Archives du tag ‘impermanence

Ce cliché de vie   Leave a comment

Pour déjouer le temps qui passe, il prenait des photos en grande quantité de tout ce qui lui plaisait. Il avait des photos de beaucoup de lieux et de beaucoup d’événements. Il avait développé et construit sa représentation du monde qui lui permettait de regarder la réalité à partir d’un seul objectif. Il n<avait plus besoin de faire des arrangements, des ajustements, de se fondre, juste de cadrer ce qui attire l’œil, et saisir l’instant dans ce prisme de la réalité.

Puis, il passait du temps à regarder les photos, ces clichés captés de son objectif. Sa vie était devenue une exposition de clichés, en général bien cadré, et la mise au point impeccable, on aurait dit la vie.

Il continuait sa quête visant à saisir l’instant magique, l’épisode de la vie de bonheur que tant de gens espèrent saisir un jour. Il avait adopté cette vie afin d’enregistrer le plus de fragments possible de ce temps qui s’écoule sans se rendre compte que lorsque l’on vit avec un seul objectif, chaque image ne raconte que les maux de l’impermanence à qui ne sait en faire un présent.

Une chanson de Christophe Maé – Il est où le bonheur

Les paroles sont sur https://www.lacoccinelle.net/1114078-christophe-mae-il-est-ou-le-bonheur.html

 

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Ce monde : une immensité de forces   Leave a comment

ImAGE descndre du ciel

Ce monde : une immensité de forces, sans commencement ni fin, une grandeur fixe de forces, solide comme l’airain, qui n’augmente ni ne diminue, qui ne s’épuise pas mais se ment, dont la totalité est une grandeur invariable, un budget sans dépenses ni recettes, mais également sans surcroît ni expansion, un monde cerné par le « néant » qui en est la limite, nullement flottant, qui ne gaspille pas ses forces, rien d’indéfiniment étendu, une force déterminée occupant une étendue finie, et non un espace où régnerait le « vide », mieux, une force partout présente, un jeu de forces et une vague d’énergie, aussi bien une que « Multiple », se décomposant ici quand elle se concentre là, un océan déchaîné, un déluge de forces changeant éternellement, répétant éternellement sa course, avec des années titanesques de retour, avec le flux et le reflux de ses formes, s’efforçant de passer de l’état le plus élémentaire au plus multiple, du plus immobile, figé, glacial, au plus brûlant, au plus sauvage, à celui qui se contredit le plus et donc, qui, de la profusion, retourne à l’élémentaire du jeu de la contradiction a désir d’harmonie, s’affirmant encore lui-même dans cette identité entre ses trajectoires circulaires et ses révolutions, se consacrant lui-même comme ce qui doit revenir éternellement, en tant que devenir qui ne connaît ni répétition, ni dégoût, ni fatigue – : ce monde dionysiaque qui est le mien, de l’éternelle création de soi-même par soi-même, de l’éternelle destruction de soi-même par soi-même, ce monde mystérieux des voluptés à double tranchant, voilà mon par-delà le bien et le mal, sans finalité, à moins que le bonheur d’avoir accompli ce cycle soit un but, sans vouloir, à moins qu’un cercle n’ait le bon vouloir de tourner éternellement sur lui-même, – vous voulez un nom pour ce monde ? une solution à toutes ses énigmes ? une lumière qui vous guiderait vous aussi les plus secrets, les plus puissants, les plus intrépides de tous les esprits ? — ce monde est la volonté de puissance — et rien d’autre que cela ! Vous êtes vous-mêmes cette volonté de puissance — et rien d’autre que cela !

Friedrich Nietzsche dans Fragments posthumes sur l’éternel retour

Une pièce musicale d’Harry Manx – Sittin On Top Of the World

Comme si tout était là   Leave a comment

Signs-From-The-Universe

Il m’arrive parfois de penser que je vis dans un monde où chaque chose est à sa place, ou tout ce qui arrive permet de réaliser la vie. Je sais que c’est fou!

Il m’arrive aussi d’imaginer que je vis dans un monde où tout est là, à perte de vue, et que cela me permet, si je le désire, de me réaliser.

Il m’arrive encore de concevoir que je vis dans un monde où chacun peut faire la différence, même pour celui ou pour celle qui n’a pas conscience de son rôle effacé.

Mais, la réalité me rattrape et pour être heureux, comme beaucoup d’entre nous, je ferme un peu les yeux sur la réalité et je crée des représentations du monde à vivre. Par exemple, mon voisin ne saisit pas le sens de sa vie dans notre monde, le rôle qu’il peut jouer et pourtant lorsqu’il écoute un film, il saisit toutes les nuances et il sait reconnaître la juste contribution de chaque figurant.

Ou encore cette autre connaissance qui me parle de sa nouvelle théorie traitant de l’importance de la communication dans notre quotidien pour que nous soyons heureux. Il a cette capacité de percevoir les différentes formes de communication entre les humains, avec les animaux, ou avec la nature, mais il n’entend pas toute la richesse ce qu’il nous exprime.

Entre rêverie et réalité, passent les nuits et les jours de notre existence. Pourtant, il y a des jours ou l’éveil est magnifique, car j’ai conscience de vivre dans un monde où je peux me créer, simplement à partir de ce que je suis, d’où je suis, et avec seulement ce qui est… là.

 

Une chanson de Damien Rice – It takes a lot to know a man

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/947909.html

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Le voyage miraculeux   Leave a comment

ImAGE Naisance du monde

Une petite brise est suffisante pour transporter le pollen et générer des champs de fleurs, et une simple pierre au fond d’une rivière contribue à purifier l’eau.

Rien n’est inutile et tout peut arriver. Une petite étincelle peut enflammer la forêt, un sourire peut changer la vie d’un passant et la rendre brusquement plus joyeuse.

Être requiert de l’attention, car il est facile d’isoler un seul élément et de le trouver imparfait. Puis, on se met à espérer un monde meilleur, avec des liens, avec du sens, mais ce n’est pas suffisant, cela ne sera jamais suffisant lorsque l’on s’éloigne de l’instant et de la présence.

Une rivière ne peut pas survivre sans être alimentée par sa source, sans avoir une voie d’appartenance dans lequel elle pourra y faire son nid, sans franchir des obstacles lui permettant de générer un courant et purifier son eau, sans avoir des plantes, du bois et des êtres vivants pour établir un habitat naturel et sain.

Il en est de même pour les humains.

Tout se tient, tout est inter relié, interdépendant.

La naissance permet de réaliser notre minuscule voyage miraculeux.

 

Une chanson de Daniel Bélanger – Spoutnik

Les paroles sur http://www.danielbelanger.com/lyrics.php?lyrics=780

 

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Penser le monde comme un ensemble d’événements   Leave a comment

ImAGE Naxos

On peut penser le monde comme constitué de choses. D’entités. De quelque chose qui est. Qui demeure.

Ou bien on peut penser le monde comme constitué d’événements. D’occurrences. De processus. De quelque chose qui se produit. Qui ne dure pas, qui se transforme continuellement. Qui ne persiste pas dans le temps.

La destruction de la notion de temps par la physique fondamentale implique l’écroulement de la première de ces deux conceptions, non de la seconde. C’est la réalisation de l’omniprésence de l’impermanence, et non de l’immuabilité dans un temps immobile.

Penser le monde comme un ensemble d’événements, de processus, est le mode qui nous permet de mieux le saisir, le comprendre, le décrire. C’est l’unique mode compatible avec la relativité. Le monde n’est pas un ensemble de choses, c’est un ensemble d’événements.

La différence entre les choses et les événements, c’est que les choses perdurent dans le temps. Les événements ont une durée limitée. Le prototype d’une chose est une pierre : nous pouvons nous demander où elle sera demain. Tandis qu’un baiser est un événement. Se demander où se trouvera le baiser demain n’a pas de sens. Le monde est fait de réseaux de baisers, pas de pierres.

Carlo Rovelli dans L’ordre du temps

Une pièce musicale de Pat Metheny avec Charlie Haden – Cinema Paradiso

Publié 19 avril 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Quand le temps s’endort   Leave a comment

 

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Le temps s’est endormi et j’ai pu réaliser quelques rêves en étant éveillé

Le temps s’est endormi et je me suis libéré quelques instants

De la course contre la montre qui fait en sorte que nous survolons au lieu d’être

J’ai pu réaliser ce que je voulais vraiment faire en prenant le présent

J’ai pu aussi ne rien faire et en même temps, ne rien perdre, alors quel présent!

 

Le temps s’est endormi et j’ai conscience que ce n’est pas l’éveil

Qui a su faire la différence, mais plutôt, avoir veillé, et s’être émerveillé

Prendre la mesure de la nuit de la vie, cette face obscure et fabuleuse

Et pendant que le temps dort, que l’espace se retient, je suis en expansion

Je suis au cœur d’ici et maintenant, de l’instant, de l’immuable présent.

 

Heureux de vivre ce jour et d’offrir cette veille en partage.

 

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Veiller tard

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/906880.html

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Publié 6 avril 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Le scénariste   Leave a comment

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Nous pouvons passer tant de temps à discourir de sujets de division. Dans les faits, tous les sujets sont objet de division, puisque chacun d’entre eux ne prend réellement vie que par le scénario que nous lui avons accolé.

Un homme est là, assis à terre tendant la main. Est-ce que nous allons lui donner de l’argent ou passer notre chemin? Quel était le scénario dans notre tête lorsque nous sommes passés? Il y a des gens qui sont producteurs du scénario où la bonté est prédominante, d’autres sont des producteurs du scénario ou leur propre bonheur est plus important que tout. Le mendiant est avant tout un révélateur de ce que nous avons peur de perdre. Et, en marge, il y a toujours ces êtres créatifs, ces êtres qui conçoivent des scénarios improbables.

Ainsi, malgré tous les débats que nous ferons pour savoir qui a raison et qui a tort, nous oublions que toute la beauté du monde provient de notre cœur et de notre état d’esprit. Celui qui ne voit pas la beauté du monde ne devrait pas crier au mensonge, mais il devrait prendre conscience que sa capacité d’émerveillement s’est envolée avec la joie et que la terre n’est plus pour lui qu’un épisode dramatique.

Toute personne qui écrit des scénarios sait bien qu’il est possible de changer le tempo, de changer la trame de l’histoire, de changer radicalement de décor, de changer de saison, de cesser d’écrire pour plaire et de transcrire ce qu’il ressent vraiment. Cela s’appelle prendre un risque et redonner vie à l’histoire.

Parfois il est bon de cesser de comparer et de juger, et de juste apprécier l’histoire qui nous est racontée, d’apprécier le travail du scénariste et d’ouvrir son esprit à l’imprévisible. Et qui sait, un jour, en arriver à laisser la vie scénariser notre représentation du monde?

Une chanson de Louis Armstrong interprétée par Chris Botti et Mark Knopfler – What a wonderful world

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/244163.html

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