Le temps qui passe

Je viens de compter mes années et j’ai découvert qu’à partir de maintenant, j’ai moins de temps à vivre que ce que j’ai vécu jusqu’à présent…

Je me sens comme ce petit enfant qui avait gagné un paquet de bonbons : le premier, il le mangea avec plaisir, mais quand il s’aperçut qu’il ne lui en restait que très peu, il commença réellement à les savourer profondément !

Je n’ai plus de temps pour supporter des gens stupides qui, malgré leur âge chronologique, n’ont pas grandi.

Je n’ai plus de temps pour faire face à la médiocrité, la méchanceté gratuite, la perversité.

Je veux vivre à côté de gens humains, très humains.

Qui savent rire de leurs erreurs…

Qui ne se sentent pas élus avant l’heure, et qui ne fuient pas leurs responsabilités.

Qui défendent la dignité humaine, et qui veulent marcher à côté de la vérité et l’honnêteté.

L’essentiel est ce que tu fais pour que la vie en vaille la peine…

Je veux m’entourer de gens qui peuvent toucher le cœur des autres…

Des gens à qui les coups durs de la vie leurs ont appris à grandir avec de la douceur dans l’âme.

Oui… je suis pressée de vivre avec l’intensité que la maturité et la bienveillance peuvent m’apporter.

J’ai l’intention de ne pas perdre une seule partie des friandises qu’il me reste… Je suis sûr qu’elles seront autant, sinon plus exquises que toutes celles que j’ai mangées jusqu’à présent!

André Gide dans Le temps qui passe

Une pièce musicale de Hans Zimmer – Time (Inception – Live in Prague)