Archives du tag ‘vraie nature

La nature d’un autre   Leave a comment

Bouddha vert

 

Un moine demanda à un maître Zen :  » Chacun est censé avoir la nature du Bouddha. L’ai-je ? »

Le maître répondit : « Non ! »

Alors le moine demanda : Les Écritures Bouddhistes nous enseignent que chaque chose est investie de la nature de Bouddha, comment se fait-il que je ne la détienne pas ? Les arbres et les rochers, les rivières et les montagnes ont tous la nature de Bouddha. S’il en est ainsi, pourquoi pas moi ? « 

Le maître répondit :  » Les chats, les chiens, les montagnes, les rivières ont tous la nature de Bouddha, pas toi. »

Le moine atterré demanda : « Pourquoi pas ? »

Le maître  dit : « Parce que tu le demandes ! »

cité par Daisetz Teitaro Suzuki dans Les chemins du Zen

 

Une chanson de Eric Aron – Kalpa

Publié 10 août 2017 par dandanjean dans Pauses lectures, Contes

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Est-ce que je me souviendrai encore de moi ?   Leave a comment

Bouddhas

J’ai demandé un jour à mon père (Tulkou Ourgyen) : Quand j’aurai accédé à l’Illumination, est-ce que je me souviendrai encore de moi ? De celui que j’étais ?

Mon père accueillait souvent mes questions par un rire affectueux, mais cette réflexion-là l’a particulièrement amusé. Il m’a expliqué qu’accéder à l’Illumination et être possédé par un esprit étaient deux choses bien différentes. Il existe dans la culture tibétaine une tradition d’oracles, des individus possédés par des esprits et faisant des prédictions et des prophéties. Lorsque cela leur arrive, ils oublient leur personnalité antérieure pour devenir quelqu’un d’autre; ils tournent sur eux-mêmes et tombent comme des ivrognes pris de folie. Ce jour-là, pour imiter leur comportement insensé, mon père s’est mis à agiter les bras, à lever un genou, puis l’autre, et à danser en rond.

Soudain, il s’est arrêté et m’a dit : Ce n’est pas comme ça. L’Éveil tient plus de la découverte de toi-même.»

Mettant ses mains en coupe, il a poursuivi :

Si tu as une poignée de diamants mais que tu ne sais pas ce que c’est, tu les traiteras comme des galets. Lorsque tu auras reconnu que ce sont des diamants, tu pourras exploiter leurs précieuses qualités. Devenir un bouddha, c’est comme découvrir un diamant dans ta main. Tu te découvres toi-même, tu ne te débarrasses pas de toi-même.»

Mingyour Rinpoche dans De la confusion à la clarté

Une chanson de Lucy In The Sky With Diamonds  tirée du film I am Sam interprétée par The Black Crowes

Publié 6 août 2017 par dandanjean dans Contes, Pauses lectures

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En retirant l’étiquette   Leave a comment

 

Nous vivons dans un monde ou pour donner de la valeur aux choses nous avons le réflexe d’y accoler une étiquette.

Cette étiquette permet d’en évaluer la valeur, le rang et l’importance. Dans un magasin, nous déterminons l’importance des choses en fonction notamment du prix et du positionnement au plan du rôle social déterminé par la mise en marché.

Dans les autres sphères de notre vie, nous adoptons souvent la même attitude, nous allons regarder un événement en fonction de l’importance que nous lui accordons, nous allons lire un livre ou écouter une pièce musicale en fonction de l’étiquette virtuelle que nous lui avons attribuée notamment en fonction de notre chaîne de valeur.

Ainsi, pour beaucoup d’entre nous, le grand savoir est cette capacité à étiqueter chaque chose, de tout catégoriser pour que tout ait une place déterminée, logique et utile. Et si cette volonté de tout contrôler dans notre environnement prenait sa source dans la peur qui nous habite, la peur de l’inconnu, du fortuit, de l’imprévisible, du manque de sécurité?

Que se passerait-il si au contraire nous étions en mode contemplation, en mode écoute, pour mieux apprendre des personnes autour de nous?

C’est justement ce changement de perspective qui nous soulève parfois et nous pousse à danser, courir, méditer, chanter, et aller de plus en plus profondément dans la découverte de notre monde et de soi. L’émerveillement, c’est cettte capacité  à retirer l’étiquette pour découvrir une nature propre d’une valeur inestimable.

Une chanson de Bruno Pelletier –  Regarde autour

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 19 juillet 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Expérience en directe   Leave a comment

image-ecrire

J’écris à partir de mon inconscient, puis j’ajoute la touche d’intelligence pour permettre de voir apparaître les contours de cette expression.

Cette façon de naître par l’écriture me projette hors du temps, hors de l’espace, tout en étant toujours au bon moment et au bon endroit.

Des fragments de pensée se lient aux idées puis aux mots et prennent forme dans des phrases.

Chaque texte apparaît de cette transcendance par un inépuisable jeu de mots et d’expériences, suscitant un état nouveau, ouvrant la possibilité d’une conscience nouvelle.

En fait, le texte est la partie accessible de l’expérience vécue.

 

Une chanson de Alexandre Poulin – L’écrivain acoustique

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Le test de ce que nous habitons   Leave a comment

Boîte à vie

 

Si je vous demandais de décrire votre lieu où vous habitez, qu’est-ce que me vous diriez?

J’ai fait le test, et ce fut très enrichissant.

Vous pourriez me parler de la forme de la maison, du nombre de pièces, de la forme de l’entrée, de la couleur de vos murs, des rideaux sur les fenêtres ou de la texture du plancher.  Bref, vous pourriez me dresser un portrait de l’aspect physique global.

Vous pourriez aussi me parler des espaces de rangement, de la fonctionnalité de la cuisine, de la capacité de votre cabanon ou de votre sous-sol où se trouve tout ce dont vous avez besoin. Bref, vous pourriez me présenter le lieu sous l’angle de sa capacité à recueillir ce que vous possédez.

Vous pourriez me parler de l’aménagement de la cour, de votre côté jardin et des airs de repos et de loisir. Vous pourriez me dire que l’intérieur est spacieux. Bref, vous pourriez me présenter ce lieu comme un espace de vie dans un quartier où il y fait bon vivre.

Enfin, vous pourriez me parler de cet endroit à partir des personnes, par exemple, que vos enfants ont tel type de chambre, et une salle de jeu, me décrire la cuisine sous l’angle de sa capacité d’accueil et des odeurs de cuissons qui s’y retrouvent, ou de votre le salon comme lieu de rencontre. Bref, présenter ce lieu par ses occupants.

En lisant ces différentes approches, laquelle d’entre elles a suscité un petit sourire d’adhésion?

Puis, refaite le même exercice en vous posant la question suivante, si je vous demandais de vous décrire, qu’est-ce que me vous diriez?

Une chanson de Francis Lalanne – La maison du bonheur

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Publié 18 juin 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Vivre, ce n’est pas seulement réussir   2 comments

Pas seul

Nos premières tentatives pour séduire une personne que nous désirons sont une période de grand apprentissage. Après l’avoir côtoyée, avoir partagée quelques moments, et, que nous sentons une certaine affinité, la réponse négative qu’elle offre ouvre une nouvelle porte en nous. C’est l’une des premières fois où nous constatons que nous ne ressentons pas tous la même chose, nous ne jugeons pas de la même façon, nous ne vivons pas de la même manière les événements et ce que nous supposons que l’autre pense est parfois faux.

Puis, cette vérité nous met sur la défensive et nous tentons dorénavant de mieux interpréter les autres. Lentement, la crainte s’installe, et nous avançons dans la vie par essais et erreurs, par attentes puis par projections courageuses dans l’action. La peur d’être jugé prend une plus grande importance et la critique devient une blessure au lieu d’une opportunité d’apprentissage. Il arrive alors qu’avant même que l’autre puisse envisager de nous rejeter, nous l’avons déjà fait nous-mêmes.

Comprendre ce mécanisme de notre esprit est une étape cruciale, car nous prenons conscience de l’effet de l’estime de soi sur notre vie. L’un des éveils à soi commence par accepter ce que nous sommes sans faux fuyant, apprécier l’autre malgré la critique, accepter la distance ou même le silence. Cesser de vouloir tout retenir, tout prendre pour tout simplement accueillir est une bonne façon de se redonner une capacité d’agir à partir de notre propre nature. Vivre, ce n’est pas seulement réussir.

Une chanson de ZAZ – Trop sensible

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L’appel virtuel   Leave a comment

ImAGE cellulaires

Mon téléphone a pris du galon. Au début il me permettait de communiquer avec une autre personne. Maintenant, il fait des communications de moi. Il est devenu, à force d’application, plus intelligent.

C’est peut-être un peu cliché, mais il fait des captures de moi non interprétables, ou selon la perspective, interprétables à l’infini. Un autoportrait de moi, sans message accompagnant et signifiant ma réalité du moment. Cette représentation magique, ce selfie, me permet d’aller beaucoup plus loin qu’une simple question posée, du genre: qui est le plus beau devant le miroir?

Cette représentation une fois publiée sur mon réseau social me donne une existence bien réelle par les j’aime ou les j’adore à répétition. La beauté de ce que produit mon téléphone si intelligent, c’est qu’il reproduit un moi fragmenté, que des petits bouts de moi permettant l’expression d’un corps métamorphosé qui échappe inlassablement à sa grande nature.

Un nouvel ordre s’installe, en tant qu’auteur d’un selfie, je le partage pour être vu, être perçu, amenant les membres de mon réseau social à jouer le rôle du voyeur puis de s’exhiber à leur tour. C’est le nouvel ordre qui favorise et même alimente une certaine forme de fantasme ; être un pur produit à aimer.

Nous avons tous bien compris que ce n’est plus la beauté de notre environnement qui inspire la capture d’une photo, mais le téléphone intelligent qui crée l’image, réinvente le réel qui va avec et la communique.

Le déploiement de nos nouveaux amis intelligents fait maintenant en sorte que la solitude est devenu cette perte de l’espoir d’être aimé ou adoré.

Mais, il ne faut pas s’en faire, tout ceci n’est que virtuel.

Bing, vous avez un nouveau message…

Une chanson de Serge Fiori

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Publié 8 juin 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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