Accueillir

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Voir vraiment l’autre et ne pas seulement le regarder, ou le laisser nous regarder. Voir et laisser s’échanger le silence, l’intimité et la pudeur de notre part cachée.

Les yeux sont les messagers de l’âme. Nous pouvons s’ouvrir ou se fermer à ces messages, et, soyons honnêtes, nous sommes en général ultra réservé et refermé.

Avec nos contacts qui nous sont proches, nous n’avons aucune difficulté à nous toucher, nous embrasser, nous étreindre affectueusement pour communiquer la joie de se revoir, d’être là ensemble.

Toutefois, il faut beaucoup de confiance pour se laisser observer droit dans les yeux par un nouveau venu, afin de s’accueillir lentement, en silence, plus que quelques secondes furtives, entendre ce que même les mots ne peuvent pas traduire, et qui sont vraiment le cœur de la communion avec l’autre.

Une chanson de Fred Pellerin- Silence

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Le reflet et la vision

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Il marchait dans la forêt non loin de chez lui d’un pas lent, la journée était calme et belle. Le soleil était chaud et lumineux et ses rayons projetaient une joie à regarder. Comme à son habitude, il s’était arrêté au bord du lac. Encore une fois, il avait découvert que même les gestes répétitifs n’étaient pas anodins, car ils finissaient toujours par dévoiler un autre aspect de la réalité.

Ce matin-là, il s’était penché vers le lac pour s’abreuver, et il a vu son reflet, puis en surexposition la profondeur de l’eau. Comme un refrain qui s’enlace aux neurones et qui habite tout l’espace auditif, le reflet du lac avait rempli son cerveau et il avait changé sa représentation qu’il se faisait de lui.

Il fixait le reflet de son visage et, grâce au léger mouvement de l’eau entrainant un jeu subtile de la lumière, par la profondeur du reflet et par le son de l’image, il prenait la mesure permettant de se découvrir dans une nature profonde. Il se voyait dans plus grand.

Puis, en revenant à la maison, il a été saisi par d’autres constats. S’il est vrai que nous recherchons des bribes de notre propre reflet tout au long de notre vie par le regard des autres, d’abord dans celui de nos parents, puis de nos amis et de nos amours, quel doux impact se voir directement? Dans notre intimité, nous recherchons la profondeur de ces reflets lors de la complicité des présents magiques où deux regards parallèles se renvoient mutuellement des images. Est-ce qu’après avoir réfléchit que commence la vraie aventure?

Il comprenait l’importance de viser l’harmonie et la profondeur dans les eaux du vivre ensemble afin de mieux voir le contenu des différentes subtilités que projettent les reflets. Il envisageait la possibilité de devenir plus qu’un projecteur d’images, mais l’essence profonde afin de rendre les nouveaux horizons possibles.

Une présence à l’autre, par amour, qui ne vise pas à prendre ou à durer. Une présence qui accueille une représentation du monde avec cœur et compassion, une vision différente et libérée des attaches que sont les attentes.

Ainsi, se dit-il, à la fin du jour, comme au terme des parcours de vies, quand bien même que ces doux reflets se seraient évanouis, cette nouvelle vision laisserait imprimer dans l’esprit des âmes sœurs plus qu’un beau souvenir. Elle laisserait imprimer la plus belle part de la vie.

Une chanson de Leonard Cohen interprétée avec Sharon Robinson ~ Here It Is

Les paroles sur https://greatsong.net/TRADUCTION-LEONARD-COHEN,HERE-IT-IS,54438.html

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Plus que la beauté, la présence

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Les marchands de rêves, les imposteurs réussissent à séduire bien des gens, et à les attirer, car ils ont ce don d’embellir la réalité.

Et pourtant, il suffit d’avoir été ensorcelé une fois pour saisir que même si la beauté existe, et qu’elle a beaucoup de formes, dans les faits elle ne dure pas.

C’est lorsque nous dépassons la quête de la beauté que nous pouvons voir la nature profonde de la vie, sans artifice et vraie. Elle est variée, elle se capte sans a priori, à des lieux de la perfection, et si près de ce que nous sommes vraiment.

La personne affranchie de la quête de la beauté est celle qui voit en tout trait l’humain par-delà le maquillage et les beaux habits. Puis, elle se rend disponible à apprécier les changements qu’opère le temps comme on apprécie le spectacle des saisons qui refaçonne nos milieux de vie.

Alors, les notions de beauté et de laideur deviennent des mots qui ne justifient plus une présence ou une absence.

Une chanson de Yoav – Adore Adore

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/292287.html

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La vision du temps avec Enzo

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Il était une fois et la fois d’après, un homme curieux. Il refusait de laisser son esprit se faire emprisonner dans des rapports de force. Il n’aimait particulièrement pas les débats ou l’on doit choisir entre une chose ou son contraire. Cette forme de regard dualiste le rendait triste.

Pour lui, tout était une question de perspective et d’adaptation. Par exemple, il aimait rappeler que lorsqu’il était dans un pays d’Orient, le soleil se couche à ses yeux sur l’Occident qui représentait l’aube d’un Nouveau Monde. Cette position sur la Terre faisait en sorte que la conception du monde reposait sur le fil de l’histoire.

Toutefois, lorsqu’il est en Occident, le soleil se couche vers l’Orient ou l’aube nous permet d’émerger de la nuit des temps.

Il aimait rappeler que chaque coucher de soleil n’est jamais une fin en soi, et l’aube n’est jamais un début en soi. La fin des attentes ou le début de nouveaux espoirs n’étaient à ses yeux que des fabrications de l’esprit humain.

Il aimait poser la question : quelle est la meilleure part de la vie d’un humain? Avec un grand rire, il aimait rappeler que c’est chaque fois que l’on aime vraiment.

Pour Enzo, il sera toujours une fois, et une fois encore et une fois encore. Tout passe, la vie glisse partout, il n’y a pas de vide, seulement des absences.

Une pièce musicale de Shakti – Two sister

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Une présence à la vie

Bouddhas

Un maître zen prenait de l’eau dans un puits quand un visiteur qui avait fait un long voyage lui demanda, « Où puis-je trouver le maître de ce monastère ? » Il pensait que cet homme qui prenait de l’eau au puits n’était qu’un serviteur, un bouddha ne ferait pas cela, un bouddha ne nettoie pas le parquet !

Le maître éclata de rire et dit, « Je suis la personne que vous cherchez. »

L’admirateur ne pouvait pas y croire. « J’ai beaucoup entendu parler de vous, mais je ne peux pas concevoir que c’est vous qui allez chercher l’eau au puits. »

Le maître répondit, « Mais, c’est ce que je faisais avant l’illumination. Transporter l’eau, couper du bois, c’est ce que j’ai toujours fait et c’est pourquoi je continue. Je sais bien faire ce travail. Venez avec moi, je vais aller maintenant couper du bois, venez me regarder ! » « Quelle est alors la différence ? Avant l’illumination, vous faisiez ces deux tâches, après l’illumination, vous faites encore les deux mêmes choses. Qu’est-ce qui a changé ?

Le maître riait. « La différence est à l’intérieur. Avant, je faisais les choses dans un état de sommeil. Maintenant, je les fais avec conscience, c’est la seule différence. Les activités sont les mêmes mais je ne suis pas le même. Le monde est le même, mais je ne suis pas le même. Et parce que je ne suis plus le même, pour moi, le monde aussi n’est plus le même.

Osho dans Être en pleine conscience : Une présence à la vie

Une pièce musicale de Deuter – Loving Touch

 

Être là

ImAGEMatin champs de fleurs

Elle était couchée sur l’herbe, et lui était bien heureux d’être si près d’elle.

Elle lui demanda de regarder le passage des nuages dans le ciel. Elle lui montra les différentes formes qu’elle voyait et imaginait un dragon qui lentement s’est transformé en un oiseau et enfin en une croisée de chemin. Elle lui dit qu’elle se sentait comme ces nuages, sans forme fixe.

Elle regardant son ami dans les yeux et gardant le silence quelques instants.

Il lui dit alors que lui aussi avait ce sentiment que rien ne se fixe à jamais. Que cet instant qu’ils vivent ensemble n’arrive qu’en ce moment, il peut y en avoir d’autres pareils, mais ce sera peine perdue.  La magie est en ce moment.

Il lui raconta qu’à toutes les fois qu’il réalise un rêve, un projet, une épreuve, un moment magique, il vivait la satisfaction.  Bien sûr, il y a eu les efforts, oui cela entrainait souvent de la fatigue, mais le but était atteint. Et lentement s’effaçait la satisfaction et le désir de relever un autre défi, de faire une autre découverte l’animait. Chaque fois qu’il tentait de refaire le même trajet ou le même projet, il mesurait la perte d’intérêt, la perte d’intensité. Pour lui aussi, le moi changeait constamment comme les nuages et il avait besoin de traverser de nouveaux horizons.

Elle se colla contre lui. En effet, ils venaient tous les deux de mesurer l’importance d’être là, ensemble.

Une pièce musicale de Beethoven – 6th Symphony – Pastoral

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Une simple avancée quotidienne

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Ce qui est simple et accessible est la voie que nous devons poursuivre.  La réalisation de soi peut et doit se réaliser par des choses concrètes, souvent simples et avant tout faisables.  Il faut se méfier de la complexité et de la performance pour atteindre un état.

Par exemple, agir avec compassion ne nécessite pas que nous devions faire passer les autres avant soi-même et devenir l’esclave de la souffrance. On ne vit pas avec compassion en utilisant le mot amour à toutes les sauces et en parlant du cosmos comme un vieux pote. Pour vivre une compassion qui nourrit, il faut avant tout une ouverture à l’autre, une capacité d’écoute et d’attention, avoir cette capacité de ne pas tout faire uniquement pour soi et se décentrer de soi-même.

Une quête personnelle ou spirituelle doit avoir du sens au quotidien, doit s’incarner dans notre vie de tous les jours.  Ce n’est pas un habit du dimanche que l’on porte pour un événement ponctuel.

Lorsque l’on vous propose de changer radicalement votre mode de vie, de défrayer des coûts importants et de maitriser une technique complexe pour vous réaliser, il est bon de s’interroger sur la pertinence de devenir une autre personne.

Pour découvrir le monde que j’habite, il n’y a rien de mieux que de simples avancées quotidiennes.

Une chanson de Richard Séguin – Le quotidien

Les paroles sur http://laboiteauxparoles.com/titre/2602/richard-seguin-quotidien

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