L’homme qui maîtrisait le temps

Une découverte, un reportage coup de coeur.  Merci à l’équipe, quel travail!

Aventurier, philosophe, artisan, musicien, horloger… Paul Du Marchie n’a pas vécu une seule vie mais plusieurs. Grand voyageur, il découvre dans les années 40 le désert et les nomades dont il partagera le quotidien de nombreuses années. Aujourd’hui à 95 ans, il continue de transmettre avec fougue une vision de la vie basée sur l’émerveillement. Dans sa maison retirée du Liboson sur les hauteurs de Montreux, le visiteur pénètre un lieu magique où la beauté et le mystère invitent à une véritable introspection.

« L’homme qui maîtrisait le temps », un reportage de Valérie Teuscher

Ferdaous, une voix en enfer

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J’ai écrit des articles qui encensent la liberté et j’ai des penchants philosophiques. Mais mon crime le plus grand est d’être une femme libre à une époque où l’on ne tolère que les esclaves. Je suis née avec un cerveau qui pense à une époque où l’on cherche à tuer la raison.

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Je me sentais étrangère à ce monde et tout de ce monde m’était étranger: cette terre, ce ciel, ces arbres. C’était comme si je déambulais dans un monde irréel, sans que je lui appartienne, sans qu’il m’appartienne…

Faire ce que l’on veut et ne pas faire ce que l’on ne veut pas ! Liberté de n’appartenir à personne, volupté de se détacher de l’univers ! Se sentir une femme indépendante, parmi d’autres êtres indépendants ! Ne subir le pouvoir d’aucun homme et ne se plier ni aux lois du mariage, ni à celles de l’amour ! Vivre en dehors du temps, en dehors des lois, en dehors même de l’existence !

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Rien n’est plus dangereux que la vérité dans un monde qui ment.

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Les critères moraux définis par la société doivent s’appliquer à tous les individus, abstraction faite du sexe, de la couleur de la peau et de la classe sociale.

Nawal El Saadawi dans Ferdaous, une voix en enfer

Une chanson de Zaz – Je veux

La liberté

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Nous accordons une grande importance à la forme de liberté qui consiste à pouvoir se mouvoir à l’endroit de notre choix. C’est comme si le fait d’avoir des entraves physiques était la fin de tout. Et pourtant.

Je me souviens d’avoir vu plus jeune un cheval qui ne bougeait plus, car on avait enroulé une corde autour d’un poteau, sans y faire un nœud. Le conditionnement faisait en sorte que le cheval se savait contraint dans ses mouvements et ainsi, il restait sur place.

La liberté est avant tout un état qui nous permet de franchir les limites que nous nous imposons.

En lisant les textes d’Etty Hillesum, du Mahatma Gandhi ou de Nelson Mandela qu’ils ont produit en captivité, nous constatons qu’ils ont été plus libres que nombre d’individus libres…de leurs mouvements seulement.

Vous connaissez tous des auteurs prolifiques tels que Stephen William Hawking qui malgré ses limitations a su comprendre les lois de l’univers ou encore, Alexandre Jollien qui dit que son handicap lui a ouvert la vie.

Pour être libre, il nous faut connaitre nos forces, comprendre les conditionnements et la pression sociale qui s’exercent sur nous et qui ont une part importante d’influence et de contrôle indirect sur nos libres choix.

La liberté implique d’être en phase avec le sens de sa vie. Un seul mot, sens pris dans un contexte, peut entraver une vie dans le cycle des plaisirs et déplaisirs. Le sens, pris dans une autre perspective, ouvre la voie de l’autodétermination.

La liberté est un mélange subtil de résilience, d’empowerment, de conscience et de désir de se relier à l’autre.

Une pièce musicaleTeaser Romances sans Paroles : Anja Linder et Jean-Marc Foltz

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Sans dessein

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Le jour où nous prenons conscience que les phénomènes et les événements que nous attribuons au destin proviennent en fait de nous, une autre perspective alors se dessine.

Et de ce nouveau point de vue, nous apprenons à mieux décoder l’essence des moments vécus. C’est lorsque l’espérance s’installe que la solitude devient lourde. En d’autres temps, elle est notre parcours de vie.

C’est lorsque nous cessons de vouloir faire durer les choses à tout prix, en les figeant dans la routine et un quotidien muséal que nous découvrons la valeur inestimable de certains moments de vie. Nous ne sommes pas faits pour s’exposer, nous sommes avant tout des créateurs. La valeur, sur l’échelle humaine, n’a rien à voir avec la durée, elle se perçoit dans l’intensité du moment.

Nous ne rencontrons pas une personne qui nous était destinée. Nous sommes toujours seuls et les rencontres marquantes relèvent de notre capacité à saisir l’intensité de ce qui nous anime l’un l’autre.

La vie est peut devenir sans dessein et incomparable à celui qui garde l’esprit ouvert, libre et ancré ici et maintenant.

Une chanson de Paule-Andrée Cassidy – Sans dessein

Les paroles de http://fr.lyrics.wikia.com/wiki/Paule-Andr%C3%A9e_Cassidy/Sans_dessein

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Se reconnaître

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Il regarda son amie, et il lui dit :

Tu es la seule qui me connait vraiment, je suis content que tu sois sur mon chemin

Tu sais, j’aimerais vraiment que cela soit vrai. Mais je pense que personne ne peut me connaître dans mon cœur de femme, et il en est de même pour ton cœur d’homme.

Et pourtant, tu es toujours là, souvent il arrive que tu devines ce que je vais faire.

Nous accordons beaucoup d’importance lors de notre voyage de la vie aux destinations que nous atteignons, ils sont souvent faciles à deviner en regardant les autres cheminer. Mais il en est vraiment autrement de saisir comment ils vivent le voyage.

Donc, tu penses que tu ne me connais pas vraiment?

En avançant dans la vie, nous apprenons à prendre en compte tous les éléments qui composent une situation. Notre représentation du monde est en constante évolution lorsque nous sommes actifs, en éveil. Je suis en constant changement et il en est de même pour toi. Chacune de mes pensées à ton sujet exprime mes opinions sur la représentation que ne me suis faite de toi. Il en est de même pour toi.

Tu veux dire que tu es en relation avec moi parce que tu aimes cette représentation que tu t’es faite de moi?

Je peux saisir une destination que tu prendras avant toi, mais je ne peux pas te connaître plus que toi. Ce qui fait que des êtres se relient, c’est ce sentiment de sécurité et d’accueil qui sont perçus. Bizarrement, dans une relation, plus nous sommes indépendants, plus ce lien est profond.

Tu veux dire que notre relation ne repose pas sur l’absence de pensée que nous avons entre nous, mais elle repose sur la liberté que nous avons?

Quand nous nous retrouvons et que nous avons ce plaisir, c’est l’expression de l’acceptation complète de l’autre. Quand il n’y a plus de pour ou de contre, ni verbiage mental inutile, alors il n’y a pu de comparaison. C’est pourquoi je peux t’affirmer que je ne te connais pas sous toutes tes dimensions, mais je te vois, simplement, je t’accepte et je te reconnais.

Cela me touche vraiment…

Une chanson avec Lara Fabian, Mauranne et Lalane – Tu es mon autre

Les paroles sur https://www.paroles.net/lara-fabian/paroles-tu-es-mon-autre

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La Voie du sentir

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La situation de l’être humain est complexe, mais elle n’est pas dramatique non plus !

Je dirais qu’il est enfermé dans une obscure région de lui-même où règnent l’ignorance et la confusion. Cette région utilise un système de pensée. C’est ce système, surchargé d’opinions, de préceptes, de dogmes, de croyan­ces, d’interdits, de menaces, de récompenses, qu’il faut savoir isoler et rendre peu à peu passif afin de pouvoir l’observer. Afin de connaître de quoi il est composé, c’est-à-dire, tout ce qui constitue mon conditionnement. Là, progressivement, vont se révéler les innombrables mécanismes qui se sont établis à mon insu à l’intérieur de moi-même : j’ai peur de ceci ou de cela, je me justifie de telle façon ou de telle autre, etc.

S’il existe une prison, elle se trouve là, dans ce système de pensée qui me forme et s’est formé, non par ma volonté ou mon choix, sinon à travers les époques, les siècles, et qui s’est transmis de générations en générations, dans la plus complète normalité, d’une façon génétique pour une part et pour une autre, à travers le milieu social, familial et éducationnel.

Et ce n’est pas prêt de s’arrêter !

Vous ne pouvez pas changer cet état de fait mais vous pouvez vous en libérer. Savoir cela, c’est déjà important mais ce n’est pas suffisant.

Il vous faut chercher par quel moyen cette libération peut s’accomplir et éviter en même temps de vous réenfermer dans un nouveau dogme.

Robert Eymeri dans La Voie du sentir : Transcription de l’enseignement oral de Luis Ansa

 

Une pièce musicale de Johann Sebastian Bach ; Toccata & Fugue in Dm, by Sinfonity

La sagesse espiègle

Après s’être livré dans l’« Éloge de la faiblesse », sur ses 17 années passées dans un centre pour personnes handicapées, le philosophe Alexandre Jollien confie comment il a perdu pied face à une dépendance affective et comment il en est sorti. Avec la liberté de ton qui lui est propre, l’auteur réalise un exercice de mise à nu, page après page, comme pour mieux raconter son addiction ; dans un neuvième ouvrage, une nouvelle fois extrêmement intimiste. « La sagesse espiègle » est publié aux éditions Gallimard.