L’éternel instant éphémère

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Puisque tout passe, puisque tout est appelé à changer, il est bon de se poser la question de l’intérêt de se battre contre le temps. Au lieu de tenter de préserver un état le plus longtemps possible, ne serait-il pas mieux de tenter de nous attarder à la quête des plaisirs et bonheurs au lieu de leurs objets?

Il n’y a pas de plaisirs éternels, d’ailleurs il en est de même pour les malheurs. Les plaisirs et malheurs ne s’usent pas, ils sont là et se renouvellent d’événement en événement.

Seuls ceux qui tentent de les fuir et de les éviter en vivent une intensité plus forte.  Ceux qui ne s’attachent pas à la présence des plaisirs et des malheurs ni à leurs objets ressentent une plus grande paix.

Je ne dis pas que ce n’est pas possible de vivre une relation très longue avec une personne, je dis seulement que pour que celle-ci ait du sens, il faut qu’elle se renouvelle et change régulièrement.

Car, la seule façon que je connaisse pour vivre une durée significative en termes de sens, c’est de revenir à l’instant. Cet instant éphémère, qui pousse au changement, qui amène l’émerveillement et la gratitude, et qui nous oblige à percevoir notre vie qui se crée.

Une chanson de Peter Gabriel – Make Tomorrow

Les paroles sur http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/4533589/peter-gabriel/paroles-et-traduction-make-tomorrow/

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Être heureux ou amoureux

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Pour qui a souffert et a aussi découvert le bonheur, il est une vérité qui nous traverse le corps, l’amour n’est pas là pour nous rendre heureux.

L’amour n’est pas une récompense, l’amour n’est pas une oasis sur laquelle nous pouvons faire une pause de notre vie.

L’amour est l’union des âmes qui décident de s’accepter, de s’accompagner sans se contraindre, de se laisser changer pour devenir meilleur et avant tout différent de ce que nous avions envisagé. L’amour peut nous faire dépasser nos valeurs et nous affranchir des limites de notre intimité afin de murir à notre humanité.

L’amour n’est pas le partage de plaisirs, ni le refus des douleurs. L’amour est cette voie vivante et sans chemin qui change la perception du temps et de l’espace, abolissant les attentes et les distances, pour nous unir à ce qui est, et à tout ce qui vit.

Une chanson de Katie Melua – I Will Be There

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/869489.html

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Après la peur

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J’ai découvert la vie éternelle

dans l’acceptation de la mort au quotidien.

 

La joie divine est dans ces petits

bonheurs de rien du tout.

 

Les paroles les plus précieuses

ont muri dans le silence.

 

Il n’y a pas de paradis plus vaste

que celui d’un cœur aidant et aimant.

 

Le plus grand art est une œuvre

au service de l’autre.

 

L’ange le plus précieux est cette personne

qui nous apprend à recevoir.

 

L’ouvrage le plus durable

est la bienveillance portée envers les autres.

 

La clarté intérieure n’est pas le fruit d’une sagesse

mais d’une ouverture.

 

La plus petite ouverture que nous faisons

permet à la conscience d’entrer.

 

La vie n’a pas besoin d’être parfaite,

seulement à la mesure du rêve de l’humain.

 

La plus grande foi n‘émerge pas de la croyance,

 mais de l’acceptation.

Après la peur.

 

Une chanson de Gilles Vigneault interprétée par Fred Pellerin – Le grand cerf-volant

Les paroles sur http://laboiteauxparoles.com/titre/82870/le-grand-cerf-volant

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Voyage du Tailleur de pierre

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Un tailleur de pierre fort habile vivait au pied d’une montagne. Il avait le don pour choisir les meilleurs blocs de la carrière, les extraire en un tour de main, les tailler avec adresse. La maîtrise de son art lui valut une belle réputation qui fut colportée jusqu’au chef-lieu du canton. Un riche commerçant le fit venir pour lui commander des marches de grès rose afin de remplacer son vieil escalier de bois vermoulu. Pendant son travail, le tailleur eut tout le loisir d’apprécier la splendide demeure du bourgeois, ses meubles de bois précieux, ses mets plantureux, ses nombreux serviteurs, sa femme et sa concubine, pomponnées dans leurs robes de soie. Quand l’artisan rentra chez lui, le contraste fut si saisissant qu’il en eut du vague à l’âme. Malgré son talent, il s’éreintait pour parvenir tout juste à nourrir sa nombreuse descendance. Il était condamné à vivre dans une masure étroite et enfumée, à manger du gruau de riz en compagnie de sa femme mal fagotée, au milieu de leur bruyante marmaille. Jamais il n’aurait la belle vie du bourgeois!

Le lendemain, le tailleur de pierre partit pour la montagne. N’ayant plus le cœur à l’ouvrage, il quitta le sentier qui conduisait à la carrière et grimpa celui qui menait à la cabane de bambou d’un taoïste. Le vieil anachorète, que l’on disait immortel et magicien, lui servit une tisane douce-amère et lui demanda quel tourment l’avait conduit jusqu’à sa modeste retraite. L’artisan lui conta sa visite chez le bourgeois et, à la fin, se lamenta sur son sort.

– Qui a perçu l’illusion de ce monde mouvant, répondit le sage, qui s’est ouvert au Tao, ne voudrait pas échanger sa hutte contre un palais. Mais comment renoncer à ce qu’on ne connaît pas ? Et le vieillard esquissa de la main une manière d’idéogramme, tout en murmurant quelques mots impénétrables. Le tailleur de pierre se retrouva aussitôt à la place du riche commerçant, dans sa somptueuse maison ornée d’un nouvel escalier de grès rose ! Il ne se posa pas plus de questions et se hâta de croquer à pleines dents cette vie opulente et douillette.

Quelques jours après, alors qu’il flânait dans la rue principale de la bourgade, le tailleur vit la foule s’écarter pour laisser passer un cortège. C’était le préfet en tournée d’inspection, confortablement installé dans un palanquin doré, entouré de ses laquais et de ses gardes rutilants. L’homme des montagnes, tout ébahi, resta au milieu du passage à contempler le spectacle, obligeant ainsi la procession à s’arrêter. Les gardes se ruèrent sur lui et présentèrent au mandarin le fâcheux qui avait eu l’outrecuidance d’arrêter son palanquin. Le dignitaire, furibond, le condamna à recevoir cent coups de bâton et à payer cent taels d’argent. On n’outrage pas impunément le représentant du Fils du Ciel !

Notre tailleur de pierre regretta de ne pas avoir souhaité plutôt être préfêt… et il se retrouva aussitôt dans le palanquin doré! Quand il découvrit le palais du mandarin, le tailleur de pierre n’en crut pas ses yeux. Bois laqués, statuettes de jade et d’ivoire, mets raffinés, concubines envoûtantes dans leurs délicates robes de satin, tout ce luxe lui faisait tourner la tête. Au comble du bonheur, il pensa qu’il était parvenu au royaume des Immortels. Mais notre dignitaire, qui n’avait pas l’expérience de son prédécesseur, reçut un jour une convocation à la Cité interdite où il lui lut signifié que Son Altesse Impériale, ayant eu de nombreuses plaintes à son sujet, le démettait de ses fonctions et l’envoyait combattre les barbares du Nord.

Notre tailleur de pierre regretta de ne pas être empereur. La, au moins, il n’aurait de comptes à rendre à personne et il serait ainsi le maître du monde. Il jouirait d’ailleurs du plus grandiose palais que des yeux mortels puissent contempler. Et par le pouvoir du taoïste de la montagne, le tailleur de pierre se retrouva assis sur le trône impérial. Le nouvel empereur, ne comprenant pas grand-chose à l’argot diplomatique ni à la langue de bois politique, laissa ses ministres gouverner à sa place. Il préféra jardiner dans le parc délicieusement paysagé de la Cité interdite et se prélasser sur les divans accueillants du gynécée. Et le tailleur de pierre, dans son innocence, avait mis en pratique, sans le savoir, le précepte de Lao-tseu : par la vertu du non-agir, l’ordre naturel se maintient. Mais on ne s’improvise pas impunément Fils du Ciel et sans doute négligea-t-il quelque rite ancestral qui maintenait l’harmonie entre le Ciel et la Terre. Une terrible sécheresse s’abattit sur l’Empire du Milieu. Les cours d’eau et les étangs furent à sec, les sources et les puits se tarirent. Même à l’ombre des murs du jardin de la Cité interdite, la chaleur caniculaire fit des ravages. Sous le soleil de plomb, les pivoines, les roses, les orchidées, les bambous et les bosquets nains moururent de soif entre les mains attendries de l’empereur.

Le souverain le plus puissant du monde comprit que l’astre solaire lui était supérieur. Et le tailleur de pierre regretta ardemment de ne pas trôner à sa place dans le ciel. De sa lointaine montagne, le vieux taoïste capta aussitôt sa pensée car, soudain, le tailleur de pierre insatiable se pavanait sur la voûte céleste. De là, il pouvait imposer son pouvoir à toute la surface de la terre, caresser et faire chanter la diversité des paysages, des choses et des êtres. Et sans cesse admirer son œuvre renouvelée.

Jusqu’au jour où les nuages revinrent, tout d’abord, il fut borgne, puis complètement aveugle. Il ne pouvait plus jouir du spectacle qu’il créait. Il enragea. Le nuage, cette vapeur inconsistante, était donc plus puissant que lui, fournaise ardente. Il regretta de ne pas être à sa place. Le sage de la montagne exécuta son petit tour de passe-passe et notre tailleur de pierre se retrouva nuage. Il fit quelque temps la nique au soleil, lui tirant non-chalamment son écran de fumée. Mais il fut bientôt emporté par un grand courant d’air taciturne qui le ballotta dans les six directions, l’effilocha, le déchira. Il était sans force entre les mains du vent. Il avait trouvé son maître, sans doute le plus puissant, le plus insaisissable de l’univers. Il regretta de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Par le pouvoir du vieux sage, le tailleur de pierre fut souffle de vent. Il prit de la vitesse, de la vigueur, se mua en un redoutable ouragan. Il jouait à renverser les arbres, à souiller les toitures, à faire crouler les murs. Il fut arrêté par une haute montagne. Il s’acharna sur elle, tenta de l’ébranler, de la déraciner, de l’escalader. Rien n’y fit. Il s’essouffla. Il avait donc trouvé plus fort que lui. Il souhaita être montagne. Et par la magie du Tao, le tailleur de pierre fut un pic altier, couronné de nuages. Il était inamovible et insensible à la neige et aux rayons du soleil. Il pensait avoir atteint la félicité suprême d’un Immortel. Mais il sourcilla, manifestant une petite gêne. L’un de ses orteils le démangeait et il ne pouvait pas se gratter! Comme c’était agaçant! Insupportable, même!

Il remarqua enfin, à travers une trouée de brume, un humain minuscule, un misérable mortel, qui tenait à la main une masse. C’était un petit tailleur de pierre, un moins que rien, qui lui sapait le moral ! Il n’y avait donc rien de plus puissant au monde ce pauvre type… Et après le voyage magique que lui fit faire le sage, le tailleur de pierre se retrouva dans sa carrière, au pied de la montagne. Il admira le paysage comme si ses jambes ne l’avaient jamais porté jusque-là. Puis il se mit à l’ouvrage, chantant à tue-tête. Le soir, il rentra chez lui, embrassa avec plaisir sa femme et ses enfants qu’il trouva plus beaux et plus vrais que les courtisans. Et plus jamais il ne se plaignit de son sort.

Pascal Fauliot dans Contes des sages taoïstes

Une pièce musicale d’Eric Aron – Dao

Sâdhâna

Sadhana

La leçon la plus importante que l’homme puisse apprendre dans sa vie n’est pas que la douleur existe dans le monde, mais qu’il dépend de nous d’en tirer profit, qu’il nous est loisible de la transmuer en joie.

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Ainsi notre intellect a pour fonction de réaliser la vérité par la voie de l’erreur, et notre connaissance consiste uniquement à brûler sans cesse l’erreur pour libérer la lumière de la vérité.

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A travers toutes les diversités du monde, l’unique en nous poursuit sa marche continue vers l’unique en tout; c’est sa nature et c’est sa joie.

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Il est aisé d’écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l’homme.

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L’étonnant n’est pas qu’il existe en ce monde des obstacles et des souffrances, mais qu’on y trouve la loi et l’ordre, la beauté et la joie, la bonté et l’amour. Que l’homme possède dans son être une notion de Dieu, voilà le miracle des miracles.

L’homme a senti dans les profondeurs de sa vie que ce qui paraît imparfait est la manifestation du parfait…

*

Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.

*

Je dormais et je rêvais que la vie n’était que joie. Je m’éveillais et je vis que la vie n’est que service. Je servis et je compris que le service est joie.

Rabindranath Tagore dans Sâdhâna

Une pièce musicale de Guru Guru Wahe Guru Ram Das Guru – mantra meditation kundalini yoga – sadhana mantra

Le handicap

Merci à l’équipe de Et tout le monde s’en fout d’aborder avec intelligence et simplicité la perception des personnes vivant avec une différence.

Une série créée par Fabrice de Boni et Axel Lattuada

Écrite par Fabrice de Boni, Marc de Boni et Axel Lattuada

Produite par Mia Productions / Christophe Baudouin

Réalisée par Fabrice de Boni

Interprétée par Axel Lattuada, Solveig Anrep et Julien Joerger

Et tout le monde s’en fout # 34 – Le handicap

Inversion de perspective non violente

service public

La maturité d’une communauté s’apprécie notamment par sa capacité à ne pas entretenir des comportements favorisant l’émergence de souffre-douleur.

Cela demande que les gens qui la composent entretiennent l’intérêt de construire ensemble, en évitant de se comparer ou de tenter de nier la beauté de l’autre.

Et cette maturité permet de défaire de cette interdépendance: nous avons besoin d’un souffre-douleur, d’un mal-aimé, d’un exclu pour… nous apprécier.

Et cette maturité permet que le souffre-douleur, le mal-aimé ou l’exclu cesse de s’obstiner à suivre ses bourreaux partout.

Pour atteindre ce niveau de maturité, il est plus facile d’amener les gens à s’investir dans la bonté qu’à lutter contre la haine.

Créer les conditions permettant d’instaurer l’état que nous voulons atteindre rend subversive toute résistance aux changements.

Une inversion de perspective non violente.

Une chanson interprétée par Shakira – Imagine

Les paroles sur http://lyrics.shakira-online.fr/?page_id=3346

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.