Enchante ment

Il avait connu un monde qui ressemblait à un mythe antique.

Ce monde était clairement divisé entre les enchanteurs qui dictaient ce qui devait avoir un sens et ils occupaient les plus belles terres de ce monde. Par ailleurs, les enchantés, ceux qui se laissaient ravir par ce qu’ils vivaient, et bien qu’ils offraient la force de travail pour produire les biens et les services nécessaires aux enchanteurs pour être heureux, vivaient dans une relative pauvreté.

Bizarrement, lorsque les clans d’enchanteurs s’affrontaient afin d’acquérir plus de pouvoir, c’étaient les enchantés qui allaient au combat et payaient de leur sang le règne des enchanteurs.

Le monde n’était pas divisé de façon aussi drastique, il y avait certains enchantés qui avaient la chance de côtoyer les enchanteurs. Alors, ils devenaient à leurs services, faire-valoir ou laquais. Bizarrement, il arrive que nous aimions mieux être soumis à un maître que d’accepter notre condition.

Dans ce monde si les enchantés avaient envisagés de se soulever, ils auraient risqué de tarir la source de leur enchantement. Et si les enchanteurs envisageaient d’ignorer les enchantés, ils perdraient leur audience.

Ensemble, ils étaient condamnés à composer avec la situation, à s’adapter ou selon une autre perspective, à se soumettre faute d’alternative, évitant ainsi le pire.

Il était heureux d’avoir connu un tel monde, car il comprenait toute l’importance de se rendre accessible à l’émerveillement sans le carcan des institutions qui ont recours à des mises en scène pour maintenir des paradis artificiels.

Les humains les plus libres et les plus riches puisent leurs ressources de leur conscience.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman interprétée par ZAZ – Si

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Être là

ImAGEMatin champs de fleurs

Elle était couchée sur l’herbe, et lui était bien heureux d’être si près d’elle.

Elle lui demanda de regarder le passage des nuages dans le ciel. Elle lui montra les différentes formes qu’elle voyait et imaginait un dragon qui lentement s’est transformé en un oiseau et enfin en une croisée de chemin. Elle lui dit qu’elle se sentait comme ces nuages, sans forme fixe.

Elle regardant son ami dans les yeux et gardant le silence quelques instants.

Il lui dit alors que lui aussi avait ce sentiment que rien ne se fixe à jamais. Que cet instant qu’ils vivent ensemble n’arrive qu’en ce moment, il peut y en avoir d’autres pareils, mais ce sera peine perdue.  La magie est en ce moment.

Il lui raconta qu’à toutes les fois qu’il réalise un rêve, un projet, une épreuve, un moment magique, il vivait la satisfaction.  Bien sûr, il y a eu les efforts, oui cela entrainait souvent de la fatigue, mais le but était atteint. Et lentement s’effaçait la satisfaction et le désir de relever un autre défi, de faire une autre découverte l’animait. Chaque fois qu’il tentait de refaire le même trajet ou le même projet, il mesurait la perte d’intérêt, la perte d’intensité. Pour lui aussi, le moi changeait constamment comme les nuages et il avait besoin de traverser de nouveaux horizons.

Elle se colla contre lui. En effet, ils venaient tous les deux de mesurer l’importance d’être là, ensemble.

Une pièce musicale de Beethoven – 6th Symphony – Pastoral

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Celui qui dit vague!

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Je nous imagine parfois comme une vague, dans un océan où toutes les vagues sont en mouvement comme toi et moi, passant par différentes voies. Le mouvement nous pousse vers l’horizon, et nous nous disons que cela est le sens. Chaque déplacement de la masse d’eau conspire à nous pousser vers ce sens, vers ce point où nous espérons toucher l’infini.

Et durant tout le déplacement, nous vivons des tourbillons frénétiques, des courants chaleureux, des soulèvements, des courants froids, des ouragans et des accalmies. Certaines vagues disparaissent, d’autres apparaissent.

Parfois, nous sommes attirés contre une autre vague et nous sommes fascinés par son mouvement, par sa fluidité, sa lumière, ses couleurs, et nous sommes heureux de partager le mouvement d’ensemble.

Il peut arriver que cette connexion et les expériences antérieures de même nature nous permettent de reconnaître en l’autre le grand océan qui nous habite et que nous composons. C’est alors un grand privilège de voir à travers une goutte d’eau le mouvement d’ensemble du grand océan.

Alors, il devient clair que chaque vague est merveilleusement à sa place tout en étant interdépendante. Puis, nous prenons conscience que la quête d’un horizon accessible n’a plus de sens, car, par le corps de la mer, nous sommes déjà réalisés. Quand notre voix s’élève, elle s’ajoute au chant de l’océan qui recompose la vie.

Alors pour celui qui divague, l’océan n’est qu’un réceptacle de vagues. Les autres, sans divaguer, y voient la création infinie de la vie.

Une pièce musicale de John Butler – Ocean

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Ces mots qui nous composent

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Prend le temps de bien choisir

les mots que tu utilises

ils comportent plus que des lettres

ils illustrent le sens réel

que porte ton message

On peut parler d’amour

avec des mots qui enferment

et chaque mot a son importance

une phrase est composé

de ton intérieur entre chaque mot.

Les mots sont précieux, mais limités

Ils peuvent exprimer le mystère qui t’habite

Mais le grand secret s’exprime difficilement.

Il y a tant à dire, il y a tant à faire

Et pourtant, l’essentiel

du dernier message

que nous souhaiterions laisser

ne parlerait-il pas de bienveillance,

d’affranchissement des chaines,

et de la part d’émerveillement

qu’il nous reste à partager.

Vivre est une opportunité unique

d’être avec toi

et ce sont nos échanges

qui nous composent chaque jour.

Une chanson de Luce Dufault – De la main gauche

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Luce_Dufault-De_La_Main_Gauche-lyrics,p06958471

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Ce qui est relié prend de la puissance

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Ces petites gouttes d’eau qui arrivent du ciel et qui descendent la montagne pour créer des ruisseaux, des rivières, des fleuves et des nappes souterraines qui infiltrent la terre ont un pouvoir fabuleux. Seule, elle s’évapore au soleil. En étant toute regroupée, quelle force incroyable.

En regardant la mer, nous avons l’impression que c’est cette masse qui façonne les continents. En fait, il s’agit du ressac, d’un mouvement initié par les gouttes de pluie. Les masses d’eau respirent au rythme des marées.

En tournant le regard vers soi, nous constatons que comme humain, nous sommes majoritairement composés d’eau. Il en est de même pour les animaux.

Les infiltrations de la vie nous traversent tous. Nous sommes petits, uniques, différents et pourtant reliés par l’invisible onde qui bat le cycle de la vie.

Voilà une belle leçon de la vie. Pas besoin d’être solide et dure pour changer le cours de la vie. Il suffit d’être tels que nous sommes, malgré l’apparente faiblesse, et de se relier avec les autres pour faire la différence.

Une chanson deMichel Rivard – Le goût de l’eau

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Michel_Rivard-Le_Gout_de_leau-lyrics,p012308231

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Puiser un cliché de vie

Visage eau

Le lac réfléchissait mon visage

Dansant avec le silence du soir

Je me suis rapproché et j’ai demandé :

Puis-je conserver cette image?

 

La surface de l’eau était calme et lisse

J’ai tendu les bras, ouvert les mains

Et puisé à même l’eau si fraîche

un cliché de vie…

 

avant de me la couler douce.

Une chanson de Sally Oldfield – Water Bearer (Porteuse d’eau)

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La vie ne devrait pas être un problème

ImAGE, sortir

Nous vivons, il faut le reconnaître, dans un univers complexe où nous ne saisissons pas toutes les lois. Il est composé de multiples mondes, le monde individuel, le monde social, le monde artistique, le monde scientifique, le monde de la matière, le monde de l’âme et c’est sans compter les mondes que nous nous fabriquons nous même.

Tous ces mondes évoluent dans un univers ou leurs natures et leurs grâces contribuent au mystère de la vie. Nous tentons de repousser, au prix de nos connaissances, de notre imagination et des institutions que nous mettons sur pied, les limites de l’inconnu.

Bien que l’ampleur de la tâche soit grandiose et qu’il y a des problèmes complexes, nous tentons de tout schématiser et de simplifier pour mieux comprendre. C’est le rêve de la modernité que de tenter de trouver des solutions simples a des problèmes complexes. Ce rêve de la modernité place l’intelligence comme la seule alternative pour s’adapter à la réalité et pour résoudre nos difficultés. Et c’est le terroir d’une désillusion perpétuelle.

Il faut un temps pour vivre notre modernité et mettre en place des conditions pour être bien, notamment par la technologie. Toutefois, il est illusoire de vouloir apprécier l’univers et tous ces mondes qui le composent que par l’intelligence, la vie n’est pas un problème et encore moins une solution. La vie est intégration par les mouvements des cycles et des attractions. Tous ces mondes sont interdépendants.

L’expérience directe sans a priori est nécessaire pour pouvoir transcender les frontières entre les mondes qui causent le jeu des problèmes et des solutions, et ainsi relier chacun des mondes. La création est un médium fantastique, car elle ne vise pas ultimement à apporter une solution à un problème, mais à apporter une nouvelle forme de vie.

Une chanson tirée du film le 5e élément- Opéra

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