La valeur de la science   Leave a comment

lemniscate-compressor-e1502189880537

Tout ce qui n’est pas pensée est le pur néant; puisque nous ne pouvons penser que la pensée et que tous les mots dont nous disposons pour parler des choses ne peuvent exprimer que des pensées ; dire qu’il y a autre chose que la pensée, c’est donc une affirmation qui ne peut avoir de sens. Et cependant — étrange contradiction pour ceux qui croient au temps — l’histoire géologique nous montre que la vie n’est qu’un court épisode entre deux éternités de mort, et que, dans cet épisode même, la pensée consciente n’a duré et ne durera qu’un moment. La pensée n’est qu’un éclair au milieu d’une longue nuit. Mais c’est cet éclair qui est tout.

*

La première condition de l’objectivité: ce qui est objectif doit être commun à plusieurs esprits, et par conséquent pouvoir être transmis de l’un à l’autre….pas de discours, pas d’objectivité.

*

Le mathématicien pur qui oublierait l’existence du monde extérieur, serait semblable à un peintre qui saurait harmonieusement combiner les couleurs et les formes, mais à qui les modèles feraient défaut. Sa puissance créatrice serait bientôt tarie.

Henri Poincaré dans La valeur de la science

Une pièce musicale de Max Richter – The Consolations of Philosophy

Publié le 15 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

Tag(s) associé(s) : ,

Sentiments d’éternité   2 comments

Entre peur et curiosité, notre société hésite à s’aventurer à sa rencontre… La mort. Comment accueillir cet instant qui remet en question notre existence ?

Certaines femmes et certains hommes, bouleversés par cette confrontation extraordinaire aux frontières de la vie, ont changé leurs regards sur cette inconnue et nous racontent leurs histoires profondément transformatrices.

Portraits croisés d’un éditeur devenu prêtre, d’une journaliste devenue hypnothérapeute, d’une assistante de direction devenue médium, etc…

Avec la psychologue Marie de Hennezel et le médecin Jean-Jacques Charbonier.

Publié le 15 novembre 2018 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

Tag(s) associé(s) : , , ,

Une certitude d’être   Leave a comment

Kazantzaki-jpg

Nous vivons dans un monde où il arrive trop souvent que l’on nous impose des urgences et nous avons l’impression que le temps file, que le rythme est fou, et que nous ne pouvons rien terminer.

Bien sûr il y a tous ces appels urgents à consommer les différentes variantes du bonheur artificiel.

Mais il y a aussi ces quêtes urgentes contradictoires ou par exemple, on nous incite à être puissant, voir le meilleur, et demeurer à la fois paisible et l’esprit détaché. Ou encore, on nous rappelle de vivre pleinement notre vie tout en étant sveltes, énergétiques, et obsédés à brûler des calories.

J’aimerais savoir combien d’études scientifiques ont démontré que la majorité des personnes heureuses sont dans les lieux de pouvoir? Ou encore, est-ce à dire que le nirvana se situe là où des lieux de pouvoir sont munis d’une salle d’entrainement?

Et si le bonheur résidait dans un geste d’humilité et d’abandon envers l’autre? Et si la voie de la gâterie chocolatée était une alternative valable?

Le désir de maîtrise et de contrôle est l’un des grands fantasmes de notre époque. Il y a de l’espoir quand nous cessons de faire en sorte que notre pensée impose une nécessité aux choses et aux événements.

Il y a aussi de l’espoir quand nous sommes capables de nous éloigner, avec détachement, de tous ces conseillers, au sourire charmant, qui désirent notre bien en nous expliquant que nous pouvons toujours être en meilleure santé grâce à leur produit qui rend plus performants, mieux, plus optimistes.

Bien qu’il soit possible de se doter d’un maquillage permanent, nous ne pouvons pas masquer la vie d’un bonheur permanent, cela serait contre nature.

Ne pas fuir sa vie, c’est peut-être, en partie, la vivre au présent, avec un état d’esprit qui rend encore possibles l’imperfection, les imprévus, les instants agréables ou douloureux.

Ne pas fuir la vie, c’est peut-être s’accueillir à travers ses revers et ses réussites, son corps, en aimant sans compter?

Oui, nous nous exposons ainsi aux jouissances et aux souffrances, mais au moins il est possible de se lever le matin avec une certitude d’être et d’apporter une différence dans cette vie.

Une chanson de Daniel Bélanger – La fin de l’homme

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié le 15 novembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

Tag(s) associé(s) : , , , ,

Soufi mon amour   Leave a comment

g_Chaillot13sfDerviches01a

Si tu veux changer la manière dont les autres te traitent, tu dois d’abord changer la manière dont tu te traites. Tant que tu n’apprends pas à t’aimer, pleinement et sincèrement tu ne pourras jamais être aimée. Quand tu arriveras à ce stade, sois pourtant reconnaissante de chaque épine que les autres pourront jeter sur toi. C’est le signe que bientôt tu recevras une pluie de roses.

*

Si nous sommes la même personne avant et après avoir aimé, cela signifie que nous n’avons pas suffisamment aimé.

*

Peu importe qui nous sommes et où nous vivons, tout au fond, nous nous sentons tous incomplets. C’est comme avoir perdu quelque chose et éprouver la nécessité de le retrouver. Quel est ce « quelque chose » ? La plupart d’entre nous ne le découvrirons jamais. Et parmi ceux qui y parviennent, plus rares encore sont ceux qui partent à sa quête.

*

Je ne suis pas un de ces personnages pieux qui passent toute leur vie penchés sur des tapis de prière tandis que leurs yeux et leur cœur restent fermés au monde qui les entoure. Ils ne lisent le Coran qu’en surface. Je le lis dans les fleurs en bouton, dans les oiseaux migrateurs. Je lis le Coran qui respire, caché dans les êtres humains.

*

Tout l’univers est contenu dans un seul être humain : toi. Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n’aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés.

*

Si tu parviens à te connaitre totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience.

Elif Shafak dans Soufi mon amour

Une pièce musicale de Danse Soufie Sevil Kara

Publié le 14 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

Tag(s) associé(s) : ,

Calling you   Leave a comment

Une belle chanson intense revisitée par Nolwenn Leroyet Renaud Capuçon.

La chanteuse française de son vrai nom Nolwenn Le Magueresse nous offre une pause musicale envoutante. L’accompagnement de l’orchestre de Renaud Capuçon est à souligner.

Nolwenn Leroy & Renaud Capuçon – « Calling You » (from Bagdad Café)

Publié le 14 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses musicales

Tag(s) associé(s) :

L’appel de la réincarnation   Leave a comment

ImAGE cellulaires

J’ai été éduqué dans une tradition ou l’idée même de la réincarnation ne pouvait pas être envisagée. On naît, on vit et on meurt. C’est la route de l’enfer vers le paradis.

Mais la vie m’a démontré que cela n’est pas tout à fait vrai. Il est envisageable de se réincarner. Grâce à la technologie, la réincarnation existe maintenant. Vous doutez?

J’ai un ami qui est hyper techno, il fait tout sur son cellulaire (portable pour d’autre). Il y met son agenda, alors il n’a plus besoin de se rappeler les dates de fête, les rendez-vous chez le dentiste, etc. Il y met aussi son carnet d’adresses, il n’a plus besoin de retenir un numéro de téléphone, une adresse courriel ou une adresse civique. Tout y est inscrit. Il y met aussi le rappel pour développer l’aspect social de sa vie. Il gère ses contrats avec son appareil, ses billets de spectacles, ses commandes de tout ordre, bref il existe et il vit pleinement grâce à la modernité.

En fait, il a vécu pleinement jusqu’au jour où il n’a pas pu procéder au transfert de données de son ancien appareil vers son nouveau. Le presque neuf, ou l’avant-dernier qui a pris un peu du vieux et qui a rendu l’âme sans avertir. L’envers de la médaille de la modernité, le monde de la consommation, l’éternel retour. Mon ami est mort virtuellement.

Il n’a même pas pu l’annoncer à quiconque. Ce fut la fin des émissions, la mort sans appel….

Puis un jour, il est réapparu, incarné dans de nouveaux textos, de nouvelles photos (les anciennes étaient désincarnées), de nouveaux contacts. Cette nouvelle incarnation nous a fait prendre conscience que la réincarnation existe. Mon ami vit une nouvelle vie, il a des flashs de son ancienne vie, mais pas de souvenirs tangibles. Parfois, des amis lui montrent des messages qu’ils ont reçus de lui de son ancienne incarnation, et il semble y avoir une lueur dans ses yeux, un vague souvenir, une trace numérique.

Donc, aujourd’hui je sais qu’il y a une vie après la mort virtuelle. Nous avons une nouvelle chance de continuer un projet de vie, de s’incarner dans de nouveaux projets, tout est possible… Rien de spécial, si c’est la vie qui se déploie encore et encore. L’éternel retour.

Aujourd’hui, je sais que mourir suite à une désactivation ou un brie majeur n’est pas la fin de tout. Il y a un renouveau possible, mais sous une autre identité numérique. Et l’inconscient collectif est en fait un espace infonuagique.

Un texte à lire avec modération sans télécharger les applications multidogmes.

P.S. Avoir deux cellulaires implique t-il que nous menons une double vie?

Une chanson de Serge Fiori – Le monde est virtuel

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié le 14 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

Tag(s) associé(s) : , ,

Wabi-sabi à l’usage des artistes, designers, poètes et philosophes   Leave a comment

image-fleur

A l’approche du crépuscule, dans l’arrière-pays, un voyageur cherche un abri pour la nuit.

Il avise les hauts joncs qui poussent tout autour de lui; il en réunit une brassée et les lie à leur sommet. Et voilà, une hutte d’herbe vivante!

Le matin suivant, avant de reprendre sa route, il dénoue les joncs; et voilà, la hutte, déconstruite, disparaît et redevient une part quasiment indiscernable de la prairie environnante.

Le caractère sauvage du lieu paraît être restauré, mais de menues traces de l’abri subsistent. Ici et là, une légère torsion ou inclinaison dans la tige d’un jonc. Il y a également le souvenir de la hutte dans la mémoire du voyageur (et dans celle du lecteur qui lit cette description). Le Wabi-sabi, dans sa forme la plus pure, la plus idéale, s’intéresse précisément à ces traces fragiles, ces faibles preuves, aux frontières du non-être.

*

La meilleure façon de décrire la simplicité du Wabi-sabi est peut-être de la présenter comme un état de grâce auquel on parvient par l’action heureuse d’une intelligence empreinte de sobriété, de modestie et de sincérité

Réduisez jusqu’à l’essence, mais n’enlevez pas la poésie.

*

Le Wabi-sabi signifie aller d’un pas léger sur la planète et savoir apprécier ce que l’on rencontre en chemin, même le plus insignifiant, au moment où on le rencontre.

Leonard Koren dans Wabi-sabi à l’usage des artistes, designers, poètes et philosophes

Une pièce musicale Japanese music KOTO « The sound of the flute »,Japan,Kyoto,Wabi Sabi

Publié le 13 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

Tag(s) associé(s) : , ,

%d blogueurs aiment cette page :