Siddhartha ou la pensée non duelle

yin-and-yang-1947878_1920-1

Le Savoir peut se communiquer, mais pas la Sagesse. On peut la trouver, on peut en vivre, on peut s’en faire un sentier, on peut, grâce à elle, opérer des miracles, mais quant à la dire et à l’enseigner, non, cela ne se peut pas. C’est ce dont je me doutais parfois quand j’étais jeune homme et ce qui m’a fait fuir les maîtres.

Écoute, Govinda, j’ai trouvé une pensée que tu vas encore prendre pour une plaisanterie ou pour de la folie, mais qui, en réalité, est la meilleure de toutes celles que j’ai eues. La voici : Le contraire de toute vérité est aussi vrai que la vérité elle-même ! Je l’explique ainsi : une vérité, quand elle est unilatérale, ne peut s’exprimer que par des mots ; c’est dans les mots qu’elle s’enveloppe. Tout ce qui est pensée est unilatéral et tout ce qui est unilatéral, tout ce qui n’est que moitié ou partie, manque de  » totalité « , manque d’unité ; et pour le traduire il n’y a que les mots. Quand le Sublime Gotama parlait du Monde dans son enseignement, il était obligé de le diviser en Samsara et en Nirvana, en erreurs et en vérités, en souffrance et en délivrance. On ne peut faire autrement et, pour qui enseigne, il n’y a pas d’autre voie à suivre. Mais le monde en lui-même, ce qui existe en nous et autour de nous, n’est jamais unilatéral. Un être humain ou une action n’est jamais entièrement Samsara ou complètement Nirvana, de même que cet être n’est jamais tout à fait un saint ou tout à fait un pêcheur. Nous nous y laissons aisément tromper parce que nous inclinons naturellement à croire que le temps est une chose vraiment existante. Le Temps n’est pas une réalité, ô Govinda. J’en ai maintes et maintes fois fait l’expérience. Et si le Temps n’est pas une réalité, l’espace qui semble exister entre le Monde et l’Éternité, entre la Souffrance et la Félicité, entre le Bien et le Mal, n’est qu’une illusion.

*

Je ne me reconnais pas le droit de porter un jugement sur la vie d’un autre. Je n’ai d’opinion que sur moi-même et sur moi seul, c’est à moi de me juger, à moi de faire un choix, à moi de refuser. Ce que nous cherchons, nous autres Samanas, Ô Sublime, c’est la délivrance.

*

Rien n’est l’œuvre des démons, car il n’y a pas de démons. Chacun peut être magicien et atteindre son but, s’il sait réfléchir, s’il sait attendre, s’il sait jeûner.

Hermann Hesse dans Siddhartha

Une pièce musicale d’Eric Aron – Jati

Aimer

image-baiser

S’aimer alors que l’on déteste les hamburgers dont l’autre raffole, s’aimer entre une scientifique et un artiste, et même tout simplement entre un homme et une femme, ce n’est pas chercher à devenir identiques, évidement, mais plutôt aimer un autre qui est vraiment un autre et pas un autre soi-même.

*

On pourrait croire que l’amour ne n’explique pas, qu’il nous tombe dessus, comme un absolu. Pourtant… Est-ce que l’amour nous tombe vraiment dessus, est-ce qu’il est complètement involontaire ? On dit « tomber » amoureux, effectivement et, normalement, personne ne « tombe » volontairement. Mais, en fait, tout le monde cherche l’amour, tout le monde cherche à tomber amoureux (à moins d’avoir déjà trouvé la personne idéale) : on fait tout ce qu’on peut pour tomber amoureux – et pour que l’autre personne tombe aussi amoureuse. Comme elle aussi cherche la même chose… ça marche très bien. Voilà pourquoi tant de gens tombent amoureux, et ce n’est évidemment pas complètement involontaire, ils le cherchent.

*

Parfois, ce n’est pas vraiment l’amour que l’on cherche, mais juste à séduire, à se prouver à soi-même qu’on est capable de retenir l’attention, d’être choisi (e). Sauf que, si on cherche juste à séduire pour se rassurer, une fois que c’est fait, on n’a pas besoin d’aller plus loin, donc la relation risque de se terminer tout de suite. Et souvent on aura très vite besoin de séduire à nouveau quelqu’un d’autre, pour se prouver encore qu’on peut séduire. Est-ce qu’on tombe vraiment amoureux quand on est trop obsédé par son besoin de séduire ? Peut-être est-ce qu’on n’est pas assez disponible pour l’autre.

Michel Puech dans Aimer

Une pièce musicale de Enta Omri – You are my life

Le pari d’aimer et d’être différent

Femmes-visage-noir-fond-optique-illusion-monochrome-les-yeux-ferm-s-corps-peinture-noir-D-coration

Nous avons tous vécu des relations tendues avec des personnes de notre entourage. Et pourtant, nous continuons à vivre en société parmi les gens.

Nous avons tous déjà vu des relations amoureuses qui se sont transformées en petits conflits frontaliers quotidiens. Bien que certaines personnes choisissent de s’abstenir après une crise, la plupart d’entre nous continuent à s’ouvrir à toute nouvelle relation.

Certains diront que même si elle est conflictuelle, une relation peut nous en apprendre davantage sur nous-mêmes que toute une vie d’isolement. Par exemple, nous pouvons tellement apprendre de la colère vécue à la suite d’une séparation, car elle nous indique que quelque chose d’essentiel manque à notre équilibre. Et tant que nous refusons d’y voir clair, et même pardonner, c’est que nous avons besoin encore de cette souffrance pour exister. La colère est donc une émotion pouvant nous aider à nous libérer de l’enracinement du besoin des petits conflits frontaliers que nous avons laissé s’instaurer.

D’autres diront qu’il vaut mieux espérer vivre le grand amour parfait. Pourtant espérer qu’une relation à venir puisse nous faire transcender nos manques et nos souffrances actuels est un risque périlleux. L’état de dépendance voulant que la clé du bonheur vienne de l’autre est difficile à enrayer.

Tout cela est un peu vrai. Il est toujours possible d’envisager que nos relations soient des présents de la vie, des opportunités pour mieux nous connaître et apprendre au fil des expériences à trouver une juste réponse à nos besoins et guérir nos blessures.

Notre propre nature est avant tout portée par la reconnaissance de notre singularité. Nous sommes seuls vivants ensemble avec idéalement spontanéité et liberté. Ces ingrédients permettent de trouver l’espace entre le je et le nous, et de laisser entrer l’air frais de notre créativité. Dans ce contexte, la notion de défendre des frontières perd son sens.

Il est tellement merveilleux de se laisser porter par la vie avec confiance. Nous sommes plus que nos actes, nos erreurs et nos bons coups. Nous sommes tous les possibles à notre portée.

À chaque il faut, à chaque il ne faudrait pas, il est bon de sourire, et de se laisser guider par ce que spontanément notre voix intérieure nous rappelle.

Différent de tous, différent de ce que j’ai déjà été.

Une chanson de Charlotte Cardin – Les Échardes

Les paroles de https://genius.com/Charlotte-cardin-les-echardes-lyrics

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

 

N’oublie pas l’éternité

ImAGE le voyage

J’aurais voulu être professeur de vie. J’aurais appris aux enfants, aux adultes aussi, tout ce qui n’est pas dit dans les livres… Je leur aurais appris les choses délicates de la vie… qu’un amour entretenu ne s’use pas, que la seule liberté qui vaille d’être vécue est la liberté d’être, qu’il est important de prendre le temps de regarder un nuage, de suivre le vol d’un oiseau, de se laisser surprendre par l’infime des choses de la vie. Qu’il est important d’apprendre à s’aimer, à se respecter, à se définir. Qu’il est encore plus important de ne pas se laisser enfermer dans les jugements, de résister aux rumeurs, aux idées toutes faites, aux modes. J’aurais essayé de leur apprendre à remettre en cause leurs croyances quand elles sont devenues des certitudes, pour laisser plus de place à l’imprévisible de la vie.

*

L’amour m’a fait aimer la vie.

*

J’étais devenue aimance. C’est plus tard que j’ai entendu le sens profond de ce mot que j’avais inventé. L’aimance est un amour qui ne s’égare jamais, qui ne se perd pas dans l’amour de l’autre, un amour qui résiste à toutes les maltraitances, qui se nourrit de sa propre énergie, c’est pourquoi il survit à toutes les souffrances.

Jacques Salomé dans N’oublie pas l’éternité

Une pièce musicale d’Alice Phoebe Lou – Galaxies

Jade et les sacrés mystères de la vie

ImAGE voyage

Une personne, c’est un peu comme un paysage. Si vous l’aimez vraiment, vous n’avez pas besoin qu’elle soit tout le temps au beau fixe pour l’aimer.

*

Tu me diras : c’est difficile de sourire quand on est malheureux. En fait, on apprend. Et on s’aperçoit vite qu’il est encore plus difficile d’être malheureux quand on sourit.

*

Plus on fait les choses gratuitement, et plus on devient riche.

*

Tu sais, il y a des gens qui sont tellement pauvres que la seule chose qu’ils possèdent, c’est de l’argent ! Or, la réussite ne se mesure pas à la quantité de ce que l’on a mais à la qualité de ce que l’on est. Le vrai niveau de ta vie, c’est ta qualité d’être : ardeur et fidélité dans tes engagements, gratitude, attention portée à la beauté de la vie et des êtres, don de soi.

*

On reconnaît l’amour véritable à ce que le silence de l’autre n’est plus un vide à remplir, mais une complicité à respecter.

*

Voulez-vous connaître le plus beau compliment qu’il m’ait été donné de recevoir ? Il est comme le murmure d’une source vive, et incite à respirer fort comme l’on fait au contact d’un air de haute attitude. Il dit : »Merci d’exister » mieux qu’un compliment, c’est un débordement d’amour.

*

Les plus indicibles joies sont celles qui ont traversé la souffrance et qui ont été traversée par elle.

*

Sais-tu que le regard que tu portes sur les choses est plus important que ne le soient les choses elles-mêmes ? Tu peux transfigurer la réalité, par la seule force de ton amour !

*

Beaucoup de gens ignorent que la plus sûre manière de rendre le monde meilleur consiste à aimer mieux le petit monde qui les entoure.

François Garagnon dans Jade et les sacrés mystères de la vie

Une pièce musicale Tales of Kira Kutan – Andreas Vollenweide

Ces mots qui nous composent

image-ecrire

Prend le temps de bien choisir

les mots que tu utilises

ils comportent plus que des lettres

ils illustrent le sens réel

que porte ton message

On peut parler d’amour

avec des mots qui enferment

et chaque mot a son importance

une phrase est composé

de ton intérieur entre chaque mot.

Les mots sont précieux, mais limités

Ils peuvent exprimer le mystère qui t’habite

Mais le grand secret s’exprime difficilement.

Il y a tant à dire, il y a tant à faire

Et pourtant, l’essentiel

du dernier message

que nous souhaiterions laisser

ne parlerait-il pas de bienveillance,

d’affranchissement des chaines,

et de la part d’émerveillement

qu’il nous reste à partager.

Vivre est une opportunité unique

d’être avec toi

et ce sont nos échanges

qui nous composent chaque jour.

Une chanson de Luce Dufault – De la main gauche

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Luce_Dufault-De_La_Main_Gauche-lyrics,p06958471

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Se résoudre aux adieux

ImAGE Visages

Mais aimer, ce n’est pas s’installer une fois pour toutes au sommet de ses certitudes. C’est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l’habitude ne s’insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie. Ne pas croire que plus rien ne reste à faire mais au contraire séduire, séduire encore.

Aimer, ce n’est pas gagner à tous les coups. C’est prendre des risques, faire des partis incertains, connaitre la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la douleur.

Aimer, ce n’est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C’est avancer en funambule au-dessus du précipice et savoir qu’il y a quelqu’un au bout qui dit d’une voix douce et calme : avance, continue d’avancer, n’ai pas peur, tu vas y arriver, je suis là.

*

Ça fait mal d’apprendre à quitter ceux qui nous quittent, d’apprendre à les aimer en silence, le dos tourné, les yeux baissés. De devoir apprendre à son cœur la force de se vider tout en demeurant habité. Apprendre à pleurer en souriant, à s’en aller en aimant.

*

Ne plus être écrasée par les souvenirs mais apprendre à vivre avec eux, ne plus être écrabouillée par le chagrin mais le dominer, ne plus être dans le ressassement mais simplement dans l’effleurement.

Philippe Besson dans Se résoudre aux adieux

Une pièce musicale avec Sarah Brightman et Andrea Bocelli – Time to Say Goodbye

Les paroles en français sur http://www.universound.ca/fr/chanson/2126/