Bon jour

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Imagine l’instant qui se prolonge, prenant de l’ampleur, enveloppant tout ton être tel une immersion dans la mer. Imagine que ce n’est pas l’eau, mais la lumière qui t’englobe, et qu’elle te permet de mettre à jour le monde qui était caché par les ombres, révélant des formes et des matières qui sommeillaient dans la non-reconnaissance.

Imagine que tu t’éveilles à des clartés par les jeux de lumière qui te prolonge plus loin en toi, tout en restant dans une perspective d’un monde extérieur, comme si la frontière du dedans et du dehors s’était évaporée. Tu ne peux concevoir, ni même imaginer cette grande unité qui se présente, car c’est réellement un instantané. Il n’y a plus besoin de définir un équilibre entre l’âme et le réel.

Une sensation de plénitude, de paix et de joie te traverse. Tout ce que tu regardes n’est que lumière projetant un grand horizon de par ton corps, rien est différent, tout est singulier. Tout ce qui existe est un reflet de cette lumière.

Serein, tu vis ce lever d’instant de vie qui t’a permis de sortir d’un autre sommeil.

Bon jour

Une chanson de Santana et de Everlast – Put Your Lights On

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/247151.html

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Sans temps, ou 100 ans

Musique de la terre

Elle aimait les périodes de sa vie ou elle avait à passer des examens. C’était pour elle le délice ultime. Se concentrer sur une tâche, s’y engager pleinement et bien qu’il y eut une limite de temps défini pour la réaliser, elle prenait un malin plaisir à s’y échapper. Être sans temps.

Encore aujourd’hui, elle apprécie la vie tout en essayant de s’élever au-dessus du temps. Elle aimait voir ses étudiants en archéologie parcourir chacune des étapes de leur apprentissage, car elle le savait, une fois leur diplôme terminé, ils réserveront leur avenir aux découvertes du passé.

Pour développer leurs savoirs, les humains peuvent revêtir différents costumes, celui de l’historien, celui du scientifique, celui de l’artiste, celui du philosophe ou du cuisinier. Et chacun, peu importe leur rôle, devait faire, au début de leur cheminement, ce chemin en sens inverse qu’avait suivi l’histoire.

Elle savait qu’il fallait prendre une certaine distance avec le concept de temps. Cette perspective lui permettait d’utiliser cette force lumineuse qu’apporte le passé, qui nous permet de voir l’ensemble des ramifications à mesure qu’il s’éloigne du présent.

Elle aimait rappeler que si nous étions présents au début des temps avec les premiers humains, nous ne saurions même pas comment nommer cet épisode. N’étant pas capables de savoir leur origine qu’ils vivaient en temps direct en quelque sorte, ils en parlaient, ils le chantaient, ils tentaient de donner des mots à l’insolite et ils le racontaient au fur et à mesure. Ce n’est qu’en remontant le fil de l’histoire que nous avons trouvé le récit fabuleux de cette mythologie de notre origine.

Aujourd’hui, on lui donnerait 100 ans, et elle sourit encore et toujours, car elle en apprend encore tellement sur sa jeunesse.

Une chanson de Beyries – J’aurai cent ans

Les paroles sur https://www.paroles.net/beyries/paroles-j-aurai-cent-ans

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Conte d’une grand-mère

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La matière est la matière, répondit la fée Poussière, elle est toujours logique dans ses opérations. L’esprit humain ne l’est pas et tu en es la preuve, toi qui te nourris de charmants oiseaux et d’une foule de créatures plus belles et plus intelligentes que celles-ci. Est-ce à moi de t’apprendre qu’il n’y a point de production possible sans destruction permanente, et veux-tu renverser l’ordre de la nature ?

– Oui, je le voudrais, je voudrais que tout fût bien, dès le premier jour. Si la nature est une grande fée, elle pouvait bien se passer de tous ces essais abominables, et faire un monde où nous serions des anges, vivant par l’esprit, au sein d’une création immuable et toujours belle.

– La grande fée Nature a de plus hautes visées, répondit dame Poussière. Elle ne prétend pas s’arrêter aux choses que tu connais. Elle travaille et invente toujours. Pour elle, qui ne connaît pas la suspension de la vie, le repos serait la mort. Si les choses ne changeaient pas, l’œuvre du roi des génies serait terminée et ce roi, qui est l’activité incessante et suprême, finirait avec son œuvre. Le monde où tu vis et où tu vas retourner tout à l’heure quand ta vision du passé se dissipera, ce monde de l’homme que tu crois meilleur que celui des animaux anciens, ce monde dont tu n’es pourtant pas satisfait, puisque tu voudrais y vivre éternellement à l’état de pur esprit, cette pauvre planète encore enfant, est destinée à se transformer indéfiniment. L’avenir fera de vous tous et de vous toutes, faibles créatures humaines, des fées et des génies qui possèderont la science, la raison et la bonté ; vois ce que je te fais voir, et sache que ces premières ébauches de la vie résumée dans l’instinct sont plus près de toi que tu ne l’es de ce que sera, un jour, le règne de l’esprit sur la terre que tu habites. Les occupants de ce monde futur seront alors en droit de te mépriser aussi profondément que tu méprises aujourd’hui le monde des grands sauriens.

– À la bonne heure, répondis-je, si tout ce que je vois du passé doit me faire aimer l’avenir, continuons à voir du nouveau.

Et surtout, reprit la fée, ne le méprisons pas trop, ce passé, afin de ne pas commettre l’ingratitude de mépriser le présent…

Georges Sand dans Contes d’une grand-mère

Une pièce musicale de Bill Frisell – You Are My Sunshine

Paraboles

ImAGE Chemin des livres

Parabole

Un voyageur rencontra un tigre et s’enfuit, le tigre à ses trousses. Arrivé au bord d’un précipice, l’homme y sauta en s’accrochant à une liane et resta suspendu dans le vide, le tigre reniflant au-dessus de lui. Tout tremblant, l’homme regarda sous lui et vit qu’un autre tigre le guettait au fond du ravin.

Deux souris — une blanche, et une noire — se mirent à ronger la liane à laquelle il était suspendu. L’homme vit alors près de sa tête une appétissante fraise sauvage. Ne tenant plus la liane que d’une main, il cueillit la fraise de l’autre et la mangea. Que son goût était délicieux !

 *

Ni eau, ni lune

La nonne Chiyono étudiait le Zen depuis longtemps sous la conduite de Bukka d’Engaku, mais elle se révélait incapable d’atteindre les fruits de la méditation.

Une nuit où la lune brillait, elle transportait de l’eau dans un vieux seau rafistolé avec du bambou tressé. Le bambou se rompit, le fond du seau céda — et à cet instant précis Chiyono se sentit libre.

En souvenir de cet instant, elle écrivit ce poème :

J’avais essayé de réparer le vieux seau

mais la tresse de bambou était fragile et près de se rompre,

en sorte que le fond du seau tomba.

Il n’y eut plus d’eau dans le seau

ni de lune dans l’eau !

Paul Reps dans le Zen en chair et en os

Une pièce musicale de Danit – Presencia

 

Être à soi

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J’ai longtemps cherché la richesse, et pourtant, elle résidait dans ma capacité de donner.

Je me suis oublié pour être aimé des gens, et pourtant, tant que je n’ai pas su m’accepter, l’amour ne pouvait s’enraciner.

J’ai désiré découvrir la beauté en visitant tant de lieux, et pourtant, la capacité d’émerveillement émanait d’un temple en moi.

J’ai expérimenté bien des techniques de méditation et pourtant, en lâchant prise, la conscience et l’attention me cultivent maintenant au quotidien.

J’ai tenté de me libérer de mes chaînes, et pourtant, en geôlier, j’avais oublié le non-attachement.

J’ai recherché par tant de détours le pouvoir et pourtant, la bonté m’a fait comprendre la futilité de vouloir contrôler les autres.

J’ai beaucoup lu pour développer mes capacités, et pourtant, les expériences ont développé des connaissances que je n’aurais pas soupçonnées.

J’ai fait tant de représentations pour être reconnu, et pourtant, une simple présence qui rayonne est souvent porteuse d’humilité.

J’ai attendu patiemment le bonheur, et pourtant, il naît dans l’action harmonieuse et consciente envers les autres.

Une chanson de ZAZ – Qué vendrá

Les paroles sur https://greatsong.net/paroles-que-vendra-zaz

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L’éternel instant éphémère

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Puisque tout passe, puisque tout est appelé à changer, il est bon de se poser la question de l’intérêt de se battre contre le temps. Au lieu de tenter de préserver un état le plus longtemps possible, ne serait-il pas mieux de tenter de nous attarder à la quête des plaisirs et bonheurs au lieu de leurs objets?

Il n’y a pas de plaisirs éternels, d’ailleurs il en est de même pour les malheurs. Les plaisirs et malheurs ne s’usent pas, ils sont là et se renouvellent d’événement en événement.

Seuls ceux qui tentent de les fuir et de les éviter en vivent une intensité plus forte.  Ceux qui ne s’attachent pas à la présence des plaisirs et des malheurs ni à leurs objets ressentent une plus grande paix.

Je ne dis pas que ce n’est pas possible de vivre une relation très longue avec une personne, je dis seulement que pour que celle-ci ait du sens, il faut qu’elle se renouvelle et change régulièrement.

Car, la seule façon que je connaisse pour vivre une durée significative en termes de sens, c’est de revenir à l’instant. Cet instant éphémère, qui pousse au changement, qui amène l’émerveillement et la gratitude, et qui nous oblige à percevoir notre vie qui se crée.

Une chanson de Peter Gabriel – Make Tomorrow

Les paroles sur http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/4533589/peter-gabriel/paroles-et-traduction-make-tomorrow/

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Les fruits de la passion

Boutique rêves

Pourquoi devons-nous être présents alors que manifestement nous existons? Quel subterfuge se cache derrière ces mots?

On peut avoir l’impression que le fait de trouver de beaux mots, de s’exprimer de façon positive devrait suffire. Et pourtant, être vrai est plus important que de faire simple ou positif.

Être présent demande plus que de la présence physique, car cela appelle à nous assumer, à délaisser l’emprise sur nous de toutes sortes de conceptions toutes faites, de préjugés et de peurs liées notamment à nos ruminations

C’est en quelque sorte, s’appuyer sur notre singularité, sur ce qui nous constitue, certains parlent de notre propre nature, et d’en être conscient une bonne partie de la journée.

Comment apprécier que nous soyons sur la bonne voie en ce qui nous concerne et non pas sur la voie des autres? Faites une pause dans votre journée. Prenez le temps d’apprécier ce que vous avez réalisé depuis votre lever. Tracer un bilan de l’importance de vos énergies que vous avez consacrées à faire puis à être. C’est en identifiant l’état d’esprit et l’émotion derrière chacune de ces actions que vous pourrez apprécier ce qui vous motive. Est-ce que vous faites ces actions pour éviter une réprimande, pour éviter de ne pas être apprécié, en faite pour éviter les différentes formes de nos peurs? Ou vos actions sont réalisées afin d’être mieux, c’est-à-dire pour se permettre de se réaliser, de vivre une passion qui nous nourrit et nourrit les autres?

Être présent, c’est prendre conscience de la passion d’être.

Une chanson de Fiori Séguin – La moitié du monde

Les paroles sur https://www.boiteachansons.net/Partitions/Fiori-Seguin/La-moitie-du-monde.php

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