Archives du tag ‘silence

L’invisible et le non saisissable   Leave a comment

citation danse Nietzsche

Des morceaux de bois collé ensemble. Des cordes. Des clés pour ajuster la tension des cordes. Une caisse de résonnance. J’ai beau porter mon oreille à l’ouverture de la caisse de résonnance, j‘entends que le goût secret du silence.

Nous sommes des instruments qui ont besoin de la main de l’autre pour que s’élève la mélodie de l’âme. Vous savez cette résonnance qui remplit notre cœur, qui compresse la matière pour laisser entrer l’invisible et le non saisissable, et vibrer ce qui a de plus beaux en-soi.

Pour tout musicienne ou musicien, il n’y a pas de travail, il y a une énergie à partager, une vibration à communiquer. Tout est de portée.

Les paroles des chansons ne sont qu’un prétexte pour amener les humains à s’arrêter, à entendre l’invisible et l’insaisissable, cette affinité qui les lie. Ce n’est que lorsqu’ils cessent de tenter de saisir et de retenir que la musique se dévoile réellement et qu’elle devient divine illuminant tout ce qu’elle touche. C’est la grâce de l’émerveillement qui résonne alors.

 

Une pièce musicale de John Butler – Ocean

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 15 juin 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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La grande marche   2 comments

ImAGE Liens

Il y a des jours ou tout se synchronise,

pendant la marche dans les sentiers.

D’abord, cette vieille mémoire qui s’agite

et qui appelle à l’éveil ce qui est tapi

de l’autre côté de la conscience

toujours à la portée de la main,

qui est plus qu’un souvenir,

ce quelque chose

qui nous suit depuis tellement longuement

de l’autre côté de la conscience.

 

Je sais que c’est le silence au cours de cette marche

qui appelle, qui rappelle et qui l’invite à s’immiscer,

ce vieil ami qui n’a pas sa raison d’être

qui n’a pas de sentiment d’être

qui accompagne et qui semble parfois si proche

qui nous tire dans une autre dimension

même s’il ne peut pas y avoir de porte

et quand il attire et tire, plus besoin de savoir

de comprendre, ou de comparer.

 

Alors on dirait que je deviens plus que moi-même

dans un nouveau sentier,

d’un autre non-lieu,

d’une nature propre qui a été tellement de fois

foulée de mes pensées, de mes jeux, mes courses enfantines

c’est le non-lieu calme, joyeux, lumineux

dont les sons qui s’harmonisent avec celui qui bat du cœur

au-delà de la cage qui le retient.

 

Tous les êtres qui ont un nombril peuvent s’y retrouver

dans la sérénité du corps de la terre.

 

Il y a des jours ou tout se synchronise,

pendant la marche de la vie, cette mère veilleuse.

 

Une chanson de Harmonium – Vert (Si on avait besoin d’une cinquième saison)

Les paroles sur https://genius.com/Harmonium-vert-lyrics

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Publié 13 juin 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Le chant du monde   Leave a comment

ImAGEMatin champs de fleurs

Quand on s’est délivrée, le jour qui vient est le plus beau. Laisse-la se réveiller dans le soleil.

*

Tu es un de ces hommes qui est comme des moyeux. Tu fais ta route sur la ligne plate mais tu sens que la roue tourne autour de toi.

*

On ne fait pas des enfants rien qu’avec du lait caillé, vieux père. Et on ne les fait pas comme on veut. On les fait comme on est et ce qu’on est on ne le sait pas. On a tant de choses dans son sang.

*

Une lointaine forêt gémissait et parlait avec des mots de rêve.

*

Il y avait ici un plus grand silence que dans le bois d’autour. Cela venait des cyprès. Ils buvaient tous les bruits épars comme les grosses éponges et ils ne laissaient couler de leurs feuillages qu’un grondement uniforme et monotone qui était comme le cœur profond du silence.

*

Tout l’étincellement de la terre s’éteignait d’un seul coup, deux ou trois grosses étoiles déchiraient le soir, puis, du haut des montagnes, s’écroulait lentement l’entassement des nuages, la neige recommençait à tomber et, la nuit s’étant fermée, il n’y avait plus rien à voir, il ne restait plus qu’à écouter les grands nuages qui battaient des ailes à travers les forêts.

Jean Giono dans Le chant du monde

Une pièce musicale en hommage au roman Le chant du monde – Paul & Les Autres

Publié 30 avril 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Derrière la musique   Leave a comment

ImAGE guitare

L’omniprésence du son et de la musique est un phénomène nouveau dans l’histoire. Nous prenons pour acquis que ce que nous vivons actuellement est la norme de l’histoire. Pourtant.

Avec l’arrivée de la radio, au début du 19e siècle, une nouvelle forme de son est entré dans notre quotidien. 50 ans plus tard, l’invention du transitor permet une nouvelle avancée en permettant l’utilisation des appareils lors de nos déplacement, il est possible alors d’écouter seul la radio dans la voiture, en vacances, etc.

Puis, ce sont les différents appareils dérivés qui font leur apparition à tour de rôle, en passant par le phonographe au tourne disque, du lecteur à cassette au lecteur CD, la chaîne stéréo, à l’ordinateur et maintenant avec un téléphone intelligent et des écouteurs. Le développement de la technologie fait en sorte que nous sommes interconnecté nous permettant d’entendre de sa maison un spectacle en direct de Sydney.

Aujourd’hui, il est courant d’entrer dans une pièce, puis de partir le lecteur pour entendre de la musique ou encore, d’ouvrir la télévision. Notre vie est plus souvent qu’autrement meublé de sons. C’est bien.

Nous savons tous que les notes et les silences créent de la musique. Les deux sont intimement liés et apportent toute la différence. Nous savons apprécier la sonorité de la note, la qualité de l’instrument ou de la voix qui l’a produit, et les différentes tintes, les différents tons et les différents rythme.

Il est tout aussi intéressant de redécouvrir le silence avec ses états différents, ses multitudes dimensions et ses différentes forme de présence. On peut décoder le silence comme on s’aventure dans la lecture d’un livre, et il y beaucoup de choses à découvrir…

L’espace du silence est le réceptacle pour entendre notre nature propre.

Une chanson de Fred Pellerin – Silence

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Publié 26 mars 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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La vue lointaine   Leave a comment

ImAGE horizon

En observant la matière notamment avec un microscope, nous constatons qu’il est possible de nous enfoncer dans celle-ci. Cette observation met en lumière, d’une part, que ce que nous percevons est différent de ce que nous observons avec attention, et d’autre part, qu’il nous apparaît évident que tout est divisible, que des éléments sont en opposition et que par un jeu d’attraction, leurs mouvements s’accentuent et se relâchent. À force de forer vers l’infiniment petit, nous avons alors l’impression d’entrer dans un grand espace, dans une autre forme d’unicité.

Inversement, en élevant le regard vers le ciel, vers l’espace sidéral, notamment avec un télescope, nous constatons notre petitesse. Nous avons l’impression que nous nous effaçons pour laisser émerger l’appartenance à cet infini. Les liens se tissent dans notre esprit, tout semble relié, tout semble cohérent, jusqu’au point de l’inconnu, ce point le plus éloigné qui divise notre monde avec le reste. Alors, nous ressentons cette solitude et le silence en tant que partie d’un grand multivers.

C’est en tournant notre regard en nous, notamment grâce à l’entraînement de l’esprit, que nous découvrons notre nature propre, indivisible et singulière. Les mouvements de particules de pensées, d’émotions et de visualisations nous propulsent vers cette ouverture à l’inconnu. En faisant en sorte de calmer notre agitation, en posant notre attention, lentement s’installe une expérience d’unicité, une perspective non duelle, sans objets à observer, sans observateur, inter relié par-delà une conscience unique et divisible.

Il est alors possible de regarder un lever du jour et être ce matin.

 

Une chanson de Yusuf Islam (Cat Stevens) – Morning has broken

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/263358.html

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Le Secret pour maintenir l’ignorance   Leave a comment

ImAGE Rires

La culture du secret, bien qu’elle apparaît fascinante dans une perspective romanesque, est bien souvent une tare pour l’avancement de notre humanité. Accorder un pouvoir aussi important aux codes ou mots cachés n’est pas porteur de sens structurant.

Combien de fois avons-nous entendu dire que le contrôle des communications est le vrai pouvoir. Et pourtant, nous constatons bien qu’avec l’avènement des médias sociaux, le modèle ne tient pas. Le pouvoir est dans l’accès, le partage.

Combien de fois avons-nous entendu dire que détenir le savoir c’est détenir le pouvoir. Et pourtant, il est facile d’apprécier qu’avec la démocratisation de l’accès au savoir cette équation soit absurde. C’est plutôt le maintien ou la propagation de l’ignorance qui permet d’usurper le pouvoir et de restreindre les droits.

Le Secret cache les mots, laisse l’autre dans l’ignorance. Toutefois, jamais le Secret ne sera en mesure de cacher le sens de ceux-ci, qui comme l’histoire le démontre, est toujours accessible à l’intuition humaine. Il ne faut jamais confondre le Secret avec le silence.

La transformation de l’humain au cours de sa vie est avant tout un passage de l’ignorance à la connaissance, et, peu importe les obstacles, les embuches, son intuition le pousse dans cette avancée.

Les mots peuvent être prononcé, chuchoté, ou lus, mais ultimement ce ne sont pas eux qui seront déterminants, c’est avant tout leurs sens qui éclairent toute l’obscurité que nous traversons. Pour qui sait écouter, le silence accompagne chaque étape de notre vie, il la précède parfois, il ressemble à un veilleur de la conscience qui voile les cris d’émerveillement que l’inspiration, l’intuition et la créativité émettent en regardant ce qui est encore imperceptible à l’œil.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Je Te Donne

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Publié 16 février 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Ce qu’il nous faut de meilleur   Leave a comment

Dans sa marche à travers les expériences qu’elle vivait, elle cherchait la meilleure technique, le meilleur produit ou les meilleures croyances. En fait, ce qui pourrait lui amener la paix et la béatitude.

Elle était à l’affut de ce qui était à l’avant-garde, tant au plan nutritif, activité physique ou spirituelle.

Tel un funambule, elle était aux aguets et elle composait avec la crainte de faire un mauvais pas et de devoir recommencer.

Fatiguée de ne pas atteindre le meilleur, on m’a dit qu’elle a eu, il y a pas si longtemps, une période de doute, de remise en question, de découragement. Cette descente au ras du sol lui a fait goûter la poussière, la terre, le chemin.

Elle eut l’impression qu’il n’y avait plus rien à faire, sinon que le simple fait d’entendre ce silence qui parlait plus que la parole. Pourtant, ce contact à soi fut ce qu’elle vécut de mieux, car elle renaissait à son corps, à sa vie.

Après quelque temps, elle s’est relevée, puis elle a déposé le pied gauche en avant sur le chemin, puis l’autre et elle avança, se déplaçant avec la simple envie d’explorer, de vivre de la simple observation sans analyse. Il n’y avait plus de temps à prendre en considération, car elle n’avait plus rien à réaliser, plus rien à atteindre, il lui fallait juste être présent et faire le deuil d’un futur.

Ce matin, je l’ai rencontré, elle était souriante, et nous avons parlé un peu. Elle m’a semblé lumineuse et attentionnée. Elle m’a parlé de ses projets dans la communauté qui l’emballait. Sa voix était calme et chaleureuse. Humble et habitée de compassion, sa rencontre m’a permis de voir l’humain à son meilleur.

 

Une chanson de Maxime Le Forestier – Les jours meilleurs

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Maxime_Le_Forestier-Les_Jours_meilleurs-lyrics,p01490157

 

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 8 février 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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