Petite philosophie de la passion amoureuse

image-baiser

La jalousie est une épreuve solitaire. Pareille à un poisson qui n’envenimerait qu’un corps à la fois, elle naît de l’angoisse de la liberté de l’autre. L’imagination est la pire servante de l’âme jalouse. Elle peut hanter l’esprit comme un méchant fantôme, rendre le monde pesant, frapper ses propres amis de soupçons. La jalousie n’a pas besoin de raisons pour exister : elle les fait naître. Ce n’est pas « à cause de » que l’on devient jaloux, mais inversement, la jalousie donne sous le jour à toutes ses prétendues « raisons d’être » La jalousie est si puissante qu’elle met l’imagination à son service.

*

C’est l’absence de confiance en soi qui fait naître la jalousie. Douter de l’autre, c’est ne plus croire en ses chances de renverser les choses, c’est accepter la trahison de l’autre, imaginaire ou réelle comme un destin.

*

La confiance en soi, c’est comme un petit ménage que l’esprit doit faire au quotidien. C’est ce qui donne la force de parler à l’autre de ses premières inquiétudes, de « réfléchir » au sens fort, de mettre tout à distance, à commencer par soi-même. La vraie pensée, non pas le fait de ruminer, dépasse ainsi la solitude.

*

Il faut réapprendre la simplicité d’éprouver la joie de donner son amour, qui l’emporte en puissance sur le plaisir de recevoir.

*

La sincérité naît de l’accord entre ce que l’on dit et ce que l’on pense.

André Guigot dans Petite philosophie de la passion amoureuse

 

Une pièce musicale de Peter Gabriel – The Book of Love

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/270392.html