Archives de mars 2008

Tibet vue de chez-nous   Leave a comment

Kalsang au Tibet

 

Rima Elkouri

 

À la veille des Jeux olympiques de Pékin, le Tibet, opprimé par la Chine, joue les trouble-fête. Rencontre avec Kalsang Dolma, militante québécoise d’origine tibétaine, qui, après avoir serré la pince du dalaï-lama dans le film Ce qu’il reste de nous, compte se rendre jusqu’à la frontière du Tibet pour manifester contre la répression chinoise.

 

À l’entrée du restaurant tibétain Shambala, rue Saint-Denis, le visage de l’hôtesse aux longs cheveux noirs nous est familier. C’est celui de Kalsang Dolma. Portée par le film Ce qu’il reste de nous, elle est devenue la Tibétaine la plus connue du Québec.

 

Kalsang Dolma était, on s’en souvient, l’héroïne de ce très beau film de François Prévost et Hugo Latulippe, présenté au festival de Cannes en 2004 et gagnant du Jutra du meilleur documentaire. Le film – malheureusement impossible à trouver en DVD – raconte l’aventure peu banale de cette Tibétaine née en exil qui va dans son pays pour la première fois, emportant avec elle, à ses risques et périls, un message du dalaï-lama qu’elle avait elle-même recueilli.

 

La plupart des clients du restaurant interpellent Kalsang comme s’ils la connaissaient depuis toujours. Ces jours-ci, l’agitation au Tibet ravive l’intérêt des gens. «Quand j’ai des pétitions ou que je dois annoncer une vigile, je le dis aux clients, raconte-t-elle. Ça fait boule de neige, ce qui est très bon pour le business de mon patron! Je lui dis parfois en blaguant qu’il faudrait qu’il me donne une cote!»

 

Depuis le 10 mars (jour de commémoration de la répression de 1959 où le dalaï-lama a dénoncé les violations des droits de la personne au Tibet), entre ses cours de massothérapie le jour et son travail au restaurant le soir, la jeune femme de 35 ans consacre tout son temps au militantisme. Il y a 10 jours, elle était à Ottawa, avec le comité Canada Tibet, pour manifester son appui aux Tibétains et dire au premier ministre Stephen Harper que son timide appel à la «retenue» des autorités chinoises ne suffisait pas. «Ce qu’on demande, c’est que la négociation entre le gouvernement chinois et le dalaï-lama se fasse pour de vrai. Qu’il y ait un dialogue et des résultats concrets avant les Jeux olympiques.»

 

En juin, quand elle aura terminé ses cours de massothérapie, Kalsang compte rejoindre un groupe de Tibétains en exil qui ont entrepris une marche de Dharamsala, en Inde, jusqu’à la frontière du Tibet. «Le but, c’est d’arriver à la frontière juste avant les Jeux olympiques.» Car les Jeux constituent bien sûr l’occasion d’attirer l’attention sur le sort des Tibétains.

 

Boycotter ou pas les J.O.? Kalsang n’est pas de ceux qui croient que le boycottage pur et dur soit la meilleure avenue. «Je ne pense pas juste à la cause tibétaine. Je pense aussi aux athlètes qui ont travaillé fort durant des années et des années!» Si elle n’est pas prête à exiger des athlètes un tel sacrifice, elle croit cependant qu’il leur est possible de profiter de leur tribune pour protester autrement. «Je leur dis: si jamais vous gagnez la médaille d’or et que la caméra est sur vous, exprimez-vous! Faites un geste, un signe, n’importe quoi!»

 

Boycotter la cérémonie d’ouverture lui semble aussi une bonne façon de faire pression sur Pékin. «Harper, ça ne changera rien dans sa vie s’il ne se présente pas à la cérémonie. Mais dans la vie de tous les jours des Tibétains, c’est beaucoup. Pour le gouvernement chinois, c’est beaucoup. Ça peut peser dans la balance.»

 

Même si elle vit au Québec depuis plus de 20 ans, Kalsang se dit avant tout Tibétaine. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Née en Inde, là où on trouve la plus importante communauté tibétaine en exil, elle a grandi dans le petit village de Hunsur, dans le sud du pays. Son père, couturier, y avait fondé une école de couture accueillant des jeunes, surtout des filles, n’ayant pas eu la chance d’aller à l’école. Elle avait 12 ans quand sa famille a été parrainée par un ami de son père vivant à Longueuil. C’est ainsi qu’elle a quitté son village indien pour se retrouver en banlieue de Montréal. C’était le choc, dit-elle. Puis vint la crise d’adolescence. «Je ne voulais pas être Tibétaine, raconte-t-elle. N’importe quoi, mais pas ça! Je ne voulais rien savoir de mes parents.» Chaque dimanche, ses parents l’envoyaient malgré tout suivre des cours de danse, de religion ou de langue tibétaines. Elle s’est ainsi retrouvée sur les planches du festival de folklore de Drummondville. «On allait danser là et on se disait: Wow! Au moins il y a du monde qui apprécie ce qu’on fait!»

 

Peu à peu, Kalsang dit avoir renoué avec son identité. Elle est allée étudier la musique traditionnelle tibétaine à Dharamsala. «Plus je vieillis, plus je retourne vers mes racines. Je suis étonnée de moi-même. Je me sens Tibétaine. Mais en même temps, j’ai une façon de penser, de m’exprimer qui n’est pas vraiment tibétaine, surtout pour une fille. Chez nous, les filles ne parlent pas beaucoup. Elles se tiennent tranquilles. Et moi, c’est le contraire! J’ai du mal à me taire!»

 

Dans Ce qu’il reste de nous, Kalsang raconte qu’il y a une croyance au Tibet voulant que le pays a été perdu parce que les gens n’ont pas assez prié. «Moi qui ai grandi en Occident, je pense plutôt que l’on a perdu notre pays parce que nous n’avons fait que prier, justement, dit-elle. J’ai peur que l’histoire ne retienne de notre fragile résistance qu’une sorte de soumission.»

 

Est-ce à dire qu’elle rejoint les rangs de cette jeunesse tibétaine qui croit que la non-violence ne donne plus rien? Elle hésite. La non-violence est liée directement à la philosophie bouddhiste, commence-t-elle par expliquer. On ne tue pas la mouche qui entre dans la maison. On l’invite doucement à sortir…Cela dit, même si la non-violence reste au coeur de la culture tibétaine, même si les enseignements du dalaï-lama sont à la mode en théorie, en pratique, c’est autre chose, déplore-t-elle. «Je suis désolée de le dire, mais beaucoup de gens qui admirent le dalaï-lama et qui disent wow! n’y comprennent rien. Personne ne veut comprendre le langage de la non-violence quand c’est le temps. Les médias ne veulent pas couvrir ça parce que ça ne bouge pas assez. On dit wow! devant l’enseignement du dalaï-lama. Mais concrètement, on ne veut rien savoir. Alors les jeunes au Tibet sont en colère. Ils disent: on a essayé pendant 50 ans avec la non-violence et ça ne marche pas!»

Publié 31 mars 2008 par dandanjean dans Actualités et politique

Non-violence   Leave a comment

 

La tradition guélougpa des Bonnets jaunes -représentée par le dalaï lama- est la plus récente des 4 écoles du bouddhisme tibétain. Elle dérive de la "voie du Grand Véhicule" qui a succédé à celle du "Petit Véhicule" ou Theravâda, plus ancienne, plus traditionnelle et plus orthodoxe, dont les millions de pratiquants se dissocient totalement du mouvement actuel des Bonnets jaunes contre les Chinois. Même le professeur Samdhong Rinpoche, Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, déclare que la violence n’est pas une solution: "Tout d’abord, il ne faut pas amalgamer le bouddhisme et l’identité tibétaine. Les Tibétains ont maintes fois recouru à des moyens violents au cours de l’histoire. Les guerres ont été fréquentes, avec des pays frontaliers mais aussi parfois entre régions ou entre groupes de population. La différence est qu’à l’époque, les belligérants pouvaient espérer vaincre. De plus, même le bouddhisme n’exclut pas la violence et la force, mais en dernier recours et à condition qu’elle puisse donner de bons résultats et qu’on en fasse usage sans haine." De leur côté, les Chinois pourraient avoir la politesse et la correction de retirer la Bible de la liste des objets interdits aux touristes et sportifs durant les Jeux de Pékin!

Publié 30 mars 2008 par dandanjean dans Actualités et politique

Humeur tibétaine   Leave a comment

 

Tintin ayant beaucoup fait pour la cause du Tibet, il était normal que le Tibet en fît autant pour la cause de Tintin. C’est ainsi que le Dalaï Lama a remis en 2006 à la Fondation Hergé le prix Light of Truth de l’ICT (International Campaign for Tibet) laquelle est l’un des partenaires de la Fondation Hergé pour le centenaire du créateur. Georges Remi (inversez ses initiales et vous avez son nom de plume) en eût été heureux. Gardons-nous ne jamais faire parler les morts mais n’oublions pas que le bouddhiste belge en lui, qui considérait Tintin au Tibet comme son album préféré, eût été comblé de constater que celui-ci  représentait toujours un enjeu politique. Car le chef spirituel du bouddhisme tibétain ne s’y est pas trompé : Tintin est son meilleur agent de propagande. La preuve : il y a cinq ans, lors de sa parution en mandarin, l’album était abusivement intitulé Tintin au Tibet chinois. La Fondation Hergé diligenta des plaintes afin d’obtenir que le dernier mot indûment rajouté soit dûment retiré; on n’en attendait pas moins de la part de ses dirigeants, Fanny, la veuve d’Hergé, et son mari Nick Rodwell, étant tous deux convertis au bouddhisme. Aux yeux du Dalaï Lama, qui accepta leur invitation d’inaugurer une grande exposition “Tintin au Tibet” à leurs côtés, l’album d’Hergé n’a pas seulement « révélé au monde la beauté du Tibet », il a également « suscité une prise de conscience internationale plus aiguë du Tibet ». Combien de bandes dessinées peuvent-elles en dire autant ? Le destin de celle-ci est d’autant plus étonnant qu’il n’était pas prémédité.

 

Tintin au Tibet est né d’une grave dépression d’Hergé, déchiré par un cas de conscience qui ne le laissait pas très zen, rongé par la culpabilité à l’idée de quitter sa femme pour sa maîtresse. Irrésolu, il se reprochait d’être trop vertueux, de ne jamais dévier du chemin du devoir, comme son héros de papier. Il s’immergea dans le travail, se lança dans plusieurs projets successifs, passant d’espions trafiquant des pilules radioactives à l’expropriation de Peaux-Rouges de leur réserve avant de tout laisser tomber pour une intuition écrite à la hâte : « Thème général très simple. Mais quoi ? Sagesse tibétaine- Lama. Abominable homme des neiges. Pourquoi partent-ils au Tibet : le yeti… » Il se documenta aussitôt et se mit au travail mais à mi-parcours hésita à renoncer : ses nuits étaient hantées par des rêves de blanc. Tant et si bien qu’il se rendit pour la première fois chez le professeur Ricklin, psychanalyste jungien, lequel ne lui suggéra pas seulement d’abandonner son travail : « Vous devez exorciser vos démons, vos démons blancs. Il faut tuer en vous le démon de la pureté ! » En le quittant, Hergé était enfin résolu : il décida de poursuivre son album et d’abandonner le psychanalyste.

 

 La 63èmeet dernière planche de Tintin au Tibet paru dans le journal Tintin le 25 novembre 1959, huit mois après la sanglante répression d’une révolte populaire à Lhassa par l’armée chinoise, le départ en exil du Dalaï Lama et de 100 000 de ses compatriotes. L’album sortit en 1960. Cette œuvre intime, émouvante et hantée par la mort était l’exact reflet de la crise morale qu’il venait de traverser. Elle est mélancolique, nostalgique, comique et historique. La couverture ? une tache blanche, pendant de l’autre pilier de son œuvre, la tache rouge du Lotus bleu. Un chant dédié à l’amitié dans ce qu’elle a de plus pur. De quoi se réconcilier avec lui-même. Il s’accepta enfin après avoir vaincu le mauvais en lui, jusqu’à évoquer dans une dédicace à un ami « l’adorable homme des neiges ». Rien à changer dans cet album. A peine un détail : Air India étant fâchée d’être associée à une catastrophe aérienne, Indian Airways devint Sari Airways dans les rééditions. Pour le reste, plus d’un demi-siècle après, il demeure d’une brûlante actualité même si Hergé ne l’a pas fait exprès. Tingting et son fidèle Neige blanche n’ont pas fini leur longue marche.

Publié 28 mars 2008 par dandanjean dans Actualités et politique

L’absence   Leave a comment

L’absence est le tissu qui habille le souvenir.

C’est la douceur des doigts caressant le peau de l’aimée,

une petite chanson remplie de soleil

qui se balade dans la pièce que nous habitons.

Publié 24 mars 2008 par dandanjean dans Réflexion

Afin de supporter les tibétains   Leave a comment

Pétition au Président Hu Jintao:

En tant que citoyens du monde entier, nous vous demandons de montrer de la mesure et du respect pour les droits de l’Homme dans votre réponse aux protestations au Tibet, et de prendre en considération les préoccupations de tous les tibétains en ouvrant un dialogue pertinent avec le Dalai Lama. Seul le dialogue et la réforme apporteront une stabilité durable. Le futur le plus lumineux de la Chine et ses relations les plus positives avec le monde sont liés à un développement harmonieux, au dialogue et au respect.

 

 

Pour signer la pétition

 

http://www.avaaz.org/fr/

Publié 21 mars 2008 par dandanjean dans Actualités et politique

Une part de vérité…   1 comment

 

Et si l’essentiel était un peu comme la musique

Certains aiment les genres de musique

Comme le classique, le rock ou le jazz

Et ne jurent que par cela pour le rejoindre

 

D’autres considère que c’est un musicien

Dans un style de musique qui permet de le rejoindre

Cet artiste avec ce disque, cette prestation

Qui représente la voie pour l’essentiel

 

D’autres encore vont nous faire part

De cette pièce composer par un artiste

Cette mélodie, ces paroles

Cette pièce qui est le contact avec le divin

 

Et si l’essentiel était la musique

Parfois on la touche par un style

Parfois par un musicien ou une chanson

Et si l’essentiel était dans les harmonies..

 

Je me lève ce matin et en écoutant une musique

Je suis dans une voie vers l’essentiel, mosaïque de voix voies voir….

Publié 20 mars 2008 par dandanjean dans Réflexion

Impuissance et agacement n’ont pas leur place   Leave a comment

 

L’un des plus grands préceptes du bouddhisme est la lucidité envers soi-même car pour arriver à la sérénité, il faut savoir séparer les faits et l’interprétation que nous en faisons, cette dernière étant trop souvent négative. Selon Dilgo Thyentsé Rinpoché, les idées et les sentiments se transforment sans cesse, comme des nuages déformés par le vent, il ne faut donc pas leur donner une grande importance et les ruminer. On s’expose alors non seulement à une perte de temps, mais aussi au ferment qui peut amener à la paranoïa ou autres maladies psychiques, telles la dépression.

 

Toutefois, en Occident, nous fonctionnons souvent selon l’idée que notre vie dépend de notre destinée ou de notre tempérament, comme si tout était déjà écrit à l’avance. Dans le bouddhisme, au contraire, toutes les possibilités sont ouvertes, à condition d’y travailler. On n’a rien sans rien, mais chacun peut parvenir à pacifier ses états d’âme, pour peu qu’il accepte le fait qu’il s’agit d’un travail à accomplir tout au long de la vie et non pas d’un don que l’on reçoit ou pas à la naissance. Si respirer est un acte que l’on accompli sans même y penser, il ne faut pas croire que bien vivre est également un acquis.

 

Une jolie image est celle qui compare la vie à la mer, si on ne nage pas et donc qu’on ne fait aucun effort pour vivre, on coulera forcément tôt ou tard. Le fait de vivre demande donc de faire un effort, mais il n’y a rien là de négatif, car la démarche et les résultats sont gratifiants et en valent toujours la peine. Une autre grande idée que les thérapeutes et les bouddhistes ont en commun est la compassion. Savoir rassurer et écouter sont des qualités déjà très importantes dans la vie courante, mais qui ont beaucoup plus d’impact pour les personnes en souffrance psychique.

 

Cette notion de compassion est une des clés de la guérison des malades, car sans empathie et sans écoute, les patients perdent confiance en eux et en leur médecin. Ils peuvent en effet se sentir avant tout «une pathologie» plutôt qu’une «personne à part entière».

 

Le bouddhisme ne dit pas autre chose, la bonté, l’humanité et la patience font partie de son enseignement. Cependant, si ce don de soi est important, il doit également s’inscrire dans une démarche où impuissance et agacement n’ont pas leur place, même si certains thérapeutes avouent ressentir parfois ces deux dernières émotions devant leur patient. Là encore, intervient la notion de lucidité envers soi-même et les autres.

Publié 15 mars 2008 par dandanjean dans Réflexion

%d blogueurs aiment cette page :