Paroles

ImAGE passage

L’amour qui vaut la peine d’être vécu, c’est l’amour que nous portons déjà en nous, au cœur même de notre être. Là, nous trouvons une source infinie de chaleur que nous pouvons utiliser pour transformer notre solitude et notre malheur. Au fur et à mesure que nous prenons contact avec cette énergie nourrissante, nous trouvons les ressources intérieures nécessaires pour être véritablement responsables de notre développement et de notre propre bien-être. Nous apprenons à entretenir un corps et un esprit sains, et à prendre soin de nous-mêmes de la meilleure façon Lorsque notre aptitude à satisfaire nos propres besoins réels s’accroît, nous sommes véritablement en mesure d’aider aussi les autres.

Tarthang Tulkou

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Les conditions extérieures sont insuffisantes pour assurer le bonheur intérieur. Dissiper la souffrance de l’esprit est en fait beaucoup plus important qu’éliminer les causes apparentes de souffrances extérieures. Mais nous nous trompons d’objectif: croyant atteindre le bonheur, nous sommes perpétuellement lancés dans la réorganisation du monde qui nous entoure. En vain. Les biens matériels, les objets extérieurs, loin d’être capables de nous débarrasser de la souffrance intérieure, sont le plus souvent des causes qui la suscitent encore davantage. Le vrai moyen de se libérer de la souffrance intérieure est la méditation du Mahamoudra par laquelle l’état naturel et authentique de l’esprit est découvert. Deux étapes sont nécessaires : la pacification mentale (chiné) et la vision supérieure (lhaktong).

Notre esprit est, en général, occupé par une production incessante de pensées, semblable à de l’eau en train de bouillir. Méditer pour apaiser ce bouillonnement et demeurer dans un état stable, sans tensions, est ce qu’on appelle la pacification mentale. Quant à la vision supérieure, elle engage le processus de reconnaissance de la nature de l’esprit.

Bokar Rimpoché (XXe siècle)

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Nous pouvons nous détendre avant que la sensation se transforme en émotion, la tension qui réside dans notre cœur sera en mesure de se relâcher. Une méthode pour devenir calme, c’est d’être simplement conscient du moment présent, sans devenir anxieux au sujet de l’avenir ni préoccupé par le passé. Nous pouvons faire cela, en étant simplement dans cette situation, en permettant à l’expérience de se produire. Mais nous devons nous débarrasser de nos espérances et de nos concepts, sinon nos émotions finissent par prendre le contrôle de nos actions. Dès qu’une émotion a fait surface, il y a deux façons de s’y prendre. L’une est d’objectiver la réaction émotionnelle en rendant quelqu’un ou quelque chose responsable de votre état. Cette manière renforce et intensifie les sentiments négatifs. L’autre solution consiste à aller directement au sein de l’émotion, à la découvrir, la ressentir à fond, à « devenir » cette émotion et à observer calmement sa nature. Au lieu de vous demander pourquoi observez comment l’émotion surgit. Si vous observez avec attention, sans participation de votre part, vous verrez cette émotion se manifester dans le corps et dans l’esprit, puis se dissoudre en énergie pure. En nous asseyant simplement avec calme et en observant notre état émotionnel sans nous y attacher, nous devenons sereins. Nulle autre instruction n’est nécessaire. Les sentiments d’énervement et d’agitation sont comme une eau trouble, qui ne s’immobilise et ne devient limpide que lorsqu’on la laisse décanter. Au fur et à mesure que notre réaction émotionnelle s’apaise, le corps et l’esprit deviennent paisibles et équilibrés

Tarthang Tulkou

Marc de Smedt dans Paroles

Une pièce musicale de Shakti – Face to Face