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Qu’est-ce qu’un peuple premier ?   Leave a comment

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On trouvera partout dans le monde des exemples de métissages, sans qu’il s’agisse nécessairement d’impositions dues au colonialisme; et la mondialisation, accélérant ce processus en rend la pensée inévitable. Ainsi, dans le champ des formes artistiques, un musicologue américain, reconstituant l’historique du tango argentin à travers la déportation négrière, en trouve la source dans les cérémonies funèbres Ba-Kongo, dont on reconnaît également le rythme dans la habanera de Carmen, l’opéra de Georges Bizet. À Chandigarh, capitale du Penjab, les spécialistes des nomades du désert du Thar suivent les similitudes et les différences entre la danse des filles voilées de noir et le flamenco andalou, puisqu’on sait que l’ensemble des Roms provient du Rajasthan, en Inde.

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Le métissage au sens anthropologique ne se prémédite ni d’un point de vue marchand ni d’un point de vue moral : il a lieu. Lorsque la cantatrice Kiri Te Kanawa enregistre des chants maoris avec un groupe maori et l’Abbey Road Ensemble, cette grande soprano qui chanta Dona Elvira dans le Don Giovanni de Mozart filmé par Joseph Losey ne joue pas à la World Music : maori elle-même, elle se prête à un vrai métissage en mélangeant sa voix classique à des arrangements pour exalter les chants de son peuple.

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Des Amérindiens ou de ceux qui les ont si longtemps asservis, qui a la conception la plus large de l’universalité, Qui, la plus grande capacité d’ouverture à l’autre ? Conquis par la force, les Amérindiens adaptèrent aisément leurs mythes à l’irruption brutale de ces Dieux barbus à peau blanche dont la place était prévue en creux dans leur univers mental. Il fallut cinq bons siècles à ces dieux blancs pour leur rendre enfin la pareille, ou du moins commencer à comprendre que leur propre pensée n’était pas moins « première » que celle des autres et certainement pas plus civilisée.

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Cependant, si l’histoire de la décolonisation est loin d’être aboutie, elle a partiellement balayé le racisme scientifique associé à l’évolutionnisme, doctrine selon laquelle des races inférieures ont précédé des races supérieures.

Catherine Clément dans Qu’est-ce qu’un peuple premier ?

Une chanson de Chloé Sainte-Marie et Joséphine Bacon: Je sais que tu sais

Publié 3 mai 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La diversité et ses forces pour l’humanité   Leave a comment

ImAGe mains couleurs

On refuse d’admettre le fait-même de la diversité culturelle; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit.

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La diversité des cultures humaines ne doit pas nous inviter à une observation morcelante ou morcelée. Elle est moins fonction de l’isolement des groupes que des relations qui les unissent.

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Le barbare c’est d’abord celui qui croit en la barbarie

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Les tentatives faites pour connaître la richesse et l’originalité des cultures humaines, et pour les réduire à l’état de répliques inégalement arriérées de la civilisation occidentale, se heurtent à une autre difficulté, qui est beaucoup plus profonde : en gros (et exception faite de l’Amérique, sur laquelle nous allons revenir), toutes les sociétés humaines ont derrière elles un passé qui est approximativement du même ordre de grandeur. Pour traiter certaines sociétés comme des « étapes » du développement de certaines autres, il faudrait admettre qu’alors que, pour ces dernières, il se passait quelque chose, pour celles-là il ne se passait rien – ou fort peu de choses. Et en effet, on parle volontiers des « peuples sans histoire » (pour dire parfois que ce sont les plus heureux). Cette formule elliptique signifie seulement que leur histoire est et restera inconnue, mais non qu’elle n’existe pas. Pendant des dizaines et même des centaines de millénaires, là-bas aussi, il y a eu des hommes qui ont aimé, haï, souffert, inventé, combattu. En vérité, il n’existe pas de peuples enfants ; tous sont adultes, même ceux qui n’ont pas tenu le journal de leur enfance et de leur adolescence.

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L’humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires dont l’un tend à instaurer l’unification, tandis que l’autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification.

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L’exclusive fatalité, l’unique tare qui puissent affliger un groupe humain et l’empêcher de réaliser pleinement sa nature, c’est d’être seul.

 

Claude Lévi-Strauss dans Race et histoire

Une pièce musicale Zbigniew Preisner – Song For The Unification Of Europe

L’estime de l’autre   2 comments

Il est fascinant d’entendre les gens se diviser et creuser l’écart qui les sépare.

J’entends ceux qui regardent leurs opposés, leur accolant des surnoms amusants, tels des illuminés, des faux sages, des rêveurs, parce qu’ils ont pris la voie de l’expérience de soi, de l’être. À leurs yeux, ces êtres sont dans une sorte d’anesthésie générale à l’égard de la réalité, insensible au réel.

De l’autre côté, ces êtres désignés comme des réalistes, des spécialises du faire, et qui selon leur conception du monde, le devenir de l’homme se façonne à la chaine de production.

Rien de subtil dans le déni de l’autre, un jugement brut et inutile. L’écoute n’a plus sa raison d’être depuis longtemps. Et pourtant, l’empire de la dérision est occupé par les sans-estimes de l’autre ni de soi.

Peu importe l’objet ou le domaine de la division, ce qui est fascinant, c’est de constater que ce sont ceux qui creusent les écarts ou construisent des murs qui font un travail aliénant et qui se consument en efforts inutiles.

L’estime de l’autre est un pont vers notre humanité.

Une pièce musicale de Johann Johannsson – IBM 1401, A User’s Manual « Processing Unit »

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 8 avril 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Les origines de la beauté   Leave a comment

Le projet « Les origines de la beauté » est un projet non-commercial, artistique, documentaire et de recherches sur la diversité ethnique de l’humanité vue à travers la beauté féminine de tous les peuples du monde.

L’objectif de ce projet est de présenter d’une manière systématique, complète mais tout à la fois créative la dimension réelle de la diversité ethnoculturelle, de donner une image à chaque ethnicité distinctive, peu importe son statut officiel, ni nombre de représentants.

C’est justement sur les groupes ethniques, et non sur les états, qu’est basé ce projet, pour montrer une palette complète de la diversité humaine, que l’on ne voit pas à force de se concentrer plutôt sur la dimension raciale ou nationale qui reste caractéristique des nombreux concours et événements internationaux. Si l’on limite son attention uniquement sur la question de la citoyenneté, près de 90% de peuples du monde restent à l’écart, puisque non représentés par des états indépendants.

Pour lire la suite allez sur http://www.lesoriginesdelabeaute.com/fr/bio.html

 

Pour apprécier la qualité de ce travail, prenez le temps de regarder cet exemple à partir de l’interview avec une représentante du peuple Abaza, des Abazines pour le projet « Les origines de la beauté ». Cela vous donnera surement le goût d’aller plus loin et d’encourager l’initiative.

 

Publié 4 avril 2018 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

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Y a-t-il une mort avant la vie?   2 comments

Beaucoup de propos et d’études ont été recensés sur la question de la vie avant la mort, voire même une vie après la mort, mais peu de chercheurs s’intéressent à la question à savoir s’il y a une mort avant la vie.

Eben Alexander, neurochirurgien à l’esprit rationnel, défend l’idée après avoir vécu une expérience de mort imminente qu’il y aurait bien une vie après la mort.

À cela, sans ouvrir ce débat, Pierre Rabhi répond que le grand problème de fond, ce n’est pas de savoir ce qui va se passer après la mort, mais bien s’il existe une vie avant la mort.

Mais je n’ai rien trouvé sur la présence de la mort avant la vie. Et la question est plus utile que nous pouvons l’imaginer.

Nous savons selon les connaissances scientifiques actuelles qu’il y a près de 14 milliards d’années, il s’est produit ce qui ressemble à un immense Big Bang, une immense explosion cosmique qui engendra l’univers en expansion qui nous entoure présentement. De cette explosion sans précédent du feu nourri de la mort, est apparue la vie.

Ce que nous connaissons de l’univers, c’est qu’il y existe des milliards de milliards de galaxies et que chaque galaxie renferme des milliards de milliards d’étoiles. Sur une de celles-ci, il y a nous sur la terre. Chacun humain, comme chaque étoile, à une durée de vie limitée, nous ne sommes pas éternelles et l’énergie de la mort nous accompagne.

Les connaissances scientifiques actuelles proposent qu’avant l’expansion de l’univers, celui-ci fût d’un volume microscopique. L’énergie qui a été libérée est à l’origine du cycle de la vie et de la mort.

Nous savons que la mort intervient quand l’organisme ne peut plus puiser et maintenir son entropie basse.

L’étude des religions et de leurs visions de la mort nous ramène vers une tendance lourde qui affirme que la mort n’est pas la fin ultime de la destinée de l’homme. Les notions de résurrection, de réincarnation, de nirvana, ou encore de paradis se chevauchent. La mort n’est pas un terme, mais un générateur d’une autre vie.

De plus, plusieurs penseurs occidentaux et orientaux font référence dans leurs avancés pour mieux comprendre le phénomène de la vie, au concept d’énergie vitale (QI ou Ki,  prana, Ka, l’âme, etc.) qui transcende les états de vie et de mort. Cette énergie demeure et devient le lien entre les cycles.

Par ailleurs, si nous acceptons les hypothèses scientifiques avancées dans le domaine de la physique quantique qui postule que toute chose visible et invisible est constituée d’énergie, des perspectives intéressantes s’ouvrent pour comprendre l’avant et l’après, l’interconnexion et l’interdépendance entre les êtres et les choses dans la perspective espace-temps.

La question de la présence de la mort avant la vie, bien qu’elle nous ramène au Big bang, à l’histoire des religions et aux penseurs de ce monde, elle apporte aussi une leçon de vie intéressante. Je n’ai aucun contrôle sur mon origine et sur ma fin, mais j’en ai ici et maintenant, sur l’entretien de mon énergie. Cette même énergie qui après la mort d’une idée, d’une action par l’échec, fait en sorte que je peux me relever et continuer.

Cette même énergie qui est présente en chacun de nous et renvoie aux oubliettes les fondements de nos divisions et de notre apparente diversité. Nous sommes tous des êtres humains.

Une chanson de HK et les Saltimbanks – Citoyens du Monde

Les paroles sur http://www.songtexte.com/songtext/hk-et-les-saltimbanks/citoyen-du-monde-53b3bf69.html

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Les pièges de la généralisation et de l’un   Leave a comment

ImAGE unique

C’est en fixant notre esprit, nos croyances, que nous nouons les diversités de la vie en un seul phénomène. C’est le piège de vouloir tout ramener à l’un, ou à tous, en généralisant.

En faisant des généralisations, nous tronquons la réalité, nous la falsifions afin d’y accoler un sens pour nous. Tous les Québécois sont comme cela. Tous les hommes sont d’éternels enfants. Toutes les femmes sont des mères en devenir.

Le mot Un n’est pas mieux. Il y a un sens à la vie. Il y a un chemin à suivre, une raison, un parti ou un vrai dieu. Il peut en prendre du temps pour se rendre compte que la prise de pensée totalitaire est présente en nous et est le froment de la violence que notre humanité subit. Tout ce qui sera produit à partir de cela aura toujours le même goût.

Rien de commun entre l’Un et la singularité, entre la conception du monde à partir d’une généralisation ou à partir d’une perception où tout est relié et tient ensemble.

Le sens unique est dangereux, car il n’est pas compatible avec le sens inverse et il génère des chocs frontaux…et il n’y a plus de sens.

La singularité est une affirmation spontanée de la vie, et un élément vital de la substance humaine. On ne devrait pas traiter comme un sujet méprisable la personne humaine qui est hors norme, bien au contraire.

L’effet pervers, c’est de vouloir réduire l’humain à un concept unique et de le couper en deux, avec une part à atteindre, la partie noble et l’autre part méprisable à rejeter.

Pourtant, accepter l’humain dans son intégrité, dans sa singularité, apporte une diversité de sens, propice aux rencontres, créant des perspectives de découvertes et d’émerveillement.

 

Une chanson de David Gilmour – Wish you were here

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/246823.html

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Au feu rouge   Leave a comment

Chanson de Grand Corps Malade – Au feu rouge

Yana est une jeune réfugiée syrienne que chacun d’entre nous pourrait rencontrer au prochain feu rouge auquel il s’arrêtera. Dans cette chanson pleine d’humanité, Grand Corps Malade veut redonner leur dignité à ceux que l’on nomme « réfugiés », pour voir les êtres humains derrière les chiffres, les mots et les regards.  Propos partagés par Myriam.

Le texte

Au feu rouge Heureusement je n’ai pas d’enfant se dit Yana très souvent Ce serait encore plus dur, encore plus humiliant Et puis comment elle aurait fait avec un bébé comme paquetage Est-ce qu’il aurait survécu après tout ce voyage Yana a fuit les bombes, la guerre dans son pays Elle sait qu’elle avait peur mais ne sait plus de quels ennemis Entre les tirs de son président, des rebelles, de l’Occident De Daech et des kurdes, elle ne sait plus d’où vient le vent Elle ne sait plus d’où vient la poudre qui a rasé son village Elle ne sait plus qui tire les balles qui ont éteint tous ces visages Elle sait juste que l’homme est fou et que c’est là-bas en Syrie Que s’est formé petit à petit l’épicentre de sa folie Yana pense à tout ça en s’approchant de ma vitre Moi je lui dis non avec ma main et je redémarre bien vite J’avais peut-être un peu de monnaie mais j’suis pressé, faut qu’ je bouge Je me rappelle de son regard, j’ai croisé Yana au feu rouge Après trois mois de périple dans toutes sortes d’embarcations Elle a souvent cru que la mort serait la seule destination Comme lors de cette nuit noire, au milieu de la mer Égée Dépassée par les vagues, sur un bateau bien trop léger Entre les centres de rétention et les passeurs les plus cruels Yana a perdu de vue tous ceux qui avaient fui avec elle Elle s’est retrouvée seule avec la peur, le ventre vide Et des inconnus aussi perdus qu’elle comme seuls guides Marchant pendant des semaines, puis payant à des vautours Le droit de se cacher à l’arrière des camions sans voir le jour Après ces mois d’enfer, elle passe ses nuits sur un carton Son Eldorado se situe Porte de La Chapelle, sous un pont Yana pense à tout ça en s’approchant de ma vitre Moi je lui dis non avec ma main et je redémarre bien vite J’avais peut-être un peu de monnaie mais je suis pressé, faut qu’ je bouge Je me rappelle de son regard, j’ai croisé Yana au feu rouge Dans ses nuits, les cauchemars d’expulsion sont réguliers Elle attend d’obtenir le statut de réfugiée Elle mendie au feu rouge avec la détresse comme bâillon Elle se renseigne sur ses droits, petite princesse en haillons Elle imagine parfois sa vie d’étudiante dans son pays Si la justice avait des yeux, si la paix régnait en Syrie Elle sourit même parfois quand elle trouve la force d’y penser Elle rêve en Syrien, mais là elle pleure en Français J’aperçois Yana rapidement lorsque le feu passe au vert J’ai un petit pincement au cœur, mais j’suis en retard et j’accélère Les plus grands drames sont sous nos yeux, mais on est pressé faut qu’on bouge Y’a des humains derrière les regards, j’ai croisé Yana au feu rouge

Publié 9 mars 2018 par dandanjean dans Pauses musicales

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