Archives du tag ‘interdépendance

Suivre les signes   Leave a comment

ImAGE Liberté

La petite feuille du grand arbre! Si la feuille était douée de conscience, ne serait-elle pas, en automne, sous l’emprise du sentiment de sa mort prochaine?

Assurément, si sa conscience ne contenait rien d’autre que la feuille, la feuille en soi. Alors elle sentirait qu’elle jaunit, qu’elle commence à sécher, qu’elle va bientôt tomber, jouet du vent, victime de puissances destructrices.

Supposons maintenant que la feuille puisse avoir conscience que ce qui vit en elle n’est pas seulement la feuille mais en même temps l’arbre.

Elle saurait alors que sa vie et sa mort annuelles sont un mode d’être de l’arbre. Elle serait consciente que la vie de l’arbre est en elle, que la Vie inclut non seulement sa petite vie mais sa petite mort. Et instantanément, l’attitude de la feuille, face à la vie, et face à la mort serait transformée; l’angoisse disparaîtrait et tout prendrait un autre sens.

Les angoisses de l’humanité correspondent à celles de la feuille qui s’arrête à sa conscience de feuille, c’est-à-dire qui est prisonnière de la petite réalité immédiate, des sens, de la raison et, qui est incapable de sortir de ses frontières.

A la conscience que nous avons en général de la vie, manque la conscience de notre être profond. Pour que celle-ci puisse percer, il nous faut réviser celle-là, reconnaître combien elle est bornée. Il nous faut prendre au sérieux les heures privilégiées de notre existence, c’est-à-dire en reconnaître les signes, et laisser s’épanouir la grande Vie qui est en nous.

Seulement ainsi, pouvons-nous entrer en contact avec notre être vrai. Car cet être est notre façon individuelle de participation à la Grande Vie. Et la maturité, qu’est-elle d’autre que la manifestation de notre participation à travers notre vie quotidienne?

Devenir un avec la source de notre être : tel est le chemin de la maturité intérieure. Le tout est de comprendre les signes, de les écouter, et de les suivre fidèlement.

 Karlfried Graf Dûrckheim  dans La percée de l’être 

Une chanson de Leonard Cohen – Steer Your Way

Publié 18 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

Tag(s) associé(s) : , , , , , ,

Je voudrais voir la mer   Leave a comment

ImAGE plage

La présence définit autrement un espace.

Par exemple, si nous allons seul voir un beau paysage, notamment en regardant la mer les deux pieds dans l’eau, nous allons vivre un bel instant et apprécier la nature dans toute sa splendeur avec le ressac des vagues sur nous. Le paysage nous touche, nous nous y joignons et les vagues se rendent jusqu’au pied.

Par contre, si nous retournons au même endroit avec une personne qui nous est chère, présente à soi, tout change. Nous allons regarder à deux la mer, les pieds dans le sable, et même si aucune parole n’est échangée, et qu’aucun commentaire ne s’élève, nous allons nous sentir ouvrir un nouvel espace, car la mer va devenir cette troisième présence qui va se joindre à nos pieds.

La présence définit autrement un espace et tend à établir un contact, parfois, de l’un à soi, et d’autres fois, de nous à l’un. Il n’y a ultimement que présence, mais cela c’est une autre histoire.

D’ici là, regardons la mer.

Une chanson de Michel Rivard interprétée avec Sylvie Tremblay,  Daniel Bélanger, Richard Séguin, Paul Piché et Laurence Jalbert – Je voudrais voir la mer 

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 12 août 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

Tag(s) associé(s) : , , , , , , ,

Je ne tourne pas les pages, je les écrits   Leave a comment

 

Moi, je ne « tourne pas les pages », je déteste cette expression simpliste, je n’oublie rien, je ne zappe pas, je ne renouvelle pas ma vie comme si rien avant n’avait existé. Elle est un fil continu que je tisse, je ne gomme personne, je suis faite de tous mes souvenirs, de mes amours, je suis un patchwork vivant de moments de vie, je suis faite des autres, pour les autres, et chacun m’a construite ou meurtrie. Je ne tourne pas les pages, je les écris.

Quand on aime vraiment, on veut la liberté de l’être aimé. Il n’y a pas d’amour mais que des preuves d’amour… parfois en silence

L’oubli n’existe pas, nos souvenirs sont en veille, l’hypnose le démontre parfaitement comme l’analyse psychanalytique. Essayez de comprendre tout ce qui est explicable avant de vous passionner pour ce qui ne l’est pas. Se réfugier dans l’irrationnel représente souvent une fuite de sa propre réalité.

Tirée de De cœur inconnu par Charlotte Valandrey

Une chanson de Zaz – La lessive

 

 

Publié 8 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

Tag(s) associé(s) : , , , ,

Notre voie humaine sur Terre   Leave a comment

larme

Le chemin des larmes couvre un territoire, qui tous, nous relient. Une larme versée par un humain saura toujours rejoindre un autre humain. En ce sens, ce que l’un vit a directement ou indirectement un impact imprévisible dans la vie d’un autre. Il n’y a que les indifférents et les égoïstes pour créer l’illusion que cela n’est pas possible.

C’est ainsi qu’un jour, la Joie qui se promenait sur le bord de la rivière a puisé quelques gouttes des larmes de la Peine sans rendre compte au début. Elles avaient parcouru le visage de la Peine, puis elles étaient tombées au sol et elles furent aspirées par la chaleur de la terre. Puis, elles se sont évaporées et elles ont parcouru au sein d’un nuage le ciel avant de rejoindre les eaux de la rivière.

Cette part infime était venue se fondre aux autres parts infimes que le ciel déverse dans la rivière pour ensuite se rendre vers la Mer et ainsi lover la Terre.

De même, l’émotion de la Peine avait traversé son propre corps avant de se répandre sous forme d’énergie autour d’elle. Différentes personnes les avaient captés avant de se rendre jusqu’à la Joie. Et lorsque la Joie a porté ses mains à son visage, ils se sont rencontrés et une partie des larmes de la Peine ont coulé sur son corps et se mêlant aux larmes de la Joie, et ensemble, elles sont retournées à la terre.

Puis, la Joie leva son visage au ciel et remercia l’Entraide de lui avoir permis de partager chaque souffrance et chaque moment de bonheur afin de faire l’expérience de notre humanité.

Les chemins de la Vie relient les terres de la Peine et les terres de la Joie. Ils permettent d’innombrables voies de passage entre celles-ci afin d’explorer l’Entraide, et ils comportent de merveilleux belvédères où il est possible d’être avec Compassion. Les chemins de la vie couvrent un territoire tellement plus vaste que ce que notre imagination peut concevoir. Ils permettent tant d’opportunité pour partager de façon créative notre voie humaine sur la Terre.

Une chanson de Zaz – Si

 

 

Si

Si j’étais l’amie du bon Dieu

Si je connaissais les prières

Si j’avais le sang bleu

Le don d’effacer et tout refaire

Si j’étais reine ou magicienne

Princesse, fée, grand capitaine

D’un noble régiment

Si j’avais les pas d’un géant

Je mettrais du ciel en misère

Toutes les larmes en rivière

Et fleurirais des sables ou file même l’espoir

Je sèmerais des utopies, plier serait interdit

On ne détournerait plus les regards

Si j’avais des milles et des cents

Le talent, la force ou les charmes

Des maîtres, des puissants

Si j’avais les clés de leurs âmes

Si je savais prendre les armes

Au feu d’une armée de titans

J’allumerais des flammes

Dans les rêves éteints des enfants

Je mettrais des couleurs aux peines

J’inventerais des Éden

Aux pas de chances, aux pas d’étoiles, aux moins que rien

Mais je n’ai qu’un coeur en guenille

Et deux mains tendues de brindilles

Une voix que le vent chasse au matin

Mais si nos mains nues se rassemblent

Nos millions de coeurs ensembles

Si nos voix s’unissaient

Quel hiver y résisterait?

Un monde fort, une terre âme soeur

Nous bâtirons dans ces cendres

Peu à peu, miette à miette

Goutte à goutte et cœur à cœur

Peu à peu, miette à miette

Goutte à goutte et cœur à cœur

 

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

 

 

La terre fertile pour la dignité   Leave a comment

J’ai appris à respecter les personnes

qui me disent qu’ils ont honte.

Le germe de la honte ne peut que pousser

dans une terre fertile

remplie d’amour de soi et de dignité.

Alors, quand une personne me dit qu’elle a honte

d’une chose,

d’une erreur,

je ne juge pas,

je me fais réconfortant,

je souligne cette humilité,

car je sais que cette personne

par sa dignité et son amour

a compris qu’elle a une raison d’être

à préserver.

 

Une chanson de Jacques Brel (en différentes versions)  – Jef

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 29 juillet 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

Tag(s) associé(s) : , , , , ,

Derrière le virtuel, l’humain   Leave a comment

ImAGE cellulaires

J’ai confiance aux bienfaits que peuvent apporter les avancées technologiques.

J’aimerais juste que nous ayons cette clairvoyance de ne pas concéder, notre capacité d’emmagasiner, de traiter et de produire, a la machine, notre mémoire vive qui découle de nos cœurs et qui donne le sens de notre humanité.

Aucun ne peut remplacer l’autre mais nous pouvons grandement être mutuellement contributif.

Je sais que ton selfi est un coucou de toi, j’aime, mais aussi, ta belle présence apporte l’humanité de nos liens.

 

Une chanson de Serge Fiori – Le monde est virutel

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 27 juillet 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

Tag(s) associé(s) : , , , , ,

Les peurs qui ont pour effet d’exclure les femmes   Leave a comment

Nos peurs nos choix

À l’époque des Tang, le moine Guanxi Zhixian avait étudié le chán auprès du fameux et redoutable Linji qui enseignait avec des cris et des coups.

Ayant atteint un premier stade de l’Éveil, mais pas encore entièrement libéré de son ego, il s’était mis à pérégriner, allant visiter d’autres maîtres pour éprouver sa propre réalisation spirituelle.

En ce temps-là, une femme du nom de Moshan Liaoran défrayait la chronique du bouddhisme. Disciple de l’excentrique Ta-yu, celui qui avait porté le coup décisif provoquant justement l’Illumination de Linji, elle était devenue supérieure d’un important monastère perché sur une montagne. Sa compréhension du Dharma était telle qu’elle attirait de nombreux adeptes.

La communauté monastique y était mixte, l’abbesse enseignait aussi bien à des nonnes qu’à des moines, en complète contradiction avec les règles du Vinaya. Voulant savoir si la réputation de Moshan n’était pas surfaite, Guanxi Zhixian décida d’aller la défier. Il s’était promis que s’il gagnait la joute oratoire, il renverserait le siège du Dharma de la supérieure et que s’il perdait, il deviendrait son disciple. Quand l’abbesse reçut le moine, elle lui demanda :

– D’où venez-vous?

– De la route qui débouche ici.

Pressentant l’arrogance du moine et passée maître dans les jeux du langage, elle répondit en posant l’index sur ses lèvres qui esquissaient un sourire :

 – Pourquoi ne pas l’avoir fermée pour pénétrer en ce lieu?

Avec cette image, elle invitait son interlocuteur à se défier de lui-même et le moine en resta bouche bée un moment.

Il l’attaqua enfin sur son niveau de réalisation, voulant lui aussi jongler avec le sens des mots. Comme le nom de l’abbesse veut dire en chinois « sommet de la montagne », il formula ainsi sa question :

– Où se tient donc la cime du mont?

– Elle est cachée à vos yeux par un nuage blanc, répondit-elle, signifiant que son interlocuteur, aveuglé par son mental, ne pouvait percevoir sa Nature de Bouddha.

Le moine présomptueux porta son attaque suivante sur sa nature féminine :

– Quelle apparence a donc revêtu ce maître qui se tient sur la montagne?

Affirmant que l’Éveil était au-delà des distinctions, elle répondit :

– Pas de forme définie, ni homme ni femme !

L’impénitent débatteur s’aventura à demander encore :

– N’est-il pas écrit qu’une femme ne peut atteindre l’Éveil suprême si elle ne s’est pas réincarnée en homme ? ! Pourquoi ne pas se transformer?

Après avoir éclaté de rire, la nonne répondit finement en faisant référence aux pouvoirs attribués aux esprits surnaturels :

– Je ne suis pas une Femme-renarde, alors pourquoi me métamorphoser?

Ne trouvant plus rien à répliquer, Guanxi Zhixian s’inclina devant l’abbesse comme un disciple devant son maître.

Après l’avoir fait travailler trois ans dans le jardin du monastère, elle en fit l’un de ses assistants. Plus tard, devenu un maître chán réputé, il aimait à répéter :

– J’ai obtenu une demi-louche de Dharma de mon père Linji et une autre demie de ma mère Moshan.

 

Contes des sages bouddhistes, Pascal Fauliot

Une pièece d’Idir en duo avec Tanina – Lettre à ma fille

Publié 25 juillet 2017 par dandanjean dans Contes, Pauses lectures

Tag(s) associé(s) : , , , , ,

%d blogueurs aiment cette page :