Un esprit de débutant

Se relever à chaque chute

Pratiquer avec un esprit de débutant !

Mais qu’est-ce que l’esprit de débutant ?

C’est un esprit

Qui ne compare pas

Car il ne sait pas comment ce devrait être.

C’est un esprit

Pour qui tout est parfaitement neuf

Car il ne sait pas déjà tout.

C’est un esprit

Qui ne fait rien d’autre que prendre part

Juste à ce qui se passe.

Que se passe-t-il au juste ?

Le souffle s’écoule.

Si je ne compare pas avec le souffle d’avant,

Cette respiration-là est parfaitement nouvelle.

Moi-même je suis parfaitement neuf

Dans cet inspire-expire,

Moi, esprit de débutant.

Ah, comme elle serait autre,

Cette situation, cette rencontre-là,

Si seulement je pouvais juste y prendre part

Dans un esprit de débutant !

Silvia Ostertag dans Silence vivant : Esprit et pratique

Une pièce musicale de Coldplay – O (Fly On)

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/916050.html

Dans le reflet

ImAGEUn monde en soi

Il venait de quitter sa maison, les reflets du jour venaient à peine de l’atteindre. Il s’approcha de l’orée du bois et marcha dans le sentier. Sa respiration devenait de plus en plus rythmée et lente, il redevenait calme et paisible. Il lui était possible de voir le temps et l’espace se déposer sur le rebord de son ombre pour y attendre le recul de la lumière.

Rien de spécial, juste un sourire, et un autre regard qui émergeait de lui. Quelque chose de spécial se passa, tout étant pareil, mais vécu différemment.

Rien de tout ce qu’il voyait, que ce soit la beauté des arbres, la fragilité d’une fleur, la course de l’écureuil, la dureté de la pierre, rien de tout cela, lui était nouveau. Toutefois, il prenait conscience qu’il n’avait jamais vraiment remarquée, même vu. Peut-être, en raison du babillage de l’esprit, ou du voile de ce qu’il désirait plutôt voir, bref rien de tout cela n’avait pris toute la place. Son activité mentale l’avait tenu éloigné des trésors de la vie telle qu’elle est.

Il ne vivait maintenant rien de surprenant, juste le temps et l’espace qui s’étaient déposés sur le rebord de son ombre, car la lumière et les jeux d’ombres ne restaient plus autour de lui. Ils avaient pénétré son corps pour trouver le chemin par son âme de la nature profonde en lui. Une symbiose s’opérait, quelque chose comme la vie.

Ce jour-là, il avait fait plus que marcher dans le sentier, il avait fait face au miroir de la vie, et prenant les reflets à corps, et il y était entré.

Une chanson de Sting interprétée avec Stevie Wonder – Fragile

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/248589-sting-fragile.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Le souriant

Il avait ce sourire paisible qui parfois semait l’envie. Il était simple d’approche, mais il suscitait bon nombre de questions.

Si on lui demandait s’il croyait à un dieu, il pouvait simplement répondre qu’il voyait toujours quelque chose de bon dans la foi, tout comme d’ailleurs dans le doute méthodique. La vraie différence est dans l’esprit qui le porte et, dans l’intention. À ses yeux, les contraires par nature n’étaient pas source de conflits, le danger provenait de ce que l’on pouvait en faire.

Si on lui demandait ce qu’il pensait des gens autour de lui, il pouvait vous partager ce genre de réflexion à l’effet qu’il serait amusant de voir tous ces gens lire dans les pensées des uns des autres. Il ne croyait pas que ceux-ci se rebuteraient, bien au contraire, ils verraient tant de fragilité, de besoin d’amour et d’attention, que probablement, il émergerait une meilleure compréhension et acceptation de l’autre.

Je vous raconte cela car il m’a permis d’apporter plus d’attention à ce qui se cache derrière les mots, et d’être plus à l’écoute des soupirs et des silences.

Il m’a fait prendre conscience que ce monde qui promeut la production de l’abondance illimitée n’est qu’un simple spectacle de divertissement à des lieux de la plénitude de deux cœurs souriants qui se touchent et qui, en fermant les yeux, embrassent la vie.

Une pièce musicale d’Olivier Messiaen: Un Sourire

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Émerveillement du cœur

ImAGE amour musique

La différence entre une série de sons et de rythmes désorganisés et la musique réside dans notre capacité à tisser les liens entre ces changements et les silences. Ainsi, entre la cacophonie et un concert, les sens auront amené le cœur à battre la mesure de l’émerveillement.

Il en est de même pour différencier une série de mots et de sons qui émanent d’une personne et l’ode de la caresse de deux âmes qui se touchent et se retouchent en corps.

L’émerveillement du cœur suscite l’enchantement de l’esprit.

Ce n’est pas la note, ni le mot, mais cette synchronicité entre ceux-ci et l’alchimie de nos perceptions qui dévoilent la profondeur où peut se rendre notre âme dans l’impermanence du présent.

Alors, l’émerveillement du cœur devient le silence prononcé.

Une chanson de Samian – Le cœur d’un poète

Les paroles sur http://lyricsportal.com/titre/70904/samian-le-coeur-d-un-poete

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Variations sur le silence

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C’est sa main, cette nuit – le frisson de sa présence, tout ce grand ciel qui glisse – le frôlement des airs, le vent qui soulève la peau et la fait battre comme une voile, trois oiseaux, trois petites ombres sur l’ombre plus grande, sautillant d’une branche à l’autre, et tout le silence de la terre remontant comme une sève chaude, la nuit sur l’herbe, le baiser de l’infini et l’étoile qui s’allume comme un œil au fond de la chair tranquille, répandue loin avec l’espace étale, l’air invisible qui circule sans bruit.

Nous entendons mais du réel nous n’écoutons rien. Nous écoutons mais nous n’entendons pas. Parce que le cœur n’est pas tourné vers le silence. Parce que la parole ne penche pas vers le cœur. Parce que la bouche n’est pas cette oreille qui lui répond et la rejoint d’un même mouvement. Le regard se brouille d’un fourmillement de bruits décousus et insatiables. La vérité ne s’y trompe pas et n’a pas voulu de mot. Elle les décourage tous. Un petit reste renaîtra de cette exigence nouvelle.

Philippe Mac Leod dans Variations sur le silence

Une pièce musicale de Bill Evans – Like someone in love

 

Avec silence et ouverture

ImAGE Ballon

Il avait compris que parfois les meilleurs résultats s’obtiennent en ayant une approche contre-intuitive. En se dirigeant dans le sens opposé de ce que semble indiquer les marqueurs, il est possible d’aller à la source de ce qu’il y a à vivre. C’est un peu comme entrer dans un nuage de fumée pour atteindre la source de la chaleur.

Il avait saisi l’importance de faire le vide pour pouvoir recevoir ce que l’on recherche vraiment de la vie. S’il est juste de penser que tout est là à portée de nous, notre agitation et notre trop plein d’accessoires font en sorte que nous ne pouvons réellement l’apprécier.

Il avait appris à utiliser le silence pour faire de l’espace et étendre ce vide en lui. Cet entraînement de l’esprit lui permettait, d’une part, de saisir des dimensions intérieures qu’il ne soupçonnait pas, et d’autre part, d’être réceptif à la vie et de laisser jaillir en lui ses manifestations grâce à l’espace que le silence avait libéré. Lorsque son cœur était touché par ces manifestations, il lui arrivait de sentir s’échapper le rayonnement de l’émerveillement.

Le silence permet d’entendre l’essentiel sans les mots.

Une pièce musicale de Requiem for a Dream

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Accueillir

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Voir vraiment l’autre et ne pas seulement le regarder, ou le laisser nous regarder. Voir et laisser s’échanger le silence, l’intimité et la pudeur de notre part cachée.

Les yeux sont les messagers de l’âme. Nous pouvons s’ouvrir ou se fermer à ces messages, et, soyons honnêtes, nous sommes en général ultra réservé et refermé.

Avec nos contacts qui nous sont proches, nous n’avons aucune difficulté à nous toucher, nous embrasser, nous étreindre affectueusement pour communiquer la joie de se revoir, d’être là ensemble.

Toutefois, il faut beaucoup de confiance pour se laisser observer droit dans les yeux par un nouveau venu, afin de s’accueillir lentement, en silence, plus que quelques secondes furtives, entendre ce que même les mots ne peuvent pas traduire, et qui sont vraiment le cœur de la communion avec l’autre.

Une chanson de Fred Pellerin- Silence

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