Le souriant

Il avait ce sourire paisible qui parfois semait l’envie. Il était simple d’approche, mais il suscitait bon nombre de questions.

Si on lui demandait s’il croyait à un dieu, il pouvait simplement répondre qu’il voyait toujours quelque chose de bon dans la foi, tout comme d’ailleurs dans le doute méthodique. La vraie différence est dans l’esprit qui le porte et, dans l’intention. À ses yeux, les contraires par nature n’étaient pas source de conflits, le danger provenait de ce que l’on pouvait en faire.

Si on lui demandait ce qu’il pensait des gens autour de lui, il pouvait vous partager ce genre de réflexion à l’effet qu’il serait amusant de voir tous ces gens lire dans les pensées des uns des autres. Il ne croyait pas que ceux-ci se rebuteraient, bien au contraire, ils verraient tant de fragilité, de besoin d’amour et d’attention, que probablement, il émergerait une meilleure compréhension et acceptation de l’autre.

Je vous raconte cela car il m’a permis d’apporter plus d’attention à ce qui se cache derrière les mots, et d’être plus à l’écoute des soupirs et des silences.

Il m’a fait prendre conscience que ce monde qui promeut la production de l’abondance illimitée n’est qu’un simple spectacle de divertissement à des lieux de la plénitude de deux cœurs souriants qui se touchent et qui, en fermant les yeux, embrassent la vie.

Une pièce musicale d’Olivier Messiaen: Un Sourire

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La clé

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Si je te donne la clé, que vas-tu faire avec? Vas-tu simplement la mettre dans un tiroir et continuer les activités de ta journée?

Je sais que certains qui recevraient une clé se mettraient à la recherche de la serrure qui lui est destiné.  Tout dépendant de l’endroit où se retrouve la personne qui entamerait la quête de trouver la bonne serrure, la quête sera plus ou moins longue. Nous n’avons pas tous le même point de départ pour effectuer le parcours, c’est la loi de la diversité.

Que faire par la suite avec cette porte?

Ils y en ont qui perçoivent une clé comme ce qui permet de fermer, un peu comme son ancêtre le clou passé dans un anneau. L’idée est de clore quelque chose, d’assurer une fermeture.

Ils y en ont qui perçoivent une clé comme ce qui permet d’ouvrir, un peu comme le fait le vent. L’idée est de faire permettre d’ouvrir des perspectives.

Comme quoi, bien que nous ayons eu la chance de rencontrer l’autre pour recevoir une clé, il n’est pas certain que nous sachions quoi en faire. Et si nous entamons une quête pour l’utiliser, nous ne partons pas des mêmes conditions, et surtout, il n’est pas acquis en raison de notre façon de voir les choses que nous saurons nous en servir avec ouverture ou avec fermeture pour contribuer à notre histoire personnelle.

Une chanson de Patricia Kaas – La clé

Les paroles sur https://greatsong.net/PAROLES-PATRICIA-KAAS,LA-CLE,172255.html

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Voyage vers soi

Toi l’inconnu qui demeure dans l’autre part du monde, j’imagine te rencontrer par hasard, à l’intersection de nos vies.  J’imagine découvrir, malgré notre diversité, nos ressemblances et nos affinités. Un jour, je partirai en voyage parcourir le monde en tentant de me rapprocher le plus possible de toi.

Ce voyage sera l’avènement de la reconnaissance de notre part d’humanité, celle qui nous amène à franchir les frontières érigées en soi. Bien des jours vont se dérouler, il s’agira d’un très long périple où je vivrai parfois dans la lente moiteur d’un après-midi où le soleil tape, dans le rythme effréné du matin pour rejoindre la gare. Je vivrai des expériences complètement nouvelles, des personnes autour de moi parleront une langue dont je ne décoderai que la salutation du passant. Je vais surement découvrir des villages et des villes dont je ne savais même pas le nom et des paysages que mon enfance n’a pas parcourus ni même imaginé.

Tout en faisant attention pour me protéger, je deviendrai plus attentif à tout et nécessairement aux gens que je rencontrerai. Je deviendrai plus accessible à l’humain. Je vais bio-diversifier mes valeurs et ma représentation du monde grâce à tous ces chemins parcourus, et laisser l’identité des pays s’effacer sur les plaques du temps.

Et par hasard, quand je te rencontrerai à l’intersection de nos vies, nous, deux voyageurs trottinant, aurons expiré une bonne part de notre ignorance, le souffle coupé de joie, nous ferons l’étreinte de notre gratitude en emportant notre vie restante le souvenir de ce voyage vers soi.

Une chanson de Playing For Change Song Around the World – United

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Lettre pour toi

Pouvoir des mots

Je me nomme Daniel. Je t’écris pour te rejoindre, te toucher en m’inspirant de ce chant de Jacques Brel, « je t’inventerai des mots insensés que tu comprendras… »

Je t’écris pour s’accueillir dans un espace qui s’offre à nous.

Je t’écris, car j’ai décidé de créer l’avènement d’une terre plus humaine, où la joie n’est pas suspecte, où le respect n’a pas pour but de bien paraître, mais à bien être.

Je t’écris, car je suis reconnaissant envers cette vie qui permet tant de découvertes, et tout comme toi, j’ai appris que nos différences s’illuminent par l’accueil de l’autre, par l’étreinte, le toucher, tant du corps que tu cœur.

Je t’écris pour alimenter nos qualités et nos dons.

Je t’écris comme un être partageant sa paix avec compassion.

Je t’écris pour illustrer qu’il y a une grande variété de gestes à poser pour apposer un discours alternatif aux actes de haine.

Je t’écris pour ajouter aux différentes initiatives en cours permettant ainsi de tisser les liens soutenant le devenir des personnes humaines libres et non violentes, elles-mêmes sources de gestes tangibles d’amour et vrai.

Je t’écris pour s’accueillir dans notre singularité, dans notre diversité, dans notre richesse collective par nos différences et te dire que le mouvement est irréversible, malgré ce que les violents en disent.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman interprétée par Zaz – Si

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/880751-zaz-si.html

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La distance de fuite pour le bonheur

J’ai cessé de faire ce qu’on me demandait, chercher le bonheur et lui donner la forme de nos désirs. Bien que souvent le désir soit répondu, la quête du bonheur demeure un échec.

On cherche ce que nous avons perdu ou ce que nous désirons, et cette recherche amène de l’activité, beaucoup d’agitation, beaucoup de tentatives, d’essais et erreurs, beaucoup de questions, et malheureusement, peu d’état de paix durable.

Il est intéressant de prendre conscience que la vie est soumise à certains principes, j’aimerais en soulever trois.

D’une part, la distance de la fuite. Ce concept provient de l’étude des animaux. Ici la distance désigne l’espace protecteur que l’animal a besoin de garder en prenant en considération que sa défense est la vitesse de sa course. Pour nous les humains, nous parlons de notre bulle, cette distance relative. Lors de nos rencontres avec l’autre, il faut minimalement s’arrêter, réduire ses défenses et ses peurs et accepter le contact. Le principe de la distance de la fuite permet de mesurer la peur.

Il y a aussi le principe des couples opposés qui est omniprésent autour de nous, à tous les niveaux, et qui apporte une perspective pour appréhender l’équilibre de toute chose et leur globalité. Accueillir l’autre, surtout quand il n’est pas semblable est le fondement de la vie. Rechercher le bonheur va nous amener à vivre des souffrances. Chercher la vérité va nous amener à mesurer notre ignorance. Vouloir aimer en possédant amène à quitter en haïssant. Le principe des couples opposées permet de passer à l’action.

Enfin, il y a le principe de l’acceptation inconditionnelle.  Tout est changement, tout passe. Apprendre à lâcher prise et à changer de perspective, permet de composer avec les contraires et de s’élever par-delà afin d’accueillir le souffle du présent.

Ce changement de perspective ne fait pas disparaître le malheur ou le bonheur, bien au contraire, mais il amène à vivre l’existence pleinement, sans les artifices et les paradis artificiels.

Ce n’est pas le bonheur ou le malheur qui pose problème, mais ce mouvement de la pensée duelle qui devient envahissant et omniprésent et qui assaille le corps qui le porte afin d’emmurer son âme vivante.

Cette agitation de l’esprit duelle fait en sorte que toute l’importance est mise sur le mouvement des vagues au lieu de percevoir la fluidité et la beauté de la mer. Il ne s’agit pas de faire disparaître les vagues, bien au contraire, d’ailleurs c’est tellement agréable, mais juste d’en ressentir l’énergie illimitée et l’interdépendance qui en découle.

Le principe de l’acceptation inconditionnelle permet juste de vivre pleinement, sans plus, sans maintenir une distance de fuite pour le bonheur.

Une chansoin interprétée par Jane Birkin – Fuir le bonheur

Les paroles de https://www.paroles.net/jane-birkin/paroles-fuir-le-bonheur-de-peur-qu-il-ne-se-sauve

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Vivre et repenser sa vie… constamment

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Nous sommes ce que nous pensons. Même si nous nous mentons et que nos dires et nos actes ne vont pas tout à fait dans le même sens, ce que nous pensons fini toujours par nous modeler. L’enlignement de cohérence entre ce que nous pensons, nous disons et ce que nous faisons est une tension continue qui finit par faire son œuvre.

Dans cette perspective, il est plus facile de comprendre les personnes qui se cherchent une vision du monde à partir d’une pensée unique. Que ce soit dans l’espace spirituel, religieux, politique ou des mouvements sociaux, ils se simplifient la vie pour maintenir l’enlignement de cohérence. Le champ des possibilités du discours ou des comportements sont ainsi réduit.

Il y a pourtant de grands moments d’émerveillement et de dépassements dans l’expérience de l’ouverture, de l’acceptation de la diversité et des doutes qui en découlent, du questionnement des faits et de la curiosité d’explorer ce qui se trouve de l’autre côté de la frontière de l’ordre établit.

Si les actions ont un pouvoir déterminant, si les mots ont cette une capacité de changer les choses, notre façon de penser, de construire notre représentation du monde, est déterminante pour notre devenir.

Ultimement, il n’y a pas de disciple ou de maître, il y a ce que nous en acceptons et ce que nous poursuivons.

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Une chanson de Daniel Bélanger – Il y a tant à faire

Les paroles sur https://genius.com/Daniel-belanger-il-y-a-tant-a-faire-lyrics

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Petite philosophie de la passion amoureuse

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La jalousie est une épreuve solitaire. Pareille à un poisson qui n’envenimerait qu’un corps à la fois, elle naît de l’angoisse de la liberté de l’autre. L’imagination est la pire servante de l’âme jalouse. Elle peut hanter l’esprit comme un méchant fantôme, rendre le monde pesant, frapper ses propres amis de soupçons. La jalousie n’a pas besoin de raisons pour exister : elle les fait naître. Ce n’est pas « à cause de » que l’on devient jaloux, mais inversement, la jalousie donne sous le jour à toutes ses prétendues « raisons d’être » La jalousie est si puissante qu’elle met l’imagination à son service.

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C’est l’absence de confiance en soi qui fait naître la jalousie. Douter de l’autre, c’est ne plus croire en ses chances de renverser les choses, c’est accepter la trahison de l’autre, imaginaire ou réelle comme un destin.

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La confiance en soi, c’est comme un petit ménage que l’esprit doit faire au quotidien. C’est ce qui donne la force de parler à l’autre de ses premières inquiétudes, de « réfléchir » au sens fort, de mettre tout à distance, à commencer par soi-même. La vraie pensée, non pas le fait de ruminer, dépasse ainsi la solitude.

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Il faut réapprendre la simplicité d’éprouver la joie de donner son amour, qui l’emporte en puissance sur le plaisir de recevoir.

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La sincérité naît de l’accord entre ce que l’on dit et ce que l’on pense.

André Guigot dans Petite philosophie de la passion amoureuse

 

Une pièce musicale de Peter Gabriel – The Book of Love

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/270392.html