Archives du tag ‘entrainement de l’esprit

Vider le réservoir émotionnel?   Leave a comment

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Dans l’esprit de nos contemporains, la façon la plus courante de traiter avec les émotions – tant sur un plan ordinaire que thérapeutique – est de croire que plus on exprime une émotion, plus on s’en libère. Si nous sommes coléreux, plus nous exprimons notre colère et plus nous croyons avoir habilement négocié avec cette colère. Pour finir, le réservoir émotionnel est censé tomber en panne sèche.

Certains, qui ont des problèmes de désir ou d’attachement, s’imaginent que réaliser ses désirs est le meilleur moyen de s’en affranchir. Pour quelqu’un qui n’a aucune idée des enseignements du Dharma, peut-être est-ce en effet la seule solution ; mais du point de vue du Dharma, c’est là une manière vraiment stupide de se conduire, car plus nous exprimons d’émotions, plus il y a d’émotions à exprimer. Plus nous exprimons une émotion particulière, et plus nous renforçons sa tendance à apparaître.

En s’abandonnant à l’émotion quand elle survient, nous l’amplifions, nous l’embellissons, la développons plutôt que nous ne l’épuisons. Le fait même que les émotions soient vacuité signifie qu’elles sont intarissables. Si l’esprit était quelque chose de solide, tangible, réel, il en découlerait que les émotions le seraient également, que nous pourrions les laisser s’extérioriser jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Mais l’esprit est par essence vide, et les émotions qui en surgissent le sont également et n’ont donc pas de limite. Elles peuvent être prolongées et développées autant que nous choisissons de le faire, car il n’y a pas de moyen d’épuiser cette émotivité. L’important est de percer à jour la nature de l’esprit afin de comprendre celle de l’émotion, plutôt que de considérer seulement son aspect superficiel.

Kalou Rimpotché, Instructions fondamentales

Deux chansons de Neil Young – Old Man et Heart Of Gold

Attention, je suis dans un corps à l’ouvrage   Leave a comment

Cerveau univers

La conscience a longtemps été conçue comme une entité immatérielle au-delà de notre corps. L’état des travaux de recherches en neuroscience démontre maintenant qu’au contraire, la conscience est le résultat d’opérations chimiques et électriques dans le cerveau.

Ainsi, même si nous avons la perception que notre esprit semble sortir de notre corps lorsque nous réfléchissons à des concepts abstraits par exemple en faisant de la méditation, donc le corps inerte, notre conscience émane de notre cerveau et chaque pensée correspond à une activité particulière en son sein.

Il en est de même pour l’inconscient, alors qu’encore là, le cerveau traite en sourdine une multitude d’informations en parallèle.

Développer uniquement le potentiel de nos activités cérébrales est à terme une limitation que nous nous imposons. Un corps sain dans un esprit sain est plus que jamais à prendre en considération.

La neuroscience est très instructive et nous permet de déboulonner des idées préconçues, notamment, selon Étienne Koechlin et Sylvain Charron, du Laboratoire de neurosciences cognitives de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), nous ne sommes pas capables de faire deux choses en même temps. Je m’excuse auprès de ceux qui en sont convaincus.

Ainsi, selon  Earl Miller, spécialiste en neurologie au Massachusetts Institute of Technology, travailler en mode multitâche demande plus d’énergie au cerveau que le mode monotâche et du coup augmente considérablement le risque de faire des erreurs. C’est pourquoi notamment texter et conduire une voiture n’est pas un bon plan.

La conscience est à développer par nous et en nous, à partir du potentiel de notre corps.  L’attention est la clé de nos résultats. Lorsque notre travail devient multitâche, il est encore plus important de développer l’attention par l’entraînement de l’esprit, afin de mieux travailler en séquences continues.

Alors,

je pense, donc je peux développer ma conscience.

Je suis dans mon corps.

Il est sain d’être sain.

Faire plusieurs choses à la fois permet de mieux créer des erreurs.

L’attention est à utiliser sans modération.

 

Une chanson de Yoav – One by one

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

 

Un parcours humain ou une course?   Leave a comment

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Nous vivons dans un monde ou l’essor de la maîtrise de la technique, du savoir-faire, a pris le pas sur le développement de soi et le savoir-être. Ce n’est pas mauvais, il faut juste en prendre conscience et être suffisamment attentif pour découvrir l’opportunité de synchronicité qu’offre cette époque.

Par exemple, vous ne trouverez jamais une technique infaillible pour apporter une aide optimale aux autres. Il n’y a pas de recette applicable à tous les besoins.

Toutefois, le savoir-faire et le savoir-être sont deux atouts importants.

L’aide dépend de la relation, et la relation dépend de notre équilibre. Aider, c’est avant tout s’accorder à l’autre, à partir de soi, à partir de cet instrument capable de produire une musique de compassion.

Bien sûr, la technique permet de mieux puiser dans notre énergie, mais l’aide est en premier lieu relation, un développement ensemble, c’est un parcours de vie et non une tâche.

De même, pour l’aide que l’on doit s’accorder à soi-même, quelle que soit la forme d’entraînement, en passant par la course à la méditation, lorsqu’il n’est pas uniquement dans un esprit de compétition, la maîtrise de la technique ou d’un ensemble de techniques est peu déterminante. L’enjeu est avant tout dans la façon d’être. L’entraînement devrait être un parcours personnel et non un dépassement de l’être. Une présence, et non une fuite. Une ouverture joyeuse.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Nos mains

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Sans saisir   Leave a comment

ImAGERosée

A chaque fois qu’une pensée s’élève, on s’attache, on la saisit, on dit : « c’est bien », « c’est mal », on rejette, on fait ceci, il y a toute une agitation à la suite de cela.

S’il n’y avait pas d’attachement, cette pensée s’élèverait mais elle n’aurait pas de caractéristiques, elle ne serait pas jugée bonne ou mauvaise, elle ne serait pas jugée à rejeter ou à saisir, elle ne serait pas perçue par un sujet.

Il n’y aurait donc qu’un mouvement incessant, créatif de l’esprit, sans obstruction. Le mouvement de saisie est un mouvement d’obstruction.

Rimpotché Guendune dans Les émotions

 

Une chanson de Sting interprétée avec  Eric Clapton – It’s Probably Me

Publié 22 juillet 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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L’émerveillement et les nuages   2 comments

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As-tu regardé le ciel aujourd’hui?

Il y avait de beaux nuages et lorsque nous prenions le temps de nous arrêter, il était possible de débusquer des formes d’animaux, quelques cœurs, des rivières, des montagnes et même des visages humains. As-tu vu ces scènes de la vie?

Non, j’ai bien vu les nuages, mais je n’ai rien vu de tout ce que tu me parles. Je regardais sans porter réellement attention aux choses.

Alors tu as manqué quelque chose de vraiment beau!

Es-tu certain que ces formes ont vraiment existé? Es-tu certain que ce n’est pas ton imagination qui a dessiné la vie?

Je suis encore tout rempli de ces images, et je peux te dire que je me suis même pincé pour m’assurer que je ne rêvais pas.

Tu as vécu quelque chose d’unique aujourd’hui que seul toi pourras porter.

Mais j’aurais tellement voulu que tu puisses vivre cela?

Je n’ai pas vu ce que tu as vu, je n’ai pas ressenti ce que tu as ressenti. Je ne portais pas vraiment attention, c’est pourquoi, je ne peux pas affirmer que j’aurais pu le voir. Nous voyons tous passer dans notre esprit des pensées, des images, des émotions et nous sommes capables parfois d’en contrôler le flux et d’en comprendre le sens. Ce que nous en exprimons n’est qu’une infime partie. Mais est-ce important?

Tu as raison.

Mon ami, sache que je ne doute pas de toi, et que je n’ai pas besoin de déformer tes visions pour t’apprécier, car c’est ton émerveillement qui me touche avant tout.

Tu viens tout juste de m’apprendre, par cet échange, que l’émerveillement a besoin d’attention pour se révéler et non le contraire.

Une chanson de Kansas – Dust in the wind

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À qui appartient le cadeau non accepté?   2 comments

Présent

Près de Tokyo vivait un grand samouraï, déjà âgé, qui se consacrait désormais à enseigner le bouddhisme Zen aux jeunes. Malgré son âge, on murmurait qu’il était encore capable d’affronter n’importe quel adversaire.

Un jour arriva un guerrier réputé pour son manque total de scrupules. Il était célèbre pour sa technique de provocation : il attendait que son adversaire fasse le premier mouvement et, doué d’une intelligence rare pour profiter des erreurs commises, il contre-attaquait avec la rapidité de l’éclair. Ce jeune et impatient guerrier n’avait jamais perdu un combat.

Comme il connaissait la réputation du samouraï, il était venu pour le vaincre et accroître sa gloire. Tous les étudiants étaient opposés à cette idée, mais le vieux Maître accepta le défi.

Il se réunirent tous sur une place de la ville et le jeune guerrier commença à insulter le vieux Maître. Il lui lança des pierres, lui cracha au visage, cria toutes les offenses connues – y compris à ses ancêtres. Pendant des heures, il fit tout pour le provoquer, mais le vieux resta impassible…

A la tombée de la nuit, se sentant épuisé et humilié, l’impétueux guerrier se retira. Dépités d’avoir vu le Maître accepter autant d’insultes et de provocations, les élèves questionnèrent le Maître :

– « Comment avez-vous pu supporter une telle indignité ? Pourquoi ne vous êtes-vous pas servi de votre épée, même sachant que vous alliez perdre le combat, au lieu d’exhiber votre lâcheté devant nous tous ? »

– « Si quelqu’un vous tend un cadeau et que vous ne l’acceptez pas, à qui appartient le cadeau ? » demanda le samouraï.

– « A celui qui a essayé de le donner », répondit un des disciples.

– « Cela vaut aussi pour l’envie, la rage et les insultes », dit le Maître. Lorsqu’elles ne sont pas acceptées, elles appartiennent toujours à celui qui le porte dans son cœur. »

Paolo Coelho

Une chanson de Francis Cabrel interprétée en duo avec Idir – La corrida

 

Le testament d’un sage   Leave a comment

Japon Kyoto Temple Kinkakuji

On pourrait dire que la méditation n’a besoin ni de raison ni de but.

Ainsi envisagée, elle se situe à l’opposé de toutes nos activités, excepté peut-être la danse et la musique.

Quand nous faisons de la musique, ce n’est pas pour atteindre un certain point, qui serait, par exemple, la fin du morceau. Si tel était le but de la musique, le meilleur exécutant serait évidemment le plus rapide.

Et quand nous dansons, nous ne nous déplaçons pas pour atteindre un certain endroit, un lieu donné, comme en voyage. Quand nous dansons, c’est le voyage même qui est le but; quand nous faisons de la musique, c’est la musique qui est à elle-même sa propre fin.

Il en est exactement de même pour ce qui est de la méditation.

La méditation est découverte que le but est déjà là, dans le moment présent.

 

L’envers du néant : Le testament d’un sage de Alan Watts

 

Une pièce musicale de Schola de l’Abbaye de Hauterive, Choeur des Ambrosiniens – Sanctus

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