Archives de la catégorie ‘Pauses lectures

Moi, Toutankhamon, reine d’Égypte   Leave a comment

pharaon

Nous sommes les seuls êtres vivants à avoir acquis, par la civilisation, des choses inutiles, et plus qu’aucun autre, nous sommes dévorés par la crainte de la mort. Que de fois je l’ai entendu dire que toutes nos plus belles inventions – les dieux, les temples, les rituels funéraires – se réduisaient à rien, et que, passé notre brève existence sur cette terre, nous ne pouvions rien faire d’autre qu’accepter notre disparition.

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Mais pour lors, Senou, je suis lassée de parler de ces sentiments qui étaient les miens pour lui. Je voudrais maintenant te parler de quelque chose d’autre, qui a beaucoup fait pour mon bonheur, d’un autre amour, qui m’a occupée : la poésie. Oui, Senou, tu sais combien j’ai aimé disposer les mots selon un rythme quasi musical. La poésie conduit les sentiments jusqu’à leur vérité essentielle.

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La violence est l’expression de la crainte, comme la cruauté, et il n’est pas de plus grande crainte que celle de la mort.

Nabil Naoum dans Moi, Toutankhamon, reine d’Égypte

Une pièce musicale ANCIENT EGYPTIAN LOVE SONG

Publié 12 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures, Voyages et errances

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Le quatuor d’Alexandrie, Tome 2 Balthazar   Leave a comment

Durrell

Le téléphone est le symbole moderne des communications qui n’ont jamais lieu.
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Puis [Pursewarden] demanda aux élèves [d’un groupe littéraire] de noter trois choses dans leurs cahiers, qui pourraient leur être utiles plus tard s’ils ne l’oubliaient pas. Les voici :
1- Chacun de nos cinq sens renferme un art.
2- En matière d’art la plus grande discrétion doit être observée.
3- L’artiste doit saisir la moindre miette de vent.
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Nous vivons, écrit quelque part Pursewarden, des existences fondées sur une sélection de faits imaginaires. Notre sentiment de la réalité est conditionné par notre position dans l’espace et dans le temps, et non par notre personnalité comme nous nous plaisons à le croire. Chaque interprétation de la réalité est donc basée sur une position unique. Deux pas à gauche ou à droite et le tableau tout entier se trouve modifié. » Quelque chose comme cela…
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Pursewarden un jour, à propos de l’art d’écrire, me dit que la souffrance qui accompagne la création est uniquement due, chez les artistes, à la peur de la folie : « Forcez-vous un peu la main et dites-vous que vous vous fichez éperdument de devenir fou, vous verrez alors que cela viendra plus vite, que vous abattrez une barrière.

Lawrence Durrell dans Le quatuor d’Alexandrie, Tome 2 Balthazar

Une pièce musicale Oriental Dance Studio Alexandria, Tallinn

Publié 11 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Le quatuor d’Alexandrie, tome 1 : Justine   Leave a comment

La pauvreté exclut, disait un jour Justine, et la richesse isole.

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Tu sais bien que je ne raconte jamais la même histoire deux fois de la même façon. Cela ne veut pas dire que je mens.

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Il n’y a que trois choses que l’on puisse faire avec une femme, dit un jour Clea. On peut l’aimer, souffrir pour elle ou en faire de la littérature.

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Une ville devient un univers lorsqu’on aime un seul de ses habitants.

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Il n’y a pas de souffrance plus atroce que celle d’aimer une femme qui vous donne son corps et qui pourtant est incapable de livrer son être véritable – parce qu’elle ne sait pas où le trouver.

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Je reviens vers la ville où nos vies se sont mêlées et défaites, la ville qui se servit de nous, la ville dont nous étions la flore, la ville qui jeta en nous des conflits qui étaient les siens, et que nous imaginions être les nôtres ; bien aimée Alexandrie.

Lawrence Durrell dans Le quatuor d’Alexandrie, tome 1 : Justine

Une pièce musicale avec une chanteur égyptienne Alkistis Protopsalti – Alexandria

Publié 10 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La Belle du Caire   Leave a comment

rose

Le frémissement d’un cœur est une chose grave, et pèse autant dans cette existence que le mouvement des astres dans l’univers.

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Au diable ces philosophes qui prônent le bonheur dans la simplicité ! Plutôt souffrir d’indigestion que du supplice de la faim ! Vivons pour aujourd’hui et demain. Quant au passé, à la trappe !

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Dans certains pays, la femme a plusieurs maris, dans d’autres, l’homme a plusieurs épouses. Parfois même, l’adultère est licite ! La liberté sexuelle fut même érigée en règle dans plusieurs sociétés. Il n’y a pas de régime matrimonial absolu.

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N’y a-t-il pas dans le succès amoureux la même jouissance, la même fierté que dans le triomphe guerrier?

Naguib Mahfouz dans La Belle du Caire

Une chanson de Paul McCartney – Who Cares (de l’album Egypt station)

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/1315328-paul-mccartney-who-cares.html

Publié 9 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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J’aurais voulu être égyptien   Leave a comment

momification

Pour moi, la solitude est un bien précieux que je protège avec détermination.

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Je viens de me rendre compte aujourd’hui que je suis tombé captif de l’Occident. Autant notre insignifiance est à mes yeux avérée, autant leur esprit m’est apparu débordant de merveilleuses possibilités.

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Le roman c’est « de la vie sur du papier, qui ressemble à la vie de tous les jours en plus profond, en plus séduisant, en plus beau.

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Il y a longtemps que je me pose la question suivante: qu’est-ce qui pousse un lecteur intelligent et cultivé à considérer que le comportement d’un personnage littéraire dans une histoire imaginaire vise à offenser la religion ou un groupe social?

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-Si en Égypte, on ne photographie pas des gens pieds nus, des pauvres et des tas d’ordures, que reste-t-il en dehors des pyramides et du sphinx?

-Mon accent était plein d’amertume. Elle me demanda avec étonnement:

-Vous êtes égyptien?

-Oui, malheureusement.

Alaa al-Aswany dans J’aurais voulu être égyptien

Iolanda Gigliotti, dite Dalida née le 17 janvier 1933 au Caire chante Je suis malade

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/838513.html

Publié 8 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures, Voyages et errances

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Le ciel et l’enfer !   Leave a comment

ImAGE Naxos

Un homme, son cheval et son chien se promenaient sur une route. Alors qu’ils passaient près d’un arbre gigantesque, un éclair les frappa, et ils moururent tous foudroyés.

Mais l’homme ne comprit pas qu’il avait quitté ce monde, et il continua à marcher avec ses deux bêtes ; les morts mettent parfois du temps à se rendre compte de leur nouvelle condition…

La route était très longue, la pente abrupte, le soleil était fort, ils transpiraient et avaient grand soif. Ils avaient désespérément besoin d’eau. Au détour du chemin, ils aperçurent une porte magnifique, tout en marbre, qui conduisait à une place pavée d’or, au centre de laquelle il y avait une fontaine d’où jaillissait une eau cristalline.

Le voyageur s’adressa à l’homme qui gardait l’entrée.

– Bonjour. Quel est cet endroit, si beau ?

– Ici c’est le Ciel.

– Heureusement que nous sommes arrivés au Ciel, nous avons terriblement soif.

– Vous pouvez entrer et boire l’eau à volonté.

– Mon cheval et mon chien ont soif eux aussi.

– Je suis vraiment désolé, mais ici on ne laisse pas entrer les animaux.

L’homme en fut désappointé parce que sa soif était grande, mais il ne boirait pas tout seul ; il remercia et reprit sa route. Après qu’ils eurent beaucoup marché, épuisés, ils atteignirent une place, dont l’entrée était marquée par une vieille porte, qui donnait sur un chemin de terre bordé d’arbres.

À l’ombre d’un arbre, un homme était couché, la tête couverte d’un chapeau, peut-être endormi.

– Bonjour – dit le voyageur. – Nous sommes assoiffés, mon cheval, mon chien et moi.

– Il y a une source dans ces pierres, dit l’homme, indiquant l’endroit. Vous pouvez boire à volonté.

L’homme, le cheval et le chien se rendirent à la source et apaisèrent leur soif. Ensuite il revint dire merci.

– Au fait, comment s’appelle cet endroit ?

– Ciel.

– Ciel ? Mais le gardien de la porte en marbre a dit que c’était là-bas le ciel.

– Ça ce n’est pas le ciel, c’est l’enfer.

Le voyageur était perplexe.

– Vous devriez empêcher cela ! Cette information mensongère doit causer de grandes confusions ! »

L’homme sourit :

– Pas du tout. En réalité, ils nous font une grande faveur. Parce que là-bas restent tous ceux qui sont capables d’abandonner leurs meilleurs amis…

Paulo Coelho dans Le démon et mademoiselle Prym

Une pièce musicale de Loreena McKennit – Dante’s Prayer

Publié 7 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Mon utopie   Leave a comment

albert-jacquard-ouv1

« Réussir » est devenu l’obsession générale dans notre société, et cette réussite est mesurée par notre capacité à l’emporter dans des compétitions permanentes. Il est pourtant clair que la principale performance de chacun est sa capacité à participer à l’intelligence collective, à mettre en sourdine son « je » et à s’insérer dans le « nous », celui-ci étant plus riche que la somme des « je » dans laquelle l’attitude compétitive enferme chacun ; le drame de l’école est d’être contaminée par une attitude de lutte permanente, qui est à l’opposé de sa finalité.

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Une utopie qui se borne à décrire un rêve irréalisable est plus néfaste qu’utile ; le fossé entre le réel vécu dans l’instant et le souhaitable imaginé pour plus tard apparaît définitivement infranchissable. Tous les abandons sont alors justifiés, tous les projets se heurtent à la lâcheté des « À quoi bon ? ».

Elle peut être au contraire un facteur de renouveau, être à l’origine d’une dynamique, si elle est reçue en suscitant un « Pourquoi pas ? ».

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Le trajet d’une vie est l’entrelacement de multiples parcours. Plusieurs personnages évoluent en se heurtant, se provoquant, se complétant; ils coopèrent pour construire une personne indéfinissable qui manifeste son existence chaque fois qu’elle ose dire je. Au cours de cette construction, chacun de ces personnages trace son chemin, mais ils sont constamment dépendants les uns des autres, ce qui permet à la personne qu’ils deviennent d’être à la fois multiple et unitaire, semblable à ces particules quantiques, qui, sans se dédoubler, traversent simultanément les deux fentes d’un écran.

Albert Jacquard dans Mon utopie

Une pièce musicale de Ludovico Einaudi – Life

Publié 6 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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