Bon jour

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Imagine l’instant qui se prolonge, prenant de l’ampleur, enveloppant tout ton être tel une immersion dans la mer. Imagine que ce n’est pas l’eau, mais la lumière qui t’englobe, et qu’elle te permet de mettre à jour le monde qui était caché par les ombres, révélant des formes et des matières qui sommeillaient dans la non-reconnaissance.

Imagine que tu t’éveilles à des clartés par les jeux de lumière qui te prolonge plus loin en toi, tout en restant dans une perspective d’un monde extérieur, comme si la frontière du dedans et du dehors s’était évaporée. Tu ne peux concevoir, ni même imaginer cette grande unité qui se présente, car c’est réellement un instantané. Il n’y a plus besoin de définir un équilibre entre l’âme et le réel.

Une sensation de plénitude, de paix et de joie te traverse. Tout ce que tu regardes n’est que lumière projetant un grand horizon de par ton corps, rien est différent, tout est singulier. Tout ce qui existe est un reflet de cette lumière.

Serein, tu vis ce lever d’instant de vie qui t’a permis de sortir d’un autre sommeil.

Bon jour

Une chanson de Santana et de Everlast – Put Your Lights On

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/247151.html

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La fin de la rêverie

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Il était en train de rêver. Tout était tellement vrai et pourtant il  savait et il avait la certitude qu’il rêvait. Il vivait sans l’être, car il se réfléchissait comme un être intemporel. Il n’avait pas besoin de faire attention à ses pensées, à ses paroles et à ses actes. Si quelque chose n’allait pas comme il l’avait prévu, il ne s’en faisait pas, il n’avait aucune contrainte de temps et de réalité.

Du haut de sa rêverie, il pouvait toucher une fleur, et l’a sentir, et même l’arracher, car tout était impermanent. Il parcourait une suite de plaisirs qui passent, qui se perdent dans l’infini, et il poursuivait son avancé vers un ailleurs.

À force de vouloir demeurer dans cet état, il s’était transformé non pas seulement en un rêveur, mais en un être irréel. Il se disait que toute existence nécessitait trop de temps.

Puis, un jour, il fut troublé par une absence de plaisir, il en souffrait et il se rendit compte que l’éternité peut devenir un enfer pendant que l’on souffre. Les plaisirs laissaient des marques de manque. Il avait bien tenté de nier, de refouler ses sentiments, en prenant pour appui cette certitude d’avoir raison de ne pas être, mais rien à faire. Tout était vain.

Puis, il fut troublé par un présent que lui fut offert par une personne qu’il avait croisée par hasard. Cette personne merveilleuse lui avait offert un temps d’arrêt, et ensemble, en marchant dans les prés, il put découvrir autrement ces myriades de fleurs, d’herbes et d’êtres autour de lui. Il venait de comprendre que toute existence réelle occupe un espace, et qu’elle n’était perceptible que par une attention qui requiert du temps.

Puis, il sentit le rêve se terminer, et un mouvement d’éveil se produisit. L’espace d’une éternité, le présent de son existence lui apparut.  Ses yeux étaient maintenant capables de décoder cette nouvelle représentation du monde, car son esprit était prêt, ouvert et surtout disponible.

Dorénavant, il avait l’intuition que chaque fleur, chaque brin d’herbe, chaque être qu’il croiserait pouvaient, s’il l’acceptait, faire partie d’une composition plus grande, probablement intemporelle et infini, lui permettant de se libérer, de naître enfin à sa vie et être.

Bien que maintenant rien ne lui semble séparé, bien qu’il soit maintenant conscient que chaque instant inclut toute attente en entier, il se savait naître inter relié à cette réalité, au lieu de n’être qu’un de ces rêveurs intemporels perdus dans les confins des espérances.

Puis, le soleil se leva à l’horizon. Un autre éveil s’était produit.

Une pièce musicale Le Songe d’une nuit d’été – Ballet du Grand Théâtre de Genève

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La Grande Totalité

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En 1586 j’entrai dans ma 41e année. Après une longue période de voyage et d’études, je pus enfin vivre tranquillement dans ma nouvelle demeure de méditation qui venait d’être construite. Mon esprit et mon corps subirent alors une détente bienfaisante et je me sentis merveilleusement heureux.

Un soir, pendant la méditation, je vis clairement la Grande Totalité, illuminatrice, transparente, vide et claire, telle l’Océan limpide, et rien n’exista plus.

Cette vision m’inspira les stances suivantes :

L’Océan limpide luit

clair et vide,

aussi éclatant que le reflet de la lune

sur la neige blanche.

Aucune trace d’homme ou de dieu ne subsiste.

Oh ! quand s’ouvre l’oeil de Vajra,

le mirage disparait.

La grande terre disparait dans la royaume de la tranquillité.

Après cette expérience, je suis retourné dans ma chambre. Sur mon bureau se trouvait le Soutra Leng Yen[Surangama]. Je l’ai ouvert par hasard, et je suis tombé sur les phrases suivantes :

« Vous verrez alors que votre corps et votre esprit, ainsi que les montagnes, les rivières, l’espace et la terre de l’extérieur sont tous dans l’Esprit merveilleux, illuminé et vrai. »

Soudain, l’essentiel de l’ensemble du sutra fut clairement compris par mon esprit et apparut de façon vivante sous mes yeux.

Chen Chi Chang dans Pratique du Zen

Une pièce musicale de Asha – Return To Your Soul

 

Tant que l’on ouvre les yeux

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Enzo m’a souvent rappelé qu’il est amusant de laisser son esprit inventer des choses et les enrober d’une petite touche de folklore spirituelle.  L’important c’est de prendre conscience que ce n’est qu’un jeu.

Il a pris un jour en exemple une discussion que nous avions eue avec une connaissance commune.  Cette personne essayait de nous convaincre qu’il avait atteint l’éveil, qu’il y en avait différentes sortes et qu’il était parmi les personnes privilégiées. Il avait écouté avec respect, mais à ma grande surprise, il n’avait pas argumenté.

Pour cause, pour lui, il y a autant d’éveil que de nouveau jour. La différence n’est pas dans l’éveil, mais dans l’acceptation, l’acceptation de soi, de la vie, de ce qui est. Un éveil de refus justifiait à ses yeux  de s’acheter un réveil matin et de donner l’alarme tous les jours.

L’éveillé n’est pas celui qui sait s’abstenir de dormir. L’éveillé est aussi celui qui sait accueillir la perte de soi après le rêve. Même le rêve est indispensable pour qui veut être présent au jour.

Quel doux plaisir d’accueillir et d’observer que les instants n’ont pas besoin d’être rempli uniquement de joie pour nous faire gouter à la vie.

Chacun a sa façon d’ouvrir les yeux.

Une chanson de Yoav -Wake up

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Tchoudâlâ

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Ce qui paraît être quelque chose et qui n’est rien, j’y ai renoncé

Pour venir vers ce qui paraît n’être rien et qui est quelque chose.

Tenâsmi shrîmatî stithâ

Voilà pourquoi je resplendis.

À tout cet univers j’ai renoncé pour me tourner vers toute autre chose

Qui n’est ni être ni non être,

Voilà pourquoi je resplendis.

Cela qui est quelque chose et cela qui n’est rien,

Je les connais dans leur réalité,

Dans leur apparition et leur disparition,

Voilà pourquoi je resplendis.

Je me réjouis des plaisirs que je n’ai pas eus

comme je me réjouis de ceux qui sont très anciens,

Je ne m’exalte pas plus que je ne m’irrite,

Voilà pourquoi je resplendis.

C’est seule, dans mon coeur seul, semblable au ciel,

Que je trouve ma joie, et non dans les plaisirs mondains,

Voilà pourquoi je resplendis.

Je suis en vérité toujours en moi,

Que je marche ou que je sois assise,

Voilà pourquoi je resplendis.

Je m’élève au dessus des mondes, sans avoir forme de rien,

C’est ainsi que je suis heureuse en moi-même,

Voilà pourquoi je resplendis.

Je suis ce monde et je ne le suis pas,

Je suis réelle et je ne le suis pas,

Je suis Tout et je ne suis Rien,

Voilà pourquoi je resplendis.

Je ne désire ni plaisirs ni richesses,

Ni pauvreté ni aucun autre état,

Je suis heureuse de tout ce qui arrive,

Voilà pourquoi je resplendis.

Traduit du sanskrit par Alain Porte dans L’éveil de la conscience ou l’illumination de la reine Tchoudala

Une pièce musicale interprétée par Istvan Sky, Estas Tonne et Reka Fodor – Ecstasy from heart

Une pause rencontre

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Il regardait le silence envahir son être. Plus rien n’était présent vraiment, sinon d’une façon plus discrète et très différente. Il avait le regard fixe et le cœur qui battait lentement.

Un passant qui aurait vu la scène se serait cru devant un film que l’on a mis sur pause. Mais rien n’aurait supposé que la pose prise par cet homme était en fait une rencontre en soi.

Il avait voulu trouver sa vérité, sa raison de vivre, son essence, et il cherchait depuis longtemps. Pour qui veut trouver quelque chose, il faut être aux aguets et porter une attention particulière à l’objet de sa quête.

Puis, juste avant de faire une pause en regardant le silence paisible l’envahir, il avait compris que jamais il ne pourrait trouver sa vérité, sa raison de vivre ou son essence, car ils ne les avaient jamais perdus. Il venait tout simplement de prendre conscience qu’un jour on s’éveille à eux.

Et maintenant, il mesurait sous ce nouveau jour toute l’importance de revoir sa conception de l’amour.

Une chanson de Radiohead – The Numbers: Jonny, Thom & a CR78

Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Radiohead/The-Numbers/traduction/francais

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La grande mélodie

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Elle pensait qu’il fallait vivre dans la réalité, pleinement et intensément et pour cela, elle avait la ferme conviction qu’elle devait cesser de rêver. Pour elle, le rêve c’était la fuite et une forme d’absence qu’est la non-présence.

Elle se forçait à dormir le moins possible, à faire le plus de choses durant le jour pour rester éveillée. Elle se disait que la personne éveillée a la chance de choisir ses rêves et non les subir.

Toutefois, la qualité de son éveil diminuait au fil du temps au point que sa qualité de vie en était affectée. Elle se disait que c’était normal, toute démarche importante et déterminante devait impliquer une transformation par la souffrance.

Jusqu’au jour où elle se réveilla dans un lit d’une urgence. Ce fut à partir de ce jour que tout bascula.

Elle se mit à entendre la musique de sa vie. Au début, c’était qu’une faible pulsation, dont le rythme, semblait constante. Mais en prenant le temps d’écouter attentivement, parfois le rythme accélérait, parfois il ralentissait. Et de nouveaux sons sont apparus. Elle aimait découvrir ce qui se jouait en elle.

Il lui est même arrivé de se pincer, car elle croyait parfois que cela n’était qu’un rêve.

Elle découvrit au fil du temps que la mélodie de sa vie était à sa façon harmonieuse. Elle commençait à une période, puis se terminait avant de reprendre plus tard. La mélodie était riche de notes, de rythmes créant des silences et des pauses. Elle en arrivait parfois à se demander si les silences étaient issus des notes, ou si les notes étaient issues du silence. Il en était de même pour ses états de conscience ou les rêves et la réalité se généraient.

Le jour où elle accepta de se relever de son lit à l’urgence, elle avait implicitement accepté l’importance des pauses et des silences non plus comme des arrêts du cœur, mais comme faisant partie d’une grande œuvre qui lui permettait de se dévoiler.

Entendez-vous la grande mélodie?

Une chanson de Julien Clerc – Let the sunshine

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/959919.html

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