Archives du tag ‘Vivre

Le Loup des steppes   Leave a comment

L'oeil

Pour atteindre une forme supérieure de l’humour, il faut commencer par ne plus prendre au sérieux sa propre personne.

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Si la majorité a raison, si cette musique dans les cafés, ces divertissements de masse, ces êtres américanisés aux désirs tellement vite assouvis représentent le bien, alors, je suis dans l’erreur, je suis fou, je suis vraiment un loup des steppes, comme je me suis souvent surnommé moi-même ; un animal égaré dans un monde qui lui est étranger et incompréhensible.

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L’être humain ne dispose pas d’une grande capacité de penser ; même le plus intellectuel et le plus cultivé des hommes voit le monde et sa propre personne à travers un prisme de formules très naïves, simplificatrices, qui travestissent la réalité.

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Vous connaissez cette conception erronée et fatale affirmant que l’homme constitue une unité durable. Vous n’ignorez pas non plus que l’homme se compose en vérité de diverses âmes distinctes, d’un très grand nombre de moi. De façon générale, on considère qu’il est insensé de diviser l’apparente unité de la personne en une foule de personnages. La science a même inventé le terme de schizophrénie pour désigner cela.

Hermann Hesse dans Le Loup des steppes

Une pièce musicale de Steppenwolf – Born To Be Wild

Publié 30 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Se recréer   2 comments

ImAGE fleur

Parfois, un instant furtif et magique est vécu. Rien de spécial, c’est juste nous qui avons changé de perspective. Il ne suffit parfois de pas grand-chose. Nous sommes là sans nous appuyer sur des idées toutes faites, ou sur des conclusions à propos de notre représentation du monde qui nous anime.

Nous sommes là, simplement, à ressentir, à nous laisser traverser par des sentiments et des pensées avec sérénité.

Vous savez ces instants où l’odeur, les sons, et la clarté de ce que nous voyons semblent se connecter à soi. La division passe sereinement, les sentiments, les pensées… et ce n’est pas grave.

Ces petits moments d’éveil à l’instant au début je les vivais assis sur un Zafu, puis maintenant je peux les vivre en étant dans un fil d’attente, en marchant lentement dans la rue, ou en écoutant le monde parler.

C’est lorsqu’il n’est plus nécessaire de conclure, de terminer ou de fermer une boucle que la découverte, l’émerveillement et l’apprentissage se poursuivent.

En équilibre entre gratitude et insécurité, il y a le champ des possibles pour se recréer à nouveau.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Bonne Idée

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 23 août 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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René Char et quelques propos…   Leave a comment

ImAGE passion au corps

Viendra le temps où les nations sur la marelle de l’univers seront aussi étroitement dépendantes les unes des autres que les organes d’un même corps, solidaires en son économie.

Le cerveau, plein à craquer de machines, pourrait-il encore garantir l’existence du mince ruisselet de rêve et d’évasion ? L’homme, d’un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs…

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J’entrevois le jour où quelques hommes entreprendront sans ruse le voyage de l’énergie de l’univers. Et comme la fragilité et l’inquiétude s’alimentent de poésie, au retour il sera demandé à ces hauts voyageurs de vouloir bien se souvenir.

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Nous n’appartenons à personne sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence.

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Je rêve d’un pays festonné, bienveillant, irrité soudain par les travaux des sages en même temps qu’ému par le zèle de quelques dieux, aux abords des femmes.

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Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.

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Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.

René Char dans Fureur et mystère

 

Une pièce musicale Psalms 104 sung in ancient Hebrew | ברכי נפשי את ה’ – תהלים ק »ד

Publié 12 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La valse des roses   2 comments

Toute notre vie une valse merveilleuse. Danser et essayer de suivre la musique … la musique incroyable de l’âme. À regarder jusqu’à la fin.

Eugen Doga – Gramofon

Publié 29 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses musicales

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Nos reflets   Leave a comment

image-ecrire

Les conversations sont des parcelles d’attention et de partage pour illustrer une infime représentation de notre vie. Ce sont des reflets minuscules ne rendre pas compte réellement de notre expérience humaine acquise. Par la conversation, en langage verbal ou gestuel nous réfléchissons la vie que nous portons.

Et, il n’y a pas uniquement les conversations pour illustrer ce que nous émettons comme reflets. Il y a les textes, les dessins, les chansons, la musique, la peinture, le théâtre, la danse et j’en passe. Toutes ces formes de reflets que nous pouvons réfléchir ne reproduisent qu’une infime dimension de notre expérience humaine, même si ceux-ci ouvrent parfois des perspectives vers une vision de l’infini.

Il est possible de transcender ces différentes formes de langages ou d’expression, et d’accéder directement à notre nature propre. Ce n’est que lorsque nous sommes affranchis de toutes les projections souvent sous forme d’explications, d’idées, de croyances et de préjugés que nous pouvons vivre directement ce qui est.

Nous en faisons l’expérience à petite échelle lorsque nous vivons quelque chose de sublime, comme la naissance d’un enfant, des retrouvailles mémorables ou la création d’une oeuvre, nous laissant sans voix, sans mots, incapables de décrire, nous amenant à oublier soudainement notre vie pour vivre pleinement le présent offert.

Une pièce musicale de Michel Pepe – Samsara

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 29 juillet 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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La vie intérieure   Leave a comment

Visage nature

Connaissez-vous ce haïku du poète japonais Natsume Sôseki :

« Sans savoir

pourquoi j’aime ce monde

où nous venons pour mourir »

 

Le contraire de la mort, c’est la naissance. Nous sommes entrés, nous allons sortir. Et entre les deux il y a la vie.

Ne trouvez-vous pas qu’elle est belle ?

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La méditation, comme toute pratique de la vie intérieure, n’est pas un repli sur soi mais une façon de s’ouvrir au monde, de l’accueillir, de le comprendre, puis de revenir vers lui plus calmes et plus lucides ; une manière de répondre, intelligemment, aux situations que la vie nous présente, plutôt que d’y réagir impulsivement.

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Car vivre, c’est survivre à la somme de toutes ses erreurs. Et c’est le faire joyeusement : les erreurs sont inévitables, et parfois fécondes. Les regrets, en revanche, sont toujours stériles, et nous font souvent bien plus de mal que les erreurs commises.

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Accepter, ce n’est pas renoncer ni se soumettre, ce n’est pas approuver mais affronter ce qui est. Ce n’est pas dire « c’est bien » mais « c’est là ». Nous devons comprendre et pratiquer l’acceptation comme un préalable à l’action sereine. Sans action, l’acceptation n’est que résignation. Mais sans acceptation, l’action n’est qu’impulsion.

Christophe André dans La vie intérieure

Une pièce musicale de Dave Brubeck – Koto Song

Publié 24 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Mireille Bergès : Ma vie   Leave a comment

beauté

J’ai eu vingt ans et bientôt trente, les quarante ont suivi et aussi les cinquante, avec quelques unités pour perturber les comptes.

J’ai lu des magazines qui parlaient de mes rides, de bouchers qui taillaient dans les bides et remontaient des seins à la file comme dans les usines pour les automobiles.

Rester jeune, peu importe le prix !

Info, intox, il paraît même que le botox…

Alors, là, moi, j’dis stop.

Remonter le temps? Avoir encore vingt ans ?

Ça ne va pas, non ? Tu sais quoi ? Je n’ai pas le temps !

Demain, dans un mois, dans un an, j’irai me balader pas très loin sur la plage et je ramasserai des galets arrondis que je colorierai aux couleurs du bonheur.

Je lirai des légendes, écouterai des contes et puis les offrirai à qui voudra entendre.

Je me ferai des amis, au hasard sur la toile, dans la rue ou au bar; on discutera jusqu’au bout de la nuit de la vie, de l’amour et de la mort aussi.

Demain, dans un mois, dans un an, j’aurai les bras câlins de mes petits enfants à mon cou enroulés pour mieux me protéger.

Mes enfants seront là et nous nous sourirons, heureux d’avoir su traverser sans sombrer les tempêtes, les naufrages et puis quelques orages.

Il m’arrivera encore de chanter, de danser et de me régaler de gâteaux, de bonbons, de p’tits plats mijotés sans penser aux kilos ou bien à ma santé.

Demain, dans un mois, dans un an, je sortirai la nuit avec tous les hiboux et verrai le soleil sur la mer se lever.

Je marcherai longtemps en goûtant le silence.

J’aimerai les odeurs de la mousse en automne et du foin en été et le chant des cigales et le soleil brûlant.

J’écouterai toujours le malheur qui se plaint.

J’éprouverai encore les bouffées de colère face à la bêtise et la haine étalées.

Jamais ni l’injustice ni l’infamie je n’accepterai et lèverai en l’air, mon poing avec rage.

Demain, dans un mois, dans un an…

Et si la mort survient, car elle survient toujours, la garce, elle me trouvera debout, occupée et ridée.

Mireille Bergès

 

Une chanson de Mario Pelchat – C’est la vie

Les paroles sur https://genius.com/Mario-pelchat-cest-la-vie-lyrics

Publié 19 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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