Le sacré quotidien

Les pas du coeur

J’ai retrouvé le sens du sacré depuis que je porte une plus grande attention aux gestes du quotidien. Ils ne doivent pas devenir des automatismes, mais plutôt des gestes de vie. Ralentir, prendre conscience, quand cela est possible (car il y a des instants qui nous échappent et les 10 tractions l’emportent), pour découvrir l’aspect précieux de nos gestes.

Nous pouvons préparer un repas en suivant une recette standard, faite par un autre et pour les autres. Il est aussi possible de faire un repas à partir du goût moment, ce qui est ressenti, le besoin de soutien de notre organisme et l’intuition créatrice.

Faire un repas doit être un acte créatif et manger non pas par rituel, mais dans une action festive ou joyeuse.

Se rendre au travail non pas comme un automate, mais comme une personne conscient de la valeur de sa contribution, si minime soit-elle, et qui savoure le parcours et la destination.

Nous sommes en vie, c’est un événement en soi. Les plus grands rituels sacrés visent à se réaliser. Il est bon de prendre conscience que nous avons la chance de le vivre chaque jour.

Le chemin n’est pas seulement un moyen pour atteindre un but ou un objectif.  Le chemin est aussi notre vie, et nos pas, ce que nous avons de plus précieux pour avancer, car chacun de nos pas est le battement de l’histoire de notre vie? Et si, avec ce contact avec le présent, nous avions la clé pour franchir la porte sacrée de notre but lorsqu’il sera atteint? Alors, il ne serait plus pertinent de dire que je suis arrivé, mais bien, que je suis maintenant présent!

Une chanson de Yoav – One by one

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Gurdjeff parle à ses élèves

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 Je sais que vous comprenez l’unité des lois qui gouvernent l’univers, mais je dirai que cette compréhension n’est qu’abstraite et théorique. Il ne suffit pas de concevoir avec l’intellect, il faut sentir avec tout votre être l’exactitude absolue et l’infaillibilité de cette vérité ; alors seulement, vous pourrez dire consciemment et avec une pleine conviction : ‘’Je sais’’ »

Tel était à peu près le sens des paroles par lesquelles M. Gurdjieff engagea la conversation.

Ensuite, il dressa un tableau saisissant de la sphère dans laquelle se déroule la vie de toute l’humanité. Les idées qu’il exposait servaient à illustrer la formule d’Hermès. Par analogie, il passa des petits événements de la vie quotidienne d’un homme aux grandes périodes de la vie de l’humanité entière, faisant ainsi ressortir l’action cyclique de cette Loi d’analogie dans la sphère plus restreinte de la vie de l’humanité terrestre. Puis, de la même manière, il passa de l’humanité à ce que j’appellerais la vie de la Terre. Il la décrivit comme un grand organisme pareil à celui de l’homme, en se référant à la physique, à la mécanique, à la biologie, etc. Je voyais sa pensée s’intensifier de plus en plus et converger vers un seul foyer. Tout ce qu’il disait aboutissait inévitablement à la grande loi de la Tri-unité, la loi des trois forces d’action, de réaction et d’équilibre, ou des trois principes actif, passif et neutre. S’appuyant sur cette loi, prenant comme base de départ la Terre, sa pensée, d’un vol audacieux, s’étendit à tout le système solaire. Examinant les relations « Terre-Soleil », il insista sur les aspects de la loi les plus proches de l’homme. Puis, d’une phrase brève, il franchit les limites du système solaire. D’abord surgirent des données astronomiques, qui peu à peu s’effacèrent devant l’immensité de l’espace et disparurent enfin complètement. Seule restait la grande idée qui émanait de cette même loi. Ses paroles résonnaient, lentes et majestueuses, et en même temps semblaient s’éloigner et perdre leur sens. On percevait derrière elles la vie d’une pensée prodigieuse.

«Nous sommes au bord de l’abîme que ne peut jamais franchir l’intelligence ordinaire de l’homme, dit-il.

Sentez-vous combien les paroles deviennent superflues et inutiles ? Sentez-vous combien la raison, à elle seule, est impuissante? Nous touchons là au Principe de tous les Principes. » Puis il se tut, regardant pensivement devant lui.

Saisi par la beauté et la grandeur de cette pensée, j’avais cessé peu à peu d’écouter les paroles. Je dirais que je les sentais – ce n’était pas par la raison que je recevais l’idée, mais bien par l’intuition. L’homme en bas, dans sa petitesse, avait complètement disparu. J’étais rempli à la fois du sentiment d’être en présence de l’Immense, de l’Impénétrable et de la conscience profonde de ma propre nullité.

Georges Gurdjieff  dans Gurdjeff parle à ses élèves

Une pièce musicale de George Gurdjieff – Without Borders

Enchante ment

Il avait connu un monde qui ressemblait à un mythe antique.

Ce monde était clairement divisé entre les enchanteurs qui dictaient ce qui devait avoir un sens et ils occupaient les plus belles terres de ce monde. Par ailleurs, les enchantés, ceux qui se laissaient ravir par ce qu’ils vivaient, et bien qu’ils offraient la force de travail pour produire les biens et les services nécessaires aux enchanteurs pour être heureux, vivaient dans une relative pauvreté.

Bizarrement, lorsque les clans d’enchanteurs s’affrontaient afin d’acquérir plus de pouvoir, c’étaient les enchantés qui allaient au combat et payaient de leur sang le règne des enchanteurs.

Le monde n’était pas divisé de façon aussi drastique, il y avait certains enchantés qui avaient la chance de côtoyer les enchanteurs. Alors, ils devenaient à leurs services, faire-valoir ou laquais. Bizarrement, il arrive que nous aimions mieux être soumis à un maître que d’accepter notre condition.

Dans ce monde si les enchantés avaient envisagés de se soulever, ils auraient risqué de tarir la source de leur enchantement. Et si les enchanteurs envisageaient d’ignorer les enchantés, ils perdraient leur audience.

Ensemble, ils étaient condamnés à composer avec la situation, à s’adapter ou selon une autre perspective, à se soumettre faute d’alternative, évitant ainsi le pire.

Il était heureux d’avoir connu un tel monde, car il comprenait toute l’importance de se rendre accessible à l’émerveillement sans le carcan des institutions qui ont recours à des mises en scène pour maintenir des paradis artificiels.

Les humains les plus libres et les plus riches puisent leurs ressources de leur conscience.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman interprétée par ZAZ – Si

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Foutez-vous la paix ! et commencez à vivre

Hamster et anxiété

Selon les lois de l’aérodynamique, le bourdon ne peut pas voler: le rapport mathématique entre sa tête, trop grande; et ses ailes, trop petites, l’empêche de soutenir son corps en l’air. Mais le bourdon ne le sait pas: c’est pourquoi il vole », s’amusait Igor Sikorsky, un pionnier russo-américain de l’aviation, inventeur de l’hélicoptère, en développant la théorie de ce qu’il nommait « le pouvoir de l’ignorance.

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Nous allons de masque en masque derrière lesquels nous nous dissimulons. Mais quand est-ce que je suis moi ? Quand est-ce que je touche la vie nue, cette chose qu’on ne contrôle pas, qu’on ne décide pas, qu’on ne maîtrise pas, et qui est là, et qui ne peut, au fond, que nous émerveiller ? Prisonnier de toutes mes identités, j’ai l’impression de ne plus être que ma fonction, ma position sociale, ma place dans ma famille. Quand je me fous la paix, je me désapproprie de ces fonctions, je redeviens un être humain, juste un être humain. Et c’est un soulagement extraordinaire…

*

Si, voulant être calme, je chasse ma colère, mon angoisse, sans les avoir rencontrées pour faire la paix avec elles, elles reviendront encore plus terribles, quelles que soient les précautions que je prenne pour les éloigner.

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Vous êtes submergé de pensées ? Soit. Je ne vais pas m’obliger à faire le vide dans ma tête – je serais certain d’arriver au résultat inverse et me retrouver avec un déluge incontrôlable de pensées. Je vais rentrer en rapport avec ce qui se passe, prendre ces pensées comme elles viennent. Je ne vais pas les disséquer, je ne vais pas non plus leur déclarer la guerre ni les obliger à s’en aller. Je vais considérer que toutes mes pensées, toutes mes perceptions, y compris sensorielles, participent de la méditation. A fond, je ne vais rien faire, je vais être.

Méditer n’est pas se détacher ni se désincarner, mais, au contraire, s’ouvrir au monde à travers ses sens, donc à travers son corps.

Fabrice Midal dans Foutez-vous la paix ! et commencez à vivre

Une pièce musicale de Beethoven Piano Concerto No. 5 in E-flat major, Op. 73 Adagio Un Poco Mosso