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Penser le monde comme un ensemble d’événements   Leave a comment

ImAGE Naxos

On peut penser le monde comme constitué de choses. D’entités. De quelque chose qui est. Qui demeure.

Ou bien on peut penser le monde comme constitué d’événements. D’occurrences. De processus. De quelque chose qui se produit. Qui ne dure pas, qui se transforme continuellement. Qui ne persiste pas dans le temps.

La destruction de la notion de temps par la physique fondamentale implique l’écroulement de la première de ces deux conceptions, non de la seconde. C’est la réalisation de l’omniprésence de l’impermanence, et non de l’immuabilité dans un temps immobile.

Penser le monde comme un ensemble d’événements, de processus, est le mode qui nous permet de mieux le saisir, le comprendre, le décrire. C’est l’unique mode compatible avec la relativité. Le monde n’est pas un ensemble de choses, c’est un ensemble d’événements.

La différence entre les choses et les événements, c’est que les choses perdurent dans le temps. Les événements ont une durée limitée. Le prototype d’une chose est une pierre : nous pouvons nous demander où elle sera demain. Tandis qu’un baiser est un événement. Se demander où se trouvera le baiser demain n’a pas de sens. Le monde est fait de réseaux de baisers, pas de pierres.

Carlo Rovelli dans L’ordre du temps

Une pièce musicale de Pat Metheny avec Charlie Haden – Cinema Paradiso

Publié 19 avril 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Quand le temps s’endort   Leave a comment

 

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Le temps s’est endormi et j’ai pu réaliser quelques rêves en étant éveillé

Le temps s’est endormi et je me suis libéré quelques instants

De la course contre la montre qui fait en sorte que nous survolons au lieu d’être

J’ai pu réaliser ce que je voulais vraiment faire en prenant le présent

J’ai pu aussi ne rien faire et en même temps, ne rien perdre, alors quel présent!

 

Le temps s’est endormi et j’ai conscience que ce n’est pas l’éveil

Qui a su faire la différence, mais plutôt, avoir veillé, et s’être émerveillé

Prendre la mesure de la nuit de la vie, cette face obscure et fabuleuse

Et pendant que le temps dort, que l’espace se retient, je suis en expansion

Je suis au cœur d’ici et maintenant, de l’instant, de l’immuable présent.

 

Heureux de vivre ce jour et d’offrir cette veille en partage.

 

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Veiller tard

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/906880.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

 

Publié 6 avril 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Chacun de nous doit avoir sa clef   2 comments

contemplation

C’était un grand rite qui se passait, un infini retour des choses comme celui des oiseaux et des étoiles ; c’était simple comme la vérité, c’était sans tristesse comme la vérité ; c’était depuis toujours.

*

J’étais au point nul : rien devant, rien derrière. On aurait dit que ce moment-là revenait chaque fois dans ma vie, comme si je devais passer et repasser par le même point, le même, toujours le même, mais chaque fois plus douloureux, plus aigu — on dirait qu’on passe sa vie à tourner autour d’un certain point, et si l’on connaissait vraiment le point, on aurait résolu le problème, tranché le cou du destin.

*

Le but était partout ! À chaque instant, c’était le but, totalement le but, en chaque point de l’espace, chaque seconde du temps, sans un hiatus d’avenir pour espérer, sans une faille de passé pour un regret ; c’était ça et tout le temps ça, parfaitement ça, à chaque seconde — une myriade d’orbites impérissables qui passaient et repassaient par d’éternelles coordonnées, un seul mouvement imprescriptible qui rattachait ce point de douleur, cet éclat de moi, ce tressaillement d’un âge, au passage de l’écureuil et au souffle des moussons, à cette chanson d’enfant sur une petite plage blanche, à d’innombrables chansons, d’infinis points de douleur ou de joie qui se fondaient ensemble, qui ne faisaient plus qu’une seule grande traîne lumineuse, une immense robe de neige tissée d’un millier de fils, et comme une grandiose unique Personne qui se mouvait par d’éternels champs d’azur. C’était la cérémonie des mondes — absolue, sans défaut, pour la seule joie d’elle-même.

*

La vie amène lentement nos rêves comme les oiseaux.

*

Va et regarde chaque chose comme un secret.

*

Peut-être les ombres nous talonnent-elles pour nous obliger à plus de lumière ?

*

Et je me demande si le futur que nous découvrons pas à pas n’est pas un vieux passé : une semence éternelle se déroule. C’était soudain comme les morceaux d’un puzzle qui tombent en place et forment une image complète : des scènes vues ici et là, incohérentes, sans lien, quelquefois même à des années de distance, venaient se rassembler d’un coup et me donnait la clef de l’histoire. Et il me semble bien que chacun de nous doit avoir sa clef.

Satprem dans Par le corps de la terre ou Le Sannyasin

Marin et breton, résistant  arrêté par la Gestapo à l’âge de vingt ans et passe un an et demi en camp de concentration, il est devenu écrivain, chercheur et amant de la vie. Pour lui, L’homme est un être de transition. Décédé en 2007 il laisse une œuvre colossale.

 

Une chanson de Patrick Watson – The Great Escape

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/297328.html

Publié 21 mars 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Le plat du jour   Leave a comment

Je suis de ceux qui cuisinent sans recette établie. Je regarde les légumes, parfois j’ajoute de la viande et je laisse aller l’humeur du goût. Je n’ai pas de recettes à proposer, mais j’ai à partager des expériences qui furent intéressantes, des agencements heureux, et des mélanges d’épices divins.

Sur ce blogue, vous ne trouverez pas de recettes prêt-à-porter, des opinions, des expériences, des visions contradictoires, vous allez retrouver les petites perles qui ont allumé des lumières scintillantes en moi. Rien de magique, tout est simplement humain. Pas de clichés, de phrases toutes faites, aucune proposition à l’adhésion à des codes d’une société secrète ou d’une école de pensée.

Je vis, je partage des perceptions, j’ose l’entraide. Je sais qu’il est difficile de faire ses marques soi-même, et j’ai du respect pour ceux qui essaient. J’aimerais aider à susciter des envies de se relever après nos chutes.

Je n’ai pas d’intérêt à expliquer comment le monde fonctionne, comme mieux le comprendre, comment le justifier ou le condamner.

J’aimerais illustrer que la vie est un Présent, un instant à la fois, partager cette capacité d’aimer la vie et les gens qui nous entourent, de partager quelques émerveillements simples et profonds. J’aimerais être de ces personnes qui ont évité de demander de reproduire leur propre vie, mais qui a su éveiller l’amour de soi au profit du sens commun.

J’écris en tentant de nous donner le goût de nous alimenter sainement de nos expériences de vie. J’écris pour susciter des recettes d’éveil au goût, au plaisir, aux épices de la diversité et au partage spirituel. Je ne sais pas faire le plat parfait, je ne suis pas cuisinier, j’aime seulement préparer des repas, et je fais avec amour et attention le plat que je désire te partager.

Une chanson de Stacey Kent – Les Eaux de Mars

Les paroles sur https://genius.com/Stacey-kent-les-eaux-de-mars-lyrics

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Par delà le corps de la terre   1 comment

Clarisse 19-02-05

Il y a 8 ans, Clarisse, ma mère est décédée après avoir passé près de 25 ans prisonnière de son corps par la maladie. Je pouvais passer lui rendre visite, lui parler et lui chanter une chanson, puis partir. Et si je décidais de revenir 5 minutes plus tard, elle avait déjà oublié mon passage. Je pouvais lui faire revivre la même chose. Sa lésion au cerveau avait fait en sorte qu’elle n’avait plus de mémoire à court terme. Elle se rappelait ma naissance, mais pas ce qu’elle avait pris pour déjeuner. Confiné en fauteuil roulant où le lit, sa vie était dépendance, elle qui avait passé sa carrière comme intervenante dans des organismes ou entreprises pour aider les autres.

Chacune de mes visites qui étaient aux yeux de certains inutiles était pour moi des réelles présences à l’autre, sans attente, sans contrepartie. Mon frère Robert a été envers elle un pur exemple de compassion.

Il y a des portes dans les présents de la vie que l’on ouvre qu’en étant attentif, disponible, sans mots de passe… et elles génèrent des rencontres merveilleuses, et depuis mère veilleuse.

Une chanson d’Arcade Fire interprétée par Peter Gabriel – My body is a cage

Les paroles en français sont sur https://www.lacoccinelle.net/958348.html

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Publié 11 février 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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La vitesse du temps   1 comment

vagues

Il est fascinant de constater que plus nous avons l’impression que le temps passe vite, plus nous sommes en phase avec nos attentes. Nous ne voyons pas le temps passer lorsque nous créons un œuvre, lorsque nous sommes avec une personne que nous aimons, lorsque nous faisons quelque chose qui nous satisfait grandement.

Cela ne veut pas nécessairement dire que c’est bon. Passé des jours à jouer à des jeux, à consommer des substances nous fait perdre la notion du temps, nous sommes en phase avec des attentes qui nous éloigne de soi.

Par contre, lorsque nous sommes déphasés, le temps s’égraine avec une lenteur insupportable. Souvent, nous ressentons cela lorsque nous faisons ce que nous n’aimons pas, lorsque nous endurons, subissons, nous entreprenons un labeur sur une trop longue période, cela semble attiser l’ennui. Ces moments de perte de temps (en fait le temps bat toujours au même rythme, c’est l’illusion de la vitesse qui se perd) me font penser à ces voyageurs dans un aéroport qui attendent suite à un départ annulé, ils n’ont plus de repères et ils sont là à regarder filer les autres avions un a un. Ils sont déphasés par rapport aux autres qui sont en mouvement.

Comment vivre pleinement, si lorsque tout va bien et que nous sommes heureux, le temps s’évapore, tandis que lorsque tout va mal, il se fige et nous retient en mauvaise posture? Cela peut paraître injuste. Et pourtant, c’est la vie, telle quelle est, en apparence. Faut-il développer la résilience et l’acceptation de notre mort éventuelle pour bien vivre?

Peut-être, car l’illusion de la vitesse du temps s’évanouit à l’Instant de la Rencontre, là où personne n’est autre, et personne n’est soi. Une simple présence consciente à l’instant.

Une pièce musicale de John Butler – Ocean

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Publié 6 février 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Les vents du rire   Leave a comment

ImAGE Inde enfants rire

Le rire est l’un des grands vents du cycle climatique de notre humeur. Tantôt, par la dérision, il peut soulever des réactions en chaîne et susciter des comportements indésirables.

Il peut aussi être une onde de caresses à l’humain et lorsqu’il est porté par le partage, déposer au cœur de l’autre un instant de joie, telle une brise d’air frais que nous partageons et qui nous enveloppe.

S’il est vrai que le vent de la dérision de l’autre amène la noirceur, c’est tout le contraire si nous rions avec respect de soi. Un vent soulève ce que nous sommes et en révèle les voiles de l’illusion qui se déchirent un à un.

Le rire lumineux permet d’atteindre des envolées de vie et de liberté, simplement. En fait, c’est un sérieux mélange de légèreté et de contribution à l’autre.

Les vents du Rire, selon de nombreuses études, provoquent donc de nombreux mécanismes qui peuvent engendrer des effets bénéfiques sur notre corps. Voici quelques constats tirés de recherches qui vous surprendront. Les vents du rire:

  • mobilisent la plupart des muscles de l’organisme, c’est presque du sport
  • peuvent avoir des effets comparables que l’exercice physique pour le système cardiovasculaire en stimulant la circulation sanguine
  • contribue à accroître le taux d’anticorps (peut-être pour nous prémunir des détracteurs)
  • sont un phénomène expiratoire intense, c’est-à-dire que lorsque l’on rit, on vide parfois tout l’air contenu dans notre poitrine
  • peuvent, grâce à la contraction des muscles abdominaux, agiter le tube digestif, lieu où s’élabore la nutrition de l’organisme
  • stimulent la production cérébrale de catécholamines (hormone de l’éveil), qui permettent l’augmentation de la production d’endorphines (morphine naturelle) pouvant avoir un effet sur la douleur ressentie (aussitôt, les niveaux d’anxiété et de nervosité chutent)
  • sont un puissant antistress, car ils impactent le système sympathique et parasympathique (et ils sont mignons)
  • provoquent un léger massage du diaphragme entraînant des effets positifs sur la digestion et le sommeil
  • sont ancrés dans le présent, donc ils augmentent la longévité de vivre l’instant.

Alors, c’est bon de rire du rire, et faites des éclats de vénération devant ces vents merveilleux.

Allez, soyez dans le vent…

 

Une musique du cœur vidéo :Preuve que le rire est contagieux

allez essayé…

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Publié 18 janvier 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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