vers l’illumination au cours d’une seule vie, et aussi par son empressement inégalé à méditer vêtu d’un fin drap de coton, dans des grottes situées très haut dans les montagnes neigeuses.

Les deux générations suivantes de patriarches Kagyu allaient réellement forger son avenir pour le millénaire suivant. Gampopa, le disciple de Milarepa intégra les profonds enseignements en la grande érudition et en la discipline monastique pure qu’il reçut et qu’il maîtrisait déjà, pour devenir un maître bouddhiste compétent dans tous les aspects de l’enseignement. Il engloba la perfection des trois yanas. La venue de Gampopa avait même été prévue et prédite par le Bouddha Sakyamuni, dans le Samdhiraja Sutra. Alors que Milarepa atteint l’illumination en une seule vie, Gampopa est perçu comme quelqu’un qui serait resté pendant des périodes cosmiques innombrables au 10è niveau de bodhisattva, afin d’aider un Bouddha après l’autre à apporter leurs enseignements au monde.

Le chapitre sur Gampopa dans l’édition (anglaise – NDT) des « 100.000 chants de Milarepa » vous donnera plus de détails en une vue intéressante des relations entre Milarepa et Gampopa.

Il y a quatre lignées Kagyu majeures et 8 lignées mineures qui se déploient des disciples de Gampopa. On les connaît collectivement comme les Dagpo Kagyu, Dagpo Rinpoché étant un autre nom de Gampopa. Les deux noms (comme bien des noms tibétains) touvent leur origine dans des lieux. Dagpo était, en fait le nom du lieu de naissance de Gampopa, et Gampo est le nom de la montagne sacrée où il établit le premier monastère tibétain Kagyu.

Vient ensuite un phénomène extraordinaire dans la lignée Kagyu : le principal disciple de Gampopa était le 1er karmapa, Dusum Chenpa. Il devait se réincarner encore et encore à partir de là, pour guider et protéger la lignée Kagyu. Il allait donc devenir le premier Tulkou du Tibet, ou gourou réincarné. Entre chaque réincarnation successive du Karmapa, la continuité de la lignée de vision intérieure spirituelle serait assurée par son disciple principal, qui retransmit les détails des enseignements à la réincarnation de son précédent gourou. Cette succession ininterrompue, de Tilopa à Narope, Marpa, Milarepa, Gampopa, les Karmapas, les Sitoupas, les Sharmapas, les Gyaltsabpas et les autres gourous est appelée le Rosaire d’Or des enseignants Kagyu :

Le Rosaire d’Or des enseignants Kagyu

  • Buddha Vajradhara
  • Lodro Rinchen
  • Saraha
  • Nagarjuna Buddha Vajradhara
  • Shawaripa Tilopa
  • Maitripa Naropa
  • Marpa Marpa
  • Milarepa
  • Gampopa
  • 1er Karmapa Dusum Chenpa
  • Drogon Rechen (Situ)
  • Pomdrakpa
  • Karma Pakshi (Karmapa 2)
  • Orgyenpa
  • Rangjung Dorje (K3)
  • Yungtonpa
  • Rolpe Dorje (K4)
  • Kacho Wangpo (Shamar)
  • Deshin Shekpa (K5)
  • Ratnabhadra
  • Tongwa Donden (K6)
  • Jampal Zangpo
  • Paljor Dondrup (Gyaltsab)
  • Chodrak Gyamtso (K7)
  • Tashi Paljor (Sanje Nyenpa)
  • Michö Dorje (K8)
  • 5è Shamarpa
  • Wangchuk Dorje (K9)
  • 6è Shamarpa
  • Choying Dorje (K10)
  • 7è Shamarpa
  • Yeshe Dorje (K11)
  • 8è Shamarpa
  • Changchup Dorje (K12)
  • 8è Tai Situ Choji Jungne
  • Dundul Dorje (K13)
  • 10è Shamar Mipam Chodrup
  • 9è Situ Pema Nyinche
  • Tekcho Dorje (K14)
  • Yonten Gyamtso (Kongtrul)
  • Khachap Dorje (K15)
  • 11è Tai Situ Pema Wangcho
  • Chentse Ozer (Kongtrul 2)
  • Rangjung Rikpe Dorje (K16)

Sa Sainteté le 16è Gyalwa Karmapas’en est allé en 1981 et sa réincarnation fut découverte au Tibet en 1992. Le 17è Gyalwa Karmapa est Urgyen Trinley Dorje, actuellement au siège tibétain traditionnel des karmapas : le monastère de Tsourphou au Tibet (NDT ces notes ont été rédigées avat la fuite du Karmapa du Tubet). Les principaux tenants actuels de la lignée sont le Khentin Tai Situpa et le Goshir Gyaltsabpa. Lorsque le temps sera mûr, ils retransmettront la forme extérieure des enseignements Kagyu au 17è Karmapa dont l’esprit représente la pureté et la clarté continuée des précédents Karmapas. Traditionnellement, on ne considère pas approprié d’inclure ces deux tenants de la lignée ou l’actuel Karmapa parmi la liste du Rosaire d’Or, avant que leur transmission formelle ait été accomplie.

Publié 15 février 2008 par dandanjean dans Voyages et errances

Moine et PDG dans la fripe en Inde   Leave a comment

 

Emmanuel Langlois – 19 janvier 2008

 

ll a réussi le mariage improbable entre capitalisme et renoncement matériel. Christian Fabre, devenu moine hindou, se partage sans complexe entre business et spiritualité.

 

Appelez-le Swami Pranavananda. Christian Fabre n’est plus le jeune Biterrois, fils d’un cheminot et d’une couturière, venu chercher fortune dans le cuir, en Inde, au début des années 70. Il avait 25 ans, et débarquait avec femme et enfant.

 

Aujourd’hui, l’homme dirige une des plus grosses fabriques de textiles de Madras, dans le sud de l’Inde. Il approvisionne les grandes marques de prêt-à-porter françaises (Kenzo, Oxbow), fait travailler 23 usines, emploie 60.000 personnes, et avance 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Et pourtant, le PDG surbooké, sans doute l’un des plus importants contribuables indiens, ne possède rien en nom propre.

 

Fidèle aux préceptes de son ordre monastique, il a fait don de tous ses biens à ses associés. Car l’homme est aussi un Swami, depuis qu’il s’est converti à l’hindouisme. Christian Fabre a découvert la spiritualité à un passage difficile dans sa vie : il venait de perdre son emploi et sa femme et son fils étaient rentrés en France. Coléreux, dépressif, accro à l’alcool et au tabac, Fabre se lance alors dans une longue introspection, et apprend à discipliner ses pensées et à apprivoiser ses émotions. « J’avais touché le fond, raconte le Swami. J’avais des voisins brahmanes, la caste traditionnelle des prêtres dans la hiérarchie hindoue. La femme m’invita un jour chez elle et, entre deux gâteaux de riz, me parla de respiration et de médiation. Ce fut l’illumination, je venais de découvrir un trésor. »

 

Aujourd’hui, le sage a 62 ans. Il partage son temps entre les locaux flambant neufs de sa société, « Fashions International » et son ashram, l’ermitage qu’il a créé, perdu dans la forêt, dans la montagne, sur les hauteurs de Chennai. « Je suis Swami du matin au soir, explique l’homme à longue barbe en drapé safran, y compris lorsque j’exerce mon activité de PDG. Je peux recevoir un appel professionnel des Etats-Unis puis rencontrer un visiteur de l’ashram. Il n’y a pas de dichotomie. C’est dans la vie matérielle qu’il faut introduire du spirituel. »

 

Ici, entouré de fidèles Indiens dévoués, le Swami prie, médite, et garde un contact permanent avec le monde extérieur grâce à sa connexion par satellite, et au forum de discussion qu’il anime régulièrement. Le fidèle de Shiva est branché. Il s’est offert un site Internet interactif et reçoit aussi les voyageurs de passage qui ont bravé la route en lacets sans fin pour atteindre sa retraite dans les nuages.

Publié 10 février 2008 par dandanjean dans Débats à partager

Nouvel An chinois   Leave a comment

 

Une nouvelle année chinoise va commencer le 07 Février 2008, pour se terminer le 25 Janvier 2009. L’année, placée sous le signe de l’animal symbolique Rat et de l’élément cosmogonique Terre, sera donc une année du RAT de Terre.

 

Le Génie du Foyer

 

Une semaine avant le  Nouvel An chinois, chaque famille procède à la cérémonie d’adieu au Génie du Foyer. Celui-ci doit en effet faire un long voyage au Ciel pour présenter son rapport annuel à l’Empereur de Jade (divinité céleste) sur les bonnes et les mauvaises actions de la famille au cours de l’année écoulée. Afin d’obtenir les faveurs du Génie, on présente devant son image placardée dans la cuisine de nombreux cadeaux alimentaires. Les Chinois ont l’habitude de lui offrir en particulier des sucreries, de préférence des produits collants, afin de l’empêcher d’ouvrir la bouche et dire du mal d’eux devant l’Empereur de Jade.

 

Durée des festivités

 

La veille du  Nouvel An chinois et les 3 jours qui suivent sont des jours fériés. Mais dans plusieurs branches d’activité, la fête dure une semaine entière. Les seuls établissements ouverts durant cette période sont les théâtres et les restaurants. La vie économique du pays reprend le 7e jour du  Nouvel An, mais l’ambiance festive continue jusqu’à la Fête des Lanternes, au 15e jour du premier mois de l’année.

  

Rites et coutumes

 

En Chine, la célébration du Nouvel An varie d’une province à l’autre. Mais certains rites et coutumes sont adoptés par tous les Chinois, qu’ils résident au Nord ou au Sud, dans le pays ou à l’étranger.

 

Tout d’abord, pas de  Nouvel An sans pétards. Ceux-ci détonent pratiquement sans discontinuer pendant toute la journée, et de façon sporadique durant une semaine entière.

 

Les Chinois aiment coller un peu partout dans la maison des messages de bon augure écrits sur du papier rouge. Deux sentences parallèles rédigées en parfaite calligraphie ornent les 2 côtés de la porte d’entrée. La jarre de riz est souvent surmontée d’une pancarte portant les mots « Toujours pleine! ». Des offrandes aux différents Génies font partie du rituel du Jour de l’an. On rend hommage aux ancêtres décédés et fête l’arrivée du nouveau Génie du Foyer en plaçant son image dans la cuisine. 

 

Le réveillon

 

Tout comme le réveillon de Noël pour les Occidentaux, le réveillon du Nouvel An chinois est avant tout une fête de la réunion familiale où tout le monde se retrouve autour d’une table. Le dîner ne peut commencer que lorsque tous les membres de la famille sont présents. Des places sont réservées à ceux qui travaillent au loin et ne peuvent rentrer pour le festin familial.

 

 Le repas comporte un grand nombre de plats, et certains plats à signification symbolique figurent obligatoirement au menu: le plat appelé « légumes de la longue année » représente l’intelligence; « poulet entier » est censé assurer la santé à tous les membres de la famille, etc. Les boulettes de poisson, les boulettes de crevettes et les boulettes de viande, qui représentaient les 3 sommets du concours administratif dans la Chine ancienne, représentent aujourd’hui le succès dans les études. Le réveillon du Nouvel An est à plus d’un titre un dîner absolument à part dans l’année.

 

L’argent de la chance

 

Le réveillon se termine toujours par la distribution de « l’argent de la chance « . Les adultes, en particulier les parents et grands-parents, remettent aux enfants des enveloppes rouges contenant de l’argent qui est censé leur apporter la chance durant toute la nouvelle année. Autrefois l’argent du Nouvel An se présentait sous la forme de cent pièces de cuivre liées ensemble, symbolisant l’espoir de vivre jusqu’à cent ans.

 

La danse du dragon

 

Contrairement aux Occidentaux, les Chinois considèrent le dragon comme un animal représentant la noblesse, la bravoure et la chance. Après plus de mille ans d’existence, cette danse du dragon conserve toute sa popularité et tout son pouvoir de fascination. Elle peut s’exécuter le jour ou la nuit. Le spectacle nocturne est toujours d’une beauté saisissante. Le dragon utilisé est paré d’une grande variété de couleurs chatoyantes. Il comprend en général de 9 à 12 sections, chacune pouvant atteindre de un à trois mètres de longueur. Tambours et gongs rythment la danse de cet animal mythique tant respecté des Chinois.

Publié 5 février 2008 par dandanjean dans Débats à partager

Chamane et Drala   Leave a comment

On peut qualifier de chamanes des individus capables d’accéder à volonté à des états modifiés de conscience, et de répondre à certains besoins de leur communauté en jouant un rôle de médiateurs entre le sacré et le profane.

Mircéa Eliade définissait classiquement les chamanes comme maîtres des techniques archaïques de l’extase.

Le chamanisme est-il une religion ? Le terme de religion semble impliquer un corpus constitué d’écritures sacrées et une hiérarchie sacerdotale dont le chamanisme est dépourvu. Mais si nous considérons son attitude métaphysique et sa croyance en la survie de l’âme, le chamanisme est une religion. C’est même le prototype, le soubassement, de toute religion établie. Les chamanes peuvent concevoir des images, pas nécessairement matérielles, des déités et des esprits, qu’ils animent par le rituel, et en donner une représentation symbolique par la voix et le geste.

L’environnement des chamanes du troisième millénaire différera considérablement de celui des chamanes préhistoriques – le rapport avec la nature devenant lui-même l’objet d’une quête, le geste d’un retournement originaire. Les habitants des mégalopoles expriment culturellement des besoins différents de leurs ancêtres préhistoriques. Pourtant, l’individu peut être aussi perdu, aliéné et isolé dans la jungle urbaine que le chasseur ou le collecteur dans la steppe ou la forêt d’origine.

Précisons ceci pour conclure : les enseignements de Chögyam Trungpa sur la tradition sacrée de Shambhala, originaire d’Asie Centrale et du Tibet, porteurs d’une résonance chamanique extrêmement vive, sont clairs : « Lorsque nous captons dans une perception unique la puissance et la profondeur de l’immensité, nous découvrons et invoquons la magie. Par “magie”, nous n’entendons pas ici un pouvoir anormal sur le monde phénoménal, mais au contraire la découverte de la sagesse innée et primordiale du monde tel qu’il est, la sagesse du miroir cosmique. En tibétain, cette qualité magique de l’existence, cette sagesse naturelle, s’appelle “drala”. Dra signifie “ennemi” et la signifie “au-dessus”. Drala est la sagesse et la puissance inconditionnelle du monde, par-delà tout dualisme ; drala se situe au-delà de tout ennemi ou conflit. […] Découvrir drala, c’est créer des liens avec le monde, de sorte que chaque perception devient unique. C’est voir avec le cœur, de sorte que ce qui est invisible à l’œil devient visible. On pourrait presque considérer drala comme une entité. »

Aussi ne parle-t-on pas seulement du principe de drala, mais de rencontrer les dralas. Les dralas sont dans les rochers, les arbres, les montagnes, dans un flocon de neige ou une motte de terre. Tout ce qui est, tout ce que nous rencontrons dans notre vie, ce sont les dralas de la réalité.

Publié 2 février 2008 par dandanjean dans Voyages et errances

%d blogueurs aiment cette page :