Le miroir en soi

Jugement

Imaginez un miroir qui se mettrait à parler, et à prendre vie!

Le matin, vous arrivez à la salle de bain à peine éveillé, vous vous regardez dans le miroir et tout à coup, il se met à parler.  Il vous regarde, et il vous voit simplement sans aucun artifice, sans maquillage ou rasage.

La surprise serait probablement très importante.  Et pourtant…

Si vous repensez quelques secondes à cette scène en prenant le temps de décoder votre passage matinal devant le miroir, vous allez rapidement constater qu’il y a effectivement une certaine forme de dialogue en vous. Ce n’est pas le miroir qui s’exprime, mais vous. Et comme vous vous êtes habitué à ce babillage, vous n’êtes pas gêné.

Et si vous preniez ces rencontres avec vous-même devant le miroir comme un instant à vivre pleinement, en se regardant avec attention, avec respect, en cultivant cette capacité à prendre soin de soi, à vouloir alimenter votre singularité, qu’est-ce qui se passerait?

Il est probable que le fait de prendre conscience du reflet de vos pensées vous amènerait à être plus attentif et présent aux mots que vous choisissez et aux choses que vous faites. Rien d’extraordinaire, aucune mise en scène ou représentation, juste un contact qui va de soi.

Pourquoi ne pas utiliser le miroir comme un outil de présence qui dépasse le cliché de l’image émise?

Une chanson de ZAZ – Qué vendrá

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Avec silence et ouverture

ImAGE Ballon

Il avait compris que parfois les meilleurs résultats s’obtiennent en ayant une approche contre-intuitive. En se dirigeant dans le sens opposé de ce que semble indiquer les marqueurs, il est possible d’aller à la source de ce qu’il y a à vivre. C’est un peu comme entrer dans un nuage de fumée pour atteindre la source de la chaleur.

Il avait saisi l’importance de faire le vide pour pouvoir recevoir ce que l’on recherche vraiment de la vie. S’il est juste de penser que tout est là à portée de nous, notre agitation et notre trop plein d’accessoires font en sorte que nous ne pouvons réellement l’apprécier.

Il avait appris à utiliser le silence pour faire de l’espace et étendre ce vide en lui. Cet entraînement de l’esprit lui permettait, d’une part, de saisir des dimensions intérieures qu’il ne soupçonnait pas, et d’autre part, d’être réceptif à la vie et de laisser jaillir en lui ses manifestations grâce à l’espace que le silence avait libéré. Lorsque son cœur était touché par ces manifestations, il lui arrivait de sentir s’échapper le rayonnement de l’émerveillement.

Le silence permet d’entendre l’essentiel sans les mots.

Une pièce musicale de Requiem for a Dream

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Par delà les pas qui s’effacent

ImAGE yin yang

Un jour, on m’a raconté l’histoire d’une personne qui voulait apprendre chaque chose dans les détails. Par exemple, elle pouvait étudier intensément une fleur pendant de longues périodes. Toutefois, au bout d’un certain temps, elle devait cesser, car la fleur n’était plus la même, car elle avait vraiment beaucoup changé.

Elle se disait qu’elle ne travaillait pas assez vite, et elle essaya de porter son attention sur un objet d’étude qui semblait plus pérenne. Elle s’est alors mise à étudier un arbre, mais au bout d’un certain temps, au milieu de l’automne, tout changeait trop vite.

Elle a passé sa vie à initier des études qu’elle ne pouvait terminer.

Au terme de sa vie, elle prit conscience que tout est changement, qu’il faut beaucoup d’attention et beaucoup de vigilance pour suivre chaque particule de vie dans le moindre détail.

Elle se rendit compte alors que nous sommes des passeurs sur la terre et que cela ne lui a pas été utile de regarder ses pas s’effacer sur rivage et étudier ce phénomène. Un passeur n’a pas besoin de regarder s’effacer les traces de son passage pour trouver sa route.

Le chemin à parcourir nourrit chaque jour de notre vie pour qui sait observer, étudier et identifier les signes de sa propre voie. Celui qui saura atteindre les destinations qui l’interpellent saura composer avec les changements, il saura s’adapter et continuer dans la bonne direction sans perdre courage.

Un passeur n’a pas besoin de tout connaître, de tout comprendre. Il a besoin de développer l’attention nécessaire pour se fondre à la vie, et si possible aider les autres à passer leur chemin avec plus de paix et de sérénité.

Une chanson de Yves Duteil – Le passeur de lumière

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/1291674-yves-duteil-le-passeur-de-lumiere.html

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Une simple avancée quotidienne

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Ce qui est simple et accessible est la voie que nous devons poursuivre.  La réalisation de soi peut et doit se réaliser par des choses concrètes, souvent simples et avant tout faisables.  Il faut se méfier de la complexité et de la performance pour atteindre un état.

Par exemple, agir avec compassion ne nécessite pas que nous devions faire passer les autres avant soi-même et devenir l’esclave de la souffrance. On ne vit pas avec compassion en utilisant le mot amour à toutes les sauces et en parlant du cosmos comme un vieux pote. Pour vivre une compassion qui nourrit, il faut avant tout une ouverture à l’autre, une capacité d’écoute et d’attention, avoir cette capacité de ne pas tout faire uniquement pour soi et se décentrer de soi-même.

Une quête personnelle ou spirituelle doit avoir du sens au quotidien, doit s’incarner dans notre vie de tous les jours.  Ce n’est pas un habit du dimanche que l’on porte pour un événement ponctuel.

Lorsque l’on vous propose de changer radicalement votre mode de vie, de défrayer des coûts importants et de maitriser une technique complexe pour vous réaliser, il est bon de s’interroger sur la pertinence de devenir une autre personne.

Pour découvrir le monde que j’habite, il n’y a rien de mieux que de simples avancées quotidiennes.

Une chanson de Richard Séguin – Le quotidien

Les paroles sur http://laboiteauxparoles.com/titre/2602/richard-seguin-quotidien

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Apprendre à dépasser la peur

Peurs

Le fait d’être bien ou heureux, de ne pas dépendre de ce que nous possédons, de ce que nous faisons, mais bien, de comment nous le vivons, a une influence directe sur la qualité de notre rapport et de notre relation avec les autres. Il en est de même pour les activités que nous réalisons ou les objets que nous possédons.

Et la qualité de cette relation repose en grande partie sur notre capacité à surmonter nos peurs, nos angoisses et notre anxiété.

Dépasser la peur de ce que pense l’autre de nous, la crainte d’une non-reconnaissance, la peur de perdre ce qui nous semble essentiel, la crainte du silence trop long, la crainte de manquer de temps, la peur de l’échec, la peur de ne pas être aimé ou l’anxiété au regard de ce qui arrivera demain.

La qualité de nos rapports avec ce qui nous entoure repose en grande partie sur notre capacité à gérer ces peurs, ces craintes et l’anxiété qui en découle. Nous consacrons beaucoup d’énergie à mettre en place des mécanismes de défense. Il reste peu de temps pour créer notre bonheur.

Apprendre à dépasser ses peurs implique d’accepter de ne plus être aimé comme l’autre le voudrait. Cela implique de savoir quitter des gens, des situations, même si cela fait mal, car il ne sert à rien d’entretenir une relation blessante.

Apprendre à dépasser ses peurs implique d’assumer sa vie, d’être dans le changement et non le statu quo. Changer ce que nous ne voulons plus, sinon changer notre façon de voir et apprendre à aimer. C’est assumer nos mauvais comme nos bons choix, et accepter l’erreur comme l’une des sources d’apprentissage.

Apprendre à dépasser ses peurs implique de ne pas chercher à contrôler, ne pas définir et retenir. Aimer l’autre c’est laisser libre court au potentiel de croissance, à l’ouverture et à la diversification. Il est inutile d’avoir une autre personne avec soi si nous ne voulons que nous aimer à travers elle.

Apprendre à dépasser ses peurs implique de susciter le développement de la singularité, de ne pas tenter de standardiser les personnes qui composent notre monde. Accueillir l’autre en gardant l’esprit ouvert à toute sa personnalité.

La peur des tensions et la méfiance illustrent une quête de l’approbation de l’autre. Et c’est ce qu’il nous faut inverser.

Imaginons que nous faisons un court temps d’arrêt, à tous les matins et à tous les soirs, pour prendre un temps de présence pour soi, sans reproche, sans conseil, sans tentative de solution et sans jugement. Il s’agit juste d’apprendre à reconnaître l’état des lieux en soi, et d’apprécier la part de soi qui fleurit et l’arroser. S’ouvrir à l’appropriation de soi et à son approbation.

Un petit exercice tout simple, qui permet de changer la perspective avec laquelle nous décodons le monde et de changer notre rapport avec celui-ci.

Nous avons le défi de tendre vers la certitude et entretenir un grand nombre de peurs ou tendre vers une acceptation de singularité et entretenir une capacité d’adaptation.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Peurs

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/1267809-jean-jacques-goldman-peurs.html

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La grande mélodie

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Elle pensait qu’il fallait vivre dans la réalité, pleinement et intensément et pour cela, elle avait la ferme conviction qu’elle devait cesser de rêver. Pour elle, le rêve c’était la fuite et une forme d’absence qu’est la non-présence.

Elle se forçait à dormir le moins possible, à faire le plus de choses durant le jour pour rester éveillée. Elle se disait que la personne éveillée a la chance de choisir ses rêves et non les subir.

Toutefois, la qualité de son éveil diminuait au fil du temps au point que sa qualité de vie en était affectée. Elle se disait que c’était normal, toute démarche importante et déterminante devait impliquer une transformation par la souffrance.

Jusqu’au jour où elle se réveilla dans un lit d’une urgence. Ce fut à partir de ce jour que tout bascula.

Elle se mit à entendre la musique de sa vie. Au début, c’était qu’une faible pulsation, dont le rythme, semblait constante. Mais en prenant le temps d’écouter attentivement, parfois le rythme accélérait, parfois il ralentissait. Et de nouveaux sons sont apparus. Elle aimait découvrir ce qui se jouait en elle.

Il lui est même arrivé de se pincer, car elle croyait parfois que cela n’était qu’un rêve.

Elle découvrit au fil du temps que la mélodie de sa vie était à sa façon harmonieuse. Elle commençait à une période, puis se terminait avant de reprendre plus tard. La mélodie était riche de notes, de rythmes créant des silences et des pauses. Elle en arrivait parfois à se demander si les silences étaient issus des notes, ou si les notes étaient issues du silence. Il en était de même pour ses états de conscience ou les rêves et la réalité se généraient.

Le jour où elle accepta de se relever de son lit à l’urgence, elle avait implicitement accepté l’importance des pauses et des silences non plus comme des arrêts du cœur, mais comme faisant partie d’une grande œuvre qui lui permettait de se dévoiler.

Entendez-vous la grande mélodie?

Une chanson de Julien Clerc – Let the sunshine

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/959919.html

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S’asseoir tout simplement

contemplation

Dans son Recueil de la transmission de la lumière, le maître zen Keizan écrivait à propos de ce moment d’abdication où le corps et l’esprit se dépouillent :

Une fois qu’on a atteint ce lieu, on est comme un panier sans fond ou comme un bol percé.

Quoi qu’on y mette et remette, il ne peut rien contenir, quoi qu’on y verse et reverse, il ne peut se remplir. Lorsque cet instant survient, on dit que le fond du tonneau a cédé.

Seule l’audace peut nous conduire en ce lieu.

Le calme comme l’absence de calme sont alors délaissés — dépassés.

La méditation zen ne prend sens que sur le fond de cette rupture de toutes les digues intérieures. Il n’existe aucune méthode qui permette de faire céder le fond du tonneau ; ni les techniques ni le bâton ne le peuvent.

La seule façon qu’il cède, c’est de se permettre qu’il cède. La clé est là : se permettre. Nous croyons que des pensées, des images, des malaises nous encombrent. En réalité, seules les peurs et les confusions nous encombrent vraiment. Atteindre ce point paraît impossible. Et pourtant, c’est facile : il suffit. On ressent alors que la méditation n’est pas affaire de calme mais bien de liberté.

Tout devient pur et nu, lumineux et transparent. La lumière originelle irradie de votre squelette.

Éric Rommeluère dans S’asseoir tout simplement : L’art de la méditation zen

Une pièce musicale d’Eric Aron – Kalpa