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Wabi-sabi à l’usage des artistes, designers, poètes et philosophes   Leave a comment

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A l’approche du crépuscule, dans l’arrière-pays, un voyageur cherche un abri pour la nuit.

Il avise les hauts joncs qui poussent tout autour de lui; il en réunit une brassée et les lie à leur sommet. Et voilà, une hutte d’herbe vivante!

Le matin suivant, avant de reprendre sa route, il dénoue les joncs; et voilà, la hutte, déconstruite, disparaît et redevient une part quasiment indiscernable de la prairie environnante.

Le caractère sauvage du lieu paraît être restauré, mais de menues traces de l’abri subsistent. Ici et là, une légère torsion ou inclinaison dans la tige d’un jonc. Il y a également le souvenir de la hutte dans la mémoire du voyageur (et dans celle du lecteur qui lit cette description). Le Wabi-sabi, dans sa forme la plus pure, la plus idéale, s’intéresse précisément à ces traces fragiles, ces faibles preuves, aux frontières du non-être.

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La meilleure façon de décrire la simplicité du Wabi-sabi est peut-être de la présenter comme un état de grâce auquel on parvient par l’action heureuse d’une intelligence empreinte de sobriété, de modestie et de sincérité

Réduisez jusqu’à l’essence, mais n’enlevez pas la poésie.

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Le Wabi-sabi signifie aller d’un pas léger sur la planète et savoir apprécier ce que l’on rencontre en chemin, même le plus insignifiant, au moment où on le rencontre.

Leonard Koren dans Wabi-sabi à l’usage des artistes, designers, poètes et philosophes

Une pièce musicale Japanese music KOTO « The sound of the flute »,Japan,Kyoto,Wabi Sabi

Publié 13 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Mon maître ancien: Rivière   2 comments

J’ai plaisir à revisiter mes maîtres anciens qui à chaque fois, me font découvrir des enseignements merveilleux.

Par exemple, le maître Rivière, qui m’a appris à devenir plus fluide comme l’eau. Il m’a appris à faire en sorte que ma vie s’écoule en stagnant le moins possible.

Rivière m’a appris l’importance de la fluidité dans un monde rigide. Apprendre à contourner les obstacles, à composer avec ceux-ci pour maintenir l’avancé. Et surtout, à garder notre calme au milieu des tumultes.

Pour cela, Rivière m’a parlé des trois qualités à développer pour être plus fluide et serein.

Une qualité importante à développer est de savoir saisir les opportunités. S’adapter à l’environnement qui change, composer avec les ruptures subites de ce qui était pourtant robuste et stable, telle la roche qui se fractionne ou l’arbre qui tombe. Cela implique pour nous de ne pas hésiter à changer d’apparence, de vision ou de lieu pour continuer à avancer.

La deuxième est l’humilité. Saisir que c’est l’ensemble des gouttes d’eau qui forme la rivière, qui pourra nourrir la vie sur les rives, la vie dans ses torrents. Accepter notre place et y composer notre chemin de vie permet de contribuer à l’équilibre naturel.

La troisième est cette acceptation du changement. Nous aimons la stabilité, mais elle est contre nature. La peur du changement nous empêche d’évoluer. Regarder un cours d’eau est inspirant et nous apprend l‘ouverture au changement. Quand la température monte, et la chaleur devient extrême, l’eau s’évapore. Elle est toujours là, mais elle se transforme en vapeur. À l’inverse, lorsque le froid intense arrive sur le pays, l’eau change en glace. Accepter le changement, c’est concevoir que nous devons changer de forme en fonction du contexte où nous nous trouvons, ou que nous vivons, par exemple la maladie. L’eau s’écoule de changement en changement jusqu’au grand océan en passant par le corps de la terre.

Mes maîtres anciens, Montagne, Soleil, Chemin, Vent, et Arbre pour ne nommer que ceux-ci sont riches d’enseignement. Je vous invite tout comme moi à les revisiter de temps en temps.

Une chanson de Richard Séguin – Porteurs d’eau

Les paroles sur http://meteopolitique.com/Fiches/eau/Histoire/2007/Spectacles/0322/coulisse/a16.htm

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Apprendre à « Être » avec un arbre   Leave a comment

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Apprendre à « Être » avec un arbre. Quand on sort dans la nature, si l’on s’applique à être tout simplement là avec un arbre, pendant un moment, à regarder où l’on s’appuie contre son tronc, on commence alors à ressentir sa force, sa sérénité, même si le vent souffle, même s’il pleut. On est conscient, sans penser. On découvre l’essence même du monde en lui et par conséquent en nous.

Nous pouvons faire de même avec les gens au lieu de les « étiqueter » d’emblée comme nous le faisons généralement. Lorsque nous rencontrons une personne, certaines pensées et jugements nous viennent à l’esprit. Nous l’avons déjà cataloguée et ne sommes donc plus vraiment en communication avec elle, mais avec nos propres critères.

Plus on se ferme à la réalité, moins l’on s’émerveille de la vie qui se déploie continuellement en soi et des rencontres que l’on fait. Laissons-nous donc surprendre et gardons notre innocence à l’égard des autres.

Françoise Réveillet dans Petites pensées pour voyager léger

Une chanson Everyday People | Turnaround Arts | Playing For Change

Publié 30 juin 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Mariee Sioux chante Wild Eyes   Leave a comment

Mariée Sioux est née à Nevada City, une petite ville de 3000 habitants au nord de la Californie. Elle nous présente un folk mystique dont la poésie néo-chamane à des couleurs de vieilles légendes. Écouter ses chansons, c’est découvrir un monde dont la nature est un miroir de l’âme, et sa voix est un guide fantastique.

Les paroles en français sur http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/978339/mariee-sioux/paroles-et-traduction-wild-eyes/

Une chanson de Mariee Sioux – Wild Eyes

Publié 20 juin 2018 par dandanjean dans Pauses musicales

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S’émerveiller   Leave a comment

Voici le film « S’émerveiller » qui traite de l’émerveillement et qui a remporté le Prix du Commentaire et a été nominé dans cinq autres catégories au Festival International Nature Namur 2017. Un pur plaisir.

Publié 14 juin 2018 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

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Enfance d’un chaman   2 comments

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Il n’y a pas pour vous de différence entre l’homme, la bête, l’arbre ou le rocher, parce que la vie, vous dîtes encore « le souffle », est également présente en chacun. Vous êtes tous habités d’une même respiration. Une qualité qui prévaut sur l’apparence, ce voile qui vous recouvre et vous rend singuliers.

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Et partout cette musique, tendue entre les branches, dans les fils de lumière et dans les gorges d’ombre; cette vibration portée de gueule en gueule, amplifiée aux froissements d’un élytre, d’un cri rauque, d’un roulement dans le cou d’un oiseau. A chaque instant la forêt est épaisse de ce qu’elle s’apprête à dire, ou bien de ce qu’elle tait. Tout parle sous les mousses au coude d’un vieil arbre. Même le parfum au ventre de la fleur est un mot prononcé.

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Combien existe-t-il de peuples qui osent aujourd’hui s’adresser à une plante à voix haute ? Tu réveilles une mémoire ancienne, ranimes dans la parole ce mélange de prière et de magie, caché dans les ourlets de la langue, à ses zones de lisière. Cette force d’incantation, ce souffle d’inattendus. Ce désir immodéré d’être entendu par les arbres et les pierres. De revenir au monde. De l’honorer.

Le feu éteint, la nuit s’avance, tu chantes encore. La lune à mi-ciel déjà, un vent de nuit s’approche de l’autre côté du fleuve. Je l’entends qui empoigne les arbres, les froisse l’un après l’autre, marche sur les cimiers. Ton chant s’y cogne, s’y éparpille, quand le souffle dégringole jusqu’à nous, chargé du sucrin des fruits de palmes, que les chauves-souris grignotent avec des bruits métalliques, une faim d’ailes battues. Plus loin, une chouette soupire. Puis un buisson clignote sous la raucité du crapaud.

Ainsi tu chantes jusqu’au lever du jour, mélangeant ta parole avec les voix de la forêt …

Anne Sibran dans Enfance d’un chaman, « Haute enfance »

 

Une chanson de Mark Knopfler & Chris Botti – What A Wonderful World

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/244163.html

Publié 29 mai 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Vision d’Ivan Tourgueniev   Leave a comment

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Rien de plus agréable que de rester ainsi couché sous-bois, le regard en l’air ! On croit contempler une mer immense qui s’éploie au-dessous de vous ; loin de sortir de terre, les arbres vous paraissent les racines de plantes gigan­tesques qui tombent à pic dans les eaux cristallines ; le feuillage prend ici une transparence d’émeraude, là des tons opaques, mordorés.

Quelque part, très loin, une petite feuille immobile prolonge un rameau effilé sur un lambeau d’azur ; à côté, une autre s’agite d’un mouvement qui semble spontané et rappelle le jeu d’une nageoire. Pareils à de féeri­ques îles sous-marines, de blancs nuages voguent et disparaissent lentement.

Et soudain, cette mer, cet éther radieux, ces feuilles et ces branches inondées de soleil, tout ruisselle, tout frissonne d’un éclat fugitif ; un bruissement frais s’élève, semblable au léger clapotis d’une houle subite. Immobile, vous contemplez ce spectacle : aucun mot ne saurait tendre la douceur, la joie, la quiétude qui vous pénètrent. La nue profonde appelle sur vos lèvres un sourire aussi chaste qu’elle ; en même temps que la file des nuages au ciel, se déroule en votre âme la lente théorie des souvenirs heureux ; on a l’impression que le regard plonge toujours plus avant et vous entraîne à sa suite vers cet abîme calme et rayonnant ; et l’on ne peut s’arracher à cette profondeur, à cette immensité…

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Je lui dis adieu d’un signe de tête et m’en fut tout le long de la rivière embrumée. Je n’avais pas encore fait deux verstes que déjà la large prairie humide, les coteaux qui verdoyaient devant moi, la longue route qui poudroyait derrière, les buissons étincelants, la rivière qui bleuissait pudiquement sous son voile de brouillard, tout le pays s’illumina : la jeune et chaude lumière se déversa en flots d’abord roses, puis rouges, puis dorés. Tout s’agita, s’éveilla, se mit à chanter, à bruire, à vibrer. De tous côtés des diamants s’allumèrent sur les gouttes de rosée.

Ivan Tourgueniev dans Mémoires d’un chasseur

Une pièce musicale de Beethoven – 6e Symphonie  Pastorale

Publié 27 mai 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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