Frère d’arme

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Le plus grand secret qu’il nous a enseigné est que ce n’est pas l’homme qui dirige les évènements mais les événements qui dirigent l’homme. Les évènements qui surprennent l’homme ont tous été vécus par d’autres hommes avant lui. Tous les possibles humains ont été ressentis. Rien de ce qui nous arrive ici-bas, si grave ou si avantageux que ce soit, n’est neuf. Mais ce que nous ressentons est toujours neuf car chaque homme est unique, comme chaque feuille d’un même arbre est unique. L’homme partage avec les autres hommes la même sève, mais il s’en nourrit différemment. Même si le neuf n’est pas vraiment neuf, il reste toujours neuf pour ceux qui viennent sans cesse s’échouer au monde, génération après génération, vague après vague. Alors, pour s’y retrouver dans la vie, pour ne pas se perdre en chemin, il faut écouter la voix du devoir. Penser trop par soi-même, c’est trahir. Celui qui comprend ce secret a des chances de vivre en paix. Mais rien n’est moins sûr.

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Cet ennemi d’en face à demi mort, il devait le retuer par précaution, pour ne pas avoir à regretter qu’un frère d’armes, qu’un camarade passant par le même chemin, reçoive un mauvais coup.

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Les princes, comme les lutteurs, portent toujours des cicatrices. Ce sont leurs cicatrices qui racontent leur histoire. Les princes, comme les lutteurs, ont besoin d’avoir au moins une cicatrice pour que les autres en fassent un grand récit. Pas de cicatrice, pas d’épopée. Pas de cicatrice, pas de grands noms. Pas de cicatrice, pas de renommée.

David Diop dans Frère d’arme

Une pièce musicale de Mark Knopfler – Brothers In Arms

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/243264.html

Au cœur de soi

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Il nous est tous déjà arrivé de nous sentir disparaître du temps et de l’espace à la lecture du texte ou d’un poème.  Certains parlent de joie de l’âme, d’autres de contact mystique, d’autres du contact avec la part de l’âme de l’auteur.

Je n’accorde pas trop d’importance au nom que l’on donne aux expériences. Je sais que lorsqu’un texte ou un poème me permet d’ouvrir une dimension qui me dépasse, et de me sentir au cœur de soi, comme si rien n’était divisible, même si cela ne dure que quelques secondes, que quelques minutes, cette expérience est précieuse et intense.

Puis, on se surprend à vivre cette même expérience en se promenant dans la nature, ou en partageant des moments vrais avec des proches. C’est cela l’émerveillement face à la vie.

Il est possible d’accéder à une présence nue libérée de nos concepts et de nos repères.

C’est précisément lors de ces expériences où émerge en nous une nouvelle façon de regarder, où nous sommes soudain affranchis pour un instant de l’attachement à notre singularité et relié dans une communion que nous n’avons pas besoin de nommer, que nous mesurons le sens de la vie.

Il n’est plus nécessaire de tout posséder, ou de tout atteindre lorsque l’expérience de la vie est porteuse de la capacité d’émerveillement. C’est une belle chose à cultiver au cœur de soi.

Une pièce musicale de Chopin – Spring Waltz (Mariage d’Amour)

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