L’instant du voyage

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Le voyage m’a beaucoup aidé à découvrir l’instant. Le voyage, lorsqu’il s’apparente à un parcours de routard et non pas à un voyage organisé, permet de vivre une certaine forme de détachement.

Lorsque nous arrivons à un endroit, et que nous rencontrons une personne, chaque mot que nous désirons prononcer, jaillit d’une certaine façon du futur pour se faire présent.  Chaque sensation que nous ressentons en marque le présent puis, s’enracine dans le passé.

Le fait de ne pas être uniquement en mode habitude, mais en mode accueil et découverte fait vivre ce point de singularité du présent.

Il est si éphémère, si furtif que nous pouvons en arriver à percevoir l’illusion de ces variations du temps et de la matière.  Il y a plus vraiment de présent, mais un instant de vie intense et partagé. Ainsi, on en arriver à voyager à partir d’un itinéraire approximatif.

Le voyageur qui prend conscience de la futilité du temps n’essaie plus de capter la sensation, les émotions, les images, les pensées. Il passe à travers ceux-ci comme une expérience nouvelle et singulière qui ne peut pas se reproduire.

Essayer d’éterniser chaque expérience importante d’un voyage c’est vouloir s’abreuver de la sècheresse d’un puit.

Une chanson de Daran – Gens du voyage

Les paroles sur https://www.boiteachansons.net/Partitions/Daran/Gens-du-voyage.php

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Le fardeau des expériences

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Nous avons une part en nous qui a tendance à faire de nous un conservateur. Dans ce grand voyage de notre vie, nous nous acharnons à entasser des souvenirs, nous en prenons jalousement soin, allant jusqu’à les qualifier d’ordinaires à préférés.

Bizarrement, ces souvenirs sont entrés dans notre vie au cours d’une histoire. Toutefois, le fait de les conserver, le fait de les rassembler, nous amène inconsciemment à créer une histoire plus grande une espèce de mythologie qui les fédèrent et qui est susceptible de plaire à notre représentation de nous-même qui évolue.

Ainsi, au fil des ans, on entasse des souvenirs, et au fil de l’histoire qui évolue, les événements qui ont été à l’origine de leurs apparitions sont revisités, réparés et astiqués, pour que l’on puisse les exposer derrière la vitrine dans un étalage de notre égo.

Il y a aussi les souvenirs qui sont jugés en perte d’intérêt ou devenus sans valeur, et qu’avec le temps nous laissons de côté dans le coffre à oubli de nos actions passés croupissant dans les recoins sans lumière de notre esprit. Parfois, ils resurgissent en raison d’un jeu de croisement de lumière.

Prenons-nous conscience que le fait de vouloir conserver tant d’éléments de notre passé fait en sorte que nous trainons à la longue le fardeau de nos expériences?

Et pourtant, lorsque nous laissons les expériences nous imprégner, puis que nous les délaissons pour qu’ils poursuivent leurs travaux de façonnement de l’humain, nous devenons souffle de vie, permettant à tout ce qui inspire de nous permettre d’en expirer le sens et de poursuivre notre chemin.

Une chanson de Francis Cabrel – Les murs de poussière

Les paroles sur https://greatsong.net/PAROLES-FRANCIS-CABREL,LES-MURS-DE-POUSSIERE,102558159.html

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L’éveil et autres conceptions erronées

Finding a solution

woman with hands on hips standing in front of a huge keyhole, city and sky seen through it. Black background. Back view. Concept of finding the way

Bienvenue, bienvenue à la foire de la vie ! Mais je vois que tu as déjà pris place sur son carrousel ! Ce que tu conduis bien ! Ta voiture est aérodynamique, munie d’une pédale d’accélération et d’un frein ! Mais avant tout d’un volant ! ce qui permet toutes sortes de manœuvres, et tu ne t’en prives pas ! Or, curieusement, l’engin ne cesse de tourner en rond ! Tu donnes des coups de volant, à gauche, à droite ; tu freines, tu te démènes, mais jamais ne changes de direction.

Ton moi, ledit ego, fonctionne de façon analogue : il va à gauche, à droite, sans toujours être content du résultat, de sorte qu’il finit par se dire : « Voyons ce que font les autres, comment ils s’y prennent ! Par exemple, le gars qui est assis là-bas !» Il prend décidément bien les virages. Tu l’imites, mais rien n’y fait : tu continues de tourner en rond. De temps à autre, le carrousel s’arrête, et tu fais une courte pause. C’est le bardo des Tibétains. Puis tu te mets en quête d’un nouveau véhicule. « Cette fois ce sera peut-être un cheval. J’ai besoin de récupérer. Sans doute en ai-je décidé ainsi !» C’est prudent de ta part, ou bien vraiment sage. En fin de compte tu empruntes une trottinette. Tous ces tours de manège t’ont à vrai dire épuisé, et tu te sens plein d’humilité, de modestie.

Ces inlassables tourner en rond ont néanmoins mûri ton moi, et il advient que tu avances dans la même direction que le carrousel lui-même. Tu t’écris alors sur un ton de triomphe : « Cette fois-ci j’ai manœuvré avec adresse ! Il me semble avoir enfin pigé ! Tu as fini par comprendre comment tout ça fonctionne. « Voyez, j’ai le contrôle sur tout !» Tu te sens en harmonie avec le cosmos, en accord avec toute la création. Et un moi accordé de cette façon-là se meut dans la même direction que le carrousel. « Regardez ! regardez comme je suis doué pour la conduite ! Le carrousel tourne selon la direction que je lui imprime ! Ici, moi, regardez donc ! » Celui qui maîtrise l’art de la conduite de façon aussi incomparable est en mesure de dire aux autres comment ils doivent s’y prendre pour arriver au même résultat – « faites donc comme moi ! »

À présent, tu es un conducteur ayant atteint le plein éveil. « Tous à sa suite !» peut-on entendre avec enthousiasme. Le mieux est d’emprunter un autobus : « Venez tous, prenez place derrière moi ! Le carrousel de la vie et moi ne faisons qu’un ! » C’est ainsi que l’on devient un guru. Si tu veux agir avec plus de discrétion, tu peux naturellement aussi envisager une autre fonction, tout aussi importante, par exemple de conduire la voiture des sapeurs-pompiers, ou bien une ambulance – ou encore suivre l’ambulance pour des raisons de sécurité.

En tout cas, il importe de garder une vue panoramique quoi qu’il advienne, d’accélérer et de freiner au bon moment et, par-dessus tout, de conduire avec adresse – cela facilite la tâche de tout le monde. Tu garderas ton véhicule parfaitement sur la voie et contribueras à ce que le carrousel ne dévie pas de sa trajectoire. Si seulement tout le monde pouvait conduire avec autant d’habileté ! Tu as la pleine maîtrise de ton véhicule.

Mais un jour le conducteur lâche prise par inadvertance, et tu constates, stupéfait, que l’engin fonctionne tout seul ! Il se meut sans ton intervention ! Vraiment, il tourne tout seul. Le Soi tourne, il n’y a à faire aucun effort. Tu peux te reculer et goûter l’ensemble. Le bonheur est là sans cesse, de façon immédiate.

Karl Renz dans Pour en finir avec l’éveil et autres conceptions erronées

Une pièce musicale de Cantiga 266 – De muitas guisas miragres

La danse de la vie

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Il y a tant de fleuves,

De ruisseaux et de grands lacs

Qui dessinent nos propres entrailles

Toute une vie marine

Courant à travers nos veines

Contournant les continents

Tels, le cœur où le foie.

Ces continents ayant des fonctions si différentes

Et pourtant si essentielles,

Cette richesse de diversité.

Cette vie marine

Qui permet de nous animer

Il est fascinant de prendre conscience

Que ce sont les continents,

Notamment le cœur,

 Qui animent les courants sanguins

Dansant en nous

Par les pulsations rythmées.

Ces mêmes courants qui capturent

Les moments de joie et de peine

Et qui éclatent sur le rivage

De notre attention

Tous ces signes de vie

En mouvance perpétuelle

Mû par le grand battement

Du passage du temps

La vie est une danse

Pour qui entend

Le chant de chaque instant.

Une chanson de Peter Gabriel – Blood Of Eden

Les paroles en français sur https://paroles2chansons.lemonde.fr/paroles-peter-gabriel/paroles-blood-of-eden-live-traduction.html

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Le clin d’œil céleste

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Au cours de la nuit dernière, je me suis levé et j’ai regardé par la fenêtre. Le ciel semblait descendre vers nous mais dans un coin à l’est, il y avait une petite étoile qui scintillait de sa lumière. Je l’ai suivi quelque moment avant de la voir disparaître derrière les nuages gris.

Cela m’était déjà arrivé de me lever la nuit et d’avoir ce genre de clin d’œil d’étoile. Je suis vraiment chanceux, car sur des milliards d’étoiles dans notre seule Voie lactée, elle m’a parlé furtivement.

Rien d’extraordinaire, juste un moment furtif de contact et de plaisir.

Imaginez qu’en même temps sur cette planète au loin la possibilité qu’il y ait un observateur qui comme moi a reçu le point de contact. Rien d’impossible, mais est-ce probable?

C’est ce qui rend ces instants sacrés, un événement que nous vivons et qui suscite une intuition qui dépasse l’entendement. Ces instants sacrés n’ont pas besoin d’être démontré pour atteindre notre cœur. Le sacré a ce pouvoir de susciter une représentation du monde en marge du regard profane.

Certains parleront d’hallucinations, d’autres de transes, mais est-ce important?

Ces instants sacrés sont là et nous les cueillons pour nourrir notre créativité.

Une chanson de Lex Van Someren – Like Heaven

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Bon jour

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Imagine l’instant qui se prolonge, prenant de l’ampleur, enveloppant tout ton être tel une immersion dans la mer. Imagine que ce n’est pas l’eau, mais la lumière qui t’englobe, et qu’elle te permet de mettre à jour le monde qui était caché par les ombres, révélant des formes et des matières qui sommeillaient dans la non-reconnaissance.

Imagine que tu t’éveilles à des clartés par les jeux de lumière qui te prolonge plus loin en toi, tout en restant dans une perspective d’un monde extérieur, comme si la frontière du dedans et du dehors s’était évaporée. Tu ne peux concevoir, ni même imaginer cette grande unité qui se présente, car c’est réellement un instantané. Il n’y a plus besoin de définir un équilibre entre l’âme et le réel.

Une sensation de plénitude, de paix et de joie te traverse. Tout ce que tu regardes n’est que lumière projetant un grand horizon de par ton corps, rien est différent, tout est singulier. Tout ce qui existe est un reflet de cette lumière.

Serein, tu vis ce lever d’instant de vie qui t’a permis de sortir d’un autre sommeil.

Bon jour

Une chanson de Santana et de Everlast – Put Your Lights On

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/247151.html

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Thich Nhat Hanh et la sérénité de l’instant

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Il nous faut vraiment comprendre la personne qu’on veut aimer. Si notre amour n’est que volonté de posséder, ce n’est pas l’amour vrai. Si l’on ne pense qu’à nous-mêmes, si l’on ne connaît que nos propres besoins et ignorons les besoins de l’autre, on ne peut pas aimer. Nous devons regarder profondément pour voir et comprendre les besoins, les aspirations et les souffrances de la personne qu’on aime. Ce sont les fondations de l’amour vrai. Vous ne pouvez vous empêcher d’aimer l’autre quand vous le comprenez vraiment.

*

Quand un bon jardinier regarde son compost, il sait cela : le compost ne le dégoûte plus, ne l’attriste pas. Au contraire, il connaît la valeur de la matière en décomposition et n’a rien à objecter. Un compost donne naissance à des fleurs en quelques mois. Vis à vis de notre colère, il nous faut être tout aussi perspicace que le jardinier qui n’a pas une vision duale des choses. Notre colère, nous ne devons ni en avoir peur, ni la rejeter. Nous savons que la colère peut être une sorte de compost et qu’il est en son pouvoir de donner naissance à quelque chose de beau.

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Il y a des gens qui pratiquent la méditation assise plusieurs heures par jour et qui ne font jamais vraiment face à leurs sentiments. Certains d’entre eux disent que les sentiments ne sont pas importants – et préfèrent porter leur attention sur des sujets métaphysiques. Je ne dis pas que ces autres sujets n’ont pas d’importance. Mais s’ils sont considérés sans relation avec nos problèmes réels, notre méditation n’aura pas vraiment de valeur ni d’utilité.

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Ne pensez pas que la connaissance que vous possédez aujourd’hui soit immuable, absolue vérité. Évitez d’avoir l’esprit étroit et de vous attacher à vos points de vue actuels. Apprenez et pratiquez le non-attachement aux points de vue afin d’être ouvert et réceptif au point de vue des autres. La vérité est dans la vie et pas seulement dans les concepts. Soyez prêt à apprendre tout au long de votre vie et à observer la réalité par vous-mêmes partout dans le monde et à tout moment.

Thich Nhat Hanh dans La sérénité de l’instant

Une pièce musicale de Hans Zimmer – A way of life