Archives de la catégorie ‘Pauses lectures

Simone Weil dans La Pesanteur et la Grâce   Leave a comment

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Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie : s’aimer soi-même comme un étranger.

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L’amour a besoin de réalité. Aimer à travers une apparence corporelle un être imaginaire, quoi de plus atroce, le jour où l’on s’en aperçoit ? Bien plus atroce que la mort, car la mort n’empêche pas l’aimé d’avoir été.

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Le monde est un texte à plusieurs significations, et l’on passe d’une signification à une autre par un travail. Un travail où le corps a toujours part, comme lorsqu’on apprend l’alphabet d’une langue étrangère : cet alphabet doit rentrer dans la main à force de tracer les lettres. En dehors de cela, tout changement dans la manière de penser est illusoire.

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Dire que le monde ne vaut rien, que cette vie ne vaut rien, et donner pour preuve le mal, est absurde, car si cela ne vaut rien, de quoi le mal prive-t-il?

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La beauté séduit la chair pour obtenir la permission de passer jusqu’à l’âme

Simone Weil dans La Pesanteur et la Grâce

Une pièce musicale d’Eric Satie  interprétée par le London Symphony Orchestra – Gymnopedie No. 1 

Publié 19 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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Suivre les signes   Leave a comment

ImAGE Liberté

La petite feuille du grand arbre! Si la feuille était douée de conscience, ne serait-elle pas, en automne, sous l’emprise du sentiment de sa mort prochaine?

Assurément, si sa conscience ne contenait rien d’autre que la feuille, la feuille en soi. Alors elle sentirait qu’elle jaunit, qu’elle commence à sécher, qu’elle va bientôt tomber, jouet du vent, victime de puissances destructrices.

Supposons maintenant que la feuille puisse avoir conscience que ce qui vit en elle n’est pas seulement la feuille mais en même temps l’arbre.

Elle saurait alors que sa vie et sa mort annuelles sont un mode d’être de l’arbre. Elle serait consciente que la vie de l’arbre est en elle, que la Vie inclut non seulement sa petite vie mais sa petite mort. Et instantanément, l’attitude de la feuille, face à la vie, et face à la mort serait transformée; l’angoisse disparaîtrait et tout prendrait un autre sens.

Les angoisses de l’humanité correspondent à celles de la feuille qui s’arrête à sa conscience de feuille, c’est-à-dire qui est prisonnière de la petite réalité immédiate, des sens, de la raison et, qui est incapable de sortir de ses frontières.

A la conscience que nous avons en général de la vie, manque la conscience de notre être profond. Pour que celle-ci puisse percer, il nous faut réviser celle-là, reconnaître combien elle est bornée. Il nous faut prendre au sérieux les heures privilégiées de notre existence, c’est-à-dire en reconnaître les signes, et laisser s’épanouir la grande Vie qui est en nous.

Seulement ainsi, pouvons-nous entrer en contact avec notre être vrai. Car cet être est notre façon individuelle de participation à la Grande Vie. Et la maturité, qu’est-elle d’autre que la manifestation de notre participation à travers notre vie quotidienne?

Devenir un avec la source de notre être : tel est le chemin de la maturité intérieure. Le tout est de comprendre les signes, de les écouter, et de les suivre fidèlement.

 Karlfried Graf Dûrckheim  dans La percée de l’être 

Une chanson de Leonard Cohen – Steer Your Way

Publié 18 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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Vider le réservoir émotionnel?   Leave a comment

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Dans l’esprit de nos contemporains, la façon la plus courante de traiter avec les émotions – tant sur un plan ordinaire que thérapeutique – est de croire que plus on exprime une émotion, plus on s’en libère. Si nous sommes coléreux, plus nous exprimons notre colère et plus nous croyons avoir habilement négocié avec cette colère. Pour finir, le réservoir émotionnel est censé tomber en panne sèche.

Certains, qui ont des problèmes de désir ou d’attachement, s’imaginent que réaliser ses désirs est le meilleur moyen de s’en affranchir. Pour quelqu’un qui n’a aucune idée des enseignements du Dharma, peut-être est-ce en effet la seule solution ; mais du point de vue du Dharma, c’est là une manière vraiment stupide de se conduire, car plus nous exprimons d’émotions, plus il y a d’émotions à exprimer. Plus nous exprimons une émotion particulière, et plus nous renforçons sa tendance à apparaître.

En s’abandonnant à l’émotion quand elle survient, nous l’amplifions, nous l’embellissons, la développons plutôt que nous ne l’épuisons. Le fait même que les émotions soient vacuité signifie qu’elles sont intarissables. Si l’esprit était quelque chose de solide, tangible, réel, il en découlerait que les émotions le seraient également, que nous pourrions les laisser s’extérioriser jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Mais l’esprit est par essence vide, et les émotions qui en surgissent le sont également et n’ont donc pas de limite. Elles peuvent être prolongées et développées autant que nous choisissons de le faire, car il n’y a pas de moyen d’épuiser cette émotivité. L’important est de percer à jour la nature de l’esprit afin de comprendre celle de l’émotion, plutôt que de considérer seulement son aspect superficiel.

Kalou Rimpotché, Instructions fondamentales

Deux chansons de Neil Young – Old Man et Heart Of Gold

Libère-toi du mental   Leave a comment

Zarah Issany produit chaque lundi une vidéo présentant un livre qui a retenu son attention et qui mérite un partage.

Elle nous parle dans cet épisode du livre Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle.

Zarah Issany réalise des capsules vidéo sur différents sujets afin de susciter le développement des personnes. En fin de journée aujourd’hui, une nouvelle lecture sera partagé.

En tant que coach, elle offre une approche  différente, axée sur le sens.  À vous de la découvrir, son site est le :  http://www.zarahissany.com/

Publié 14 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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Maurice Chabas : Nos actes nous suivent   Leave a comment

Un petit montage vidéo sur le peintre Maurice Chabas. Simple, qui permet d’apprécier son œuvre.  Il a déjà écrit : L’Humanité actuelle a besoin d’un idéal supérieur. Nous ne pouvons plus vivre dans le déséquilibre créant la dysharmonie qui mène à la destruction et à la mort. Il faut l’Esprit pour donner la vie à la matière et aux œuvres. et aussi Nos actes nous suivent.

Le livre Maurice Chabas : Peintre et messager spirituel (1862-1947)a été conçu pour comprendre le parcours de ce peintre singulier, d’expliquer ses excès, et aborder son univers spirituel. Vous pouvez en découvrir plus en allant sur cette adresse : http://www.somogy.fr/livre/maurice-chabas-1862-1947?ean=9782757203200

 

 

 

 

 

Publié 13 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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2001 : L’Odyssée de l’espace   Leave a comment

ImAGE soleil

C’était le propre du barbare de détruire ce qu’il ne pouvait comprendre, mais peut-être les hommes n’étaient-ils que des barbares comparés aux êtres qui avaient érigé les monolithes…

Et d’où avaient-ils pu venir ? De la Lune même ? C’était tout à fait impossible. S’il y avait jamais eu la moindre trace de vie sur ce monde désolé, elle avait été détruite durant la période de formation des cratères, quand la surface avait été chauffée à blanc.
De la terre ? Hautement improbable mais pas impossible. Mais une civilisation terrestre avancée – peut-être non humaine – au Pléistocène, aurait laissé d’autres traces de son existence. Nous les aurions découvertes bien avant de débarquer sur la Lune, se dit Floyd.

Cela laissait deux possibilités: les autres planètes et les étoiles. Pourtant, l’évidence était contre la présence de la vie, de toute forme de vie, dans le système solaire, en dehors de la Terre et de Mars. Les mondes intérieurs étaient trop chauds, ceux de l’extérieur trop froids, à moins de descendre à des profondeurs où la pression atteignait des centaines de tonnes au centimètre carré.

Alors les visiteurs étaient peut-être venus des étoiles, ce qui paraissait encore plus incroyable. En levant les yeux vers les constellations, Floyd se rappela combien de fois ses collègues avaient prouvé l’impossibilité des voyages interstellaires.

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Derrière chaque être vivant il y a trente fantômes, car tel est le rapport des morts aux vivants. Depuis l’aube des temps, environs cent milliards d’êtres humains ont vécu sur cette planète.

Et ce nombre est très intéressant car, par une curieuse coïncidence, il existe environs cent milliards d’étoiles dans notre univers local, la Voie Lactée. Ainsi pour chaque homme qui vécu jamais , une étoile brille dans l’espace.

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Parfois, Floyd se demandait si le minibloc et la technologie fantastique qu’il supposait représentaient le sommet des découvertes humaines en matière de communications. Il se trouvait en plein espace, s’éloignant de la Terre à des milliers de milles à l’heure et pourtant, en quelques fractions de seconde, il lui était possible de consulter n’importe quel journal. Le mot même de journal était une survivance anachro nique en cet âge électronique. Le texte se modifiait automatiquement d’heure en heure. Même en ne lisant que la version anglaise on pouvait passer sa vie entière à absorber le flot sans cesse changeant des informations retransmises par satellites.

Il était difficile d’imaginer que le système pût être modifié ou amélioré. Pourtant, songea Floyd, tôt ou tard il disparaîtrait pour être remplacé par quelque chose qui renverrait les miniblocs au rang des presses de Gutenberg.

La lecture des journaux électroniques amenait souvent une autre réflexion : plus les moyens de diffusion se faisaient merveilleux, plus barbare, atterrant et choquant était leur contenu. Accidents, désastres, crimes, menaces de conflit, éditoriaux sinistres – tels semblaient être les sujets principaux des articles qui se propageaient dans l’espace. Floyd en venait parfois à se demander si tout cela était vraiment aussi terrible qu’il y semblait. Les informations d’Utopie, après tout, auraient sans doute été atrocement ennuyeuses

Arthur C. Clarke dans 2001 : L’odyssée de l’espace ( Stanley Kubrick en a fait un film)

Une pièce musicale  Also Sprach Zarathustra  de Richard Strauss utilisé comme générique pour le film 2001 Odyssée de l’espace 

 

La nature d’un autre   Leave a comment

Bouddha vert

 

Un moine demanda à un maître Zen :  » Chacun est censé avoir la nature du Bouddha. L’ai-je ? »

Le maître répondit : « Non ! »

Alors le moine demanda : Les Écritures Bouddhistes nous enseignent que chaque chose est investie de la nature de Bouddha, comment se fait-il que je ne la détienne pas ? Les arbres et les rochers, les rivières et les montagnes ont tous la nature de Bouddha. S’il en est ainsi, pourquoi pas moi ? « 

Le maître répondit :  » Les chats, les chiens, les montagnes, les rivières ont tous la nature de Bouddha, pas toi. »

Le moine atterré demanda : « Pourquoi pas ? »

Le maître  dit : « Parce que tu le demandes ! »

cité par Daisetz Teitaro Suzuki dans Les chemins du Zen

 

Une chanson de Eric Aron – Kalpa

Publié 10 août 2017 par dandanjean dans Contes, Pauses lectures

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