Première lettre de Gandhi à Adolf Hitler, 23 juillet 1939 tirée du livre de Peter Rühe intitulé Gandhi

Gandhi citation

Cher ami, Des amis m’ont pressé de vous écrire pour le bien de l’humanité. Mais j’ai résisté à leur demande, parce que j’ai le sentiment qu’une lettre de ma part serait une impertinence. Quelque chose me dit que je ne dois pas calculer et que je dois formuler cet appel sans m’interroger sur ce qu’il vaut. Il est tout à fait clair que vous êtes aujourd’hui la seule personne au monde qui peut empêcher une guerre susceptible de réduire l’humanité à l’état sauvage. Devez-vous payer ce prix pour l’objet que vous recherchez, quelle que soit l’importance qu’il revête à vos yeux? Écouterez-vous l’appel de celui qui a délibérément rejeté la méthode de la guerre non sans un considérable succès? Quoi qu’il en soit, j’attends votre pardon, si j’ai péché en vous écrivant. Je demeure votre ami sincère.

De Mahatma Gandhi

Une pièce musicale Symphonie Universelle

Sacré Nouvel An

Une vue sur la ville de Québec

Une nouvelle année est disparue, une nouvelle année est apparue. Tout change et tout recommence encore une fois.

Le Nouvel an arrive à des dates différentes selon les cultures, croyances et traditions.

Ainsi, le Nouvel An sera fêté le 1er janvier au Québec pour une grande partie de la population.

Ceux qui partagent la tradition orientale recommenceront le 5 février pour le nouvel an du cochon.

Les juifs fêteront le Roch Han le 29 septembre.

Il y a un sens sacré et un sens profane à cette fête.

Le sens profane est la rencontre, le 31 décembre au soir, tout le monde se réunit en famille ou entre amis pour fêter la nouvelle année qui va commencer. Quand les douze coups de minuit retentissent, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, tout le monde se souhaite une Bonne et heureuse année en santé!

Le sens sacré, c’est les rituels de renouvellement qui encadre les Nouvel An.  Il s’agit de renaître au monde par le renouvellement du Temps et la régénération du Monde permettant une réactualisation de la cosmogonie. Il s’agit de rituels qui nous replongent à l’avènement de la Création.

Alors, cet intervalle temporel permet de faire un bilan, de faire maison nette, de prendre des résolutions, ou faire des vœux pour que nous puissions repartir sur de nouvelles bases mieux arrimées à nos attentes et au sens sacré de notre vie. Les anciens procédaient par des purifications rituelles pour recréer les conditions de création d’origine.

Je ne sais pas ce que vous croyez et ce que vous souhaitez, toutefois je tiens à vous adresser pour cette nouvelle année tous mes vœux de paix, d’émerveillement, de santé et d’entraide.

Ces vœux sont toutefois incomplets… sans l’expression de la gratitude et de la chance de se côtoyer.

Une chanson Tzen Tze Re Rei – Loli Cosmica (medicina music ayahuasca)

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Laisse-moi te raconter… : Les chemins de la vie

service public

— Mais alors, si ce que tu dis est vrai, derrière chaque personne bonne se cacherait toujours un salaud réprimé, interrompis-je indigné. — Je ne me risquerais pas à dire que c’est toujours le cas. Je dis seulement que ça l’est parfois… Et j’oserais même dire que cette personne bonne a dû faire quelque chose de cette personne mauvaise qui l’habite aussi. Et que ce qu’elle a fait n’a pas été gratuit, que cela lui a énormément coûté. Ce que je te dis, c’est peut-être que l’important est de savoir ce que je cache et pourquoi je le fais. — Pouce ! me plaignis-je. — Comme tu es sur le point de te mettre en rogne, je vais te raconter une histoire avant que tu t’en ailles.»

Il arriva qu’un jour, aux portes du ciel, se rassemblèrent quelques centaines d’âmes, qui étaient celles des hommes et des femmes décédés ce jour-là.

Saint Pierre, gardien présumé des portes du Paradis, réglait la circulation. «Sur l’indication du “Chef”, nous allons constituer trois grands groupes d’hôtes en nous fondant sur l’observance des dix commandements.

Le premier groupe comprendra ceux qui ont violé tous les commandements au moins une fois.

Le second groupe, ceux qui ont violé au moins l’un des dix commandements une fois.

Enfin le dernier groupe, dont nous supposons qu’il sera le plus nombreux, ceux qui jamais dans leur vie n’ont violé aucun des dix commandements.

Bien, poursuivit saint Pierre. Ceux qui ont violé tous les commandements, mettez-vous à droite. » Plus de la moitié des âmes se plaça à droite.

Maintenant, s’exclama-t-il, parmi ceux qui restent, ceux qui ont violé l’un des commandements, mettez-vous à gauche.» Toutes les âmes qui restaient se déplacèrent vers la gauche.

Enfin, presque toutes… En réalité, toutes sauf une. Au centre resta une âme, celle d’un homme bon, qui pendant toute sa vie avait suivi le chemin des bons sentiments, des bonnes pensées, des bonnes actions. Saint Pierre fut surpris. Une seule âme restait dans le groupe des meilleures âmes.

Aussitôt, il appela Dieu pour lui communiquer la nouvelle. «Écoute, voilà : si nous suivons le plan original, au lieu de bénéficier de sa béatitude, ce pauvre homme resté au centre va s’ennuyer comme un rat mort dans la plus extrême solitude. Il me semble que nous devrions faire quelque chose à ce sujet.»

Dieu se leva devant le groupe et dit : «Ceux qui se repentent maintenant seront pardonnés, et leurs fautes absoutes. Ceux qui se repentent peuvent se rassembler au centre, avec les âmes pures et immaculées.»

Peu à peu, tous se dirigèrent vers le centre.

«Halte ! Injustice ! Trahison !», cria une voix. C’était celle de l’homme qui n’avait pas péché. «Ce n’est pas du jeu ! Si on m’avait averti qu’on allait pardonner, je ne me serais pas fait chier toute ma vie…»

Jorge Bucay dans Laisse-moi te raconter… : Les chemins de la vie

Une pièce musicale d’Ajeet Kaur -Antarjaamee – At the Temple Door

Dissonance cognitive

La non-dualité pointe le doigt vers la compréhension de notre véritable nature par l’expérience directe, vers ce lieu que nous n’avons jamais quitté, vers ce que nous sommes mais que nous ne reconnaissons pas.

Avec le temps, ce lieu est devenu méconnaissable, enseveli sous les couches et les couches de la construction de notre identité personnelle, perçu à travers le filtre mental des noms, étiquettes, interprétations et histoires dont nous nous servons quasiment en permanence pour observer le monde et nous-mêmes.

Un simple je t’aime

je-t-aime

Dès la naissance,

Nous faisons l’expérience de cette vie

Qui n’est que successions de changements,

De la mort d’un état, d’une condition

Pour renaître au moment présent.

Cette succession d’instants

Nous amènent à des changements physiologiques

Ou nous passons de périodes de maladie

À des périodes d’accalmie et de bien-être

Emporté dans une spirale d’occasions

Et en même temps soumis

Aux courants des cycles de notre planète,

Elle-même emportée dans le mouvement en spirale de notre galaxie

Lui-même entraîné dans la grande mouvance de l’univers,

Interdépendant des multivers,

Et pourtant, il s’agit de dire un simple je t’aime,

Pour créer un instant infiniment magique

Révélant le sens ultime de la vie

 

Une pièce musicale d’Andreas Vollenweider The Secret « The candle and love »

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Donner un sens à chaque acte et à chaque instant

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La parabole de Mushin

Il y avait une fois un jeune homme qui s’appelait Joe et qui habitait la ville de Bonne-Espérance. Comme Joe se passionnait pour l’étude du dharma, il avait pris un nom bouddhiste et se faisait appeler Mushin.

À part cela, Joe vivait comme tout le monde : il allait travailler tous les jours et il avait une charmante épouse. Cependant, malgré tout l’intérêt que Joe professait pour le dharma, il faut reconnaitre que c’était plutôt un macho, un type assez amer, un m’as-t-vu qui croyait tout savoir. Il finit même par se rendre tellement insupportable au travail qu’un beau jour, son patron le renvoya en lui déclarant qu’il en avait assez. Et voilà notre Joe, chômeur, qui rentre à la maison où il découvre une lettre de sa femme : « J’en ai assez, Joe. Je te quitte. » Et Joe se retrouve tout seul chez lui, en tête à tête avec lui-même.

Cependant, notre Joe, alias Mushin, n’étant pas du tout du genre à baisser les bras facilement, ne se démonta pas et jura que, s’il n’avait pas su garder sa femme et son boulot, il réussirait néanmoins à trouver la seule chose qui compte vraiment dans la vie : l’éveil. Et le voilà qui court jusqu’à la librairie la plus proche et qui passe au peigne fin toutes les dernières parutions traitant des moyens d’atteindre l’éveil. Et là, il trouve un livre qui lui parait plus intéressant que les autres, intitulé : Comment sauter dans le train de l’éveil. Joe achète aussitôt le livre et l’étudie à fond, après quoi il rentre chez lui, il liquide son appartement, il met toutes ses affaires dans un sac à dos et part pour la gare qui se trouve à la lisière de la ville. Il a en effet lu dans son livre qu’en suivant bien toutes indications, il trouverait le fameux train et saurait comment s’y prendre pour monter dedans. « Formidable », s’est-il dit.

Voilà donc Joe qui arrive à la gare – désaffectée –, qui relit soigneusement son livre et qui apprend par cœur toutes les indications et recommandations diverses. Et puis il s’installe pour attendre. Et il attend : deux jours, trois jours, quatre jours – il attend le grand train de l’éveil, car le livre a bien dit qu’il ne pouvait manquer de venir; et Mushin fait toute confiance à son livre. Enfin, le quatrième jour, il entend un grand bruit, dans le lointain, et le bruit se rapproche de plus en plus. Sachant que ce doit être le fameux train qui arrive, Mushin se prépare. Il est là, si excité de voir le train qui entre en gare; c’est vraiment  incroyable! Et puis, soudain, vroom… même pas le temps de dire ouf, et le grand bolide métallique est déjà passé. Parti, envolé. Alors que faire, maintenant? Ce train existe bel et bien, il l’a vu. Mais il n’a pas pu y monter. Alors il se replonge dans son bouquin et se remet à l’étudier d’arrache-pied. Mais, chaque fois que le train arrive, c’est toujours le même scénario…

Le temps passant, d’autres gens s’étaient rendus à la librairie et avaient acheté le même livre que Mushin. Joe les vit bientôt débarquer à la gare; il y en eut d’abord quatre ou cinq, puis une vingtaine, puis une trentaine, venue eux aussi pour attendre le fameux train. La température montait, les gens étaient très excités : la Solution était là, enfin, à portée de main. Et bien que personne n’ait réussi à y monter, les gens gardaient quand même l’espoir que quelqu’un finirait bien par y parvenir, un jour, et que cela inspirerait les autres à en faire de même. Ainsi, le groupe grossit-il de jour en jour; l’espoir et l’enthousiasme étaient à leur comble.

Quelque temps plus tard, Mushin se rendit compte que certains avaient amené leurs enfants avec eux et, les parents étaient tellement absorbés par l’attente du train qu’ils ne s’occupaient pas du tout de leur progéniture. Les gosses, qui essayaient bien d’attirer l’attention de leur père ou de leur mère, se voyaient rabroués sans ménagement : « Fiche nous la paix, va donc jouer! » Ces petits étaient vraiment sérieusement négligés; et comme Mushin n’était pas vraiment un si mauvais bougre, au fond, il se dit qu’il ne pouvait pas laisser ces gosses comme ça, même s’il préférait continuer à guetter le train comme tout le monde. Alors il entreprit de s’occuper un peu d’eux; il sortit de son sac à dos ses provisions de fruits secs et de chocolat, et les distribua aux gamins et aux gamines, dont certains étaient véritablement affamés. Si les parents ne semblaient pas avoir le temps de sentir leur faim, les gosses, eux, avaient l’estomac dans les talons – sans parler de leurs genoux écorchés! Mushin leur fit des pansements avec du sparadrap trouvé dans son sac, et il se mit à leur lire des histoires dans leurs petits livres.

Certes, il allait bien toujours guetter l’arrivée du train de temps en temps, mais les gosses ne tardèrent pas à devenir sa préoccupation numéro un. D’ailleurs, il y en avait de plus en plus, et même toute une bande d’adolescents, au bout de quelque mois. Et comme les ados ont de l’énergie à revendre et qu’elle tourne mal si elle reste inoccupée, Mushin les prit par la main et organisa une équipe de baseball qu’il faisait jouer derrière la gare. Il les mit aussi au jardinage, histoire de les occuper utilement, et encouragea même les plus sages d’entre eux à le seconder dans ses tâches d’organisation. En un rien de temps, il s’était effectivement retrouvé à la tête d’une énorme somme d’activités, si bien qu’il avait de moins en moins le temps d’aller guetter le train. Ce qui le faisait d’ailleurs frémir de rage et verdir d’amertume : l’important se passait là-bas, à guetter le train – ce que faisaient du reste les adultes – mais il fallait que ce soit lui qui se retrouve coincé là, avec les gosses! Il continuait malgré tout à s’occuper d’eux sans relâche, puisqu’il savait qu’il fallait bien le faire.

Au fil des mois puis des années, des centaines, puis de milliers de gens affluèrent à la gare pour venir attendre le train avec armes et bagages, enfants et famille élargie. Mushin ne savait plus où donner de la tête avec toute cette marmaille; il dut même entreprendre d’agrandir la gare. Il dut prévoir de nouveaux locaux pour faire coucher les gens, et finit même par construire une poste et des écoles… Mushin était débordé; il travaillait du matin au soir, il n’avait plus un instant à lui. Et cependant, il restait tenaillé par la colère et le ressentiment. « Tout ce qui m’intéresse, c’est l’éveil, vous savez. Pourtant, tout le monde est là à guetter le train, et pendant ce temps-là, qu’est-ce que je fais, moi? » Mais il persévérait malgré tout…

Un beau jour, il se souvint qu’il devait encore avoir un petit livre dans son sac que, par hasard, il n’avait pas jeté avec les autres, en vidant son appartement. Il tira des profondeurs du sac à dos un petit opuscule qui s’intitulait : Comment faire zazen. Encore de nouvelles instructions à étudier, se dit Joe, mais constatant que celles-ci n’avaient pas l’air trop compliquées, il entreprit de les apprendre et se mit à faire zazen tous les matins, assis sur son petit coussin, avant que tout le monde ne se réveille. Au bout d’un certain temps, il constata qu’il arrivait à mieux supporter le poids de toutes les responsabilités épuisantes qu’il avait été amené à prendre sans vraiment le vouloir. Et il se dit qu’il y avait peut-être un rapport entre le zazen et ce sentiment de paix et de tranquillité qu’il commençait à éprouver. Certains autres aspirants-voyageurs, un peu découragés d’attendre un train dans lequel ils n’arrivaient jamais à monter, prirent l’habitude de se joindre à Mushin. Si bien qu’il y eut bientôt tout un groupe de gens qui faisaient zazen tous les matins, tandis que, parallèlement, les candidats au voyage ferroviaire continuaient à affluer et à guetter le fameux train. Tant et si bien qu’il fallut établir une seconde colonie, un peu plus loin, le long de la voie ferrée. Et comme ce nouveau groupe rencontrait les mêmes problèmes qu’avaient connus ceux de la première gare, quelques anciens pionniers allaient de temps en temps prêter main-forte aux nouveaux et les conseiller. Par la suite, il y eut même une troisième colonie… la tâche était infinie.

Ils n’arrêtaient plus, du matin au soir : il fallait donner à manger aux enfants, organiser de la menuiserie, faire marcher le bureau de poste, organiser la nouvelle clinique – bref, tout ce qui est nécessaire à la survie et au bon fonctionnement d’une société humaine. Pendant ce temps-là, on ne s’occupait plus du train qu’on entendait encore passer de temps en temps, et s’il y avait bien toujours un peu de jalousie et d’amertume dans les cœurs, elles n’étaient plus aussi virulentes qu’avant – moins solides. Pour Mushin, le vrai virage eut lieu le jour où il essaya d’organiser ce que son petit livre appelait une sesshin*. Il emmena les gens de son propre groupe dans un coin de la gare et ils s’installèrent un peu à l’écart du va-et-vient quotidien pour faire zazen intensivement, pendant quatre ou cinq jours d’affilée. Ils entendaient bien passer le train de temps en temps, dans le lointain, mais ils l’ignoraient et se contentaient de rester assis sur leurs coussins. Par la suite, ils firent aussi connaître cette pratique aux gens des nouvelles gares installées le long de la voie ferrée.

Les années passaient, Mushin avait maintenant la cinquantaine bien sonnée, et ça se voyait : il avait l’air d’un homme fatigué et il commençait à se voûter sous le poids de tant d’années de labeur et d’efforts incessants. En revanche, les soucis, les angoisses et les interrogations d’antan s’étaient envolés depuis longtemps. Il y avait longtemps qu’il ne se posait plus les grandes questions philosophiques qui l’avaient hanté, jadis : « Est-ce que j’existe vraiment? La vie est-elle un rêve ou une réalité? » Il était tellement pris par son travail et son zazen que tout le reste avait fini par passer à l’arrière-plan et s’estomper, même les grandes questions métaphysiques, et même l’amertume et la colère; seules comptaient les réalités de chaque jour. Mushin n’avait plus rien à faire qu’à accomplir ses tâches quotidiennes, en fonction des nécessités du moment. Mais il n’avait plus du tout le sentiment d’y être obligé; il faisait ce qu’il y avait à faire – tout simplement.

Les gares étaient devenues des endroits très peuplés où vivaient des quantités de gens – qui travaillant et élevant ses enfants, qui se contentant juste d’attendre le train. Certains candidats au voyage ferroviaire finissaient par s’intégrer eux aussi à la vie de la gare, tandis que de nouveaux arrivants leur succédaient à la vigile. Mushin, qui avait fini par se prendre d’affection pour toute cette humanité à l’affût du train, consacrait tout son temps et toutes ses forces à les aider et à les soutenir de son mieux. Les ans passèrent ainsi, tandis que Mushin se faisait de plus en plus vieux et fatigué. À présent, il ne se posait plus la moindre question; il  n’y avait plus que Mushin et sa vie – enfin dans la plénitude de sa plus simple expression –, et Mushin faisait exactement ce que la vie exigeait de lui, à chaque instant.

Un soir – allez savoir pourquoi –, Mushin se dit : « Ce soir, je vais faire zazen toute la nuit. Pourquoi, je n’en sais rien mais j’en ai envie… » Il y avait déjà belle lurette que Mushin ne cherchait plus monts et merveilles en faisant zazen; c’était devenu un acte très simple pour lui. Il restait assis, tranquillement, sans rien faire si ce n’est s’ouvrir à tout ce qu’il sentait en lui et autour de lui. Ce soir-là, il s’assit donc; il entendait le bruit des voitures qui traversaient la nuit, il sentait la fraîcheur de la brise nocturne, les mouvements subtils qui animaient son corps. Et il resta comme ça tout la nuit. Tout à coup, à l’aube, il entendit le vrombissement du grand train qui se rapprochait de plus en plus. Le train ralentit, ralentit encore, pour s’arrêter pile, devant lui. Et c’est alors que Mushin comprit : il avait toujours été dans le train, depuis le début; il était lui-même ce train. Il n’y avait pas de train à prendre, rien à accomplir, nulle part où aller. Il y avait simplement la vie, dans sa plénitude. Toutes les vieilles questions – qui n’en étaient pas vraiment – trouvèrent spontanément une réponse. Le train s’évanouit comme un mirage, sous le regard paisible du vieux petit bonhomme, tranquillement assis sur son coussin dans la lumière naissante du petit matin.

Mushin s’étira et se leva. Il partit faire du café pour tous ceux qui ne tarderaient pas à arriver pour travailler. Une dernière image de Mushin : il est dans l’atelier de menuiserie avec quelques-uns des plus grands garçons, en train de fabriquer des balançoires pour le terrain de jeux des gosses. Voilà donc l’histoire de Mushin. Que croyez-vous qu’il ait trouvé? Je vous laisse juges…

Charlotte Joko Beck dans Soyez zen, en donnant un sens à chaque acte et à chaque instant

Une pièce musicale de The Art of Zen Life: Minute Session (Music for Tantra, Life, Yoga, Reki, Meditate, Relax & Lounge) _ Mushin