Mystère de la fleur d’or

Pour moi en effet l’âme est un monde dans lequel le moi se trouve contenu. Peut-être y a-t-il aussi des poissons qui croient contenir la mer. Il faut toutefois se défaire de cette illusion courante chez nous si l’on veut considérer psychologiquement l’élément métaphysique.

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Je vois dans cette remarquable expérience un phénomène résultant du détachement de la conscience, grâce auquel le « je vis » subjectif devient le « cela me vit ». Cet état est ressenti comme supérieur au précédent, et même, à proprement parler, comme une sorte de délivrance de la contrainte et de la responsabilité impossible qui sont les suites fatales de la participation mystique. Ce sentiment de libération remplit totalement Paul, c’est la conscience de l’état d’enfant de Dieu qui rachète l’être de l’anathème du sang. C’est aussi un sentiment de réconciliation avec tout ce qui survient, et c’est la raison pour laquelle, selon Houei Ming King, le regard de celui qui a réalisé l’accomplissement revient à la beauté de la nature.

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La mort est en effet, si on la considère correctement du point de vue psychologique, non une fin, mais un but, et c’est pourquoi la vie en vue de la mort commence dès que le zénith est franchi.

Notre philosophie chinoise du yoga est édifiée sur cette préparation instinctive en vue du but qu’est la mort et, par analogie avec le but de la première partie de la vie qui est de produire et de procréer, d’assurer les moyens de perpétuer la vie physique, elle prend comme but de l’existence spirituelle la procréation symbolique et la naissance d’un corps de souffle psychique (subtle body) qui assure la continuité de la conscience détachée.

C’est la naissance de l’homme pneumatique depuis longtemps connu de l’Européen, qu’il cherche à atteindre par des symboles et des actions magiques tout différents, par la foi et la vie chrétiennes.

Carl Gustav Jung dans Commentaire sur le Mystère de la Fleur d’Or

Une pièce musicale de Camille Thomas – Gluck: Orfeo ed Euridice « Dance Of The Blessed Spirits » (Arr. by Mathieu Herzog)