Les sens du rire

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Il n’y a pas de sages paroles

Ni de pensées utiles

Lorsque le corps est crispé

Et que tout est compliqué et lourd

 

La réflexion profonde prend tout son sens

 Lorsque nous pouvons l’exprimer avec le rire

Ce qui se partage alors

A tout l’intensité du présent éphémère et assumé

C’est l’essence du rire

 

Une chanson de Leonard Cohen – Traveling Light (voyager léger)

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/1194286-leonard-cohen-traveling-light.html

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Passeurs de vie

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Le défi avec l’éducation, c’est de pouvoir transmettre des connaissances et des techniques standardisées, par exemple E=MC2 ou la structure osseuse d’un animal, et susciter chez les apprenants une intégration pour réaliser leur singularité.

En fait, nous percevons souvent l’instauration d’un moule où la personnalité de l’apprenant s’insère. Peut-être en raison du fait que nous voyons des cohortes de finissants présentant tellement de similitudes au plan de ce qu’ils pensent et ce qu’ils font. Par ailleurs, nous savons que toute reproduction n’est pas originale et comporte une corruption de la Nature initiale.

La standardisation vise à solutionner des problèmes de conception ou de production afin d’introduire un modèle dont les caractéristiques sont intégrées, cohérentes et compréhensibles.  Par exemple, en standardisant la langue, cela a permis de mieux communiquer et de mieux se comprendre. En standardisant le parcours d’enseignement, nous nous assurons d’offrir les matières de base.

Notre singularité, et du fait notre différence, ne fait pas partie de l’équation à la base de la standardisation, elle est simplement le véhicule permettant de recevoir les passagers que sont la connaissance et le savoir. Nous n’avons pas besoin de changer le véhicule pour recevoir des passagers de différentes provenances et ayant des destinations distinctes.

En tant que passeurs, nous savons que nous faisons partie de la solution de tout ce que nous transportons. Aucune pensée, aucun savoir, aucune connaissance, aucune expérience et aucune émotion n’est immuable. Bien que tout est interdépendant et éphémère, chaque partie de ce Tout a besoin de passer par le corps de la terre.

Et c’est en cela que réside la richesse de notre singularité, être la part infime, mais aussi ultime, de notre humanité.

Une chanson d’Aimee Mann – How am I different

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Du rien au tout et de tout au rien

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Nous naissons et le sentiment de la construction de la vie s’installe. L’enfant devra apprendre à marcher, apprendre à parler, à se nourrir d’expériences et de connaissances pour se réaliser.

Adulte, l’enfant est toujours en nous, mais en sourdine de notre présent. Nous savons marcher, écouter, apprendre, parler, et malgré cela, nous avons parfois le sentiment de la reconstruction de soi à faire, comme si ce tout acquis comprenait des espaces de rien qui nous fait vivre le vertige.

Quand cela s’installe, je tente de me reconnecter avec le souvenir de mes expériences des grands vents au bord de la mer. Quelque chose déferle sur moi avec une telle intensité, si plein d’invisible heurte mon corps. Pourtant le vent qui me heurte semble avoir une présence réelle, et lorsque je regarde l’horizon ou autour de moi, rien n’est apparent.

Le rien devient à notre portée par l’expiration sous forme de vents animé par l’énergie. Et parfois c’est la matière qui se vide de son essence et de sa forme devenant rien, vide, comme une inspiration, encore là animé par l’énergie.

De cette perspective, le vent n’existe pas sans le concours de l’énergie qui est invisible, tout comme la matière qui est malgré tout visible.

Un mouvement du rien au tout et de tout au rien, comme une inspiration puis une expiration. Que des manifestations d’un souffle qui passe par-delà le corps de la terre. Interdépendant, unique et d’une manifestation de mouvements infinis sous ses différentes formes.

Le sentiment parfois de ne rien ressenti, lorsqu’il est accepté, assumé, avec attention, porte en lui-même son propre mouvement vers la lumière et sa source d’appropriation de l’expérience.  Il s’agit parfois de juste lâcher-prise.

Une chanson de Michel Rivard – Je voudrais voir la mer

Les paroles http://www.cyberus.ca/~rg/ch_r004.htm

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Qui meurt?

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Le fait de prendre conscience de l’impermanence des choses, est en soi une révélation de la clé de la vie. La confrontation avec la mort nous branche aux racines de la vie, que nous imaginons perdre avec la disparition de notre corps. Mais quelle est la véritable signification de ce sentiment d’immanence qui nous habite, ce sentiment que nous éprouvons d’être hors du temps, ce sentiment de quelque chose qui ne semble se référer à aucun commencement, à aucune fin. Nous imaginons que nous allons mourir pour la simple raison que nous croyons être nés. Nous ne nous fions pas à ce sens d’infini, d’illimité en nous.

*

Voici ce que dit la tradition des soufis :  » Surmontez l’amertume de ne vous être pas montrés à la hauteur de la peine qui vous a été confiée ! Telle la mère du monde qui porte en son cœur toute la souffrance de la terre, chacun de nous, parcelle de son cœur, est doté d’une certaine somme de douleur cosmique. A chacun de nous échoit en partage cette souffrance. Il vous est demandé d’y participer dans la joie, au lieu de vous apitoyer. En voici le secret : offrez votre cœur comme véhicule d’une transformation de la souffrance cosmique en joie.

Stephen Levine dans Qui meurt? Une investigation du processus conscient de vivre et mourir

Une pièce musicale de Hüseyin Özkılıç – Sukun

De vagues générations

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Tous les êtres vivants naissent et meurent invariablement, seul change la durée. Les générations apparaissent comme des vagues sur le rivage de ce monde.

Les biens et les services se matérialisent et se défont au rythme du temps. Les désirs et les rêves émergent pour ensuite décroître dans les souvenirs. Sans arrêt, les pensées se naissent et traversent l’esprit avant de nourrir le silence.

Seul le mouvement semble permanent même si par nature, il ne fait que passer. De création en création, la vie se regénère et prend des formes différentes.

Il y a inscrit en nous cette volonté de survivre, et de sortir de ce cycle de morts et de vies. Cette volonté puise son espoir dans ce qui semble au-delà de notre condition éphémère, cette inconcevable nature immuable et perpétuelle.

En équilibre entre ce désir d’immortalité et de cette condition impermanente, il y a cela, et ceci, ici et maintenant, le temps d’une grâce, le temps d’une vie.

Une chanson de ZAZ – La lessive

Les paroles sur https://greatsong.net/PAROLES-ZAZ,LA-LESSIVE,1507530.html

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Des rencontres singulières

ImAGE Arbre humain

La rencontre est une occasion d’enrichissement. J’ai de la difficulté à bien comprendre les personnes qui fuit l’étranger. Nous vivons dans un monde où chaque être humain conspire avec les autres à faire émerger son bonheur personnel tout en tentant de préserver l’harmonie générale. Il y a tant d’attentes différentes, tant de perceptions différentes et tant de représentations différentes qui coexistent.

Chaque personne porte sa propre singularité, et en fait de vérité ou de représentation du monde, elle ne peut énoncer que la sienne. Toutefois, la rencontre et le partage nous permet d’en faire un examen sympathique et attentif nous aidant paradoxalement à découvrir la nôtre.

Les rencontres, dans les faits, visent moins à changer le cours de choses qu’à changer l’opinion qu’on s’est faite. Et c’est la source de l’enrichissement qu’elles nous apportent.

Ainsi, tout bouge, tout change, et pourtant chaque être continu à développer son parcours singulier. Même la personne qui devient disciple d’une autre garde au fond d’elle une grande part de différence.

Entre liberté et dépendance, il y a cette voix en nous qui recherche le bonheur et qui souhaite l’harmonie avec l’autre, pour se protéger essentielle des peurs. Car nous avons cela en commun, la peur de mourir, la peur de perdre, la peur de l’inconnu et tant d’autres encore. Et parfois ces peurs font en sorte que la quête d’harmonie avec l’autre devient conflit.

Le développement de notre conscience permet d’apprivoiser nos peurs et de changer ainsi notre position sur l’axe liberté et dépendance. Les rencontres sont de bons régulateurs pour apprendre à s’apprivoiser soi-même, composer avec ses peurs et redécouvrir paradoxalement l’importance de la beauté de notre solitude.

Car ultimement, on est toujours seul ensemble.

Une chanson de Daniel Bélanger – Dans un spoutnik

Les paroles sur https://genius.com/Daniel-belanger-dans-un-spoutnik-lyrics

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Les livres du dessous

ImAGE Chemin des livres

Un lecteur m’a posé une question très simple, quels sont les livres qui vous ont marqué?

J’ai eu un instant de réflexion, certes il y a beaucoup d’œuvres qui m’ont touché, certains provenant d’auteurs émergents. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir accès à beaucoup de livres et d’auteurs.

Pour mes fondamentaux, ceux que j’ai suivi longtemps et qui représentent encore aujourd’hui une source d’inspiration, j’ai retenu 20 auteurs qui ont marqué mes 20 premières années:

Nikos Kazantzakis avec Alexis Zorba, (vous pouvez aussi vous aventurer avec Les frères ennemis et La Dernière Tentation du Christ). Cette œuvre a marqué mon imaginaire et probablement influencé mon choix d’aller en Grèce plus d’une fois, avec la musique de Leonard Cohen en tête. Une hymne à la lucidité, la persévérance et le courage de se relever en homme libre.

Khalil Gibran avec le Prophète (mais aussi Le Précurseur et Le sable et l’écume). Cette œuvre ouvre les yeux sur une approche des fondements de la spiritualité avec finesse et poésie. C’est le chant de l’âme qui caresse le cœur.

Richard Bach avec Jonathan Livingston le goéland (et pour continuer à découvrir Illusions : Le Messie récalcitrant et Un). Une approche simple, directe de la conscience en action. Plus tard Dan Millman avec le Guerrier pacifique a apporté une énergie similaire.

John Ronald Reuel Tolkien avec Le Hobbit (pour aller plus loin Le Silmarillion et la trilogie du Seigneur des anneaux). C’est plus qu’une histoire, je parle des livres et non des films. On y retrouve les valeurs de l’amitié, de l’engagement et du don de soi. C’est apprendre à découvrir le dépassement des peurs. L’être le plus humble peut aussi faire la différence.

Hermann Hesse avec Siddhartha, ( et que dire du Loup des steppes et du Jeu des perles de verre?). Quel grand auteur, il nous fait dépasser les limites d’une sagesse convenue.  Il a su rendre la quête humaine accessible tout en tentant de décrypter le sens de l’existence.

Lao-Tseu, Tao Te King (Livre de la Voie et de la Vertu). Un compagnon, un guide qui convient de consulter fréquemment et de garder près de soi pour décanter certaines expériences dont on cherche le sens.

La traduction de Richard Wilhelm du Yi King, Le livre des transformations. Un autre compagnon, un autre livre que nous lisons par brides, et pas nécessairement dans un ordre préétabli. À mon sens, il contient le code de l’interprétation de l’instant.

Rabindranath Tagore avec Sadhana (et poursuivre avec L’Offrande lyrique ou Le Jardinier d’amour). Le poète de l’Inde moderne, qui apporte un regard profond et joyeux sur la condition humaine, la nature qui nous entoure et la place de la contemplation pour une vie saine.

Satprem, de son vrai nom Bernard Enginger avec Par le Corps de la Terre ou Le Sannyasin. Une découverte lors de mon voyage en Inde à 17 ans. Il m’a fait voir la notion de changement et l’importance d’accepter d’être un être de transition. Sa métaphore sur la réincarnation est divine.

Jiddu Krishnamurti avec Le Chant de la Vie. Homme libre, la Société Théosophique avait vu en lui une incarnation de l’Instructeur Mondial, il récuse avec fermeté son rôle messianique et annonce en 1929 la dissolution de l’Ordre. Il enseigna le reste de sa vie la liberté, l’amour et la conscience ne relevant d’aucune religion ou doctrine philosophique.

Hubert Reeves avec Poussières d’étoiles (et pour le plaisir, Patience dans l’azur et L’espace prend la forme de mon regard). Il a su faire plus que nous vulgariser l’astrophysique, il a su nous aider à prendre conscience des étoiles en nous.

Mohandas Karamchand Gandhi avec Tous les hommes sont frères. Un grand homme qui a su mettre en action ses espoirs d’un monde non violent.  Que nous soyons d’accord ou non avec sa vie, il a su assumer son idéal. Une inspiration en ce sens.

Rudyard Kipling et Le Livre de la jungle. Un des premiers livre,  j’ai été scout. Par l’entremise de ces petites histoires d’animaux, Rudyard Kipling nous parle des hommes, des codes que nous nous imposons,  de la loi des chasseurs, de la loi des colonisateurs et en fin de compte de la loi des hommes. Tout comme John Ronald Reuel Tolkien, il raconte le pouvoir des petits de ce monde.

Antoine de Saint-Exupéry avec le Petit Prince (et que dire de Terre des hommes, et de Vol de nuit et de Citadelle?). Une œuvre directe et simple qui exprime une morale du devoir et de l’action fondée sur la croyance en la grandeur de l’homme.

Sri Aurobindo et La Bhagavad-Gîtâ. Le livre qui m’a fait découvrir l’impermanence et l’importance d’assumer ses choix. Un récit de guerre poétique qui interpelle la conscience de l’humain.

Christiane Singer et La mort viennoise.  Une grande richesse de métaphores sur la vie, la mort et l’engagement. L’Amour y est présenté comme une voie de passage.

Esther « Etty » Hillesum avec Une vie bouleversée. Une femme au destin tragique, tuée par la bêtise humaine et qui a su malgré cela, vivre une spiritualité d’une grande profondeur.  Elle est un être bon, d’une grande résilience. Une inspiration.

Teresa Carolyn McLuhan avec Pieds nus sur la terre sacrée.  Le livre qui m’a permis de revisiter mes racines. Un grand cru.

Lou Andreas-Salomé avec Ma vie. Le livre de l’expérience humaine assumée, tout en étant voilée par un soupçon de retenue. Ce n’est pas une bibliographie, c’est un essai sur l’humain, écrit avec une grande lucidité et clairvoyance.

Friedrich Nietzsche et Ainsi parlait Zarathoustra. Un livre déterminant, un grand poème déroutant, inspirant et à la fois magnifique. Au Prologue on peut lire:

« Il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante ».

Une chanson de David Gilmour – High Hopes

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/247104-pink-floyd-high-hopes.html

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