Archives de août 2016

Les yeux ouverts sur l’éducation   Leave a comment

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J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celles du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait.

Marguerite Yourcenar, Les Yeux ouverts : Entretiens avec Matthieu Galey (p. 255)

Une chanson d’Alanis Morissette – You Learn

Publié 31 août 2016 par dandanjean dans Pauses lectures

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Quand le cliché fait vie   Leave a comment

Jugement

Pour déjouer le temps qui passe, il prenait des photos en grande quantité. Il avait des photos de beaucoup de lieux et de beaucoup d’événements. Il avait développé cette représentation du monde qui lui permettait de regarder la réalité à partir d’un objectif. Pas besoin de se fondre, juste de cadrer ce qui est beau à l’œil, et saisir l’instant de ce prisme de la réalité.

Puis il passait du temps à regarder les photos, ces clichés d’objectifs qu’il avait captés. Une vie en cliché. Bien cadré et sous le focus de l’objectif. Il lui est même arrivé un jour de saisir un instant magique, un épisode de la vie de bonheur des gens simple de la rue. Il avait adopté cette vie pour saisir le temps qui passe sans se rendre compte que pour vivre comme cela, une image vaut mille maux.

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – La vie par procuration

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Publié 31 août 2016 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Ce qui est gratuit a de la valeur?   Leave a comment

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Nous entendons souvent dire que dans la vie, rien n’est gratuit. Ainsi, nous laissons entendre que ce qui a de la valeur doit se payer. Et si ce n’était pas toujours le cas?  Et si nous pouvions voir quelques nuances?

Tout se paie, affirment les économistes sur le ton de l’évidence. Une bonne partie de notre formation repose sur cette vision économique qui exclut tout désintéressement dans les rapports humains. Selon certains, l’économie de marché idéale, implique que chaque chose a un prix monnayable. C’est la logique du système. L’efficacité économique est ainsi fixée par la loi de l’offre et de la demande. Toute gratuité révèle une défaillance du marché et un problème à régler.

D’ailleurs, certains vous diront que c’est grâce à l’intervention des instances publiques, qui se sont dotées des ressources nécessaires grâce à la taxation et à l’impôt, que des initiatives sont possibles. Bien que cet aspect de la question soit vrai, il faut reconnaître que le développement économique, à mes yeux, ne peut se développer de façon durable sans le développement social.

Il peut arriver que quelque chose d’une grande valeur soit gratuit, je pense à une amitié sincère et authentique, une balade dans un boisé public, un don de sang, un coucher de soleil, une zone libre wi-fi, un refuge, un échange avec une personne d’une grande sagesse. Et, à mes yeux, le marché n’est pas en péril pour autant.

Le prix vient réguler le développement économique, la valeur réelle provient de l’impact social associé.

Il y a toujours un prix que nous pouvons accorder à l’activité humaine, et à qui sait voir, des actions qui transcendent les marchés et qui s’en dégagent par leur valeur ajoutée. C’est la beauté de notre humanité, une personne ayant une vie engagée envers autrui, vivant modestement et avec humilité, peut représenter une valeur inestimable pour le patrimoine communautaire.

Une chanson de Fred Combien – C’est combien

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Par delà les contours du corps   1 comment

Inde varanasi

Il n’est pas facile de passer de la conception de la forme d’un humain à l’idée de son être. Certains diront d’ailleurs à quoi cela nous aiderait. La part animale bien ancrée au fond de nous hurlerait au loin pour bien marquer son territoire. Le passage des affiches où les humains sont mannequins, ou le désir s’alimente d’une représentation sexuée du physique est bien connu. Cette espèce d’acharnement à vouloir concevoir qu’il est possible de prendre l’autre en exerçant notre pouvoir est fascinant. La part animale bien ancrée au fond de nous hurle au loin pour bien marquer le territoire. Certains diront que la forme est importante pour toucher le fond, mais cette affirmation trouve tout son sens pour une coupe de vin, mais est-ce vraiment le mieux auquel nous pouvons aspirer comme humain? L’émancipation de la femme passe par celui de l’homme et c’est aussi inversement vrai. Voir et désirer découvrir l’être au lieu d’en saisir que l’objet est l’aventure humaine. Partager au lieu de prendre, échanger au lieu d’exercer un pouvoir et un contrôle, voilà la communion. Se délier des chaînes qui nous confinent dans un territoire, avec ses perceptions et sa propre représentation du monde, et franchir les frontières de notre humanité est aujourd’hui la seule motivation pour hurler de joie. Le chemin du plaisir ne s’arrête pas aux contours du corps, il faut pénétrer au cœur de l’être pour découvrir un univers plus grand que soi.

Une chanson de Yoav – Angel and animal

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En ouvrant le monde de Lao -Tseu   Leave a comment

Lire

Les paroles vraies ne sont pas belles,

les belles paroles ne sont pas vraies.

L’habileté n’est pas persuasive.

La persuasion est dénuée de mérite.

Le sage n’est pas savant.

Le savant n’est pas sage.

Le Sage n’accumule aucun bien.

Plus il fait pour les autres, et plus il possède.

Plus il donne aux autres et plus il reçoit.

La VOIE du Ciel c’est de favoriser sans nuire.

La VOIE du Sage, c’est d’agir sans lutter.

Lao -Tseu, Tao-te-king

Une chanson d’Harmonuim – Histoire sans paroles

Publié 28 août 2016 par dandanjean dans Pauses lectures

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Le souffle de la Terre   Leave a comment

ImAGEUn monde en soi

Autrefois, la première exigence adressée à celui qui s’engageait sur le chemin de la libération était « Connais-toi toi même… » car il faut être maître de soi pour définir son propre objectif.

L’éveil de l’homme commence quand il se rend compte qu’il ne va nulle part, et qu’il ne sait où aller. Tant qu’il demeure plongé dans un sommeil où ses rêves prévalent, il ne se doute pas qu’il dort. Le sommeil dans lequel il existe est quasiment hypnotique, et cet état est continuellement maintenu, renforcé par lui-même.

Aussi longtemps que l’être humain restera esclave intérieurement, il le restera extérieurement et souffrira. S’il vainc ses souffrances et surmonte les obstacles, il pourra alors développer les qualités qui lui octroieront la libération. Car derrière toute difficulté, il y a le remède qui est la connaissance du Soi. Elle qui est habituellement dissimulée par nos désirs et habitudes.

Toute souffrance physique ou morale doit devenir un enseignement, et non être comprise comme un manque de chance, une fatalité. L’individu passe par la souffrance pour entendre et comprendre ses erreurs, et apprendre à se connaître pour retrouver la Lumière. A l’instant où son être spirituel se sentira empli de lumière, il sera cette Lumière.

L’épuisement de toute notre douleur entraîne une mutation biologique de notre corps, et par notre guérison, nous permettons aussi à la Terre de se transformer.

Sagesse Lakota – Le souffle de la Terre – Annie Pazzogna

Une chanson de Lawrence Lepage – Sol indien – interprétée par Hélène Maurice chante

La Route de la Conscience extrait   Leave a comment

 

Un petit extrait permettant de découvrir un film passionnant : Philippe Guillemant – La Route de la Conscience – Un film de Jean-Yves Bilien.

Un simple partage suite à cette surprise…

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