La dame intrigante

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Il y avait au cœur d’un village au nord du fleuve St-Laurent, une dame intrigante. Elle était d’une énergie communicative et toujours prête à aider les proches autour d’elle. À la regarder, on pouvait croire que la vie avait cessé de lui prendre du temps et qu’elle échappait à l’ouvrage de l’âge. Aux personnes qui la questionnait sur son apparente jeunesse, elle répondait en souriant, qu’elle était jeune depuis longtemps dans son cœur.

Cette dame sans âge apparente était tellement enjouée qu’elle était un modèle pour beaucoup de ses connaissances. Un jour, une dame qui venait tout juste de fêter ses 60 ans alla à sa rencontre et lui demanda :

Comment faites-vous pour être si bien malgré votre âge avancé? Je viens d’avoir 60 ans, et je suis triste et je ne vois que ce que j’ai perdu comme capacité!

La dame intrigante lui répondit :

Je comprends très bien ce que vous vivez, il m’arrive parfois de ressentir la même chose lorsqu’il y a un orage dans ma vie. Et je sais être patiente. Bien sûr cela fait du bien de voir les nuages partir et d’apprécier autant la pluie bienfaisante que le soleil qui en partage la fraicheur. Vous devriez voir les choses autrement, l’important n’est pas d’avoir perdu un âge, mais d’être en son temps.

Une pièce musicale de Bob Dylan interprétée par Joan Baez – Forever Young

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/286019.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Le fardeau des expériences

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Nous avons une part en nous qui a tendance à faire de nous un conservateur. Dans ce grand voyage de notre vie, nous nous acharnons à entasser des souvenirs, nous en prenons jalousement soin, allant jusqu’à les qualifier d’ordinaires à préférés.

Bizarrement, ces souvenirs sont entrés dans notre vie au cours d’une histoire. Toutefois, le fait de les conserver, le fait de les rassembler, nous amène inconsciemment à créer une histoire plus grande une espèce de mythologie qui les fédèrent et qui est susceptible de plaire à notre représentation de nous-même qui évolue.

Ainsi, au fil des ans, on entasse des souvenirs, et au fil de l’histoire qui évolue, les événements qui ont été à l’origine de leurs apparitions sont revisités, réparés et astiqués, pour que l’on puisse les exposer derrière la vitrine dans un étalage de notre égo.

Il y a aussi les souvenirs qui sont jugés en perte d’intérêt ou devenus sans valeur, et qu’avec le temps nous laissons de côté dans le coffre à oubli de nos actions passés croupissant dans les recoins sans lumière de notre esprit. Parfois, ils resurgissent en raison d’un jeu de croisement de lumière.

Prenons-nous conscience que le fait de vouloir conserver tant d’éléments de notre passé fait en sorte que nous trainons à la longue le fardeau de nos expériences?

Et pourtant, lorsque nous laissons les expériences nous imprégner, puis que nous les délaissons pour qu’ils poursuivent leurs travaux de façonnement de l’humain, nous devenons souffle de vie, permettant à tout ce qui inspire de nous permettre d’en expirer le sens et de poursuivre notre chemin.

Une chanson de Francis Cabrel – Les murs de poussière

Les paroles sur https://greatsong.net/PAROLES-FRANCIS-CABREL,LES-MURS-DE-POUSSIERE,102558159.html

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Après le mauvais temps ….

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As-tu eu le temps aujourd’hui de faire quelque chose que tu aimes?

As-tu réussi à prendre quelqu’un dans tes bras pour lui exprimer ta gratitude?

As-tu pris un repas ou une collation que tu avais vraiment envie de te préparer?

As-tu pu dire ce que tu penses vraiment à quelqu’un qui compte pour toi?

As-tu posé un geste bizarre, fou ou inattendu?

As-tu fait quelque chose de bon pour une personne de ton entourage?

Des petites questions toutes simples, dont les réponses demandent souvent moins de 5 minutes de notre temps.

Cela fait toujours du bien de prendre du temps pour ce que nous voulons vraiment vivre. Pourquoi laisser le mauvais temps assombrir notre vie?

Une chanson de Jacques Michel interprétée par Fred Pellerin – Amène-toi chez nous

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Jacques_Michel-Amene-toi_Chez_Nous-lyrics,p82062

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Elle

ImAGE rosée

Elle s’écrit comme un mot, et pourtant elle ne laisse pas de traces. Elle se laisse décoder par le regard qui a su prendre la mesure de la présence.

Elle se prononce sans paroles, et pourtant elle interpelle les cœurs attentifs. Elle permet d’entendre la pureté des sentiments et des pensées.

Elle te touche sans être présente, et pourtant elle prend une grande place en toi.  Elle est cette lumière qui illumine et sublime les gestes quotidiens.

Elle n’a pas besoin d’être nommée et pourtant tu l’as maintenant reconnu. Elle est ce qui transcende nos vies et pourtant on ne la découvre qu’en étant vivant.

Une chanson de The Beatles – Because

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/247523.html

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Les yeux jaunes des crocodiles

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J’ai compris que le Bonheur, ce n’est pas de vivre une petite Vie sans embrouilles, sans faire d’erreurs ni bouger. Le Bonheur c’est d’accepter la lutte, l’effort, le doute, et d’avancer, d’avancer en franchissant chaque obstacle.

*

Quand on a peur, il faut toujours regarder sa peur en face et lui donner un nom. Sinon, elle vous écrase et vous emporte comme une vague scélérate.

*

La vie avait continué après, la vie continue toujours. Elle te donne des raisons de pleurer et des raisons de rire. C’est une personne, la vie, une personne qu’il faut prendre comme partenaire. Entrer dans sa valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t’attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t’écrase les pieds, parfois elle te fait valser. Il faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu’elle t’envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée.

*

Il y a des gens dont le regard vous améliore. C’est très rare, mais quand on les rencontre, il ne faut pas les laisser passer.

*

Je vois tout, je sens tout, mille détails entrent en moi comme de longues échardes et m’écorchent vive. Mille détails que d’autres ne remarquent pas parce qu’ils ont des peaux de crocodile.

*

Dans chaque famille, il y a des gens qui ont l’air de petits boulons insignifiants, et pourtant, sans eux, il n’y a plus de vie possible, plus d’amour, plus de rires, plus de fêtes, plus de lumières pour éclairer les autres.

Katherine Pancol dans Les yeux jaunes des crocodiles

Une pièce musicale d’Oryom – Native Prayer

Les âges de la vie

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Nous sommes tous des gens du voyage. Et ce voyage est la vie.

Nous traversons l’un après l’autre des pays où les perspectives et les aventures ne se comparent pas entre elles, où change jusqu’à la perception que nous avons des êtres, des choses, du temps et de l’espace.

Ces pays ont leurs villes, leurs campagnes, leurs monts et leurs mers – et les cols vertigineux qui les séparent en font des territoires autonomes dont l’exploration successive constitue l’existence humaine.

Cette traversée, nous ne l’effectuons pas seuls, mais, bon gré mal gré, avec la caravane de la génération avec laquelle nous nous sommes mis en marche et dont les rangs iront s’éclaircissant jusqu’au terme.

Tantôt pleine d’ardeur, elle nous porte de son élan; tantôt rétive et incertaine, elle nous grève de son anxiété.

En route, nous croisons d’autres caravanes venues d’autres âges – et ces haltes ou ces bouts de chemin filés ensemble sont autant de moments exaltants.

Nous nous attardons au récit de ces voyageurs évoquant des lieux que nous avons connus autrefois et dont chaque détail nous attache – ou des contrées dont nous ne savons rien encore, sinon la crainte ou la fascination que lèvent en nous les mots.

Certains épisodes du périple créent une illusion passagère de sédentarité.

Pour un pays que nous quittons pleins d’impatience, il en est d’autres où nous eussions aimé nous attarder – et où l’arrêt d’expulsion lorsqu’il nous atteint nous met au désespoir.

Le tragique aussi fait partie du viatique.

Et quiconque tente de l’esquiver en fixe la brûlure.

Une révélation guette celui qui avance le cœur et les yeux ouverts – sans précipitation et tant qu’il se peut sans regret.

Après s’être vu dépouillé en chemin de ce qu’il avait un temps possédé, le voilà bientôt, à sa grande surprise, comblé d’autres biens dont il ne soupçonnait, jusqu’alors, ni l’existence ni le prix.

Celui qui n’a pas reconnu que la vie est incessante métamorphose n’aura pas sa part du miracle.

Étranger, tant au pays qu’il traverse qu’à celui qu’il convoite, il se verra, tout comme la femme de Loth qui rechignait aussi à avancer, transformé en statue de sel.

Christiane Singer dans Les âges de la vie

Une pièce musicale de Danit – Presencia

 

Au-delà de notre improbabilité

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Dès l’instant où nous prenons conscience que notre vie ne peut pas se dérouler que dans le monde du rêve, dès que nous ressentons viscéralement que nous n’avons plus besoin d’être de bonne rêveuse ou de bon rêveur pour être bien dans notre peau et réaliser notre vie, il se produit un immense lâcher-prise.

Cesser de se voir en rêveur mène à la reconnaissance de son rôle d’éveilleur de notre vie. Cette ouverture d’un rideau dans le théâtre de l’univers nous rend disponibles à ce qui se trouve autour de nous. L’éveil à cet instant, l’éveil à une réelle reconnaissance envers la vie.

Puis, un jour on enlève un a un nos costumes, pour se rendre compte que l’absence de personnage est cet espace sans moi et tout en soi.

Par-delà le vertige, le gouffre qui s’ouvre, cette ouverture donne le recul nécessaire pour voir ce théâtre et le personnage en action. Il y a de cette position, une appréciation claire de notre capacité à créer, de cette matrice d’énergie libre de la contrainte de l’impossible.

Alors, la question qui peut surgir pourrait ressembler à; est-ce plus important de développer le personnage, avec ses joies et ses peines imaginaires, le parcours prévu et l’histoire attendue, ou de contribuer en pleine conscience à cette vie comme une improvisation de notre propre improbabilité?

Quelle belle surprise que de sortir d’un rêve et de se lever pour la vie!

Une chanson de Yoav – Wake Up

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