Archives du tag ‘amour

La Belle du Caire   Leave a comment

rose

Le frémissement d’un cœur est une chose grave, et pèse autant dans cette existence que le mouvement des astres dans l’univers.

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Au diable ces philosophes qui prônent le bonheur dans la simplicité ! Plutôt souffrir d’indigestion que du supplice de la faim ! Vivons pour aujourd’hui et demain. Quant au passé, à la trappe !

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Dans certains pays, la femme a plusieurs maris, dans d’autres, l’homme a plusieurs épouses. Parfois même, l’adultère est licite ! La liberté sexuelle fut même érigée en règle dans plusieurs sociétés. Il n’y a pas de régime matrimonial absolu.

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N’y a-t-il pas dans le succès amoureux la même jouissance, la même fierté que dans le triomphe guerrier?

Naguib Mahfouz dans La Belle du Caire

Une chanson de Paul McCartney – Who Cares (de l’album Egypt station)

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/1315328-paul-mccartney-who-cares.html

Publié 9 décembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Les nourritures affectives   Leave a comment

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La seule révolution physiologique d’une vie humaine, c’est l’amour. Mais autant l’histoire d’amour est universelle, révélant ainsi son enracinement dans notre nature, autant l’histoire de l’amour est incroyablement variée, selon l’époque et le contexte révélant ainsi son enracinement dans nos cultures. L’amour est aussi une révolution culturelle puisqu’il nous fait larguer nos amarres et tenter l’aventure.

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Quand une femme cuisine, ce n’est pas pour se nourrir, c’est pour créer un scénario d’amour. Une femme seule se nourrit vite en avalant un yaourt, un bol de café au lait, un fruit ou un biscuit. Quand elle cuisine pour quelqu’un, le repas devient une rencontre où l’on échange des affects et des paroles bien plus que des glucides, des lipides et des protides. Quand un homme cuisine, c’est pour jouer, pour tenter une acrobatie culinaire qui provoquera des rires ou des exclamations. Le même chose en soi prend des significations très différentes selon le sexe. la cuisine aussi est sexualisée.

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La violence est un point de vue, exprimé par des comportements qui ne tiennent pas compte de l’existence de l’autre.

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La certitude est une antipensée, une litanie intellectuelle.

Boris Cyrulnik dans Les nourritures affectives

Une pièce musicale de Ennio Morricone – Love Theme by

Publié 19 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La légende des papillons   Leave a comment

ImAGE envol papillon

Comment les papillons apprirent à voler?

Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça et là dans les airs et n’illuminait les jours de printemps et d’été de leurs ailes portant les couleurs de l’arc-en-ciel. Il y avait des reptiles, qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler ; ils ne savaient que ramper par terre. Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent les humains, lorsqu’ils se déplaçaient, ne baissaient pas les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté.

En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s’appelait Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient. Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures. Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt quittait leur corps. Quand elle atteignit l’âge adulte, son pouvoir devint encore plus fort et, grâce à la vision qu’elle avait reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart des maladies qui existaient alors. Dans sa vision, d’étranges et belles créatures volantes étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir de l’arc-en-ciel qu’ils portaient avec eux. Chaque couleur de l’arc-en-ciel avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants lui révélèrent. Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir et qu’au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans sa vision, il lui fut donné un nom : Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel.

Tandis qu’elle avançait en âge, Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel continuait son travail de guérisseuse et dispensait sa gentillesse à tous ceux qu’elle rencontrait. Elle rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari. Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent pour qu’ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard des guérisseurs et des voyants. Tandis qu’elle vieillissait, le pouvoir de Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les environs de la région où elle habitait vinrent à elle avec leurs malades, lui demandant d’essayer de les guérir. Elle aidait ceux qu’elle pouvait aider. Mais l’effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit par l’épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près d’elle quand elle s’asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et essayaient de se frotter contre elle. Parfois l’un deux rampait le long de son bras et se mettait près de son oreille.

Un jour qu’elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu’à son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères et sœurs lui avaient toujours rendu service. « Ma sœur, dit Celui qui rampait, mon peuple a toujours été là pendant que tu guérissais, t’assistant grâce aux couleurs de l’arc-en-ciel que nous portons sur le corps. A présent que tu vas passer au monde de l’esprit, nous ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison de ces couleurs. Nous sommes liés à la terre et les gens regardent trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles couleurs qu’ils verraient. Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d’être guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la guérison qu’ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler ? » Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel promit d’essayer. Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des messages pourraient lui venir dans ses rêves.

Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve qu’il avait fait. Quand il toucha doucement Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il s’assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était passée au monde des esprits pendant la nuit. Pendant qu’il priait pour son âme et faisait des préparatifs pour son enterrement, le rêve qu’il avait eu lui revint en mémoire et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle-qui-tisse-dans-l’air-des-arcs-en-ciel à la tombe où elle serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l’attendant, se trouvait le reptile qu’il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution et l’emporta.

Tandis que l’on mettait le corps de sa femme en terre et qu’on s’apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait : « Mets-moi sur son épaule à présent. Quand la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera à l’esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive le travail de ton épouse. Elle m’attend. Pose-moi à présent. » L’homme fit ce que le reptile lui avait dit et l’enterrement se poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l’homme resta en arrière quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l’amour qu’il avait vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Elle vola vers lui et se posa sur son épaule. « Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision s’est totalement réalisée, et ceux que j’aiderai désormais à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté du cœur, la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer en esprit, je t’attendrai et te rejoindrai. »

Quand l’homme changea de monde, quelques années plus tard, et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après que tous les autres s’en furent allés. Ils remarquèrent une de ces nouvelles créatures magnifiques qu’ils appelaient papillons, voletant près de la tombe. En quelques minutes un autre papillon d’égale beauté sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau. Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les hommes, éclairant l’air et leur vie de leur beauté.

Si vous voulez que votre souhait se réalise, vous n’avez qu’à le souffler au papillon. N’ayant pas de voix, il ira porter votre souhait au ciel jusqu’au grand Manitou, où il sera exaucé.

Sun Bear et Wabun dans La roue de médecine

Une pièce musicale de The Song of the Butterfly

Publié 18 novembre 2018 par dandanjean dans Contes, Pauses lectures

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L’Amour aux temps du choléra   Leave a comment

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Il était encore trop jeune pour savoir que la mémoire du cœur efface les mauvais souvenirs et embellit les bons, et que c’est grâce à cet artifice que l’on parvient à accepter le passé.

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Il disait : « Le problème du mariage, c’est qu’il meurt toutes les nuits après l’amour et qu’il faut le reconstruire tous les matins avant le petit-déjeuner.

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Il est plus facile de contourner les grandes catastrophes conjugales que les minuscules misères de tous les jours

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Cet après-midi-là, il se demanda, avec son infinie capacité de rêve, si une indifférence aussi acharnée n’était pas un subterfuge pour dissimuler le tourment de l’amour.

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Il eut l’intime conviction que les êtres humains ne naissent pas une fois pour toutes à l’heure où leur mère leur donne le jour, mais que la vie les oblige de nouveau et bien souvent à accoucher d’eux-mêmes.

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Tout roman est une devinette du monde.

Gabriel Garcia Márquez dans L’Amour aux temps du choléra

Une chanson de Patti Smith – Smells Like Teen Spirit

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/242898-nirvana-smells-like-teen-spirit.html

Publié 16 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Soufi mon amour   Leave a comment

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Si tu veux changer la manière dont les autres te traitent, tu dois d’abord changer la manière dont tu te traites. Tant que tu n’apprends pas à t’aimer, pleinement et sincèrement tu ne pourras jamais être aimée. Quand tu arriveras à ce stade, sois pourtant reconnaissante de chaque épine que les autres pourront jeter sur toi. C’est le signe que bientôt tu recevras une pluie de roses.

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Si nous sommes la même personne avant et après avoir aimé, cela signifie que nous n’avons pas suffisamment aimé.

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Peu importe qui nous sommes et où nous vivons, tout au fond, nous nous sentons tous incomplets. C’est comme avoir perdu quelque chose et éprouver la nécessité de le retrouver. Quel est ce « quelque chose » ? La plupart d’entre nous ne le découvrirons jamais. Et parmi ceux qui y parviennent, plus rares encore sont ceux qui partent à sa quête.

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Je ne suis pas un de ces personnages pieux qui passent toute leur vie penchés sur des tapis de prière tandis que leurs yeux et leur cœur restent fermés au monde qui les entoure. Ils ne lisent le Coran qu’en surface. Je le lis dans les fleurs en bouton, dans les oiseaux migrateurs. Je lis le Coran qui respire, caché dans les êtres humains.

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Tout l’univers est contenu dans un seul être humain : toi. Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n’aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés.

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Si tu parviens à te connaitre totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience.

Elif Shafak dans Soufi mon amour

Une pièce musicale de Danse Soufie Sevil Kara

Publié 14 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Nager nues   2 comments

ImAGE fusion

Pour ne pas mourir, l’amour doit constamment être bousculé par tout ce qui le rend impossible.

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Elle aimerait avoir un baromètre qui mesure l’intensité des sentiments de Diego, afin d’ajuster les siens en proportion. Comme elle n’en a pas, elle les laisse s’exprimer et les récupère, comme un pêcheur qui lance sa canne dans les eaux obscures et inconnues.

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Le bonheur, en dépit de son apparence ouverte, est un état qui exclu.

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Elle croyait avoir oublié l’amitié puérile avec une poète qui n’avait jamais entendu parler d’elles ; l’éclat bleuté de la télévision oscillant sur les murs comme l’eau caressée par le soleil, et Diego, essayant de regarder les informations, qui leur demandait de rire moins fort ; elle croyait avoir oublié ces instants, quand leurs regards se croisaient et en silence scellaient leur complicité ; elle croyait avoir oublié le son des sirènes au loin se clouant dans leur poitrine, la voix de Morgana lui disant : « Tu peux, tu peux! », les rumeurs du fleuve et cette impression que la vie était à l’endroit où ils se trouvaient tous les trois. Elle croyait avoir oublié qu’une nuit elles avaient nagé nues.

Carla Guelfenbein dans Nager nues

Une pièce musicale de Max Richter-Something Under Her Skin

Publié 12 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Les âmes en partage   Leave a comment

ImAge feu

Il y aura toujours des gens pour ne pas accepter la vie telle qu’elle est.  Cela fait partie de l’ordre des choses, il y a cette diversité d’opinions qui constitue en soi notre richesse.

Nous devons apprendre à être critiques, à regarder comment certains hommes vivent à constater nous voir sourire de leurs comportements, et même en avoir pitié. La limite à ne pas franchir est de les empêcher à poursuivre leur chemin sous prétexte qu’il est différent de celui que nous poursuivons.

Il y a un deuil à faire d’une illusion réconfortante. Personne ne peut fusionner son âme à l’âme d’un autre. Même quand deux êtres se rapprochent et se collent l’un vers l’autre, partagent des secrets et tout l’or de leur intimité, leurs âmes demeurent comme deux foyers d’une même flamme. Pour rejoindre l’autre, il faut délaisser l’enveloppe corporelle, et tenter de faire cela en demeurant vivant, ce qui est un immense défi.

À défaut de pouvoir se rejoindre, les âmes se partagent la chaleur et la lumière. Accepter la diversité, la singularité, nécessite d’accepter inconditionnellement que l’âme ne puisse choisir l’intensité de la chaleur ou de la lumière qu’elle veut partager. Par ailleurs, partager de la chaleur et de la lumière ne diminue en rien notre capacité, car la flamme ne fait que se multiplier.

L’œuvre de la vie naît par la division puis croit par le partage et l’acceptation. C’est pourquoi il est important de respecter la voie des autres.

Une chanson de Fiori Seguin Ca fait du bien

Les paroles sur https://www.boiteachansons.net/Partitions/Fiori-Seguin/Ca-fait-du-bien.php

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 29 octobre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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