Laurent Gounelle et la clé du bonheur ?

Laurent Gounelle est un spécialiste des sciences humaines, formé en France et aux États-Unis. Ses livres expriment sa passion pour la philosophie, la psychologie et le développement personnel.

Ses premiers romans, « L’Homme qui voulait être heureux » et « Les Dieux voyagent toujours incognito », sont devenus des best-sellers traduits dans le monde entier.

Dans cette vidéo exclusive de France Loisirs, Laurent Gounelle vous dévoile la clé du bonheur …

Laurent Gounelle : « Quelle est la clé du bonheur ? « 

L’éveil et autres conceptions erronées

Finding a solution

woman with hands on hips standing in front of a huge keyhole, city and sky seen through it. Black background. Back view. Concept of finding the way

Bienvenue, bienvenue à la foire de la vie ! Mais je vois que tu as déjà pris place sur son carrousel ! Ce que tu conduis bien ! Ta voiture est aérodynamique, munie d’une pédale d’accélération et d’un frein ! Mais avant tout d’un volant ! ce qui permet toutes sortes de manœuvres, et tu ne t’en prives pas ! Or, curieusement, l’engin ne cesse de tourner en rond ! Tu donnes des coups de volant, à gauche, à droite ; tu freines, tu te démènes, mais jamais ne changes de direction.

Ton moi, ledit ego, fonctionne de façon analogue : il va à gauche, à droite, sans toujours être content du résultat, de sorte qu’il finit par se dire : « Voyons ce que font les autres, comment ils s’y prennent ! Par exemple, le gars qui est assis là-bas !» Il prend décidément bien les virages. Tu l’imites, mais rien n’y fait : tu continues de tourner en rond. De temps à autre, le carrousel s’arrête, et tu fais une courte pause. C’est le bardo des Tibétains. Puis tu te mets en quête d’un nouveau véhicule. « Cette fois ce sera peut-être un cheval. J’ai besoin de récupérer. Sans doute en ai-je décidé ainsi !» C’est prudent de ta part, ou bien vraiment sage. En fin de compte tu empruntes une trottinette. Tous ces tours de manège t’ont à vrai dire épuisé, et tu te sens plein d’humilité, de modestie.

Ces inlassables tourner en rond ont néanmoins mûri ton moi, et il advient que tu avances dans la même direction que le carrousel lui-même. Tu t’écris alors sur un ton de triomphe : « Cette fois-ci j’ai manœuvré avec adresse ! Il me semble avoir enfin pigé ! Tu as fini par comprendre comment tout ça fonctionne. « Voyez, j’ai le contrôle sur tout !» Tu te sens en harmonie avec le cosmos, en accord avec toute la création. Et un moi accordé de cette façon-là se meut dans la même direction que le carrousel. « Regardez ! regardez comme je suis doué pour la conduite ! Le carrousel tourne selon la direction que je lui imprime ! Ici, moi, regardez donc ! » Celui qui maîtrise l’art de la conduite de façon aussi incomparable est en mesure de dire aux autres comment ils doivent s’y prendre pour arriver au même résultat – « faites donc comme moi ! »

À présent, tu es un conducteur ayant atteint le plein éveil. « Tous à sa suite !» peut-on entendre avec enthousiasme. Le mieux est d’emprunter un autobus : « Venez tous, prenez place derrière moi ! Le carrousel de la vie et moi ne faisons qu’un ! » C’est ainsi que l’on devient un guru. Si tu veux agir avec plus de discrétion, tu peux naturellement aussi envisager une autre fonction, tout aussi importante, par exemple de conduire la voiture des sapeurs-pompiers, ou bien une ambulance – ou encore suivre l’ambulance pour des raisons de sécurité.

En tout cas, il importe de garder une vue panoramique quoi qu’il advienne, d’accélérer et de freiner au bon moment et, par-dessus tout, de conduire avec adresse – cela facilite la tâche de tout le monde. Tu garderas ton véhicule parfaitement sur la voie et contribueras à ce que le carrousel ne dévie pas de sa trajectoire. Si seulement tout le monde pouvait conduire avec autant d’habileté ! Tu as la pleine maîtrise de ton véhicule.

Mais un jour le conducteur lâche prise par inadvertance, et tu constates, stupéfait, que l’engin fonctionne tout seul ! Il se meut sans ton intervention ! Vraiment, il tourne tout seul. Le Soi tourne, il n’y a à faire aucun effort. Tu peux te reculer et goûter l’ensemble. Le bonheur est là sans cesse, de façon immédiate.

Karl Renz dans Pour en finir avec l’éveil et autres conceptions erronées

Une pièce musicale de Cantiga 266 – De muitas guisas miragres

La face cachée du bonheur

Depuis 1972, le Bhoutan s’efforce d’améliorer son indice BNB (bonheur national brut). Le pays place le bonheur de sa population au-dessus de sa croissance économique et compte plus de moines que de policiers.

Pourtant, derrière la promesse idyllique d’un bonheur simple se cache une réalité plus complexe. Mondialisation galopante, pauvreté de la population et chômage des jeunes, autant de difficultés qui perturbent l’utopie Bhoutanaise.

Documentaire de Min Yong-Eung (Corée du Sud, 2011, 52mn)

5 minutes au Bhoutan : La face cachée du bonheur

Petits pas vers un monde meilleur

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Le monde dans lequel nous vivons est rempli de dureté mais aussi de beaucoup de tendresse, de solitude mais aussi de liens, de souffrance mais également de potentiel de guérison et d’épanouissement.

Cette vision positive du bonheur dans tous ses états ne consiste pas à fermer les yeux sur les énormes souffrances, inégalités et déséquilibres qui se présentent à nous. Elle nous propose de nous concentrer sur les outils et les conditions qui nous permettent d’améliorer cette situation en appréciant ce qu’il y a de meilleur dans le monde, tant au niveau individuel que relationnel, organisationnel, politique et environnemental.

La psychologie positive laisse entrevoir un changement révolutionnaire dans le domaine des sciences humaines, parce qu’elle s’intéresse aux conditions qui permettent une vie individuelle et sociale plus épanouie en partant des qualités des forces et des ressources des individus et de groupes. Son objectif est de développer la capacité d’aimer et d’être aimé, de donner du sens à nos comportements, d’être responsables de ce que nous pouvons changer et de faire face à ce qui est inévitable. Elle nous propose une vision optimiste de la vie, dans la lignée de cette citation du philosophe Emerson : « Il n’y a pas de mauvaises herbes, il n’y a que des plantes dont on n’a pas encore découvert les vertus. »

Nous avons tous, en tant qu’être humain, une aptitude naturelle différente au bonheur et ce, quels que soient notre environnement et nos difficultés de vie. Dans une large mesure, il nous appartient de décider si nous allons, ou non, la cultiver. Il nous appartient aussi de décider si nous voulons contribuer à cultiver les possibilités d’un mieux-être à un niveau plus élevé : pour une société et un monde plus ouvert, harmonieux et bienveillants. C’est dans cet esprit que nous vous proposons d’arroser les fleurs dans vos jardins privés et collectifs et de ne pas vous occuper seulement des chardons…

Ilios Kotsou et Caroline Lesire dans Psychologie positive : le bonheur dans tous ses états

Une pièce musicale d’Armand Amar- Life

Présupposés du bonheur

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Compatir à la tristesse et à la peine d’autrui fait la dignité de l’être humain. La compassion est la voie de l’humanité vraie. Le maître bouddhiste Thich Nhat Hanh dit : « La compassion est la seule énergie qui puisse nous aider à réellement entrer en contact avec un autre être humain. Un homme qui ignore la compassion ne pourra jamais vraiment être heureux. » La compassion met fin à l’isolement de l’homme, crée d’authentiques relations et ennoblit celui qui la pratique. C’est la condition même pour être vraiment heureux. Cela peut paraître paradoxal, car celui qui compatit avec l’autre, ressent sa douleur, laisse de côté sa propre quiétude pour se tenir auprès de l’autre et partager sa peine. Cela génère souvent de la souffrance et des bouleversements intérieurs. Et pourtant, Thich Nhat Hanh en est convaincu : la compassion est le présupposé du bonheur. Car si nous nous replions sur nous-mêmes, nous enfermons également notre bonheur en nous, et il se dissout alors dans le néant.

*

Lorsque je compatis avec l’autre, je le comprends. Je reconnais mon propre péché dans le sien. Je ne me considère pas comme meilleur et ne vais pas jusqu’à le condamner. Celui qui recherche constamment à détecter les fautes et les faiblesses des autres se croit supérieur à eux. Il ne se sent bien que s’il peut s’indigner des fautes d’autrui. La presse à sensations vit de cette tendance si répandue de nos jours. Mais en essayant ainsi de déceler les faiblesses des autres, je deviens inhumain. L’humanité authentique ne peut naître en moi que si je compatis avec l’autre, au lieu de le juger. Car ses fautes sont le reflet des miennes. La compassion n’est pas un sentiment par lequel je me place au-dessus de l’autre, mais grâce auquel je me mets à sa place et souffre avec lui, parce que sa souffrance est aussi la mienne. Ses faiblesses sont les miennes, ses fautes sont également en moi. Et sa souffrance me rappelle mes propres souffrances. Par la compassion, je ne rencontre pas seulement l’autre, je me rencontre moi-même.

Anselm Grün dans Le petit livre de la vie réussie

Une pièce musciale de Vivaldi par Andreas Scholl –  Nisi Dominus – Cum Dederit

 

Le voyage d’Hector ou la recherche du bonheur

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Résumé du livre

Il était une fois un jeune psychiatre nommé Hector qui n’était pas très content de lui : il voyait bien qu’il n’arrivait pas à rendre les gens heureux. Hector décide donc de partir en voyage autour du monde pour comprendre ce qui fait vraiment le bonheur.

Citations

La somme de ces trois écarts : entre ce qu’on a et ce qu’on aimerait avoir, entre ce qu’on a aujourd’hui et le mieux de ce qu’on a eu dans le passé, et entre ce qu’on a et ce que les autres ont, et bien cet écart moyen, est très lié au bonheur. Plus il est petit, plus on est heureux.

*

Voici les leçons qu’il a retenues de son voyage :

Leçon n » 1 : Un bon moyen de gâcher son bonheur, c’est de faire des comparaisons.

Leçon n° 2: Le bonheur arrive souvent par surprise.

Leçon n » 3 : Beaucoup de gens voient leur bonheur seulement dans le futur.

Leçon n° 4: Beaucoup de gens pensent que le bonheur, c’est d’être plus riche ou plus important.

Leçon n° 5: Le bonheur, parfois, c’est de ne pas comprendre.

Leçon n° 6: Le bonheur c’est une bonne marche au milieu de belles montagnes inconnues.

Leçon n° 7: L’erreur, c’est de croire que le bonheur est le but (à se faire mieux expliquer).

Leçon n°8: Le bonheur, c’est d’être avec des gens qu’on aime.

Leçon n° 8 bis: Le malheur, c’est d’être séparé de ceux qu’on aime.

Leçon n° 9: Le bonheur, c’est que sa famille ne manque de rien.

Leçon n° 10 : Le bonheur, c’est d’avoir une occupation qu’on aime.

Leçon n°11 : Le bonheur, c’est d’avoir une maison et un jardin.

Leçon n° 12: Le bonheur, c’est plus difficile dans un pays dirigé par de mauvaises personnes.

Leçon n°13: Le bonheur, c’est de se sentir utile aux autres.

Leçon n° 14 : Le bonheur, c’est d’être aimé pour ce qu’on est.

Remarque : On est plus gentil avec un enfant qui sourit (très important).

Leçon n° 15 : Le bonheur, c’est de se sentir complètement vivant.

Leçon n°16 : Le bonheur, c’est de faire la fête.

Leçon n°17 : Le bonheur, c’est de penser au bonheur de ceux qu’on aime

Leçon n° 19 : Le soleil et la mer, c’est le bonheur pour tout le monde

Leçon n° 20 : Le bonheur, c’est une manière de voir les choses.

Leçon n° 21 : Un grand poison du bonheur, c’est la rivalité.

Leçon n° 22 : Les femmes sont plus attentives que les hommes au bonheur des autres.

Leçon n° 23 : Le bonheur, c’est de s’occuper du bonheur des autres ?

François Lelord dans Le voyage d’Hector ou la recherche du bonheur

Une pièce musicale de Bill Evans – Peace Piece

La distance de fuite pour le bonheur

J’ai cessé de faire ce qu’on me demandait, chercher le bonheur et lui donner la forme de nos désirs. Bien que souvent le désir soit répondu, la quête du bonheur demeure un échec.

On cherche ce que nous avons perdu ou ce que nous désirons, et cette recherche amène de l’activité, beaucoup d’agitation, beaucoup de tentatives, d’essais et erreurs, beaucoup de questions, et malheureusement, peu d’état de paix durable.

Il est intéressant de prendre conscience que la vie est soumise à certains principes, j’aimerais en soulever trois.

D’une part, la distance de la fuite. Ce concept provient de l’étude des animaux. Ici la distance désigne l’espace protecteur que l’animal a besoin de garder en prenant en considération que sa défense est la vitesse de sa course. Pour nous les humains, nous parlons de notre bulle, cette distance relative. Lors de nos rencontres avec l’autre, il faut minimalement s’arrêter, réduire ses défenses et ses peurs et accepter le contact. Le principe de la distance de la fuite permet de mesurer la peur.

Il y a aussi le principe des couples opposés qui est omniprésent autour de nous, à tous les niveaux, et qui apporte une perspective pour appréhender l’équilibre de toute chose et leur globalité. Accueillir l’autre, surtout quand il n’est pas semblable est le fondement de la vie. Rechercher le bonheur va nous amener à vivre des souffrances. Chercher la vérité va nous amener à mesurer notre ignorance. Vouloir aimer en possédant amène à quitter en haïssant. Le principe des couples opposées permet de passer à l’action.

Enfin, il y a le principe de l’acceptation inconditionnelle.  Tout est changement, tout passe. Apprendre à lâcher prise et à changer de perspective, permet de composer avec les contraires et de s’élever par-delà afin d’accueillir le souffle du présent.

Ce changement de perspective ne fait pas disparaître le malheur ou le bonheur, bien au contraire, mais il amène à vivre l’existence pleinement, sans les artifices et les paradis artificiels.

Ce n’est pas le bonheur ou le malheur qui pose problème, mais ce mouvement de la pensée duelle qui devient envahissant et omniprésent et qui assaille le corps qui le porte afin d’emmurer son âme vivante.

Cette agitation de l’esprit duelle fait en sorte que toute l’importance est mise sur le mouvement des vagues au lieu de percevoir la fluidité et la beauté de la mer. Il ne s’agit pas de faire disparaître les vagues, bien au contraire, d’ailleurs c’est tellement agréable, mais juste d’en ressentir l’énergie illimitée et l’interdépendance qui en découle.

Le principe de l’acceptation inconditionnelle permet juste de vivre pleinement, sans plus, sans maintenir une distance de fuite pour le bonheur.

Une chansoin interprétée par Jane Birkin – Fuir le bonheur

Les paroles de https://www.paroles.net/jane-birkin/paroles-fuir-le-bonheur-de-peur-qu-il-ne-se-sauve

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