Carl Gustav Jung: Ce qui ne vient pas à la conscience revient sous forme de destin

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Je considère que c’est le devoir de tous ceux qui, solitaires, vont leur propre chemin, de faire part à la société de ce qu’ils ont découvert au cours de leur voyage d’exploration, que ce soit une fontaine fraîche pour ceux que tourmente la soif, ou que ce soit le désert stérile de l’erreur. Dans la première éventualité, on aide son prochain, dans la seconde on l’avertit.

Ce qui ne vient pas à la conscience revient sous forme de destin.

L’attitude négative à l’adresse de l’inconscient, voire sa répudiation par le conscient, sont nuisibles dans la mesure où les dynamismes de l’inconscient sont identiques à l’énergie des instincts. Par conséquent, un manque de contact et de liens avec l’inconscient est synonyme de déracinement et d’instabilité instinctuelle.

Mais si l’on réussit à établir cette fonction, que j’ai dite transcendante, la désunion avec soi-même cessera et le sujet pourra bénéficier des apports favorables de l’inconscient. Car dès que la dissociation entre les divers éléments de soi-même cesse, l’inconscient accorde – l’expérience le prouve abondamment – toute l’aide et tous les élans qu’une nature bienveillante et prodigue peut accorder aux hommes. De fait, l’inconscient recèle des possibilités qui sont absolument inaccessibles au conscient ; car il dispose de tous les contenus psychiques subliminaux, de tout ce qui a été oublié ou négligé, et, en outre, de la sagesse conférée par l’expérience d’innombrables millénaires, sagesse déposée et confiée à ses structures archétypiques.

L’homme mérite qu’il se soucie de lui-même car il porte dans son âme les germes de son devenir.

Carl Gustav Jung dans Psychologie de l’inconscient

Une pièce musicale  de Vivaldi: La Folia