L’aide d’un passeur…

ImAGE japon cerisiers en fleur

Alors qu’il était mourant, le moine Ninakawa reçut la visite du grand maître zen Ikkyu qui lui proposa de le guider dans cet instant crucial. Le candidat à l’autre monde, d’une voix faible mais ferme répondit:

– Seul je suis venu ici-bas et seul je dois m’en aller. Je ne sais pas quelle aide vous pourriez m’apporter.

– Si vous pensez réellement que vous allez et venez, vous êtes encore dans l’illusion. Vous n’avez donc toujours pas compris la véritable nature de l’esprit.

Le visage de Ninakawa s’illumina d’un paisible sourire et il rendit son dernier souffle.

*

Ma hutte est cachée dans une forêt profonde

Qui chaque année, devient plus impénétrable.

Je n’entends rien des bruits du monde

Sauf, parfois, le chant lointain d’un bûcheron.

Quand le soleil brille, je rapièce ma robe.

Au clair de lune, je lis des poèmes.

Si vous me permettez un conseil:

Ne perdez pas votre vie à courir

Après tant de choses inutiles.

Ryokan (Le voleur et la lune)

*

Pour meubler le silence, et pour prouver qu’il n’était pas un néophyte, l’intellectuel américain continua :

-Sachant que le zen est né en Chine, j’ai cru très longtemps que ce concept du Vide était une influence du taoïsme, mais en découvrant récemment le Prajnaparamita qui est un texte fondateur du Mahayana, et dont les premières versions sont en sanscrit, j’ai compris l’origine proprement bouddhique de cette idée de Vacuité. Notion purement bouddhique, en effet, qui paraît, d’ailleurs, étrangère à l’hindouisme mais…, bredouilla le philosophe, maître, que faites-vous ? Le bol déborde et vous continuez de le remplir ?!

-Eh oui, répondit le moine à son hôte, ce bol déborde tout comme votre esprit. Comment voulez-vous que je puisse y ajouter quelque chose ?

Pascal Fauliot dans Contes des sages du Japon

 

Une pièce musicale de Jean-Pierre Rampal & Lily Laskine – Sakura Sakura

Une pause… Maman

Maman, une chanson qui a été revisité avec intelligence. Sa relecture en français, innu et algonquin de la pièce originale Mommy, Daddy, de Marc Gélinas et Gilles Richer, en dévoile encore une fois la facette intense de ce fleuron de la culture québécoise. Marée haute, second album est riche de découverte. Un auteur-compositeur-interprète intense, à fleur de peau, qui ne fait que débuter son chant d’humanité.

Émile Proulx-Cloutier chante Maman

À quel âge commence-t-on à vivre?

L’enfance se termine à l’instant où nous désirons être perçus comme plus vieux, que nous voulons être pris au sérieux, que nous voulons faire partie des grands, de ceux qui occupent l’attention.

L’âge des grands se termine quand nous nous percevons comme étant plus jeune, comme ayant encore l’image, le poids et la capacité d’être comme le point de référence de cette époque.

À quel âge vit-on la présence à soi, l’attention à l’autre et la conscience d’être là où il le faut? À quel âge peut-on oublier le temps et être ici et maintenant sans avoir peur et se dire que c’est suffisant?

Il n’y a pas de faute à vivre déphasé, il n’y aura pas de sanction ni de défaite. Juste une fleur que nous arrachons du parterre pour qu’elle nous accompagne sans prendre conscience, que lentement, elle meurt de ne plus être relié à ses racines.

Il n’y a pas d’âge pour vivre, mais c’est un beau défi de vivre son âge. Heureusement, la créativité est toujours en nous.

Une chanson de Léo Ferré – Vingt ans

Les paroles sont sur https://www.le-parolier.net/paroles-ferre-vingt-ans.html

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