La nature ne connaît que la vie

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 Source du texte dans l’image, un chant shamanique des Soyotes (Tuvas) Sibéri

La nature ne connaît que la vie. La mort n’est pour elle qu’un épisode. Elle en efface les traces sous le sable ou sous la neige, les fait disparaître sous une végétation luxuriante de verdure ou de fleurs.

Qu’importe à la nature si une mère, à Tché-Fou ou sur les rives du Yang-tsé-kiang, fait offrande d’un bol de riz et de quelques bâtons d’encens au dieu du sanctuaire, en priant pour le retour de son fils : martyr obscur, tombé sur les plaines de la Tola, ses ossements se dessèchent sous les rayons destructeurs du soleil, et les vents en éparpillent la poussière sur les sables de la prairie.

Il y a de la grandeur dans cette indifférence de la nature envers la mort, dans son ardeur à ne connaître que la vie.

De même qu’un miroir, bien qu’unique, semble devenir multiple de par la variété des objets qui se reflète en lui, de même, la conscience pure, bien qu’unique, parait se revêtir de diversité.

Considère que dans les rêves, l’esprit assume à lui tout seul les trois aspects de voyant, de vision et de chose vue. De la même façon, la pure conscience se manifeste sous une multiplicité d’aspects.

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Les Soyotes qui vivent dans la région des Urianhays sont fiers d’être de vrais bouddhistes, convaincus d’avoir conservé la pure doctrine de Rama et la sagesse profonde de Çakya-Mouni.

Au XIIIe siècle, ils préférèrent émigrer et chercher refuge au nord plutôt que de livrer combat ou de se soumettre au sanguinaire Gengis Khan qui voulait enrôler dans ses forces ces merveilleux cavaliers-archers.

Trois fois au cours de leur histoire, ils ont ainsi émigré vers le nord pour éviter la lutte, et nul ne peut dire aujourd’hui que sur les mains des Soyotes on ait jamais vu de sang humain. Avec leur seul amour de la paix pour arme, ils ont combattu la guerre et ses maux.

Tirée de Bêtes, hommes et dieux de Ferdynand Ossendowski

Une pièce musicale de German et Claudia Klatylaev: Shamanic Music from the Siberian North

Une paix libératrice et subversive au plan local

Face à la bêtise humaine, il nous faut savoir être libérateurs, être subversifs.

Chaque sourire que nous faisons contribue à introduire de l’humanité dans nos relations et permet d’accueillir l’autre.

Chaque geste de compassion que nous portons envers notre entourage éloigne la folie destructrice.

Chaque belle expérience que nous partageons éloigne la morosité des discours plaintifs.

Nous pouvons établir une belle révolution autour de nous, être subversifs au regard de la bêtise, et ne plus tolérer que toute la place soit prise par des discours négatifs, par des émotions défaitistes, par l’instauration de la peur et de ces appels au terrorisme.

Nos gestes de bonté envers les autres, nos gestes de compassion, constituent une déclaration de paix.

Contribuons au sentiment de responsabilité civique qui émerge au cœur de ce tumulte.

Intéressons-nous aux interactions entre l’humain et la nature, entre la femme et l’homme, entre nous.

Intéressons-nous à l’égalité des droits, développons une vision cohérente, entre ce que nous pensons, ce que nous disons, et ce que nous faisons, c’est notre responsabilité singulière dans ce monde.

Nous qui voyons aujourd’hui tous ces gestes terroristes, ces gestes de guerre, nous ne pouvons pas laisser notre avenir aux fruits du hasard.

Nous pouvons tous agir à notre propre échelle, chacun de nous peut devenir le facilitateur de la paix responsable de l’émergence d’un monde que nous souhaitons.

Une chanson de Francis Cabrel interprétée par Kids United – Il faudra leur dire

Les paroles sur https://www.lacoccinelle.net/904389.html

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