Au-delà de notre improbabilité

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Dès l’instant où nous prenons conscience que notre vie ne peut pas se dérouler que dans le monde du rêve, dès que nous ressentons viscéralement que nous n’avons plus besoin d’être de bonne rêveuse ou de bon rêveur pour être bien dans notre peau et réaliser notre vie, il se produit un immense lâcher-prise.

Cesser de se voir en rêveur mène à la reconnaissance de son rôle d’éveilleur de notre vie. Cette ouverture d’un rideau dans le théâtre de l’univers nous rend disponibles à ce qui se trouve autour de nous. L’éveil à cet instant, l’éveil à une réelle reconnaissance envers la vie.

Puis, un jour on enlève un a un nos costumes, pour se rendre compte que l’absence de personnage est cet espace sans moi et tout en soi.

Par-delà le vertige, le gouffre qui s’ouvre, cette ouverture donne le recul nécessaire pour voir ce théâtre et le personnage en action. Il y a de cette position, une appréciation claire de notre capacité à créer, de cette matrice d’énergie libre de la contrainte de l’impossible.

Alors, la question qui peut surgir pourrait ressembler à; est-ce plus important de développer le personnage, avec ses joies et ses peines imaginaires, le parcours prévu et l’histoire attendue, ou de contribuer en pleine conscience à cette vie comme une improvisation de notre propre improbabilité?

Quelle belle surprise que de sortir d’un rêve et de se lever pour la vie!

Une chanson de Yoav – Wake Up

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L’oeuvre d’être par la compassion

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Celui qui laisse entrer la compassion dans sa vie ne sera pas plus riche et il n’aura pas moins de difficultés.

Celui qui laisse entrer la compassion dans sa vie n’aura pas pour autant un but tout défini à atteindre.

Celui qui laisse entrer la compassion dans sa vie ne vivra pas nécessairement plus vieux et ne sera pas nécessairement en santé.

Celui qui laisse entrer la compassion dans sa vie ne sera pas nécessairement plus sage et n’aura pas plus de pouvoir.

En cela réside la réelle nature de la compassion. D’une part nous ne pouvons pas la couper avec un couteau, et d’autre part, l’attraper avec un filet.

De plus, l’arme la plus puissante au monde est incapable de laisser une entaille à sa surface. Et la personne qui se l’approprie a les mains vides.

Toutefois, celui qui laisse entrer la compassion dans sa vie apportera à chaque rencontre qu’il fera, à chaque geste de bonté qu’il posera, cet amour et cette humanité qui est la source de la vie ensemble.

Sans rien en retour, juste vivre avec attention, juste rendre de bonté le présent et créer une œuvre d’être.

Sans rien en retour pour sortir de ce cycle de l’éternel retour ou tout gain est compensé par une perte.

Une chanson de Zaz – Si

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Le meilleur de soi : Le rencontrer, le nourrir, l’exprimer

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Faute d’être reconnues, nos eaux intérieures soulèvent de grandes vagues où nous risquons de nous noyer. Car l’émotion déferle en nous comme une lame qui nous porte, nous emporte ou nous submerge.

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Beaucoup souffrent d’une estime de soi défaillante et sont affectivement dépendants des autres faute d’avoir été reçus avec suffisamment de compréhension et de bienveillance.

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Ils cherchent encore la lueur d’approbation dans les yeux de parents symboliques ou véritables. Ils en sont pour ainsi dire assoiffés, et ils craignent de perdre l’estime de ceux et celle qui leur accordent ce reflet positif. En réalité, ils vivent dans le regard des autres, captifs de leur propre image. Leur quête est invisible mais s’ils pouvaient se voir dans ce rôle, c’est la figure d’un mendiant qui leur apparaîtrait.

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Chacun de nous veut exprimer le meilleur de lui-même. Chacun aspire à être vrai. Nous ne désirons pas seulement toucher à notre vérité, nous cherchons aussi à la manifester et à la dire.

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La projection est un mécanisme psychologique qui fait que l’on prête aux autres des éléments inconscients de notre propre psyché.

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Les cœurs se rejoignent quand nous réalisons que nous voulons tous de l’amour et de la reconnaissance. Car le véritable cri du cœur, qui exprime les attentes et les besoins de chacun, se résume essentiellement au désir d’aimer et d’être aimé pour ce qu’il est véritablement, c’est à dire un être qui, avec ses dons et ses talents, fait partie de la grande famille universelle.

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Il ne tient qu’à nous de cultiver ce dialogue afin que les idées créatrices et l’inspiration puissent irriguer nos vies.

Guy Corneau dans Le meilleur de soi : Le rencontrer, le nourrir, l’exprimer

Une pièce musicale de Levon Minassian & Armand Amar – Hovern’engan

La vision du temps avec Enzo

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Il était une fois et la fois d’après, un homme curieux. Il refusait de laisser son esprit se faire emprisonner dans des rapports de force. Il n’aimait particulièrement pas les débats ou l’on doit choisir entre une chose ou son contraire. Cette forme de regard dualiste le rendait triste.

Pour lui, tout était une question de perspective et d’adaptation. Par exemple, il aimait rappeler que lorsqu’il était dans un pays d’Orient, le soleil se couche à ses yeux sur l’Occident qui représentait l’aube d’un Nouveau Monde. Cette position sur la Terre faisait en sorte que la conception du monde reposait sur le fil de l’histoire.

Toutefois, lorsqu’il est en Occident, le soleil se couche vers l’Orient ou l’aube nous permet d’émerger de la nuit des temps.

Il aimait rappeler que chaque coucher de soleil n’est jamais une fin en soi, et l’aube n’est jamais un début en soi. La fin des attentes ou le début de nouveaux espoirs n’étaient à ses yeux que des fabrications de l’esprit humain.

Il aimait poser la question : quelle est la meilleure part de la vie d’un humain? Avec un grand rire, il aimait rappeler que c’est chaque fois que l’on aime vraiment.

Pour Enzo, il sera toujours une fois, et une fois encore et une fois encore. Tout passe, la vie glisse partout, il n’y a pas de vide, seulement des absences.

Une pièce musicale de Shakti – Two sister

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La fin de la rêverie

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Il était en train de rêver. Tout était tellement vrai et pourtant il  savait et il avait la certitude qu’il rêvait. Il vivait sans l’être, car il se réfléchissait comme un être intemporel. Il n’avait pas besoin de faire attention à ses pensées, à ses paroles et à ses actes. Si quelque chose n’allait pas comme il l’avait prévu, il ne s’en faisait pas, il n’avait aucune contrainte de temps et de réalité.

Du haut de sa rêverie, il pouvait toucher une fleur, et l’a sentir, et même l’arracher, car tout était impermanent. Il parcourait une suite de plaisirs qui passent, qui se perdent dans l’infini, et il poursuivait son avancé vers un ailleurs.

À force de vouloir demeurer dans cet état, il s’était transformé non pas seulement en un rêveur, mais en un être irréel. Il se disait que toute existence nécessitait trop de temps.

Puis, un jour, il fut troublé par une absence de plaisir, il en souffrait et il se rendit compte que l’éternité peut devenir un enfer pendant que l’on souffre. Les plaisirs laissaient des marques de manque. Il avait bien tenté de nier, de refouler ses sentiments, en prenant pour appui cette certitude d’avoir raison de ne pas être, mais rien à faire. Tout était vain.

Puis, il fut troublé par un présent que lui fut offert par une personne qu’il avait croisée par hasard. Cette personne merveilleuse lui avait offert un temps d’arrêt, et ensemble, en marchant dans les prés, il put découvrir autrement ces myriades de fleurs, d’herbes et d’êtres autour de lui. Il venait de comprendre que toute existence réelle occupe un espace, et qu’elle n’était perceptible que par une attention qui requiert du temps.

Puis, il sentit le rêve se terminer, et un mouvement d’éveil se produisit. L’espace d’une éternité, le présent de son existence lui apparut.  Ses yeux étaient maintenant capables de décoder cette nouvelle représentation du monde, car son esprit était prêt, ouvert et surtout disponible.

Dorénavant, il avait l’intuition que chaque fleur, chaque brin d’herbe, chaque être qu’il croiserait pouvaient, s’il l’acceptait, faire partie d’une composition plus grande, probablement intemporelle et infini, lui permettant de se libérer, de naître enfin à sa vie et être.

Bien que maintenant rien ne lui semble séparé, bien qu’il soit maintenant conscient que chaque instant inclut toute attente en entier, il se savait naître inter relié à cette réalité, au lieu de n’être qu’un de ces rêveurs intemporels perdus dans les confins des espérances.

Puis, le soleil se leva à l’horizon. Un autre éveil s’était produit.

Une pièce musicale Le Songe d’une nuit d’été – Ballet du Grand Théâtre de Genève

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Ces épris de liberté

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L’apprentissage de la solitude est un chemin d’apprivoisement et d’acceptation contrairement à l’isolement imposé.

D’une part, nous devons apprivoiser notre présence, notre rapport avec le silence et le calme, pour ensuite accueillir et composer avec nos peurs. C’est en quelque sorte un passage obligé qui nous amène à soi.

Toutefois, pour vraiment accéder à cet espace intérieur, souvent associé à la nature propre qui nous compose, il est primordial de s’investir pleinement pour assumer sa liberté. Ce mot si noble et si invocateur reste trop souvent une lubie de l’esprit. Regardez autour de vous, les gens qui recherchent constamment la compagnie des autres, qui font tout pour ne pas être seuls, cédant leur liberté pour une présence.

Ce qui est fardeau pour les uns et une bénédiction pour les autres. Être son propre guide et suivre ses propres principes et lois. Ceux qui gravissent des montagnes, qui écrivent leurs visions, qui franchissent des frontières, qui créent les œuvres d’art qui les habitent sont épris de liberté.

Il ne faut pas pour autant fuir les familles, l’amour, l’amitié, les groupes et les associations de toutes sortes, il faut tout simplement accepter que nous soyons des êtres qui ont besoin de se réaliser tout en contribuant à une communauté. L’oppression des autres est souvent ce que l’on s’impose pour s’éloigner de soi.

Pourtant, la solitude est une porte dérobée qui nous permet d’oser notre singularité pour mieux enrichir notre communauté.

Une chanson de Chanson de Paul Eluard adaptée pour l’édition 2016 des Enfoirés – Liberté

Les paroles suivent plus bas sous la vidéo

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Les fruits de la passion

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Pourquoi devons-nous être présents alors que manifestement nous existons? Quel subterfuge se cache derrière ces mots?

On peut avoir l’impression que le fait de trouver de beaux mots, de s’exprimer de façon positive devrait suffire. Et pourtant, être vrai est plus important que de faire simple ou positif.

Être présent demande plus que de la présence physique, car cela appelle à nous assumer, à délaisser l’emprise sur nous de toutes sortes de conceptions toutes faites, de préjugés et de peurs liées notamment à nos ruminations

C’est en quelque sorte, s’appuyer sur notre singularité, sur ce qui nous constitue, certains parlent de notre propre nature, et d’en être conscient une bonne partie de la journée.

Comment apprécier que nous soyons sur la bonne voie en ce qui nous concerne et non pas sur la voie des autres? Faites une pause dans votre journée. Prenez le temps d’apprécier ce que vous avez réalisé depuis votre lever. Tracer un bilan de l’importance de vos énergies que vous avez consacrées à faire puis à être. C’est en identifiant l’état d’esprit et l’émotion derrière chacune de ces actions que vous pourrez apprécier ce qui vous motive. Est-ce que vous faites ces actions pour éviter une réprimande, pour éviter de ne pas être apprécié, en faite pour éviter les différentes formes de nos peurs? Ou vos actions sont réalisées afin d’être mieux, c’est-à-dire pour se permettre de se réaliser, de vivre une passion qui nous nourrit et nourrit les autres?

Être présent, c’est prendre conscience de la passion d’être.

Une chanson de Fiori Séguin – La moitié du monde

Les paroles sur https://www.boiteachansons.net/Partitions/Fiori-Seguin/La-moitie-du-monde.php

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