S’asseoir tout simplement

contemplation

Dans son Recueil de la transmission de la lumière, le maître zen Keizan écrivait à propos de ce moment d’abdication où le corps et l’esprit se dépouillent :

Une fois qu’on a atteint ce lieu, on est comme un panier sans fond ou comme un bol percé.

Quoi qu’on y mette et remette, il ne peut rien contenir, quoi qu’on y verse et reverse, il ne peut se remplir. Lorsque cet instant survient, on dit que le fond du tonneau a cédé.

Seule l’audace peut nous conduire en ce lieu.

Le calme comme l’absence de calme sont alors délaissés — dépassés.

La méditation zen ne prend sens que sur le fond de cette rupture de toutes les digues intérieures. Il n’existe aucune méthode qui permette de faire céder le fond du tonneau ; ni les techniques ni le bâton ne le peuvent.

La seule façon qu’il cède, c’est de se permettre qu’il cède. La clé est là : se permettre. Nous croyons que des pensées, des images, des malaises nous encombrent. En réalité, seules les peurs et les confusions nous encombrent vraiment. Atteindre ce point paraît impossible. Et pourtant, c’est facile : il suffit. On ressent alors que la méditation n’est pas affaire de calme mais bien de liberté.

Tout devient pur et nu, lumineux et transparent. La lumière originelle irradie de votre squelette.

Éric Rommeluère dans S’asseoir tout simplement : L’art de la méditation zen

Une pièce musicale d’Eric Aron – Kalpa

Simplement assis

contemplation

Parfois, il est bon de s’asseoir simplement

D’occuper un espace et un temps

À ne pas essayer de comprendre

À ne plus chérir nos opinions

Tout laisser aller, simplement

Renouer avec l’infaisable,

Inspirer

Expirer,

Inspirer,

Expirer,

Laisser

Le

Calme

Envahir

Puis découvrir

Ce que l’on sent

Ce que l’on ressent

Ce qui soudain apparaît

De tout nouveau en nous

Chaque apparition finit par disparaître

Chaque disparition ouvre une fenêtre vers l’infini

Il faut beaucoup d’abnégation et d’humilité pour être là.

S

I

M

P

L

E

M

E

N`

T

Une pièce musicale de Ludovico Einaudi – Life

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Colorier son mandala

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Nous faisons notre quotidien avec ce que nous décodons, ce que nous croyons et ce que nous portons comme valeurs et pensées en nous.

Il ne peut pas y avoir de havre de paix si nous ne sommes pas capables de nous accepter et que l’on ouvre la porte à l’ingérence des autres dans notre vie.

Dès l’instant où l’on se définit en fonction de son apparence, le poids de notre souffrance s’exprime par nos rondeurs, l’enracinement de notre souffrance s’exprime par nos rides, l’éclosion de notre souffrance s’exprime par les boutons sur la peau et nous ne pouvons plus avoir cette sérénité pour être heureux.

Si ce que nous sommes ne nous convient pas, nous devons changer. Le statu quo est intolérable. Nous devons entreprendre un processus de transformation afin de nous créer et nous devons aussi entreprendre un processus d’acceptation par l’entraînement de l’esprit pour s’ouvrir à ce qui est, puis à nous.

Il n’y a pas l’un ou l’autre, il n’y a pas de compromis. Le corps change, l’esprit change, tout change, et devant cette réalité, il n’y a pas de solution unique, mais une approche d’appropriation de notre corps et de notre esprit.

On oublie souvent que même un maquillage, un vêtement ou un tatouage peuvent ouvrir la voie au tracé d’une nouvelle forme de mandala dans notre vie.

Une pièce musicale de Kitaro – Mandala

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Regarder, puis voir

Nous sommes capables de regarder, mais savons-nous voir? Je fais référence à cette capacité de décoder avec nos sens ce qui est perçu, d’accueillir ce qui nous entoure sans l’altérer, le défendre ou réagir.

Regarder en soi n’est pas problématique. Regarder c’est l’outil de perception.

Mais voir demande une attention, une identification et une prise de conscience. Cela interpelle notre capacité à décoder la perception et non les pensées associées. Par exemple, par-delà les jeux de couleurs d’une œuvre, le style ou la renommée de l‘artiste, voir le sens, le détail qui relie le tout. Voir implique d’entrer par le regard.

Transposer notre capacité de voir à la méditation, et aux autres formes de l’entraînement de l’esprit, cela implique d’aller plus loin que de regarder en position assise. Cela implique avant tout de développer cette capacité de voir réellement, affranchie de l’asservissement d’une pensée qui déforme, et détacher le tout de nos croyances et convictions.

Pour pacifier le flux des pensées, il ne faut pas bloquer, mais voir avec le moins de filtres possible, ce qui est et accepter que tout passe.

Une chanson de Tiken Jah Fakoly  – Viens voir

Les paroles sur https://genius.com/Tiken-jah-fakoly-viens-voir-lyrics

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Zen, assis et debout?

ImAGE Changer de point de vue

… le zen préconise de prendre des temps de méditation réguliers, en trouvant une posture physique juste. Le dos doit rester droit, la colonne vertébrale étirée, comme si un fil partait du sommet du crâne pour atteindre le ciel. Et en même temps, le zen incite à nous ancrer dans le sol, en ayant la sensation d’être enracinés dans la terre. L’ensemble crée un état de stabilité, mais sans tension. Cette attitude n’est pas si simple à adopter à notre époque où les personnes sont souvent dans une agitation permanente. Mais ce n’est qu’à partir de cette position que nous pouvons identifier ce que représente la peur pour chacun de nous et élaborer une réponse pacifique pour y faire face.

[La posture ] permet de trouver une respiration suscitant un état de calme intérieur où le physique et le mental sont en harmonie. Dans cette perspective, le zen propose de se concentrer sur l’expiration. Nous pratiquons ainsi une forme particulière de respiration (dite inversée) qui purifie le cœur de ce qui nous encombre. Il est conseillé d’expirer profondément et longuement, en ayant la sensation que l’on chasse à l’extérieur ce qui peut être de l’ordre des choses négatives. Quand nous expirons l’air, nous sommes invités en même temps à pousser sur le bas-ventre, entre le nombril et le pubis. L’inspiration survient ensuite comme par réflexe, une simple conséquence de l’expiration. Au début, cette façon de procéder surprend les Occidentaux qui ont plutôt l’habitude de gonfler la poitrine lorsqu’ils inspirent, puis de rentrer le ventre quand ils chassent l’air !

Ce qu’on aura découvert dans la posture de l’assise pourra être ensuite transposé dans tous les actes de notre existence pour maintenir ce cœur que rien ne trouble malgré les catastrophes environnantes. Contrairement à une certaine interprétation venue des États-Unis, le zen n’a pas pour but de se débarrasser des émotions. Nous pouvons les recevoir toutes, positives ou négatives. Il ne s’agit pas de les supprimer, mais de ne pas en devenir prisonnier. Progressivement, en pratiquant la méditation, nous arrivons à une forme de lucidité qui n’est pas intellectuelle, mais qui est la capacité de voir les choses dans leur réalité tout en gardant notre propre sérénité.

Hôzumi Rôshi

Une pièce musicale Spirit Flute at Barr Falls

Vieillir en pleine conscience

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Hormis le handicap physique, rien n’est plus angoissant que la perspective de la sénilité. C’était en tout cas ce que je redoutais le plus avant mon attaque. Pourtant quand nous entrons dans la dimension spirituelle de la conscience, nous constatons qu’elle est infiniment plus vaste que le mental et qu’elle demeurera omniprésente. Il importe peu alors d’avoir toute sa tête.

*

Puis quand la pratique méditative vous aura permis d’acquérir un peu de tranquillité, vous pourrez partir à la rencontre de vos démons intérieurs et réaliser qu’ils ne sont que pures inventions.

*

Dans une culture aussi peu traditionnelle que la nôtre et, de surcroît, dominée par la technique, on porte beaucoup plus d’intérêt aux informations qu’à la sagesse. Pourtant leur rôle est bien distinct. Les premières impliquent l’acquisition, l’organisation et la diffusion de faits. La sagesse, pour sa part, met en jeu une fonction tout aussi cruciale : le déconditionnement et la pacification du mental, l’intervention du cœur et l’alchimie de la raison et des sentiments. En Occident la sagesse se fait rare.

*

Nous pouvons choisir de vieillir comme nous l’entendons. Nous pouvons faire de nos transformations des richesses tant pour les autres que pour nous-mêmes. Pour cela, il faut prendre le temps de connaître le fonctionnement du mental et de découvrir comment il détermine la qualité de notre existence.

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Souvent, j’ai dû remettre mes pendules à l’heure afin de me remémorer que je ne suis ni ce corps paralysé, ni cette attaque, même si elle a radicalement modifié ma vie et menace parfois de dominer ma conscience. De la même façon, un mourant ne se réduit pas au corps que vous voyez sur le lit. Rappelons-le leur et rappelons-nous-en quand notre heure viendra. Nous contribuerons ainsi à ce que diminue la souffrance. En nous intéressant aux autres facettes de l’identité d’un mourant, notamment à son existence en tant qu’âme, nous évitons cette identification à la maladie lorsque les circonstances de la vie nous poussent dans ce sens.

*

Je vous souhaite à tous de vieillir avec ce sentiment qui habitait mon père, ce sentiment de libération, d’accomplissement et de contentement.

Ram Dass, dans Vieillir en pleine conscience

Richard Alpert, Ram Dass, a été atteint d’un accident vasculaire cérébral en 1997. Il en est resté sévèrement handicapé. Il avait commencé à écrire ce livre avant son accident et il a été terminé par la suite.

Une chanson de Leonard Cohen – Traveling Light

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/1194286-leonard-cohen-traveling-light.html