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Où cours-tu ?   Leave a comment

christiane-singer

Le corps est cette œuvre d’un grand luthier qui aspire à la caresse de l’archet. « Tout ce qui vit aspire à la caresse du Créateur«, dit Hildegarde von Bingen. Séparé de la résonance à laquelle aspire ce corps, séparé de la musique pour laquelle il a été créé, il perd sa tension, il s’affaisse, il se laisse aller, il se désespère. Nous vivons à une époque où rien ne nous dit la merveille de l’ordonnance du corps ; on croit vraiment que se laisser aller est une manière de se sentir mieux, personne ne nous signale : attention, ton chevalet est déplacé, ta corde est distendue, le maître ne peut pas jouer sur toi. Ces corps inhabités de tant d’entre nous aujourd’hui, qui, à défaut d’entrer dans la résonance pour laquelle ils étaient créés, vont se rouiller, se déglinguer, perdre le souvenir de ce qu’ils sont. Pourtant, nous le savons tous, la mémoire du corps est la plus profonde.

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Entre toutes les incarnations, choisir la nôtre. Nous désirer où nous sommes et qui nous sommes, à l’instant où nous le sommes.

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Mystère de cette incarnation… Ce qui paraît à tant d’entre nous, dans certaines cultures, à tant d’époques, un exil sur terre, le fait d’être cousu dans ce sac de peau, prison terrible lorsque la souffrance en devient le geôlier, tout cela peut, par un retournement imprévisible, s’avérer chemin de délivrance et de lumière.

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Où que le voyage mène – et fût-ce nulle part – ne sommes-nous pas déjà gagnants, si les seuls préparatifs ont illuminés notre attente et notre vie?

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Corps ami, corps connu, corps de la maturité, mon corps. Façonné par la longue route parcourue – l’amour, l’effort, les maternités, les empoignades, les désespoirs, les maladies, les délices – je le déchiffre à livre ouvert. J’ai enfin cessé de rôder autour de lui pour élire en lui domicile.

Christiane Singer dans Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?

Une pièce musicale de John Denver – Sunshine On My Shoulders

Les paroles en français sur http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/784205/john-denver/paroles-et-traduction-sunshine-on-my-shoulder/

Publié 3 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Les récoltes de la vie   2 comments

ImAGE fleurs 2

En regardant la beauté du monde, prends le temps de respirer lentement, de saisir, de sentir, d’apprécier. Ne laisse pas ton esprit s’emballer et faire des comparaisons. C’est un leurre, il n’y a aucun besoin d’enlever une particularité pour capter la beauté.

De même, quand tu regardes la diversité dans ce monde, ne laisse pas ton esprit faire des raccourcis et s’emporter à généraliser. La généralisation est un autre visage du leurre. Cela fait en sorte que le geste d’une personne devient le geste d’une ethnie. La beauté d’une fleur devient alors la norme pour apprécier d’autres fleurs.

Quand tu écoutes le monde qui t’entoure, laisse entrer les sons, oublie pour quelques instants l’écho de ta rumination, prends avec attention cette semence de vie qui se dépose en toi.

Chacune de ces récoltes de vie nous apporte cette moisson merveilleuse qui fait la différence, entre regarder et voir, entendre et écouter, manger et se nourrir….

C’est dans les jardins ordinaires de la nature que la vie se régénère.

Une chanson de Richard Séguin – Le quotidien

Les paroles sur http://laboiteauxparoles.com/titre/2602/richard-seguin-quotidien

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

 

Publié 2 décembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Sâdhâna   Leave a comment

Sadhana

La leçon la plus importante que l’homme puisse apprendre dans sa vie n’est pas que la douleur existe dans le monde, mais qu’il dépend de nous d’en tirer profit, qu’il nous est loisible de la transmuer en joie.

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Ainsi notre intellect a pour fonction de réaliser la vérité par la voie de l’erreur, et notre connaissance consiste uniquement à brûler sans cesse l’erreur pour libérer la lumière de la vérité.

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A travers toutes les diversités du monde, l’unique en nous poursuit sa marche continue vers l’unique en tout; c’est sa nature et c’est sa joie.

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Il est aisé d’écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l’homme.

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L’étonnant n’est pas qu’il existe en ce monde des obstacles et des souffrances, mais qu’on y trouve la loi et l’ordre, la beauté et la joie, la bonté et l’amour. Que l’homme possède dans son être une notion de Dieu, voilà le miracle des miracles.

L’homme a senti dans les profondeurs de sa vie que ce qui paraît imparfait est la manifestation du parfait…

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Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.

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Je dormais et je rêvais que la vie n’était que joie. Je m’éveillais et je vis que la vie n’est que service. Je servis et je compris que le service est joie.

Rabindranath Tagore dans Sâdhâna

Une pièce musicale de Guru Guru Wahe Guru Ram Das Guru – mantra meditation kundalini yoga – sadhana mantra

Publié 1 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La Voie du sentir 2   Leave a comment

ImAGE champs

Vous êtes une personne mais vous pourriez être un papillon. Ou une rose. Je peux me situer en face de vous comme je me situe en face d’une rose, il n’y a pas de différence. Parce que dans la rose, il y a l’être de la rose qui déclenche aussi en moi, si je le reçois, si je suis ouvert, des sensations, des émotions, des sentiments, des réflexions. La rose va me donner tout ce qu’elle possède, tout ce qu’elle a. Elle ne s’épuise pas et quand je pars, s’il en vient un autre, la rose continue de donner. Elle n’arrête pas de donner ! Mais comme nous sommes en état de fermeture, comme nous avons un égoïsme à l’intérieur de nous-même, nous ne recevons plus, nous voulons imposer, nous voulons impressionner, influencer.

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On se considère comme important, mais en réalité on ne l’est pas. On est nécessaire mais on n’est pas important. Alors, si on est nécessaire, on doit se demander en quoi on est nécessaire et devenir fonctionnel. Mais si on se croit important, on tombe dans l’idolâtrie de soi-même et c’est le fléau de tous nos malheurs.

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J’ai eu la chance de m’apercevoir, pas très tôt, vers les trente, trente-cinq ans, que sur la route que j’avais prise pour chercher à m’extraire de ma stupidité, tous les banquets, tous les restaurants, tous les hôtels avaient été prévus. Ils existaient, ils étaient là, et moi je me désespérais de savoir où j’allais manger le lendemain, dans quel hôtel j’allais me reposer. Je parle symboliquement bien sûr. Je me suis rendu compte que pour participer au banquet, il suffisait de parcourir le chemin de façon ouverte ; ne pas dire, d’ici un an, je dois trouver telle chose en particulier, d’ici trois ans, je dois rencontrer tel maître. Il ne fallait pas projeter, il fallait être ouvert.

Robert Eymeri dans La Voie du sentir : Transcription de l’enseignement oral de Luis Ansa

Une chanson de Louis-Jean Cormier 0 Traverser les travaux

Les paroles sur https://www.paroles.net/louis-jean-cormier/paroles-traverser-les-travaux

Publié 28 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Une certitude d’être   Leave a comment

Kazantzaki-jpg

Nous vivons dans un monde où il arrive trop souvent que l’on nous impose des urgences et nous avons l’impression que le temps file, que le rythme est fou, et que nous ne pouvons rien terminer.

Bien sûr il y a tous ces appels urgents à consommer les différentes variantes du bonheur artificiel.

Mais il y a aussi ces quêtes urgentes contradictoires ou par exemple, on nous incite à être puissant, voir le meilleur, et demeurer à la fois paisible et l’esprit détaché. Ou encore, on nous rappelle de vivre pleinement notre vie tout en étant sveltes, énergétiques, et obsédés à brûler des calories.

J’aimerais savoir combien d’études scientifiques ont démontré que la majorité des personnes heureuses sont dans les lieux de pouvoir? Ou encore, est-ce à dire que le nirvana se situe là où des lieux de pouvoir sont munis d’une salle d’entrainement?

Et si le bonheur résidait dans un geste d’humilité et d’abandon envers l’autre? Et si la voie de la gâterie chocolatée était une alternative valable?

Le désir de maîtrise et de contrôle est l’un des grands fantasmes de notre époque. Il y a de l’espoir quand nous cessons de faire en sorte que notre pensée impose une nécessité aux choses et aux événements.

Il y a aussi de l’espoir quand nous sommes capables de nous éloigner, avec détachement, de tous ces conseillers, au sourire charmant, qui désirent notre bien en nous expliquant que nous pouvons toujours être en meilleure santé grâce à leur produit qui rend plus performants, mieux, plus optimistes.

Bien qu’il soit possible de se doter d’un maquillage permanent, nous ne pouvons pas masquer la vie d’un bonheur permanent, cela serait contre nature.

Ne pas fuir sa vie, c’est peut-être, en partie, la vivre au présent, avec un état d’esprit qui rend encore possibles l’imperfection, les imprévus, les instants agréables ou douloureux.

Ne pas fuir la vie, c’est peut-être s’accueillir à travers ses revers et ses réussites, son corps, en aimant sans compter?

Oui, nous nous exposons ainsi aux jouissances et aux souffrances, mais au moins il est possible de se lever le matin avec une certitude d’être et d’apporter une différence dans cette vie.

Une chanson de Daniel Bélanger – La fin de l’homme

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 15 novembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Le Loup des steppes   Leave a comment

L'oeil

Pour atteindre une forme supérieure de l’humour, il faut commencer par ne plus prendre au sérieux sa propre personne.

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Si la majorité a raison, si cette musique dans les cafés, ces divertissements de masse, ces êtres américanisés aux désirs tellement vite assouvis représentent le bien, alors, je suis dans l’erreur, je suis fou, je suis vraiment un loup des steppes, comme je me suis souvent surnommé moi-même ; un animal égaré dans un monde qui lui est étranger et incompréhensible.

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L’être humain ne dispose pas d’une grande capacité de penser ; même le plus intellectuel et le plus cultivé des hommes voit le monde et sa propre personne à travers un prisme de formules très naïves, simplificatrices, qui travestissent la réalité.

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Vous connaissez cette conception erronée et fatale affirmant que l’homme constitue une unité durable. Vous n’ignorez pas non plus que l’homme se compose en vérité de diverses âmes distinctes, d’un très grand nombre de moi. De façon générale, on considère qu’il est insensé de diviser l’apparente unité de la personne en une foule de personnages. La science a même inventé le terme de schizophrénie pour désigner cela.

Hermann Hesse dans Le Loup des steppes

Une pièce musicale de Steppenwolf – Born To Be Wild

Publié 30 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Se recréer   2 comments

ImAGE fleur

Parfois, un instant furtif et magique est vécu. Rien de spécial, c’est juste nous qui avons changé de perspective. Il ne suffit parfois de pas grand-chose. Nous sommes là sans nous appuyer sur des idées toutes faites, ou sur des conclusions à propos de notre représentation du monde qui nous anime.

Nous sommes là, simplement, à ressentir, à nous laisser traverser par des sentiments et des pensées avec sérénité.

Vous savez ces instants où l’odeur, les sons, et la clarté de ce que nous voyons semblent se connecter à soi. La division passe sereinement, les sentiments, les pensées… et ce n’est pas grave.

Ces petits moments d’éveil à l’instant au début je les vivais assis sur un Zafu, puis maintenant je peux les vivre en étant dans un fil d’attente, en marchant lentement dans la rue, ou en écoutant le monde parler.

C’est lorsqu’il n’est plus nécessaire de conclure, de terminer ou de fermer une boucle que la découverte, l’émerveillement et l’apprentissage se poursuivent.

En équilibre entre gratitude et insécurité, il y a le champ des possibles pour se recréer à nouveau.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Bonne Idée

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 23 août 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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