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Jour 3   Leave a comment

ImAGE Visages

Dans un territoire isolé, inconnu jusqu’à maintenant, où le développement de soi passait par des investissements, il a été convenu de mettre en place un système permettant de gérer les transactions que les citoyennes et citoyens effectuaient dans la perspective de ce marché de l’avoir.

Le consensus ayant été établi que toute personne était imparfaite, il devient impératif de susciter la promotion d’un développement optimal de soi, sur tous les plans, que ce soit physique, psychologique et spirituel.

Ainsi, en soutien aux volontés gouvernementales, des entrepreneurs ont mis sur pied des institutions favorisant le développement de soi.

D’une part, ils permettaient le dépôt d’expériences acquises en développement de soi pouvant fructifier en fonction de l’intérêt retenu. Ainsi, ces épargnants d’expériences, pourraient ultérieurement les reprendre afin de les mobiliser dans un projet nécessitant beaucoup de ressources. Ce placement permettrait aux citoyennes et citoyens d’avoir accès à une réserve de compétences acquises pour répondre à des besoins ponctuels immédiats.

Et, d’autre part, il devenait possible d’emprunter des compétences de développement de soi afin de compenser son manque d’expérience et de mieux se positionner dans le marché. Une période déterminée et un intérêt accompagnant le remboursement leur étaient assignés.

Tous les jours, il y avait une augmentation du nombre de transactions. Par contre, plus le système devenait populaire, plus le nombre de déposants diminuait tandis que le nombre d’empruntant augmentait.

Il était devenu plus facile d’utiliser les compétences des autres pour réaliser ses propres projets.  Toutefois, le manque d’expériences personnelles faisait en sorte que parfois les projets avaient une durée d’exploitation assez courte.

L’offre de service pour le développement de soi s’étant diversité (beaucoup d’approches différentes et une multiplication d’entreprises), le besoin d’adopter une approche, le véhicule spécifique d’une expérience en quelque sorte, était devenue plus important que le but en soi, l’expérience du développement de soi.

Beaucoup de personnes préféraient découvrir une nouvelle technique, une nouvelle approche pour le plaisir qu’elle procurait au lieu d’entamer une démarche d’appropriation des fondements à partir de leur propre expérience. De plus en plus le doute s’installait, car ce qui était valorisé devait provenir d’un autre, et cet autre dans la majorité des cas avait emprunté le savoir qu’il dispensait.

La confusion fut si grande, que le gouvernement a alors décidé de remplacer le terme de développement de soi par l’entraînement de soi.  C’est alors que ce peuple est entré dans le nouveau marché du Soi. Ainsi, plus besoin de s’en faire avec la finalité, il s’agissait de faire, de prendre tous les moyens possibles et cela était bien. On pouvait faire la promotion de vivre longuement, même si cela n’avait plus de sens. On pouvait éviter les débats existentiels, car il s’agissait non plus d’être, mais de bien faire.

Mais, comme le système reposait avant tout l’emprunt à partir des dépôts d’expériences acquises en développement de soi, un problème d’approvisionnement est vite devenu criant. Ceux qui avaient le pouvoir avaient les moyens, alors que ceux qui avaient les savoirs ne voulaient pas d’un tel pouvoir.

Je compte poursuivre mes observations, car je suis curieux d’apprécier comment ce peuple saura relever ce défi. Il est fascinant de constater que le fait de rechercher uniquement la perfection, de diviser les ressources, de valoriser des compétences dans un domaine spécifique, de susciter la compétition crée des conditions où des individus en arrivent à ne plus apprécier leur propre expérience et à croire que leur vie n’est pas encore arrivée. Ici, notamment, il va de soi que le développement est compromis.

 

Une chanson d’un autre chanteur né à Alexandrie en Égypte, Demis Roussos – On écrit sur les murs

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/791013.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

 

Publié 10 décembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru, Voyages et errances

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Au-delà de nos frontières   2 comments

Visage nature

Avez-vous déjà franchi l’autre versant de votre monde?

Il existe vraiment, il est bien réel, mais peu visité, et à l’image de l’inconnu. L’autre versant est perçu comme un côté sombre de notre monde.

Nous avons en général une peur de ce que nous ne connaissons pas. Cette peur est souvent irrationnelle et elle ne peut s’apprivoiser que par un travail de désensibilisation patient et constant.

Le monde que nous partageons et que nous connaissons tous est ce monde social, interactif, ou il y a beaucoup d’animation, des soirées, des repas entre amis, des sorties de groupe, etc.

L’autre versant est cet r de solitude. Il y a tant de richesse à découvrir, et tant d’aventure à réaliser.

Nous foulons l’espace de cet autre versant quand on prend du temps seul pour soi. Nous pénétrons dans ce versant lorsque nous faisons une randonnée en solitaire en forêt ou dans un parc. Nous entrons alors sur les terres de l’autre versant. Si la promenade se fait sans les outils afin de se déconnecter de l’autre monde (musique, livre, journaux, cellulaires, tablettes et j’en passe), alors c’est que vous pénétrez plus avant dans l’autre versant. La peur de l’inconnu se manifeste souvent sous la forme de l’ennui. La cause de cette peur sous forme d’ennui n’est autre que notre incapacité à s’habiter réellement, à garder une créativité dans le présent comme dans l’autre monde. L’ennui est souvent perçu comme une diminution de la vie, un soi très présent dans beaucoup d’absence.

Lorsque nous vivons cette peur reliée à l’ennui, notre réaction première est de bouger, de faire quelque chose, de se divertir, et de repartir dans ce versant où il y a un soi plus absent et beaucoup d’autres formes de présence.

La personne, qui désire continuer à explorer cet autre versant, doit apprivoiser cette peur, l’utiliser pour devenir un meilleur observateur de ce qui l’entoure, puis par la capacité d’attention, apprendre à composer avec cette nouvelle réalité. En fait, elle doit devenir l’auteur conscient dans cet état de solitude.

Celui qui sait voyager seul saura mieux comprendre les autres. Les rencontres ne deviennent plus un prétexte inavoué afin d’éviter de se retrouver seules, mais elles présentent des opportunités pour s’ouvrir à l’autre, pour se découvrir et se dépasser. C’est toute la différence entre s’engager pour ne pas être seul, au lieu de s’engager ensemble à être seul.

Les personnes qui décident d’explorer régulièrement cet autre versant du monde développent une plus grande capacité d’adaptation, une faculté à dénicher le bonheur dans ces instants furtifs, et créer un présent à leur mesure au lieu de s’agiter pour meubler un présent par peur de l’absence. En nous créant, nous allons au-delà de nos frontières.

Une chanson de Bon Iver – Holocene

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/897999.html

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Publié 18 novembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Variations sur le corps   Leave a comment

ImAGE plumes envol

Étudiez, apprenez, certes, il en restera toujours quelque chose, mais, surtout, entraînez le corps et faites-lui confiance, car il se souvient de tout sans poids ni encombrement. Seule notre chair divine nous distingue des machines ; l’intelligence humaine se distingue de artificielle par le corps, seul.

*

Je soupçonne d’ignorance méchante les analyses pathologiques du mysticisme parce qu’elles versent sa force dans une faiblesse maladive, et son acte dans une passivité. Drogues coûteuses ou maladies mentales produisent, certes, des hallucinations dont les décors de carton caricaturent les authentiques extases des sains.

*

Faute de comprendre la vertu, voici que l’ensemble des vices prend la belle unité d’une cohérence : une vie entière se voue à l’inflation, à l’agrandissement d’une masse qui s’expanse. Cette croissance évolue selon une pente d’allure narcotique : l’avare, le paresseux et le gourmand se droguent de sommeil, d’alcool ou d’argent ; il faut augmenter la dose de fureur, de haine ou de gloire pour rester longtemps enchanté de colère, d’envie ou d’orgueil. Pourquoi ne parlons-nous plus de la vertu ? Parce que le monde où nous vivons se construit, tout justement, sur la croissance, générale et quantifiable ; l’économie, la finance, la consommation et le progrès innovateur des sciences et des techniques, tout ce qui paraît sérieux et lourd, semblent la rendre aussi nécessaire qu’un destin, aussi indispensable que l’assuétude. Du coup, notre culture elle-même ressemble à s’y méprendre à une narcose croissante qui asservit à sa dépendance. Pourquoi les enfants se droguent-ils ? Pour imiter leurs parents, intoxiqués d’argent, de travail, d’emploi du temps, de consommation, de représentation… soumis à des prises horaires obligatoires, plongés dans l’enchantement de la croissance. Les jeunes générations obéirent-elles jamais avec plus de soumission ?

Michel Serres dans Variations sur le corps

Une pièce musicale de The Cinematic Orchestra – To Build a Home

Publié 17 octobre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Les points de vue   Leave a comment

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Il nous arrive si souvent de nous opposer au point de vue de l’autre, à son opinion. Et pourtant…

Nos façons de voir nous ramènent à notre bagage acquis. Les yeux peuvent percevoir que ce que le cerveau est prêt à décoder.

Ainsi, nous nous opposons à l’autre en étant persuadé que nous sommes dans le vrai et que nécessairement l’autre est tors.

Parfois, j’ai l’impression que lors de nos échanges, nous oublions que nous avons eu un parcours différent, et que cette vérité qui nous oppose n’est rien d’autre qu’une perspective différente pour l’apprécier. Imaginez un grand carrefour avec des rues qui viennent s’y fondre, avec une grande statue en son centre. Selon la rue empruntée, la représentation de la statue sera différente.

Même en tentant de justifier nos points de vue par un argumentaire impeccable et objectif à nos yeux, nous ne réussirons pas à convaincre l’autre qui ne voit pas la même chose. Et même si nous réussissons à faire le tour de la statue pour en avoir une représentation complète, il y aura toujours un interlocuteur qui n’aura pas les mêmes référents pour apprécier.

La personne qui apprend à écouter au lieu de s’opposer au point de vue de l’autre enrichit sa représentation du monde.  Apprendre est plus important que de rendre captive sa propre vérité.

Une chanson de Jean-Pierre Ferland interprété par Bruno Pelletier – Un peu plus haut, un peu plus loin

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Publié 16 octobre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Le point de bascule vers le changement   Leave a comment

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Dans un monde où rien n’est immuable, et tout change, avec les cycles de la vie, nous devons développer le savoir-faire du lâcher-prise.

Chaque expérience, chaque phase importante de notre vie porte en elle par son point de bascule vers un autre état, l’enseignement nous permettant de nous y adapter.

Ainsi les situations où nous sentons que nous sommes opprimés ou contrôlés peuvent devenir des opportunités pour reprendre notre vie en main et se réapproprier notre pouvoir d’agir.

Lorsque nous vivons l’abandon, c’est en assumant sa présence à soi, sa solitude, que nous pouvons par la suite tailler la place à son complément.

Les jours, où ce que nous pouvons faire ne peut effacer l’ennui qui s’est incrusté, sont là pour nous faire apprivoiser la patience de vivre l’instant en présent.

La rencontre d’une personne qui nous irrite est une fenêtre sur nous pour nous enseigner la compassion et l’acceptation de la différence.

Les situations où nous devons faire face à un défi et où nous devons composer avec l’anticipation et la crainte sont des opportunités, non pas seulement pour réussir, mais surtout de s’approprier le courage de surmonter notre peur.

Il y a dans nos vies des points de bascule où le carrefour qui s’offre à nous ne dépend pas uniquement d’un choix, mais avant tout de cette capacité à s’adapter en lâchant prise à l’opportunité de vivre avec conscience pleinement.

Une chanson de Daniel Bélanger –  Il y a tant à faire

Les paroles sur https://www.boiteachansons.net/Partitions/Daniel-Belanger/Il-y-a-tant-a-faire.php

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Publié 26 septembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Être léger   1 comment

ImAGE joie

J’aimerais te dire qu’il est possible de se faire aérien et de ressentir sa légèreté comme une envolée de l’âme soulevée par les battements d’ailes du rire.

Les vertus de l’humour sont rarement prises au sérieux.

Vivre demande parfois de l’abandon, pas seulement du travail et de l’effort.

Le bonheur n’est pas un manque, mais une reconnaissance par soi-même.

Et pour apprendre à regarder, ensuite à voir et puis enfin reconnaître, il faut de l’entraînement et du repos.

Avec le temps, on constate qu’il est préférable de commencer jeune à vivre réellement…

Une pièce musicale Neil Diamond – Be

Les paroles sur http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/1089532/neil-diamond/paroles-et-traduction-be/

 

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Publié 19 août 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Apprendre à « Être » avec un arbre   Leave a comment

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Apprendre à « Être » avec un arbre. Quand on sort dans la nature, si l’on s’applique à être tout simplement là avec un arbre, pendant un moment, à regarder où l’on s’appuie contre son tronc, on commence alors à ressentir sa force, sa sérénité, même si le vent souffle, même s’il pleut. On est conscient, sans penser. On découvre l’essence même du monde en lui et par conséquent en nous.

Nous pouvons faire de même avec les gens au lieu de les « étiqueter » d’emblée comme nous le faisons généralement. Lorsque nous rencontrons une personne, certaines pensées et jugements nous viennent à l’esprit. Nous l’avons déjà cataloguée et ne sommes donc plus vraiment en communication avec elle, mais avec nos propres critères.

Plus on se ferme à la réalité, moins l’on s’émerveille de la vie qui se déploie continuellement en soi et des rencontres que l’on fait. Laissons-nous donc surprendre et gardons notre innocence à l’égard des autres.

Françoise Réveillet dans Petites pensées pour voyager léger

Une chanson Everyday People | Turnaround Arts | Playing For Change

Publié 30 juin 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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