Archives du tag ‘émerveillement

L’histoire sans fin   Leave a comment

ImAGE lire

Qui n’a jamais versé, ouvertement ou en secret, des larmes amères en voyant se terminer une merveilleuse histoire et en sachant qu’il allait falloir prendre congé des êtres avec lesquels on avait partagé tant d’aventures, que l’on aimait et admirait, pour qui l’on avait tremblé et espéré, et sans la compagnie desquels la vie allait paraître vide et dénuée de sens.

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Je voudrais bien savoir, se dit-il, ce qui se passe réellement dans un livre, tant qu’il est fermé. Il n’y a là, bien sûr, que des lettres imprimées sur du papier, et pourtant -il doit bien se passer quelque chose puisque, quand je l’ouvre, une histoire entière est là d’un seul coup.

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Tous les mensonges furent un jour des créatures du Pays Fantastique. Ils sont de la même matière -mais ils sont méconnaissables, ils ont perdu leur être véritable. Pourtant, ce que Gmork t’a dit n’était qu’une partie de la vérité – comme il fallait s’y attendre de la part d’un être inachevé comme un loup-garou. Il existe deux chemins pour franchir la frontière qui sépare le Pays Fantastique de monde des hommes, le bon et le faux. Le faux, c’est celui qu’empruntent les êtres du Pays Fantastique quand ils sont entrainés de l’autre côté de cette horrible manière. En revanche, quand les enfants des hommes viennent dans notre monde, c’est par le bon chemin. Tous ceux qui ont séjourné parmi nous ont vécu quelque chose qu’ils ne pouvaient vivre qu’ici et quand ils sont retournés chez eux ils n’étaient plus les mêmes. Ils avaient appris à voir, parce qu’ils nous avaient vus sous notre forme véritable. Si bien qu’ils étaient aussi capables de voir leur propre monde et leurs congénères avec d’autres yeux. Là où ils n’avaient aperçu autrefois que quotidienneté, ils découvraient tout à coup merveille et mystères.

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C’est précisément parce que le Pays Fantastique était infini que sa fin était inéluctable.

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_ Maître, répondit tranquillement le lion, ignores-tu que le Pays Fantastique est le royaume des histoires ! Une histoire peut être récente et cependant parler d’époques très reculées. Le passé naît avec elle.

 _ Dans ce cas, Perelin aussi existerait depuis toujours, songea Bastien, perplexe.

 _ Dès l’instant où tu lui as donné son nom, maître, réplique Graograman, le Bois de la Nuit a existé depuis toujours.

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De la même façon que nos mondes se détruisent l’un l’autre, ils peuvent aussi s’apporter la guérison.

*

– Cela veut dire que tu dois faire ce que tu veux vraiment. Et rien n’est plus difficile.

-Ce que je veux vraiment ? répéta Bastien, impressionné. Et qu’est-ce que c’est ?

 – C’est ton secret le plus intime et tu ne le connais pas.

– Et comment puis-je donc le découvrir ?

– En suivant le chemin de tes désirs, en allant de l’un à l’autre, jusqu’au dernier. Celui-là te conduira à ton Voeu Véritable.

 -Cela ne me parait pas si difficile, fit remarquer Bastien.

 -De tous les chemins, c’est le plus dangereux, dit le lion.

 -Pourquoi ? demanda Bastien, je n’ai pas peur.

– Ce n’est pas de cela qu’il s’agit, gronda Graograman. Il exige une sincérité et une attention sans failles, car sur aucun autre chemin il n’est aussi aisé de se tromper définitivement.

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Il y avait dans le monde des milliers et des milliers de formes de joie, mais au fond toutes ces joies n’en faisaient qu’une: celle de pouvoir aimer.

Michael Ende dans L’histoire sans fin

Une pièce musicale de Johann Sebastian Bach – Fantasía: Tocata et fugue

Publié 9 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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En s’être   2 comments

ImAGE enlacés

 

Un jour, ou une nuit, arrive dans le cœur ces éclaircis de conscience, cette sensation de présence qui fait en sorte que nous sommes en phase avec notre vie et avec la vie. Alors, nous faisons l’expérience des liens entre les peurs que nous décodons dans le monde et celles que nous entretenons en nous-mêmes.

Puis, la vie continue.

Puis, en remontant le fil de notre histoire, parsemé d’échecs et de réussites, nous prenons conscience du caractère inestimable et miraculeux de la vie. En plus de ce que nous avons fait et réalisés grâce à nos expériences, nous avons le privilège de vivre.

Ce qui a de la valeur a un prix et il peut être pris. Ce qui est inestimable ne demeure étincelant que si nous n’essayons pas de nous l’approprier et d’en faire notre valeur. Les plus grands amours sont faits d’humains qui ne se possèdent pas.

Toute vie est inestimable. Nous avons la responsabilité de l’entretenir.

Et lorsque la souffrance frappe à la porte, emportant avec elle des larges horizons de libertés, il est bon de se rappeler ces instants de phase qui apportait la sérénité.

Il n’y a rien à prendre, rien à laisser, juste être ensemble, s’entre aider, et en s’être.

Une chanson de Zazie – Si j’étais moi

Les paroles sur https://genius.com/Zazie-si-jetais-moi-lyrics

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 4 août 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Rabindranàth Tagore et la joie   Leave a comment

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Je dormais et je rêvais que la vie n’était que joie.

Je m’éveillais et je vis que la vie n’est que service.

Je servis et je compris que le service est joie.

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La leçon la plus importante que l’homme puisse apprendre dans sa vie n’est pas que la douleur existe dans le monde, mais qu’il dépend de nous d’en tirer profit, qu’il nous est loisible de la transmuer en joie.

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Je ne veux pas prier d’être protégé des dangers, mais de pouvoir les affronter.

L’étonnant n’est pas qu’il existe en ce monde des obstacles et des souffrances, mais qu’on y trouve la loi et l’ordre, la beauté et la joie, la bonté et l’amour. Que l’homme possède dans son être une notion de Dieu, voilà le miracle des miracles.

L’homme a senti dans les profondeurs de sa vie que ce qui paraît imparfait est la manifestation du parfait…

*

L’amour est l’ultime signification de tout ce qui nous entoure. Ce n’est pas un simple sentiment, c’est la vérité, c’est la joie qui est à l’origine de toute création.

*

Celui qui chante va de la joie à la mélodie, celui qui entend, de la mélodie à la joie.

Rabindranàth Tagore

Une pièce musicale de Shakti – Joy

Publié 29 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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L’ Overview Effect   2 comments

À regarder et partager sans modération…

Pour s’émerveiller et agir.

L’ Overview Effect / Jean-Pierre Goux

Publié 23 juin 2018 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

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S’émerveiller   Leave a comment

Voici le film « S’émerveiller » qui traite de l’émerveillement et qui a remporté le Prix du Commentaire et a été nominé dans cinq autres catégories au Festival International Nature Namur 2017. Un pur plaisir.

Publié 14 juin 2018 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

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Un nouveau commencement   Leave a comment

ImAGE coucher

J’ai oublié de te dire de faire attention. Parfois, nous nous laissons emporter dans des pensées qui nous bercent d’illusions. Nous laissons s’immiscer une vision tronquée de la vie qui va filtrer ce que nous vivons.

À commencer par ce matin. Est-ce que tu as eu l’impression de vivre un autre jour semblable, un autre jour qui n’a rien de spécial?

Pourtant, tous les jours sont différents pour celui qui y porte attention. Nous avons cette capacité de percevoir la singularité de ce matin, la toile de notre vie se dessine par notre présence et par nos apprentissages de la veille. Il y a toujours un ordre nouveau pour qui sait percevoir la trame de sa vie. Et cela n’a rien à voir avec la présence ou non de gestes répétitifs.

L’illusion, c’est de se laisser croire que tout est figé, semblable et sans intérêt. Il faut se méfier de l’aveuglement volontaire qui fait en sorte que nous perdons notre capacité d’émerveillement.

 

Une chanson de Tracy Chapman – New Beginning

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/254904.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 3 juin 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Vision d’Ivan Tourgueniev   Leave a comment

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Rien de plus agréable que de rester ainsi couché sous-bois, le regard en l’air ! On croit contempler une mer immense qui s’éploie au-dessous de vous ; loin de sortir de terre, les arbres vous paraissent les racines de plantes gigan­tesques qui tombent à pic dans les eaux cristallines ; le feuillage prend ici une transparence d’émeraude, là des tons opaques, mordorés.

Quelque part, très loin, une petite feuille immobile prolonge un rameau effilé sur un lambeau d’azur ; à côté, une autre s’agite d’un mouvement qui semble spontané et rappelle le jeu d’une nageoire. Pareils à de féeri­ques îles sous-marines, de blancs nuages voguent et disparaissent lentement.

Et soudain, cette mer, cet éther radieux, ces feuilles et ces branches inondées de soleil, tout ruisselle, tout frissonne d’un éclat fugitif ; un bruissement frais s’élève, semblable au léger clapotis d’une houle subite. Immobile, vous contemplez ce spectacle : aucun mot ne saurait tendre la douceur, la joie, la quiétude qui vous pénètrent. La nue profonde appelle sur vos lèvres un sourire aussi chaste qu’elle ; en même temps que la file des nuages au ciel, se déroule en votre âme la lente théorie des souvenirs heureux ; on a l’impression que le regard plonge toujours plus avant et vous entraîne à sa suite vers cet abîme calme et rayonnant ; et l’on ne peut s’arracher à cette profondeur, à cette immensité…

*

Je lui dis adieu d’un signe de tête et m’en fut tout le long de la rivière embrumée. Je n’avais pas encore fait deux verstes que déjà la large prairie humide, les coteaux qui verdoyaient devant moi, la longue route qui poudroyait derrière, les buissons étincelants, la rivière qui bleuissait pudiquement sous son voile de brouillard, tout le pays s’illumina : la jeune et chaude lumière se déversa en flots d’abord roses, puis rouges, puis dorés. Tout s’agita, s’éveilla, se mit à chanter, à bruire, à vibrer. De tous côtés des diamants s’allumèrent sur les gouttes de rosée.

Ivan Tourgueniev dans Mémoires d’un chasseur

Une pièce musicale de Beethoven – 6e Symphonie  Pastorale

Publié 27 mai 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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