Archives du tag ‘accepter

Revivre   2 comments

ImAGE Liberté

Quand j’en ai eu fini de vivre avec ce sentiment de vide, je me suis levé et je me suis rendu à la bibliothèque de la vie, cette cathédrale des attentes de l’humanité. J’ai poussé la porte et je me suis senti joindre la mémoire collective.

Il y avait des milliers de livres, il y en avait partout et ils s’animaient. Je savais que ces livres étaient vivants pour celui qui a le regard en quête de signes de vie. J’ai tiré sur l’un de ceux que ma main avait touchés, et je l’ai ouvert. Je me suis avancé vers les tables, j’ai pris une place. J’étais las et en même temps avide de vivre autre chose. Je repensais à cette âme disparue après un long combat et à la douleur qui s’était installée en moi.

Le livre traitait du bonheur. J’ai eu un sourire, il me fallait tellement me faire violence pour entrer dans ce texte. Je me suis fait silence et j’ai commencé à lire. Dès lors, j’ai su que ma douleur était guérissable, avant même que les mots dessinent une représentation dans mon esprit.

Plus je lisais, plus je revivais cette sensation que l’être aimé avait laissée en moi. J’ai revu les instants de douceur, de tendresse, et lentement j’ai senti revivifier ces instants. Pendant que je lisais, une autre dimension en moi aidait à laisser pousser, à laisser s’épanouir et à envahir mon être de ce que l’absence et la distance peu à peu avaient effacé. Plus je lisais, et plus la douleur s’estompait peu à peu.

Ma douleur était composée de cette distance qui entrainait le désir d’oublier, au lieu de célébrer la vie.

Je venais de comprendre que je n’étais pas obligé de laisser mourir la part en moi qui avait été aimée.

Le deuil ce n’est pas d’essayer de passer à autre chose, c’est plutôt de suivre le chemin entre la tête et le cœur pour en découvrir le processus d’acceptation et de délivrance.

La part en moi qui a été aimée s’est remise à revivre.

 

Une chanson de Leonard Cohen – Hallelujah

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 21 juin 2017 par dandanjean dans Réflexion, conte

Tag(s) associé(s) : , , , , , ,

Le pardon   Leave a comment

ImAGE reconnaissance

Il y a quand même la société, l’entourage, la famille qui nous collent l’étiquette de «lâche» et nous somment de demander pardon.

Si cela fait plaisir à quelqu’un que vous demandiez pardon, pourquoi ne pas le faire ?

Parfois, dans la rue, il y a des gens qui vous bousculent et vous regarde méchamment. Si cela leur fait plaisir, si cela vous évite de leur démettre une épaule, vous pouvez vous excuser. Vous le faites comme une civilité et vous n’êtes pas obligé de vous reconnaître psychologiquement dans cette demande de pardon.

Parfois il faut demander pardon pour des raisons fonctionnelles, pour éviter un combat, une situation conflictuelle. Et alors ? Il m’est arrivé de demander pardon à des gens pour des choses que je n’avais pas faites, mais cela leur faisait plaisir et a réglé une situation. Aucun problème. C’est fonctionnel. C’est l’art de vivre.

Les gens vont toujours vous qualifier selon leurs propres capacités, réelles ou imaginaires. Mais qu’ils se prennent pour un lion ou pour un chien, c’est leur problème, c’est entre eux et leur psychologue ! Vous n’avez pas à être le psychologue de votre entourage et vous laissez donc celui-ci vous voir comme il vous voit.

C’est merveilleux de demander pardon. Que demande-t-on ? On demande pardon de ne pas être totalement à l’écoute, de ne pas être davantage disponible. Je me rends compte de mes restrictions, de mes limites, de ma prétention, de ma suffisance et je demande qu’on pardonne en moi, ce manque de disponibilité. C’est un geste profond. Il ne faut pas se gêner pour l’actualiser.

Demander pardon n’est pas adressée à quelqu’un, c’est une demande à soi-même. Trouver cette souplesse où l’on peut demander pardon, c’est voir clairement ce qui nous limite. L’entourage nous rappelle ce qui nous limite. Acceptons ce rappel.

Le Seul Désir, Eric Baret

Une chanson de Jacques Brel – Pardons

Publié 18 juin 2017 par dandanjean dans Livres

Tag(s) associé(s) : , , , , , ,

Hors de contrôle   Leave a comment

fils et musique

Essayer de contrôler tous les événements, les choses et les autres. Vous ferez alors l’expérience de la quête de plus de pouvoir pour mieux les contrôler. Des victoires seront acquises et aussi, vous devrez l’admettre des échecs. La difficulté avec la dépendance au pouvoir, c’est cette croyance en sa force additive personnelle. Ce qui vous condamne à connaître l’espoir, la culpabilité, la peur, l’anxiété, le ressentiment, bref, tous ces sentiments qui pourrissent notre vie.

Bien qu’au cœur de chacun de nous nous partageons tous cette vision d’un pouvoir personnel, la forme très insidieuse de sa dépendance nous condamne à vivre dans la souffrance. Et pourtant, prendre conscience que jamais nous ne réussirons totalement à contrôler tous les événements, les choses et les autres nous ramènent à notre juste mesure en tant qu’humain. Nous n’avons pas le réel pouvoir d’assujettir la vie à nos désirs. Mais nous avons la capacité d’explorer la paix et la liberté consécutive à cette acceptation totale de notre condition humaine.

L’acceptation, c’est accueillir avec conscience que cette tendance à prendre et à contrôler est contre nature, voire une illusion. L’acceptation, c’est voir ce que la vie nous a confié, l’apprécier et l’entretenir.

Dans nos vies personnelles tout comme dans nos vies professionnelles, le vrai pouvoir n’est pas dans la capacité de contrôle, mais dans cet art de se réapproprier une capacité d’agir tant au plan individuel que collectif. Une simple voie de liberté, de paix et de créativité.

Une chanson de Radiohead – Karma Police

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Celle qui n’avait pas d’âge   2 comments

ImAGE rosée

 

Il y avait au cœur d’un village au nord du fleuve St-Laurent, une dame intrigante. Elle était d’une énergie communicative et toujours prête à aider les proches autour d’elle. À la regarder, on pouvait croire que la vie avait cessé de lui prendre du temps et qu’elle échappait à l’ouvrage de l’âge.

Aux personnes qui l’a questionnait sur son apparente jeunesse, elle répondait en souriant, qu’elle était jeune depuis longtemps dans son cœur.

Cette dame sans âge apparente était tellement enjouée qu’elle était un modèle pour beaucoup de ses amis.

Un jour, une dame qui venait tout juste de fêter ses 60 ans alla à sa rencontre et lui demanda :

Comment faites-vous pour être si bien malgré votre âge avancé? Je viens d’avoir 60 ans, et je suis triste et je commence à avoir peur!

La dame intrigante lui répondit :

Je comprends très bien ce que vous vivez, il m’arrive parfois de ressentir la même chose lorsqu’il y a un orage dans ma vie. Et je sais être patiente.

Bien sûr cela fait du bien de voir les nuages partir et d’apprécier autant la pluie bienfaisante que le soleil qui en partage la fraicheur.

Vous devriez voir les choses autrement, l’important n’est pas d’avoir un âge, mais d’être en son temps.

Une pièce musicale d’André Gagnon – Après la pluie

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 6 juin 2017 par dandanjean dans conte, Réflexion

Tag(s) associé(s) : , , , , , , ,

Petit traité de l’abandon   Leave a comment

Alexandre Jollien a passé 17 ans dans une institution pour personnes handicapées.

Philosophe de formation, il est l’auteur notamment de Éloge de la faiblesse, ouvrage couronné par l’Académie française, de Le métier d’homme, de La construction de soi, et du Petit traité de l’abandon.

Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose. Bon plaisir partager d’écouter ce grand homme.

 

Publié 1 juin 2017 par dandanjean dans Livres

Tag(s) associé(s) : , , , , , ,

Les trois étapes de la vie   Leave a comment

christiane-singer

Un vieil homme sage est interrogé sur la trajectoire de son existence jusqu’à ce jour. Et voilà comment il en résume les trois étapes :

« A vingt ans, je n’avais qu’une prière : mon Dieu, aide-moi à changer ce monde si insoutenable, si impitoyable. ET vingt ans durant, je me suis battu comme un fauve pour constater en fin de compte que rien n’était changé.

A quarante ans, je n’avais qu’une seule prière : mon Dieu, aide-moi à changer ma femme, mes parents et mes enfants ! Pendant vingt ans, j’ai lutté comme un fauve pour constater en fin de compte que rien n’avait changé.

Maintenant je suis un vieil homme et je n’ai qu’une prière : mon Dieu, aide-moi à me changer – et voilà que le monde change autour de moi ! »

Et pas de malentendu ! Ce n’est pas d’un renoncement à l’action qu’il s’agit mais bien au contraire d’une action neuve dans un esprit libre (…)

Du bon usage des crises de Christiane Singer

Une chanson de Fiori Seguin – Ca fait du bien

Publié 2 mai 2017 par dandanjean dans Livres

Tag(s) associé(s) : , , , , ,

Les solutions oubliées   2 comments

image-livres

Nous avons parfois l’impression que tout devient de plus en plus complexe, que notre époque est pire que les autres, et que nous avançons contre un mur.  Et pourtant!

En lisant les textes anciens notamment de la Grèce, de la Chine, de l’Égypte ou de l’Inde, il est fascinant de découvrir que les propos sur la vie publique sont toujours actuels et les solutions toujours applicables.  C’est peut-être notre quête de modernité qui nous aveugle.

C’est un peu comme une fuite d’eau dans une maison. Plus la maison est grande, plus elle a de pièces, plus elle sera étanche, plus il y aura de dégâts et de choses altérées. Dans une simple cabane en bois les dégâts ne toucheront que le plancher toute l’eau retournant à la terre.

Mais il est embarrassant de constater que malgré les contextes différents, la solution demeure toujours d’une même nature, fermer la source de l’eau et nettoyer.

Nous oublions parfois de faire simple et d’aller droit au but pour changer la situation au lieu de nous lamenter sur les pertes qui s’accumulent.

Une chanson de Peter Gabriel – Make Tomorrow

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 12 avril 2017 par dandanjean dans Réflexion

Tag(s) associé(s) : , , , , , ,

%d blogueurs aiment cette page :