Archives de la catégorie ‘Contes

Le rêve du papillon   Leave a comment

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Un jour, il se réveilla et il eut le sentiment que la vie venait de lui. Il eut cette impression intense que la vérité, la réalité, la finalité ou l’essence n’ont jamais été ailleurs. C’était juste là.

Ce jour-là, il venait de franchir le mur de la perception et les frontières de l’interprétation. Il venait d’inverser la perspective.

Il était capable de vivre cette subtile différence entre le présent et la chaleur ressentie, entre le présent et les odeurs qui l’entouraient.

Il savait maintenant que nous ne quittons jamais le présent. Quand nous vivons des événements passés, nous les vivons du présent. Quand nous sommes dans les rêves d’anticipation d’un monde meilleur, nous vivons dans le présent.

Il était capable de vivre cette subtile différence entre le présent et les pensées qui déposent les mirages des différents temps que nous sommes capables de créer.

Son esprit mesurait la différence entre ce qui le traverse et ce qu’il est.

C’est parce que le présent change tout le temps qu’il donne l’impression de nous fuir entre les doigts, et pourtant.

Ce jour, lorsqu’il se réveilla, il venait de franchir les barreaux et les chaînes qu’il avait toujours cru exister.

Une pièce musicale de Pucini interprétée par Maria Callas – Madame Butterfly

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 30 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Un geste, une transformation à la fois.   Leave a comment

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Elle se souvenait encore de cette soirée ou elle s’était moquée d’une amie qui disait que le bonheur est important dans la vie.  Elle avait bien ri, en se disant qu’il y avait tellement d’autres priorités.

Plus tard, les choses se sont mises à aller de travers. Elle était mal, rien n’aboutissait et puis ce fut la crise. Elle constata l’échec de sa vie, et le plus dur, fut de se rendre compte que c’était sa représentation du bonheur qui avait forgé son malheur.

Elle prenait la mesure de tout ce qu’elle avait enduré pour être belle. Elle ressentait ses pieds qui lui faisaient mal jusqu’à son dos. Elle sentait la faim la tenailler. Elle prenait la mesure de toutes les relations qu’elle a supportées pour bien paraître alors que maintenant elle était devenue insupportable à elle-même. Elle prenait la mesure de toutes ces fois ou elle s’était mise à courir pour faire plus vite en croyant ainsi améliorer son sort. Elle mesurait tous les liens de dépendances qu’elle a acceptées et qui les maintenaient dans son obscurité.

Elle se disait que maintenant qu’elle mesurait l’effet des liens de ses dépendances, il lui paraissait judicieux de consacrer un peu d’énergie au quotidien pour vivre la joie et le bonheur. Quitte à perdre des relations, à changer d’image et à ne plus se mesurer à l’opinion des autres.

Elle avait appris à la dure qu’il est faux de croire que les situations difficiles lui apporteraient une opportunité de solution pour s’en sortir. C’est tout le contraire, malgré les circonstances souvent incontrôlables, c’est le travail acharné sur elle et sur ce qu’elle voulait réellement vivre qui avait transformé sa vie.

Un geste, une transformation à la fois.

Une chanson de Yoav – One By One

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Publié 29 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Se reconnaître   Leave a comment

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Il regarda son amie, et il lui dit :

Tu es la seule qui me connait vraiment, je suis content que tu sois sur mon chemin

Tu sais, j’aimerais vraiment que cela soit vrai. Mais je pense que personne ne peut me connaître dans mon cœur de femme, et il en est de même pour ton cœur d’homme.

Et pourtant, tu es toujours là, souvent il arrive que tu devines ce que je vais faire.

Nous accordons beaucoup d’importance lors de notre voyage de la vie aux destinations que nous atteignons, ils sont souvent faciles à deviner en regardant les autres cheminer. Mais il en est vraiment autrement de saisir comment ils vivent le voyage.

Donc, tu penses que tu ne me connais pas vraiment?

En avançant dans la vie, nous apprenons à prendre en compte tous les éléments qui composent une situation. Notre représentation du monde est en constante évolution lorsque nous sommes actifs, en éveil. Je suis en constant changement et il en est de même pour toi. Chacune de mes pensées à ton sujet exprime mes opinions sur la représentation que ne me suis faite de toi. Il en est de même pour toi.

Tu veux dire que tu es en relation avec moi parce que tu aimes cette représentation que tu t’es faite de moi?

Je peux saisir une destination que tu prendras avant toi, mais je ne peux pas te connaître plus que toi. Ce qui fait que des êtres se relient, c’est ce sentiment de sécurité et d’accueil qui sont perçus. Bizarrement, dans une relation, plus nous sommes indépendants, plus ce lien est profond.

Tu veux dire que notre relation ne repose pas sur l’absence de pensée que nous avons entre nous, mais elle repose sur la liberté que nous avons?

Quand nous nous retrouvons et que nous avons ce plaisir, c’est l’expression de l’acceptation complète de l’autre. Quand il n’y a plus de pour ou de contre, ni verbiage mental inutile, alors il n’y a pu de comparaison. C’est pourquoi je peux t’affirmer que je ne te connais pas sous toutes tes dimensions, mais je te vois, simplement, je t’accepte et je te reconnais.

Cela me touche vraiment…

Une chanson avec Lara Fabian, Mauranne et Lalane – Tu es mon autre

Les paroles sur https://www.paroles.net/lara-fabian/paroles-tu-es-mon-autre

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Publié 26 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Quand Question se pose   Leave a comment

ImAGE Hibou

Connaissez-vous l’histoire de cet oiseau bizarre qui s’appelle Question? Je vais vous la raconter.

Cet oiseau vit depuis la nuit des temps et il aime voler librement dans le ciel. Parfois, il se pose sur la branche d’un arbre pour se reposer ou encore sur la cime d’un rocher. Il a ce pouvoir magique, lorsque quelqu’un le remarque durant sa pause, de faire germer chez l’observateur une réponse à une question qu’il le tourmente.

Souvent, il a fait le coup. Question se permettait d’apparaître sans avertissement dans la vie des gens. Je sais de source sûre qu’un certain Newton a été l’une de ses victimes, et il a toujours cru que la réponse à sa question était apparue par le fruit du hasard, sans se douter que cette fameuse pomme eût fait le chemin de l’Éden jusqu’à lui par l’intermédiaire de Question.

Un jour, une personne en quête de toutes les réponses possibles découvrit ce petit manège et il se mit à poursuivre Question. Il avait inventé différents stratagèmes pour le pister, pour le suivre et chaque fois, il obtenait des réponses à ses questions. Cela avait duré presque une année. Malgré le nombre effarant de réponses qu’il avait réussi à récolter, il avait dû se rendre à l’évidence, cela ne le rendait pas plus heureux, et il cessa de pourchasser Question.

Il avait pris conscience que la paix de l’esprit ne vient pas avec plus de réponses ou de questions, elle émane lorsque ce voile de la dualité s’estompe et que l’on apprécie simplement les découvertes de la vie.

Une chanson de Peter Gabriel interprétée avec The Blind Boys of Alabama – Sky Blue

Les paroles sur http://traductions2chansons.wifeo.com/traduction-de-l-album-up-de-peter-gabriel.php#SKYBLUE

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Publié 24 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Derrière l’image   Leave a comment

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Il aimait colorer les feuilles. Les crayons de couleur lui permettaient d’exprimer ce qu’il vivait et d’explorer de nouveaux horizons. Lorsque les dessins étaient terminés, ils les rangeaient. Toutefois, à l’école la consigne était que les élèves doivent les afficher au mur pour représenter la mosaïque des amis. Parfois, il mettait au mur des dessins représentants de beaux paysages avec beaucoup de couleur. Mais, lorsqu’il dessinait certains personnages spécifiques, il lui arrivait de mettre plus de dureté dans les traits, d’utiliser des couleurs nettement plus sombres. Lorsqu’il accrochait au mur ce genre de dessin, certains de ses amis se moquaient de lui, ils riaient dans son dos, et ils faisaient en sorte de l’isoler. Tel était justement le cas du dessin qu’il avait mis sur le mur aujourd’hui.

Heureusement, une de ses amies eut toutefois un regard différent. Elle est allée le voir et lui a exprimé que le dessin était spécial, qu’il devait exprimer quelque chose d’important, et elle lui a demandé de lui parler de l’histoire qui se dessine derrière ces traits et ces couleurs sombres. Il lui a raconté ce qu’il vivait, la tristesse.

Lorsque nous prenons le temps de remettre en perspective un événement, une interprétation différente peut s’en dégager. Contrairement à d’autres, son amie avait réussi à sortir du jugement pour écouter et tenter de comprendre.

Il arrive parfois que les mots ou les gestes que nous employons pour dire ce que nous vivons suscitent une réaction contraire, il est toujours bon de se rappeler que le message n’est pas la personne.

Accepter d’aller derrière l’image, c’est souvent rejoindre la part de l’autre.

Une chanson de Fred Pellerin – Silence

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Fred_Pellerin-Silence-lyrics,p07558430

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Publié 23 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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La légende des papillons   Leave a comment

ImAGE envol papillon

Comment les papillons apprirent à voler?

Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça et là dans les airs et n’illuminait les jours de printemps et d’été de leurs ailes portant les couleurs de l’arc-en-ciel. Il y avait des reptiles, qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler ; ils ne savaient que ramper par terre. Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent les humains, lorsqu’ils se déplaçaient, ne baissaient pas les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté.

En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s’appelait Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient. Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures. Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt quittait leur corps. Quand elle atteignit l’âge adulte, son pouvoir devint encore plus fort et, grâce à la vision qu’elle avait reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart des maladies qui existaient alors. Dans sa vision, d’étranges et belles créatures volantes étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir de l’arc-en-ciel qu’ils portaient avec eux. Chaque couleur de l’arc-en-ciel avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants lui révélèrent. Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir et qu’au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans sa vision, il lui fut donné un nom : Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel.

Tandis qu’elle avançait en âge, Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel continuait son travail de guérisseuse et dispensait sa gentillesse à tous ceux qu’elle rencontrait. Elle rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari. Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent pour qu’ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard des guérisseurs et des voyants. Tandis qu’elle vieillissait, le pouvoir de Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les environs de la région où elle habitait vinrent à elle avec leurs malades, lui demandant d’essayer de les guérir. Elle aidait ceux qu’elle pouvait aider. Mais l’effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit par l’épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près d’elle quand elle s’asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et essayaient de se frotter contre elle. Parfois l’un deux rampait le long de son bras et se mettait près de son oreille.

Un jour qu’elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu’à son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères et sœurs lui avaient toujours rendu service. « Ma sœur, dit Celui qui rampait, mon peuple a toujours été là pendant que tu guérissais, t’assistant grâce aux couleurs de l’arc-en-ciel que nous portons sur le corps. A présent que tu vas passer au monde de l’esprit, nous ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison de ces couleurs. Nous sommes liés à la terre et les gens regardent trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles couleurs qu’ils verraient. Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d’être guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la guérison qu’ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler ? » Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel promit d’essayer. Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des messages pourraient lui venir dans ses rêves.

Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve qu’il avait fait. Quand il toucha doucement Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il s’assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était passée au monde des esprits pendant la nuit. Pendant qu’il priait pour son âme et faisait des préparatifs pour son enterrement, le rêve qu’il avait eu lui revint en mémoire et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel à la tombe où elle serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l’attendant, se trouvait le reptile qu’il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution et l’emporta.

Tandis que l’on mettait le corps de sa femme en terre et qu’on s’apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait : « Mets-moi sur son épaule à présent. Quand la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera à l’esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive le travail de ton épouse. Elle m’attend. Pose-moi à présent. » L’homme fit ce que le reptile lui avait dit et l’enterrement se poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l’homme resta en arrière quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l’amour qu’il avait vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Elle vola vers lui et se posa sur son épaule. « Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision s’est totalement réalisée, et ceux que j’aiderai désormais à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté du cœur, la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer en esprit, je t’attendrai et te rejoindrai. »

Quand l’homme changea de monde, quelques années plus tard, et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après que tous les autres s’en furent allés. Ils remarquèrent une de ces nouvelles créatures magnifiques qu’ils appelaient papillons, voletant près de la tombe. En quelques minutes un autre papillon d’égale beauté sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau. Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les hommes, éclairant l’air et leur vie de leur beauté.

Si vous voulez que votre souhait se réalise, vous n’avez qu’à le souffler au papillon. N’ayant pas de voix, il ira porter votre souhait au ciel jusqu’au grand Manitou, où il sera exaucé.

Sun Bear et Wabun dans La roue de médecine

Une pièce musicale de The Song of the Butterfly

Publié 18 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Pauses lectures

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L’appel de la réincarnation   Leave a comment

ImAGE cellulaires

J’ai été éduqué dans une tradition ou l’idée même de la réincarnation ne pouvait pas être envisagée. On naît, on vit et on meurt. C’est la route de l’enfer vers le paradis.

Mais la vie m’a démontré que cela n’est pas tout à fait vrai. Il est envisageable de se réincarner. Grâce à la technologie, la réincarnation existe maintenant. Vous doutez?

J’ai un ami qui est hyper techno, il fait tout sur son cellulaire (portable pour d’autre). Il y met son agenda, alors il n’a plus besoin de se rappeler les dates de fête, les rendez-vous chez le dentiste, etc. Il y met aussi son carnet d’adresses, il n’a plus besoin de retenir un numéro de téléphone, une adresse courriel ou une adresse civique. Tout y est inscrit. Il y met aussi le rappel pour développer l’aspect social de sa vie. Il gère ses contrats avec son appareil, ses billets de spectacles, ses commandes de tout ordre, bref il existe et il vit pleinement grâce à la modernité.

En fait, il a vécu pleinement jusqu’au jour où il n’a pas pu procéder au transfert de données de son ancien appareil vers son nouveau. Le presque neuf, ou l’avant-dernier qui a pris un peu du vieux et qui a rendu l’âme sans avertir. L’envers de la médaille de la modernité, le monde de la consommation, l’éternel retour. Mon ami est mort virtuellement.

Il n’a même pas pu l’annoncer à quiconque. Ce fut la fin des émissions, la mort sans appel….

Puis un jour, il est réapparu, incarné dans de nouveaux textos, de nouvelles photos (les anciennes étaient désincarnées), de nouveaux contacts. Cette nouvelle incarnation nous a fait prendre conscience que la réincarnation existe. Mon ami vit une nouvelle vie, il a des flashs de son ancienne vie, mais pas de souvenirs tangibles. Parfois, des amis lui montrent des messages qu’ils ont reçus de lui de son ancienne incarnation, et il semble y avoir une lueur dans ses yeux, un vague souvenir, une trace numérique.

Donc, aujourd’hui je sais qu’il y a une vie après la mort virtuelle. Nous avons une nouvelle chance de continuer un projet de vie, de s’incarner dans de nouveaux projets, tout est possible… Rien de spécial, si c’est la vie qui se déploie encore et encore. L’éternel retour.

Aujourd’hui, je sais que mourir suite à une désactivation ou un brie majeur n’est pas la fin de tout. Il y a un renouveau possible, mais sous une autre identité numérique. Et l’inconscient collectif est en fait un espace infonuagique.

Un texte à lire avec modération sans télécharger les applications multidogmes.

P.S. Avoir deux cellulaires implique t-il que nous menons une double vie?

Une chanson de Serge Fiori – Le monde est virtuel

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Publié 14 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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