Le vieil homme qui m’a appris la vie

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Un homme cherche du travail dans une ferme. II tend sa lettre de recommandation à son nouvel employeur. Il y est simplement écrit : « Dort en dépit de la tempête. » Ayant désespérément besoin d’aide, l’agriculteur embauche l’homme en question.

Plusieurs semaines passent et tout à coup, au milieu de la nuit, une puissante tempête déferle sur la vallée. Réveillé par la pluie battante et le vent rugissant l’agriculteur saute de son lit. Il appelle son nouvel ouvrier mais ce dernier dort à poings fermés

II se précipite vers la grange. À sa grande surprise, il voit que les animaux sont à l’abri et approvisionnés en fourrage. II se précipite vers le champ. Il voit que les ballots de paille sont ficelés et recouverts de bâches goudronnées. II se précipite vers le silo. Les portes sont biens fermées et le grain est sec.

C’est alors qu’il comprend les mots « Dort en dépit de la tempête ».

Mes amis, si dans la vie nous nous occupons des choses importantes, si nous sommes dans le juste avec ceux que nous aimons et si nous nous comportons en adéquation avec notre foi, nos vies ne seront pas alourdies par la douleur lancinante du devoir inaccompli. Nos paroles seront toujours sincères, et nos actes aussi. Nous ne nous perdrons jamais dans les affres d’un « Ah ! Si j’avais su ». Nous pourrons alors dormir en dépit de la tempête. « Et, le moment venu, nos adieux seront déni de regrets.

*

Cet enfant, par exemple, me rappelle un enseignement de nos sages. Quand un bébé vient au monde, ses poings sont serrés, n’est-ce pas?

II a serré son poing droit.

Pourquoi? Parce qu’un bébé, qui ne sait rien de son environnement, veut tout attraper, histoire de pouvoir dire « Le monde entier m’appartient ».

Mais quand une vieille personne meurt, que font ses mains? Elles sont ouvertes. Pourquoi? Parce qu’elle a appris la leçon.

Laquelle ?» Il a écarté ses doigts vides. .«Que l’on ne peut rien emporter avec soi.»  Et donc, avons-nous percé le secret du bonheur ?

– Je crois bien que oui.

– Et vous allez me le donner ?

– Oui, tu es prêt ?

– Je suis prêt.

– Sois satisfait.

– C’est tout ?

– Sois reconnaissant.

– C’est tout ?

– Pour que tu ce que tu possède déjà. Pour l’amour que tu reçois. Et pour ce que Dieu t’a donné.

– Et c’est tout ? »

Il m’a regardé au fond des yeux. Puis il a eu un profond soupir. « C’est tout. »

Mitch Albom dans Le vieil homme qui m’a appris la vie

Une pièce musicale de David Parsons – Devaloka

2 réflexions sur “Le vieil homme qui m’a appris la vie

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