Artistes de notre réalité

ImAGE hajji-zakaria_cooleur_ykbhrwnfdw

Un bon peintre a su développer cette capacité de composer avec les couleurs, d’apprécier ce qui l’entoure et de choisir la bonne teinte, la bonne luminosité, la bonne texture, apprécier les contrastes et les lignes pour représenter ce qu’il perçoit.

Nous pourrions dire la même chose d’un bon musicien qui a su développer cette capacité de composer avec les sons, ou de tout autre artiste du domaine de l’art.

Nous sommes avant tout les artistes de notre réalité. La personne qui a su développer sa conscience et composer avec ses pensées, au lieu de les subir, découvre de nouvelles perspectives et sa vie devient plus lumineuse.

Il est surprenant de constater que peu de personnes s’arrêtent au fait que nos pensées teintent nos expériences. Sans contrôle ou attention, elles peuvent générer des sauts d’humeur, des réactions et même de l’intolérance et déformer la perception, un peu à l’exemple de l’apprentie peintre mélangeant trop de couleurs pour en arriver toujours à ce fameux brun très foncé. Ce n’est pas parce que nous sommes beaucoup d’individus à regarder la même chose que nécessairement nous allons décoder la même réalité.

Prendre conscience que nous sommes les artistes de notre vie, et que notre vision du moment présent sera le résultat de comment nous utilisons nos pensées peut faire la différence entre la clarté et l’obscurité.

Apprendre à apprécier ce phénomène de décodage et de jugement profondément ancré en nous, à l’exemple du peintre qui utilise la couleur sans s’y identifier, nous permet de développer une plus grande réceptivité, ou l’univers de la diversité s’exprime dans toute sa beauté. Alors, le regard reproduit la vie au lieu de produire un voile brun foncé.

Une chanson deJean-Pierre Ferland – Au fond des choses le soleil emmène au soleil

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Entretiens d’Houang-po

8cec821082da97b7b78261d281a31dce

Agitez-vous, faites n’importe quoi, jamais vous ne quitterez le ciel qui nous contient ! Le ciel n’est ni grand ni petit, rien ne s’en écoule, il est incomposé et, ignorant l’erreur, l’Éveil ne le concerne point. Voyez-le en toute clarté : il n’y a rien, ni personne, ni Bouddha, absolument rien qui ait la moindre mesure. Ce filet d’eau pure qui ne repose nulle part et jamais ne se grumelle n’est autre que la conviction de ce qu’en votre essence rien ne naît.

Quel autre plan proposez-vous ? Le Bouddha véritable n’a pas de bouche et de ce fait il n’explique ni ne prêche aucune méthode spirituelle. La véritable audition n’a pas d’oreilles. Alors, qui entend ?

Salut !

*

Que cela vous prenne trois, cinq ou dix ans, il faut que vous ayez un éclair d’expérience…

*

Tout est là, parfaitement complet, rien ne fait défaut.

*

Les montagnes sont les montagnes, les rivières sont les rivières, les moines sont les moines, les laïcs sont les laïcs. La terre couverte de monts et de fleuves, le soleil, la lune et les étoiles ne sont autres que votre esprit. Les univers du trichiliocosme ne sont autres que vous-même…

Où y aurait-il une telle variété si ce n’est dans l’esprit ? Ces montagnes bleutées qui nous comblent le regard et les montagnes bleutées dans l’espace forment une seule terre de blancheur, où il n’est pas un atome de réalité sur lequel vous puissiez théoriser.

Houang-po dans Entretiens

Une pièce musicale GuQin

Satprem et La genèse du surhomme

étoiles déraillent...

Il laisse la coulée l’emplir, la petite vibration claire qui continue et continue et semble couler sans trêve, comme une petite chanson sourde qui l’accompagne, comme un rythme qui monte et va sans fin, comme deux ailes d’oiseau légères qui battent par son azur intime et le portent partout et font comme une douceur de vue tranquille, comme si la vie s’éloignait, s’élargissait, s’enfonçait dans un infini clair où vibre seulement ce rythme, seulement cette cadence douce, et légère et transparente. Et tout commence à devenir extraordinairement simple.

*

Les Secrets sont simples.

Parce que la Vérité est simple, c’est la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. Il n’y a qu’une Chose au monde, et pas deux, comme les physiciens, les mathématiciens ont commencé de le percevoir, et comme l’enfant qui sourit à la vague le sait bien, sur une grande plage où la même écume semble rouler du fond des temps, et rejoindre un grand rythme qui monte d’une vieille mémoire, qui fond les jours et les peines dans une unique histoire, si vieille qu’elle est comme une présence inaltérable, si vaste qu’elle accroche même son immensité à l’aile d’une mouette.

Et tout est contenu dans une seconde, la totalité des âges et des âmes, dans un simple point qui brille un instant sur la folle écume. Mais ce point là, nous l’avons perdu, et ce sourire, et cette seconde qui chante.

Alors, nous avons voulu reconstruire cette Unité par une somme : 1+1+1… Comme nos ordinateurs, comme si la collection de tous les savoirs possibles sur tous les points possibles finirait par nous rendre la note juste, l’unique note qui fait chanter, mouvoir les mondes, et le cœur d’un enfant oublié. Cette simplicité, nous avons voulu la manufacturer pour toutes les bourses, et plus nos boutons savants se multipliaient, simplifiaient la vie, plus l’oiseau s’envolait, et le sourire, même la belle écume est polluée par nos calculs. Nous ne savons même pas très bien si nos corps nous appartiennent… elle a tout mangé, la belle Machine.

Satprem dans La genèse du surhomme : Essai d’évolution expérimentale

Une pièce musicale d’Armand Amar- Life

 

Les clés à Soi

ImAGE main allumée

Les échecs ne mènent pas à la fin du monde. L’expérience a permis de constater qu’il est toujours possible de se reconstruire et de renaître. Certains diront que le temps est un véritable baume pour nous aider à passer à travers. Peut-être!

Et nous savons qu’il nous faut vivre l’instant présent. Pourquoi alors, s’écoule-t-il tant de temps? Tant de temps à réaliser pleinement sa vie, à habiter son corps, et à ne plus laisser passer ce qui nous tient à cœur.

Qui n’a pas déjà vécu ce défi de se relever d’un échec? Il a fallu prendre le temps de nous reconstruire en nous refermant au lieu de vivre l’instant qui se présente. Parfois, il y a des peines qui prennent plus de temps. Dans les faits, ce n’est pas que du temps que nous avons besoin, il nous faut aussi et surtout apprendre à décoder notre cœur et apprivoiser nos peurs. Cette peur du rejet, du ridicule, de ne pas être à son image.

Dans un monde où tout passe, tout temps d’arrêt doit servir à se recentrer, à se permettre de mieux se comprendre et à s’élever en conscience, et non pas se coucher dans l’attente. Cela peut impliquer de prendre à corps tous ces défis et parfois même ces remises en question qui peuvent être à la source de notre échec ou de notre mal-être pour passer à l’action et être ce que nous aspirons.

Il n’y a pas de permission à demander pour réaliser sa vie, il n’y a que cette volonté d’avancer, par essais et erreurs, ce qui veut dire l’expérience, et avec douceur mettre en place ce dont nous avons besoin pour être bien.  C’est étrange parfois de constater qu’il faut peu de temps pour être!  Quand nous en faisons l’essai, nous nous rendons compte que c’est simple.

Parfois, il s’agit juste de retrouver l’innocence et cette capacité de profiter de l’instant présent en alimentant des pensées créatives et réalistes, plutôt que des pensées limitantes portées par nos propres jugements cachés qui nous emprisonnent. Nous sommes notre propre gardien de vie, à nous d’utiliser les clés.

Une pièce musicale de Ben Leinbach – Horizon of Gold

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Être là

ImAGEMatin champs de fleurs

Elle était couchée sur l’herbe, et lui était bien heureux d’être si près d’elle.

Elle lui demanda de regarder le passage des nuages dans le ciel. Elle lui montra les différentes formes qu’elle voyait et imaginait un dragon qui lentement s’est transformé en un oiseau et enfin en une croisée de chemin. Elle lui dit qu’elle se sentait comme ces nuages, sans forme fixe.

Elle regardant son ami dans les yeux et gardant le silence quelques instants.

Il lui dit alors que lui aussi avait ce sentiment que rien ne se fixe à jamais. Que cet instant qu’ils vivent ensemble n’arrive qu’en ce moment, il peut y en avoir d’autres pareils, mais ce sera peine perdue.  La magie est en ce moment.

Il lui raconta qu’à toutes les fois qu’il réalise un rêve, un projet, une épreuve, un moment magique, il vivait la satisfaction.  Bien sûr, il y a eu les efforts, oui cela entrainait souvent de la fatigue, mais le but était atteint. Et lentement s’effaçait la satisfaction et le désir de relever un autre défi, de faire une autre découverte l’animait. Chaque fois qu’il tentait de refaire le même trajet ou le même projet, il mesurait la perte d’intérêt, la perte d’intensité. Pour lui aussi, le moi changeait constamment comme les nuages et il avait besoin de traverser de nouveaux horizons.

Elle se colla contre lui. En effet, ils venaient tous les deux de mesurer l’importance d’être là, ensemble.

Une pièce musicale de Beethoven – 6th Symphony – Pastoral

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Chemins de la profondeur

QBxH1pf

Tout art s’apprend, tout métier s’enseigne. Il existe un art de vivre comme un art d’aimer, et donc un art de la vie intérieure. Il a ses guides. Parmi eux le plus précieux se trouve à l’intérieur de soi-même. Peu importe le nom qui lui est conféré. On peut, avec Augustin, l’appeler le « Maître intérieur ». Mais il doit être découvert. Les autres maîtres n’auront pas d’autres fonctions que de favoriser cette rencontre du soi avec le Soi suprême, l’élément le plus vivant de l’être.

L’expérience du silence.

L’art de la vie intérieure

*

L’homme privé de racines, désacralisé, se banalise. Il n’est plus qu’un personnage sociologique ; on anéantit son mystère et ses pouvoirs secrets. Un tel homme n’est plus qu’un produit de supermarché. La dimension humaine ne peut s’acquérir que par l’intériorité, au profit d’une structure lui permettant d’occuper la place qui lui revient et à laquelle il a droit.

*

Il ne s’agit (…) pas de mélanger les voies mais de comprendre que les traditions s’imbriquent et se complètent.

*

(…), une religion, quand elle n’est pas vécue intérieurement, peut présenter des dangers pour la vie spirituelle en créant une vaine assurance dont les conséquences sont illimitées.

Marie-Madeleine Davy dans Chemins de la profondeur

Une pièce musicale de Santana Moonflower

Le mystère de la matrice

J’aimerais partager une confidence. Il existe quelque chose de plus beau et de plus enivrant que la possession de joyaux et de trésors.

Depuis la nuit des temps, un mystère guide et anime des âmes les rendant lumineuses et créatrices. Ce mystère est l’expérience de vie la plus intense et elle est porteuse de grandes transformations personnelles. Son sens est difficile à saisir, sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, car il relève du possible improbable et de la découverte.

Il s’agit de cette démarche personnelle qu’un être décide de réaliser afin de poursuivre la voie du développement de sa conscience.

Vous savez cette quête qui génère l’acquisition de connaissances et d’expériences. Nous pouvons développer ces expériences et ces connaissances lors de chacune de nos activités créatrices, de chaque activité de découverte, et elles génèrent en nous de l’émerveillement. Par l’expérience et les connaissances, nous nous dépossédons de nos préjugements, de nos aprioris, et ce que nous retenons est intangible tout en remplissant pleinement nos vies.

Tous les contes et les histoires de notre enfance font l’éloge de la vie royale et de l’acquisition de biens précieux. Et pourtant, c’est dans le dépouillement de ces désirs d’acquisition que l’homme sublime sa nature propre.

Lors de chaque avancée, lors de chaque prise de conscience, nous découvrons en même temps que quelque chose échappe à notre entendement, nous maintenant en état d’éveil, en vie, c’est-à-dire, attentionné à saisir les opportunités de développement, à capter humblement cette réalité furtive que le mystère voile, et à partager avec les autres ces beautés intangibles qui illustrent la grandiose de tout ce qui est.

Pas besoin de posséder lorsque nous accédons à ce qui crée de la vie.

 

Une pièce musicale de Jóhann Jóhannsson – Flight From The City

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.