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Jacques Salomé inspiré d’un vieux conte hindou   Leave a comment

« En Inde, dans une région proche du Tibet, il était une fois un maître et son élève.

Quand le maître et l’élève eurent débattu des conditions pratiques d’usage, le maître commença son enseignement. Il dit à son élève :

-Tu dois être fort. Va chercher qui tu es.

L’élève partit chercher la force et un an plus tard il revint voir son maître et lui dit :

-Je suis fort.

Pour montrer sa force, il prit un roc qu’il aurait été incapable de déplacer auparavant, le leva au-dessus de sa tête et le fracassa en mille morceaux sur le sol.

-Très bien, dit le maître, tu es fort.

Maintenant, tu dois être intelligent, va chercher qui tu es.

L’élève partit chercher l’intelligence et trois ans plus tard il revint voir son maître et lui dit :

-Je suis intelligent.

Le maître lui donna un texte très volumineux

-Tu viens m’en parler dans trois heures

Ce temps écoulé, le maître et l’élève parlèrent de l’ouvrage, d’égal à égal, jusqu’au lever du jour.

Le maître à ce moment-là dit :

-Tu dois être sensible. Va chercher qui tu es…

L’élève partit et son absence dura dix ans.

A son retour il montra au maître toute sa sensibilité.

-Très bien dit le maître, tu es fort, intelligent, sensible, tu dois aussi être rigoureux…

L’élève lui coupa la parole et poursuivit :

-Je suis qui je suis.

-Je n’ai plus rien à t’apprendre, répondit le maître. Va, ton chemin est bien le tien

Jacques Salomé inspiré d’un vieux conte hindou

 

Une pièce musicale de Ravi Shankar feat Philip Glass – Sadhanipa

Publié 15 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Le Cercle du karma   Leave a comment

ImAGE passage

Accepter l’aumône l’incita à une réflexion plus approfondie qui lui fit prendre conscience que charité et partage étaient deux choses bien différentes. C’étaient généralement les pauvres qui partageaient ce qu’ils avaient, tandis que les riches faisaient la charité. Les pauvres partageaient sans motivation aucune, pas même pour acquérir des mérites. Ils partageaient, poussés par une compassion qui leur venait de leur propre expérience. Ils savaient ce que signifiait avoir faim ou manquer de chance. Le pauvre vieil homme qui donnait la moitié de son chapati à un mendiant, la jeune femme qui se privait de son vieux châle pour couvrir un jeune inconnu dormant sur un morceau de carton posé à même les dalles de pierres froides autour du chorten : leur compassion était vraie, inconditionnelle.

*

Nos vies sont comme cette lampe sur l’autel. Nous naissons et vivons un temps, brillons parfois d’une lumière intense, ou bien nous vacillons, mais nous mourrons tous.la vie est transitoire. Nous ne faisons que passer. Imagine que tu es un pèlerin sur la terre, mais aussi dans ton corps, qui est comme une maison que nous devons quitter un jour. Quel que soit le temps que dure son pèlerinage, le pèlerin a un but précis, qui est d’accumuler des mérites et de prier pour tous les êtres sensibles. Nous pouvons tous choisir d’être des pèlerins.

*

La seule relation qui ne change pas, est celle qu’on entretient avec soi-même.

Kunzang Choden dans Le Cercle du karma

Une pièce musicale d’Eric Aron – Jati

Publié 8 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Rencontre   Leave a comment

 

Une vie est composée d’escales qui s’entrecoupent de voyages entre la naissance et la mort.

Certains partent en voyage pour s’éloigner du boulot, de la routine, du quotidien et de ce qui est souvent inavouable. On peut voyager pour tourner une page et repartir dans une autre histoire.

D’autres voyagent pour combler leur soif de rencontres. Ils recherchent la part de soi dans l’Autre, permettant de se comprendre, de s’écouter et de s’aimer.

Dans tous les cas, nous allons minimalement découvrir des humains comme on découvre un temple, avec respect et dans le silence, en attente d’une révélation. De même, ils nous feront goûter la cuisine locale et découvrir les coutumes et l’artisanat local.

L’exotisme à cette faculté de nous faire regarder le quotidien avec des yeux nouveaux.

On ne peut pas partir avec l’assurance de se rencontrer. On ne peut pas partir avec l’assurance de rencontrer l’Autre.

Toute rencontre déterminante est fortuite, un baiser de l’inattendu, un bonheur fugace et fragile.

La rencontre, c’est ce croisement de deux chemins créant l’endroit et l’instant précis où tout sens unique devient inutile. C’est cela le grand voyage.

 

Une pièce musicale de Enya et Vangelis – Voyager

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 7 juillet 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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La Voie du sentir   Leave a comment

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La situation de l’être humain est complexe, mais elle n’est pas dramatique non plus !

Je dirais qu’il est enfermé dans une obscure région de lui-même où règnent l’ignorance et la confusion. Cette région utilise un système de pensée. C’est ce système, surchargé d’opinions, de préceptes, de dogmes, de croyances, d’interdits, de menaces, de récompenses, qu’il faut savoir isoler et rendre peu à peu passif afin de pouvoir l’observer.

Afin de connaître de quoi il est composé, c’est-à-dire, tout ce qui constitue mon conditionnement. Là, progressivement, vont se révéler les innombrables mécanismes qui se sont établis à mon insu à l’intérieur de moi-même : j’ai peur de ceci ou de cela, je me justifie de telle façon ou de telle autre, etc.

S’il existe une prison, elle se trouve là, dans ce système de pensée qui me forme et s’est formé, non par ma volonté ou mon choix, sinon à travers les époques, les siècles, et qui s’est transmis de générations en générations, dans la plus complète normalité, d’une façon génétique pour une part et pour une autre, à travers le milieu social, familial et éducationnel.

Et ce n’est pas prêt de s’arrêter !

Vous ne pouvez pas changer cet état de fait mais vous pouvez vous en libérer. Savoir cela, c’est déjà important mais ce n’est pas suffisant.

Il vous faut chercher par quel moyen cette libération peut s’accomplir et éviter en même temps de vous réenfermer dans un nouveau dogme.

La Voie du sentir : Transcription de l’enseignement oral de Luis Ansa de Robert Eymeri

 

Une pièce musicale d’Armand Amar – La Genèse

Publié 6 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Quand la solitude devient présence   Leave a comment

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Je sais qu’il n’est pas évident de parler de solitude positivement. Pour apprécier, le mot doit faire référence à une expérience paisible, porteuse de bonheur, ce qui n’est pas toujours le cas.

Il arrive trop souvent que la solitude soit vécue comme une malédiction, par son versant sombre. Celle-ci est peu enviable, car elle est teintée d’une absence, notamment une absence de lumière, une absence de présence à soi puis aux autres, une absence de relation, une absence d’amour et d’amitié.

L’autre versant est rempli de lumière, elle n’est pas un isolement, mais une plénitude. Elle amène à se dépasser, à créer et à se mettre au monde. Cette solitude puise son énergie dans notre singularité et nous relit à ce qui nous dépasse. Les notions duelles d’exclusion ou d’inclusion n’ont plus de sens. Le silence devient le chant de l’âme.

Lorsque nous avons connu cet état, nous voulons en faire don aux autres. Cela se traduit par le fait d’aimer, aimer l’autre pleinement sans raison, sans créer d’attache ou de possession.

Une solitude de cette nature est une présence, ce qui n’est ni facile, ni difficile, et elle ne peut surtout pas servir à combler le temps…ou même l’espace.

C’est simplement un état de vie.

 

Une chanson de Daniel Bélanger – Sensation (poème d’Arthur Rimbaud)

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Daniel_Belanger-Sensation-lyrics,p02906372

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 6 juillet 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Souffle de Johann Wolfgang von Goethe   Leave a comment

Goethe

Parler est un besoin, écouter est un art.

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Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour recevoir.

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Dès l’instant où vous aurez foi en vous-même, vous saurez comment vivre.

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Méfiez-vous des rêves de jeunesse, ils finissent toujours par se réaliser.

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La tolérance ne devrait être qu’un état transitoire ; elle doit mener au respect.

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Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez, commencez-le. La hardiesse a du génie, de la force et de la magie.

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La clarté, c’est une juste répartition d’ombres et de lumière.

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L’important ce n’est pas de tomber, c’est de ne pas rester à terre.

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L’acte le plus difficile est celui que l’on croit le plus simple : percevoir d’un regard toujours en éveil les choses qui se présentent à nos yeux.

Johann Wolfgang von Goethe

Une pièce musicale de HAUSER – Adagio d’Albinoni

Publié 4 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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L’inconnu sur la terre   Leave a comment

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Parfois, on rencontre ceux qui sont simples. On voit leur lumière, on sent la pureté de leur souffle, la netteté de leur regard. Alors c’est comme si quelque chose cédait enfin dans ce réseau infini de protections et d’interdictions qui nous entoure, comme si une brèche s’ouvrait enfin dans ce mur compact qui nous isole.

*

C’est une flamme qu’on ne remarque pas tout d’abord, parce qu’on est souvent distrait par toutes les étincelles et tous les éclats qui tourbillonnent sans cesse : la brillance, le luxe, miroirs partout tendus, phares aveuglants braqués sur les yeux, grandes plages de couleur, de blancheur.

Mais lorsque tout devient gris de fatigue et d’usure, lorsque la plupart des êtres se sont éteints et se sont effacés, alors on remarque cette lueur étrange qui brille par endroits, comme des feux de braise. Quelle est cette lueur? Que veut-elle? Est-ce le désir? Le plus simple désir alors, la force de la vie, la force de la vérité.

Ceux qui refusent les mensonges, ceux qui ne sont pas compromis dans les affaires louches du monde, ceux qui ne se sont pas avilis, qui n’ont pas été vaincus, ceux qui ont continué à vibrer quand tous les autres se sont endormis : la lumière n’a pas quitté leurs yeux. Elle continue à sortir de leur peau, de leur âme, la lumière pure qui ne cherche pas à vaincre ou à détruire.

La lumière pour cette seule action : voir, aimer. Je cherche ceux et celles qui brûlent. Ce sont les seuls immortels.

*

Ah, c’est vrai, comprendre. Il faut comprendre, pour savoir, ou l’inverse. Mais quoi ? Comprendre l’organisation de la société humaine pour être un homme, comprendre la structure des êtres vivants pour vivre ? Ce n’est pas cela. Vous vous trompez, ce ne sont pas les règles du jeu. La vie n’est pas une série d’astuces.

J.M.G Le Clézio dans L’inconnu sur la terre

Une chanson de R.E.M – Everybody hurts

Publié 29 juin 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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