Le Centre de l’être

ImAGE Naxos

Imaginez pour un instant qu’étant dans une forêt vous n’ayez plus de noms pour ce que vos yeux rencontrent, pour ce que vos oreilles entendent, pour ce que sent votre peau. Qu’est-ce que vous rencontrez? Ce n’est pas un ça puisque vous n’avez pas de concept à votre disposition, mais vous rencontrez une vie extraordinaire qui vous fait frissonner. Et dans ce frisson, c’est vous-même que vous rencontrez d’une façon extraordinaire. Étant ainsi en vous-même dans un sens très profond et en deçà ou au-delà de tout concept, c’est le divin que vous rencontrez….chaque méditation est l’effort d’entrer dans cette solitude, ce silence.

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Qu’est-ce que la voie initiatique ?

C’est toujours l’effort de l’homme pour se débarrasser d’un voile qui l’empêche de voir et de sentir sa vérité authentique, sa vérité essentielle.

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Le travail que l’homme peut faire sur lui-même, je l’appelle le chemin initiatique. Il commence avec une expérience. Cette expérience nous fait connaître notre Être essentiel. Une telle expérience efface une fois pour toutes le doute qu’il s’agirait du résultat d’une recherche métaphysique, d’une pieuse spéculation ou d’une projection psychologique. L’Être essentiel est une réalité dont on peut vraiment faire l’expérience.

Karlfried Graf Dürckheim dans Le Centre de l’être

Une pièce musciale de Pyotr Ilyich Tchaikovsky – Hymn of the Cherubim

Le vrai Nord

lever de vie

On ne devrait pas rire des gens qui ont cru un jour au Père Noël. Leur vie durant cette période avait un sens, pas de doute, des actions posées pour appuyer cette vision, notamment des lettres envoyées au Père Noël.

L’incertitude et les périodes à vide viennent avec la perte de sens.  On ne sait plus où est le vrai Nord. Et la seule façon de s’en sortir est de faire l’effort de retrouver la bonne voie. Aller vers ce qui nous est simple, compréhensible et qui nous ressemble.

Quand nous sommes dans la forêt et que nous voulons nous orienter grâce au vrai nord, nous n’avons pas besoin de l’atteindre, juste de trouver le sens, reprendre sa voie.

Et si le délai est plus long que prévu, au lieu de s’enfermer dans sa perdition, pourquoi ne pas prendre le temps de poser un regard ouvert et attentif autour de nous? En plus d’y découvrir quelques beautés et curiosités, peut-être qu’un signe viendra baliser la voie à prendre.

Une chanson des Beatles interprétée par Rufus Wainwright – Across The Universe

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/249615-the-beatles-across-the-universe.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

José Saramago et La caverne

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Les rêves humains sont ainsi, parfois ils s’emparent d’objets réels et les transforment en visions, d’autres fois ils font jouer le délire à cache-cache avec la réalité, voilà pourquoi nous reconnaissons si souvent que nous ne savons plus où nous en sommes, le rêve nous tire d’un côté, la réalité nous pousse de l’autre, en fait la ligne droite n’existe que dans la géométrie et même là elle n’est qu’une abstraction.

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Je crois que dans la vie, il y a des situations où nous devons nous laisser emporter par le courant des événements, comme si les forces pour lui résister nous manquaient. Mais soudain, nous nous rendons compte que le fleuve nous est devenu favorable, personne d’autre ne s’en est aperçu, seulement nous, un spectateur pensera que nous sommes sur le point de faire naufrage, or jamais notre navigation n’a été aussi ferme.

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Autoritaires, paralysantes, circulaires, parfois elliptiques, les phrases à effet, appelées aussi dans un esprit facétieux pépites d’or, sont un des fléaux les plus pernicieux qui aient ravagé le monde. Nous disons aux irréfléchis, Connais-toi toi-même, comme si se connaître n’était pas la cinquième opération de l’arithmétique humaine et la plus ardue, nous disons aux abouliques, Vouloir c’est pouvoir, comme si les réalités bestiales du monde ne s’amusaient pas à intervertir chaque jour la position relative de ces verbes, nous disons aux indécis, II faut commencer par le commencement, comme si ce commencement était l’extrémité toujours visible d’un fil mal enroulé, qu’il suffirait de tirer et de continuer à tirer jusqu’à parvenir à l’autre extrémité, celle de la fin, et comme si, entre la première et la seconde, nous avions eu entre les mains un fil lisse et continu le long duquel il n’avait pas été nécessaire de défaire des nœuds ni de débrouiller des étranglements, ce qui est impensable dans la vie des écheveaux et si une autre expression à effet nous est permise, dans les écheveaux de la vie.

José Saramago dans La caverne

Une pièce musicale d’Andreas Vollenweider – Caverna Magica

 

Avec amour et compassion

ImAGE reconnaissance

Le monde fleurit par ceux qui cèdent à la tentation d’aimer. Je ne parle pas seulement de cet amour exposé dans les revues sous la forme d’un couple enlacé, je parle aussi de cette tentation d’aimer qui pousse à donner de son temps pour aider, pour créer, pour entretenir, pour accompagner et pour être une présence réconfortante.

L’amour semble avoir plusieurs visages, et un peu comme la joie, elle est difficile à garder pour celui qui veut le posséder, car il occupe cet espace entre soi et le geste de se donner. L’amour s’échappe par le sillage de nos soupirs portant nos attentes dès que nous tentons de nous l’approprier.

C’est sans doute pour cela que la compassion permet de si grandes choses. Nous connaissons tous des personnes qui malgré la différence de leur approche, quelle soit philosophique et spirituelle, ont fait la confidence au terme de leur parcours de vie que l’amour, et la compassion qui en résulte par l’action, est une voie porteuse de grandes avancées pour notre humanité. Je pense notamment à Friedrich Nietzsche, à Hypatie d’Alexandrie, à Socrate, à Simone de Beauvoir, à Jiddu Krishnamurti à Mère Teresa, à Gandhi ou à Christiane Singer. L’amour apporte sa richesse par la mise en pratique et lorsqu’il habite le fondement de nos pensées et attentions.

Le monde fleurit quand chacun prend sa place, n’essayant pas de dominer l’autre, et contribuant à sa façon au développement de la Terre.

Une chanson d’Yvon Deschamps interprétée par La Bronze, Ariane Moffat et  Karim Ouellet – Aimons-nous

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Yvon_Deschamps-Aimons-nous-lyrics,p07112954

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

L’Inde et la renaissance de la Terre de Sri Aurobindo

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 Un disciple: Le Mahatma croit que la non-violence purifie celui qui la pratique.

Je crois que Gandhi ignore ce qui se produit vraiment dans la nature d’un homme qui adopte le Satyâgraha ou la non-violence. Il pense que de cette façon les hommes se purifient. Mais quand on souffre, ou qu’on se soumet volontairement à la souffrance, ce qui se passe, c’est que l’être vital se fortifie. Ces mouvements n’affectent que l’être vital, ils ne touchent aucune autre partie de la personnalité : vous ne pouvez vous opposer à la force qui vous opprime, et vous vous décidez à souffrir — cette souffrance est d’ordre vital et elle donne de la force. Lorsque celui qui a souffert de la sorte vient au pouvoir, il devient le pire des oppresseurs…

Ce que l’on peut faire, en revanche, c’est de transformer l’esprit de violence. Mais dans cette pratique du Satyâgraha, il n’est pas transformé. Quand on insiste sur un principe tellement exclusif, ce qui arrive, c’est que pharisaïsme, hypocrisie et malhonnêteté se mettent de la partie et il n’y a pas de purification du tout. C’est, comme je l’ai dit, en transformant l’impulsion de violence que peut venir la purification. À cet égard, l’ancien système en Inde était bien meilleur : l’homme qui avait un tempérament combatif devenait le kshatriya, et ainsi ce tempérament combatif était haussé au-dessus de l’influence vitale ordinaire. L’idée était de tenter de le spiritualiser. Cela a donné des résultats que la résistance passive ne peut pas et ne pourra pas obtenir. Le kshatriya était l’homme qui ne tolérait aucune oppression, qui la combattait jusqu’au bout ; c’était celui qui n’opprimait personne. L’idéal était ainsi…

Il y a aussi la question de l’unité hindou-musulmane que les tenants de l’école de la non-violence essaient de résoudre en se basant sur leur théorie.

Vous pouvez vivre en bonne entente avec une religion dont le principe est la tolérance. Mais comment est-il possible de vivre en paix avec une religion dont le principe est : « Je ne vous tolérerai pas » ? Comment allez-vous parvenir à réaliser l’unité avec ces gens-là ? Il est certain que l’unité hindou-musulmane ne peut pas se réaliser en partant du principe que les musulmans vont continuer à convertir des hindous tandis que les hindous ne convertiront aucun musulman. Il est impossible de bâtir une unité sur une telle base. La seule façon de rendre les musulmans inoffensifs est peut-être de leur faire perdre leur foi fanatique en leur religion…

La religion musulmane est née dans des circonstances telles que ses adeptes n’en ont jamais oublié l’origine.

Cela a été le résultat de la résistance passive qu’ils ont pratiquée. Ils ont souffert et souffert jusqu’à ce qu’ils soient assez forts, et alors, quand ils ont eu le pouvoir, ils se sont mis à persécuter les autres férocement…

Le point de vue de Gandhi, c’est qu’il ne se soucie pas d’éliminer la violence qui existe chez les autres ; ce qu’il veut, c’est observer lui-même le principe de non-violence.

C’est l’une des violences de celui qui pratique le Satyâgraha que de ne pas se préoccuper de la contrainte qu’il fait peser sur les autres. Ce n’est pas de la non-violence — ce n’est pas l’« ahimsâ ». La vraie « ahimsâ » est un état d’esprit ; cela ne consiste ni à agir physiquement ou extérieurement, ni à se garder d’agir. Toute contrainte dans l’être intérieur est une violation de l’ahimsâ.

Par exemple, quand Gandhi a jeûné au moment de la grève des filatures à Ahmedabad, pour régler le problème entre patrons et ouvriers, il y avait une sorte de violence exercée sur les autres. Les patrons ne voulaient pas être responsables de sa mort et c’est pour cela qu’ils ont cédé, sans être convaincus par sa façon de voir, bien évidemment. C’est une sorte de violence qui leur était faite. Mais dès qu’ils ont vu que la situation était normale, ils sont revenus à leurs idées d’avant. La même chose est arrivée en Afrique du Sud. Il a obtenu là-bas quelques concessions par la méthode de la résistance passive et quand il est reparti en Inde, c’est devenu pire qu’avant.

Sri Aurobindo dans L’Inde et la renaissance de la Terre

Une pièce musicale SANSKRIT LOVE SONG TO INDIA