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Une certitude d’être   Leave a comment

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Nous vivons dans un monde où il arrive trop souvent que l’on nous impose des urgences et nous avons l’impression que le temps file, que le rythme est fou, et que nous ne pouvons rien terminer.

Bien sûr il y a tous ces appels urgents à consommer les différentes variantes du bonheur artificiel.

Mais il y a aussi ces quêtes urgentes contradictoires ou par exemple, on nous incite à être puissant, voir le meilleur, et demeurer à la fois paisible et l’esprit détaché. Ou encore, on nous rappelle de vivre pleinement notre vie tout en étant sveltes, énergétiques, et obsédés à brûler des calories.

J’aimerais savoir combien d’études scientifiques ont démontré que la majorité des personnes heureuses sont dans les lieux de pouvoir? Ou encore, est-ce à dire que le nirvana se situe là où des lieux de pouvoir sont munis d’une salle d’entrainement?

Et si le bonheur résidait dans un geste d’humilité et d’abandon envers l’autre? Et si la voie de la gâterie chocolatée était une alternative valable?

Le désir de maîtrise et de contrôle est l’un des grands fantasmes de notre époque. Il y a de l’espoir quand nous cessons de faire en sorte que notre pensée impose une nécessité aux choses et aux événements.

Il y a aussi de l’espoir quand nous sommes capables de nous éloigner, avec détachement, de tous ces conseillers, au sourire charmant, qui désirent notre bien en nous expliquant que nous pouvons toujours être en meilleure santé grâce à leur produit qui rend plus performants, mieux, plus optimistes.

Bien qu’il soit possible de se doter d’un maquillage permanent, nous ne pouvons pas masquer la vie d’un bonheur permanent, cela serait contre nature.

Ne pas fuir sa vie, c’est peut-être, en partie, la vivre au présent, avec un état d’esprit qui rend encore possibles l’imperfection, les imprévus, les instants agréables ou douloureux.

Ne pas fuir la vie, c’est peut-être s’accueillir à travers ses revers et ses réussites, son corps, en aimant sans compter?

Oui, nous nous exposons ainsi aux jouissances et aux souffrances, mais au moins il est possible de se lever le matin avec une certitude d’être et d’apporter une différence dans cette vie.

Une chanson de Daniel Bélanger – La fin de l’homme

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 15 novembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Lanza del Vasto   2 comments

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J’ai laissé pendre ma guitare dans les branches

Le vent chante tout seul, écoutez sa chanson

Il dit  » Je veux, moi vent, moi le vent sans maison

Me reposer en toi, guitare aux belles hanches

Et toi tu nageras comme un poisson

Au ventre blanc dans ce ruisseau de sons..

*

Partir c’est toujours renaître un peu.

*

Va, fou, mets-toi donc en marche avec toute ta vie, et que la route fasse chanter ton corps de roseau sec et tes jambes de vent !

*

Qui n’aime pas

Qui n’aime pas l’eau pure a le coeur peu sincère

Qui n’aime pas le pain mal juge de la terre

Qui se calfeutre et n’aime pas le vent

N’aura pas l’aventure et n’aura pas l’espace

Ni les peurs du départ ni son destin devant.

Celui-là passe et ne sait pas qu’il passe.

Qui n’aime pas le feu hait la vie ou la craint

Flamme mouillée cette brûlure de joie

Qui forge les grands troncs et cisèle les brins,

Les poissons de métal, les oiseaux plume à plume,

Les fauves, les serpents pour qu’ils mangent et soient,

Et les fusées d’insectes qui s’allument.

Qui n’aime pas la nuit n’aime pas la pensée

Abîme à des triangles d’astres suspendus

Où les parfums de l’herbe et les vies tépassées

Tressaillent, et le monde aux dedans défendus.

Qui n’aime pas la mer jamais n’aima le rêve.

Stupeur des ports qui balancent leurs mâts

Déchéance éternelle et gloire de la grève,

Perle conçue aux sources des climats.

 

Qui n’aime la pudeur jamais n’aima.

Lanza del Vasto

Une chanson de Radiohead – Street Spirit

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/246944-radiohead-street-spirit.html

Publié 4 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Manikanetish   Leave a comment

 ImAGE Totem soleil

Katshi minumamitunenitaman kie tiapuetatishuian e innuishkueuian

tshetshi mashinaitsheian, eukuan nitishinishtuteti:

kassinu auen ka itenitak tshekuannu tshetshi tutak

tshika takuannu tshetshi ut animiut muk eiapit apu nita

tshikut ui patshitenimut. Uemut eiapit nanitam peikutau

tshikaui ishimamitunenitam kie apu tshikut takuannit

tshekuannu tshetshi ui nanikanikut. Kie nete tshek tshika

peikussu, apu tshikut tant uitsheuakan. Eiapit namienu nenu

tsheut patshitenimut. Uemut eiapit anu tshikaui tutam nenu

tshekuannu ka itenitak tshetshi tutak.

Après avoir bien réfléchi et après avoir une fois pour toutes pris, moi une Indienne, la décision d’écrire, voici ce que j’ai compris: toute personne qui songe à accomplir quelque chose rencontrera des difficultés mais en dépit de cela, elle ne devra jamais se décourager. Elle devra malgré tout constamment poursuivre son idée. Il n’y aura rien pour l’inciter à renoncer, jusqu’à ce que cette personne se retrouve seule. Elle n’aura plus d’amis mais ce n’est pas pour cela non plus qu’elle devra se décourager. Plus que jamais, elle devra accomplir la chose qu’elle avait songé à faire.

Revenir est la fatalité. Dans ce tout petit village, cette nature épineuse, sablonneuse, imaginée de toutes pièces depuis mon enfance, immuables souvenirs.

Dans ma rue, au bord de la baie, je me fondais à la masse. Moi la petite fille tranquille. Je pleurais si peu bébé, que ma mère bousculait mon sommeil s’assurant de mon souffle. Je pleurais si peu enfant, que ma mère m’avait oubliée sur les marches de l’escalier. Plus tard, l’étrange justice de la vie a rattrapé chacune de mes larmes.

Quitter ma maison beige, c’était tout quitter. Même si le tout peut sembler insignifiant lorsque l’on ne possède presque rien. Un lit en fer blanc et une couverture à motifs. Une maison de poupée, une salle de jeux au sous-sol, le plancher en ciment peint en bleu. Passer tout l’hiver aux joues rouges de froid, tout l’été à la peau aussi brune que celle des enfants du Sud.

 Peut-être qu’un jour, je reviendrai sur le bord de cette baie, embrasser ma tante et jouer dans ma chambre. L’exil se trouve à huit heures en voiture et il a la peau pâle. Il avait fallu à ma mère deux jours pour faire la route, cette distance que je ne pouvais calculer que par le nombre de villages à traverser. J’ai fini par les apprendre par cœur. Et les arrêts, et les étapes. Suivre le rythme des courbes et des montagnes de la Côte-Nord. Avancer à la limite permise.

J’avais sept ans. Petite fille brune parmi tous ces visages blancs, ces yeux pâles, bleus ou verts, ces cheveux blonds ou frisés. Étrangère. Nouvelle venue. Différente. Constater ma peau foncée. Ne pas me sentir chez moi. J’ignore si ailleurs le monde a changé. Ce que je sais, c’est cette courbe mortelle qu’ils ont finalement traversée d’une route droite, à Saint-Siméon. C’est l’absence perpétuelle d’un pont entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac, le nid de la rivière devenue aussi profonde que la mer. C’est la toute petite paroisse dont j’oublie déjà le nom, qui fermera bientôt ses portes, parce que la route 138, désormais, la contourne.

Ils disent que le retour est le chemin des exilés. Je n’ai pas choisi de partir. Quinze ans plus tard, je reviens et constate que les choses ont changé.

Naomi Fontaine dans Manikanetish

Une chanson de Clhoé St-Marie – Mishapan Nitassinan

Publié 3 novembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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L’éveillé   Leave a comment

ImAGE champs

L’attendu : Vivre dans l’instant présent, c’est facile à dire, mais pour le vivre réellement, je dois avouer que cela me dépasse.  Je suis là, et je ne vis rien de spécial.

L’accepté : Je comprends, tes yeux voient le présent, mais c’est comme s’il te manquait quelque chose.

L’attendu : Oui, il y a rien de spécial pour s’époumoner de bonheur.

L’accepté : C’est effectivement en attendant le spécial que le merveilleux nous glisse sous le nez. Essaie de voir les choses sans qu’il y ait un dernier ou un premier instant, sans qu’il y ait besoin d’étiqueter, de classer ou de mettre en ordre dans le répertoire du vécu.

L’attendu : Donc c’est moi le problème?

L’accepté : Tu crois vraiment que l’instant présent est un personnage qui se joue de toi et qui a le temps de te faire perdre le tien?

L’attendu : Ok…je comprends.

L’accepté : Quand on ne regarde ni derrière ni devant l’instant, quand on cesse de se personnifier en acteur d’une vie, quand on cesse de vouloir à tout prix se situer, alors l’instant prend tout l’espace. La différenciation de toi et de la vie n’a plus d’importance tout comme le concept de ta vie. Il y a l’Être présent, qui vit ce qui est, qui accepte ce qui est, et qui adapte son pas au chemin qu’il parcourt.

L’attendu : Et ce changement peut prendre du temps?

L’accepté : Cela va dépendre de l’instant ou cela n’aura plus d’importance.

Une chanson de Cat Stevens – Morning has broken

Les paroles sur  https://www.lacoccinelle.net/263358.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 30 octobre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Murmures de Vladimir Jankélévitch   Leave a comment

étoiles déraillent...

L’existence nous a été donnée pour exister, et non pour réfléchir l’existence, la respiration pour respirer, et non pour se regarder respirant.

*

On ne ment jamais sans le vouloir.

*

L’homme est infiniment grand par rapport à l’infiniment petit et infiniment petit par rapport à l’infiniment grand ; ce qui le réduit presque à zéro.

*

Qu’est-ce qui vaut le mieux: une éphémère fleur fraîche dans un jardin ou une éternelle fleur séchée dans un herbier?

*

Certes, la générosité peut n’être pas aimante, mais l’amour, lui, est presque nécessairement généreux, du moins par rapport à l’aimé et dans le temps qu’il aime.

*

La musique est faite pour le plaisir, s’il n’y a pas de plaisir, il n’y a rien.

Vladimir Jankélévitch

Une pièce musicale Nearer, My God, to Thee | BYU Vocal Point ft. BYU Men’s Chorus

 

 

Publié 29 octobre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Défions l’augure   Leave a comment

SIMPLICITÉ-DU-CŒUR

Écrire est indissociable pour moi du rêve, source d’énergie. J’écris et je vis au rêve. Comme le rêve ne se commande pas, il y a une petite menace toujours là qui me murmure « et s’il n’y avait plus de rêve ?

Voir revenir- ce que les rêves accordent – vivre avec moi des êtres dont la disparition pourrait me désespérer, c’est une promesse. Ce qui fait que chaque fois que je me couche, j’attends, j’espère… Rien n’est perdu

*

Je suis pour toi ce que tu veux que je sois au moment où tu me regardes telle que tu ne m’as encore jamais vue: à chaque instant.

*

Mes livres sont des villes où demeurent des morts fées. Tous mes poètes sont morts. Tous les morts vivent encore dans ces villes qu’ils enchantaient hier. Des fantômes ? dit ma fille. Des gardiens du Temps, dis-je.

*

L’amour ne survit pas dans la société, il faut le tenir secret, dans l’abri.

Hélène Cixous dans Défions l’augure

 

Une pièce musicale de Chopin – Spring Waltz (Mariage d’Amour)

Publié 28 octobre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La vieillesse ou l’Art d’être en changement   Leave a comment

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La vieillesse est souvent vécue comme la dernière ligne droite de la vie, la période des deuils, la perte d’un statut social, la diminution de la capacité d’agir, la transformation d’un corps qui s’éloigne des standards de la mode et la peur de ne plus vivre de bonheur partagé.

Souvent, la vieillesse est dans le regard de ceux qui regardent l’aîné. Personne n’a conscience que le cerveau de l’aîné a encore tendance à percevoir la réalité avec le philtre d’une jeunesse caché au fond du cœur.

Nous en avons fait de ces aînés une catégorie, qui au plan commercial, présente certaines caractéristiques intéressantes à exploiter.

Pour l’aîné, tout change. L’entourage demande de moins en moins d’avis, car les choses ont évolué et l’avancement de la technologie à changer complètement le contexte. De plus, ces gens qui les entourent disparaissent les uns après les autres.

Mais, pour ceux et celles pour qui le vieillissement est simplement l’apprentissage de l’Art d’être en changement, ils découvrent l’inversion de perspective. La vieillesse n’est plus la dernière ligne droite de la vie, c’est la vie. Être conscient qu’ils ne sont ni à la fin, ni au début de quelque chose d’autre, mais au cœur d’eux-mêmes, en vie, et avançant comme depuis leur naissance de changement en changement. Aucune avancée technologique ou modification du corps ne peuvent effacer l’expérience de vie.

Il n’y a pas de solitude pour la personne qui demeure reliée par sa nature propre à la Vie qui l’entoure. Il y a l’interdépendance permettant de simplement disparaitre en faveur des autres quand la transformation est opérée.

 

Une chanson d’Yves Duteil – Le passeur de lumière

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/1291674-yves-duteil-le-passeur-de-lumiere.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 24 octobre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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