Une pause rencontre

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Il regardait le silence envahir son être. Plus rien n’était présent vraiment, sinon d’une façon plus discrète et très différente. Il avait le regard fixe et le cœur qui battait lentement.

Un passant qui aurait vu la scène se serait cru devant un film que l’on a mis sur pause. Mais rien n’aurait supposé que la pose prise par cet homme était en fait une rencontre en soi.

Il avait voulu trouver sa vérité, sa raison de vivre, son essence, et il cherchait depuis longtemps. Pour qui veut trouver quelque chose, il faut être aux aguets et porter une attention particulière à l’objet de sa quête.

Puis, juste avant de faire une pause en regardant le silence paisible l’envahir, il avait compris que jamais il ne pourrait trouver sa vérité, sa raison de vivre ou son essence, car ils ne les avaient jamais perdus. Il venait tout simplement de prendre conscience qu’un jour on s’éveille à eux.

Et maintenant, il mesurait sous ce nouveau jour toute l’importance de revoir sa conception de l’amour.

Une chanson de Radiohead – The Numbers: Jonny, Thom & a CR78

Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Radiohead/The-Numbers/traduction/francais

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Du silence à la paix de l’esprit

respiration conscience

Imaginez que vous êtes capable de ne rien faire pendant une partie de la journée. Juste être là. Bien qu’apparaissent différentes formes d’envies, vous restez à ne rien faire.

Pas de lecture, pas de vidéo, pas de jeu, pas de musique, pas de paroles.

Pour certains, il s’agit là d’un acte subversif au regard de notre société qui nous pousse à agir, à réaliser nos envies, à développer notre avidité.

Pour d’autres, c’est tout simplement une perte de temps.

Pour d’autres, c’est l’anxiété du vide.

Avoir un esprit indépendant est commun.

Avoir un esprit libre fera en sorte que l’effort n’est plus le seul moyen pour accéder à de nouvelles connaissances et se libérer du connu.

Imaginez qu’un jour, nous trouvions pertinent de prendre simplement conscience de ce que nous pensons, de l’endroit où nous sommes et de ce que nous faisons, et rien d’autre.

Après le silence, vient parfois la paix de l’esprit.

Une chanson de Fred Pellerin – Silence

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L’accordeur de silences

ImAGE Lotus crystal

A quoi sert de croire en Dieu si on perd foi dans les hommes ?

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Chaque silence est une musique à l’état de gestation.

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La colère n’est qu’une manière différente de pleurer.

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Aujourd’hui, je sais : aucune rue n’est petite. Elles cachent toutes des histoires infinies, elles dissimulent toutes d’inénarrables secrets.

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Aucun gouvernement au monde ne commande davantage que la peur et la culpabilité.

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Les morts ne meurent pas lorsqu’ils cessent de vivre, mais quand nous les vouons à l’oubli.

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Des attentes. Voilà ce que ramène la route. Et ce sont les attentes qui font vieillir.

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Je suis né pour me taire. Le silence est mon unique vocation. C’est mon père qui m’a expliqué: j’ai un don pour ne pas parler, un talent pour épurer les silences. J’écris bien, silences, u pluriel. Oui, car il n’est pas de silence unique. Et chaque silence est une musique à l’état de gestation.

*

Né sans le vouloir, il avait vécu sans désir, il mourrait sans prévenir et sans crier gare.

Mia Couto dans L’accordeur de silences

Une pièce musicale The Sound of Silence – 18 String Harp Guitar Cover

Au-delà de nos frontières

Visage nature

Avez-vous déjà franchi l’autre versant de votre monde?

Il existe vraiment, il est bien réel, mais peu visité, et à l’image de l’inconnu. L’autre versant est perçu comme un côté sombre de notre monde.

Nous avons en général une peur de ce que nous ne connaissons pas. Cette peur est souvent irrationnelle et elle ne peut s’apprivoiser que par un travail de désensibilisation patient et constant.

Le monde que nous partageons et que nous connaissons tous est ce monde social, interactif, ou il y a beaucoup d’animation, des soirées, des repas entre amis, des sorties de groupe, etc.

L’autre versant est cet r de solitude. Il y a tant de richesse à découvrir, et tant d’aventure à réaliser.

Nous foulons l’espace de cet autre versant quand on prend du temps seul pour soi. Nous pénétrons dans ce versant lorsque nous faisons une randonnée en solitaire en forêt ou dans un parc. Nous entrons alors sur les terres de l’autre versant. Si la promenade se fait sans les outils afin de se déconnecter de l’autre monde (musique, livre, journaux, cellulaires, tablettes et j’en passe), alors c’est que vous pénétrez plus avant dans l’autre versant. La peur de l’inconnu se manifeste souvent sous la forme de l’ennui. La cause de cette peur sous forme d’ennui n’est autre que notre incapacité à s’habiter réellement, à garder une créativité dans le présent comme dans l’autre monde. L’ennui est souvent perçu comme une diminution de la vie, un soi très présent dans beaucoup d’absence.

Lorsque nous vivons cette peur reliée à l’ennui, notre réaction première est de bouger, de faire quelque chose, de se divertir, et de repartir dans ce versant où il y a un soi plus absent et beaucoup d’autres formes de présence.

La personne, qui désire continuer à explorer cet autre versant, doit apprivoiser cette peur, l’utiliser pour devenir un meilleur observateur de ce qui l’entoure, puis par la capacité d’attention, apprendre à composer avec cette nouvelle réalité. En fait, elle doit devenir l’auteur conscient dans cet état de solitude.

Celui qui sait voyager seul saura mieux comprendre les autres. Les rencontres ne deviennent plus un prétexte inavoué afin d’éviter de se retrouver seules, mais elles présentent des opportunités pour s’ouvrir à l’autre, pour se découvrir et se dépasser. C’est toute la différence entre s’engager pour ne pas être seul, au lieu de s’engager ensemble à être seul.

Les personnes qui décident d’explorer régulièrement cet autre versant du monde développent une plus grande capacité d’adaptation, une faculté à dénicher le bonheur dans ces instants furtifs, et créer un présent à leur mesure au lieu de s’agiter pour meubler un présent par peur de l’absence. En nous créant, nous allons au-delà de nos frontières.

Une chanson de Bon Iver – Holocene

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/897999.html

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Vie unitive

ImAGE soleil arbre

L’expérience acquise m’avait permis de me familiariser avec de nombreux types et niveaux de silence.

Il y a un silence intérieur, un silence qui descend de l’extérieur, un silence qui met fin à l’existence et un silence qui engloutit l’univers entier.

Il y a un silence du moi et des facultés : volonté, pensée, mémoire, émotions.

Il existe un silence dans lequel il n’y a rien et un silence qui contient quelque chose.

Enfin, il y a le silence du non-soi et le silence de Dieu.

S’il était une voie à laquelle je puisse rattacher mes expériences contemplatives, ce serait précisément cette voie du silence qui sans fin se déroule et s’approfondit.

Une fois cependant, cette voie sembla s’arrêter, au moment où je pénétrai dans un silence dont je ne devais jamais complètement ressortir.

*

Avec l’arrêt de la conscience de soi, tous les effets expérimentés qu’elle a générés disparaissent en un clin d’œil. Et quels étaient ces effets ? Ils étaient l’expérience de « l’être », de « la vie », de « l’âme », de « l’énergie », du « mental et de la volonté », de « l’intériorité », du « système affectif », voire de la conscience d' »être un avec Dieu » – toutes ces expériences sont alors soudainement détruites et pour toujours balayées.

*

Désormais, il n’y a plus de centre (Dieu) ni de circonférence (soi). En vérité, cette « explosion » (ou cessation) est la seule expérience de mort que l’homme connaîtra jamais. Enlevez donc la conscience de soi avec tous ses effets expérimentés et la vraie question devient « quelle est la vraie nature de ce qui reste au-delà de tout soi ? C’est le vrai mystère de l’homme et la vraie question à laquelle il a besoin d’avoir une réponse.

Bernadette Roberts dans Vie unitive : aventure dans les profondeurs silencieuses de l’inconnu

Une pièce musicale de Chopin – Spring Waltz (Mariage d’Amour)

D’où vient la minute de silence ?

Dans la rue, dans les stades, à l’Assemblée nationale… Les minutes de silence semblent s’être multipliées ces dernières années. A l’Assemblée par exemple, entre 1998 et 2016, leur fréquence annuelle a été multipliée par trois. On pourrait penser que le phénomène est dû à l’augmentation du nombre d’attentats terroristes. Mais il y a d’autres explications. Notamment le fait qu’on observe des minutes de silence pour de plus en plus de raisons.   Alors, pourquoi y en a-t-il plus aujourd’hui ? D’où vient cette tradition ? Et surtout, pourquoi les minutes de silence ne durent jamais une minute ? Explications.

L’être senti mental

Visage lotus om

On disait d’elle qu’elle était une femme très originale. Elle vivait chaque rencontre, chaque instant avec l’esprit de l’émerveillement, sans tenir compte de la durée.

Lorsque des personnes lui demandaient comment elle faisait pour avoir un tel calme, un tel détachement, tout en riant, elle répondait qu’elle avait découvert que nous ne sommes pas nos pensées, nous sommes bien plus que cela et que nous pouvons nous en détacher comme on renouvelle de vêtements. C’est une question d’hygiène pour elle. Non pas que les pensées étaient inutiles, au contraire. Mais c’étaient avant tout des barques de passage pour permettre d’atteindre l’autre rive. La destination est rarement l’embarcation.

Beaucoup de gens autour d’elle s’en moquaient, car ils se servaient du répertoire de leurs pensées pour établir leur pouvoir et déterminer leur territoire. Ils n’étaient pas conscients de l’enclos dans lequel ils s’enfermaient.

Elle aimait répéter à qui voulait l’entendre que la pensée seule est porteuse d’attache qui fige l’esprit au ras du sol. Il lui faut l’union avec l’amour pour que se révèle la part de notre humanité qui est sentie mentale.

Ce n’est qu’à partir de cette union qu’il est possible de dire tout ce qu’il faut avec peu de mots et peu de temps.

Une chanson de Fred Pellerin – Silence

Les paroles sont dans la vidéo

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