Archives de septembre 2018

Christian Bobin dans L’épuisement   Leave a comment

Vision

Les adolescents sont les personnes qui mettent le plus de choses sur les murs. Des photos et des mots. C’est que l’adolescence est un temps où on est sans visage clair. L’ancien visage princier d’enfance est fané, du moins on croit qu’il est fané et ça revient au même. Le nouveau visage, celui de l’homme ou de la femme qu’on sera, n’est pas encore disponible, et on n’est pas sûr d’en vouloir.

Alors on cherche au dehors dans les revues, dans les photos d’acteurs, de chanteurs ou de sportifs, on essaie des visages comme on essaie des vêtements, aucun ne va, tant pis, on recommence, on déchire, on découpe, on finira bien par trouver. C’est une recherche qui prend un temps fou. C’est une recherche qui connaît de longs temps de repos.

Un jour on quitte les parents, ou l’argent vient et on est adulte – c’est-à-dire on imite les adultes, ce qui fait qu’on en devient un. On ne colle plus d’affiches ni de phrases sur un mur, on accroche quelques reproductions de peintures. On croit ne plus chercher un visage, on le cherche encore sans savoir : quand on lit Shakespeare ou quand on contemple une couleur dans le ciel, c’est toujours avec l’espérance d’y trouver notre vrai visage. Quand on tombe amoureux c’est pareil, sauf que là on est au plus près de découvrir enfin la pureté de nos traits, là, sur le visage d’un autre. …

Christian Bobin dans L’épuisement

Une chanson de Leonard Cohen interprétée par Jeff Buckley – Hallelujah

Publié 30 septembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Par petites étapes   Leave a comment

Entretenir sa capacité d’émerveillement, entretenir ses rêves par la souce de la persévérance, cela donne des histoires fantastiques..

One small step

Publié 30 septembre 2018 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

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Par delà l’incertitude   1 comment

L'oeil

La certitude à première vue est rassurante, elle donne l’impression que nous pouvons avoir une confiance aveugle, être en sécurité. Et pourtant, ce n’est qu’une fiction de l’esprit. Rien n’est figé, tout bouge, et ce qui semblait hier immuable a changé aujourd’hui.

Devant l’absence de repère absolu, nous pouvons en arriver à douter de tout. Et c’est bien. Vive la douce incertitude.

Garder l’esprit ouvert, ne pas cesser d’être attentif, de s’adapter, de franchir les portes de l’inconnu et des mystères, voilà ce qui est rassurant. Car avec cet état d’esprit, l’échec n’a pas un sens négatif, il est une expérience.

Ce n’est pas celui ou celle qui doute qui vit un manque, au contraire, il garde l’esprit éveillé, il est curieux, parfois courageux par ses questionnements et expérimentations.

Celui qui à la certitude d’avoir raison peut devenir un danger pour lui et pour les autres, car il cesse de continuer à apprendre, à ajuster ses connaissances avec ce qui se passe autour de lui.

La personne qui accepte l’incertitude est capable d’assumer son état réel, elle n’a plus d’images de vérité à préserver, pas de honte à fuir, juste une touche d’authenticité. En acceptant les limites de notre esprit, nous nous mettons dans une position nous permettant de voir qu’il y a une frontière de ce qui est vrai ou faux, cette vision duelle, et que par delà celle-ci s’étend la nature propre de la vie et notre cœur battant son appel.

Une chanson de Daniel Lavoie – La vérité sur la vérité

Les paroles sur https://greatsong.net/PAROLES-DANIEL-LAVOIE,LA-VERITE-SUR-LA-VERITE,102761480.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 30 septembre 2018 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Le monde commence aujourd’hui   Leave a comment

ImAGE ouverture

Les yeux créent les couleurs. L’homme fait et défait les paysages. Laissez-moi vous dire ces choses, elles sont trop peu connues et, venant d’un aveugle, elles ont une petite chance de plus de retenir votre attention.

Les yeux font les couleurs. Bien sûr pas les yeux physiques, ceux de l’ophtalmologie. Ces deux organes confus et fragiles en avant de la tête ne sont, après tout, que des miroirs. Les deux miroirs brisés, les yeux continuent de vivre.

Ceux dont je veux parler, les vrais yeux, travaillent au-dedans de nous. Tant pis si le vocabulaire fait défaut, s’il est faible : voir, c’est un acte fondamental de la vie, un acte indéchirable, indestructible, indépendant des outils physiques dont il se sert. Voir, c’est un mouvement de la vie fait en nous avant les objets, avant toute détermination extérieure. Avant les objets et après eux si, par accident, les instruments matériels de la rencontre viennent à manquer. C’est au-dedans de vous que vous voyez.

Si la lumière intérieure ne nous était pas donnée d’abord, et par conséquent les couleurs aussi qui sont la monnaie de la lumière, jamais nous ne pourrions admirer les couleurs du monde.

Voilà ce que je sais après vingt-cinq ans de cécité.

Jacques Lusseyran dans Le monde commence aujourd’hui

Résistant aveugle, déporté au camp de Buchenwald entre janvier 1944 et mai 1945 puis professeur de littérature dans une université américaine il nous livre un message d’ouverture et de résilience.

Une pièce musicale de Zbigniew Preisner – L’Aurore

Publié 29 septembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La matière n’existe pas sans conscience   2 comments

Une film qui nous permet d’apprécier la conception du monde selon la mécanique quantique qui démontre que la réalité objective n’existe pas indépendamment de l’observation.

Publié 29 septembre 2018 par dandanjean dans Réflexions trouvées à partager

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Après le sens unique   Leave a comment

ImAGE envol papillon

Il n’est pas facile d’apprendre à ne plus creuser les sillons sur les chemins que nous foulons. Il était de ceux qui ont pendant des années emprunté un chemin et poursuivi la route malgré tout ce qu’il acceptait d’ajouter sur ses épaules.

Le problème de l’un l’attristait et devenait un fardeau pour lui. La peur de perdre sa route devenait un autre fardeau. S’assurer de saisir les bonnes opportunités en était un autre.

Et plus il avançait, plus le poids de sa vie creusait son propre sillage, donnant l’impression qu’il faut toujours poursuivre dans cette direction.

Un jour, assis sur le bord du chemin, le ciel s’assombrit puis devient tout noir. Il voyait pour la première fois une éclipse solaire. Il fut touché, et à la fois émerveillé. Il resta là silencieux, plein de vie.

Cet événement si simple et à la fois si fascinant lui fit prendre conscience que cet instant de sérénité ne lui était pas donné, ni imposé. Il l’a simplement saisi. Il avait vécu l’élévation dans l’instant, car les fardeaux de sa vie avaient glissé dans le passé.

À la fin de l’éclipse solaire, il se releva, et bifurqua au premier croisement vers le chemin de gauche qui lui semblait champêtre.

Une fois plus léger, il est plus facile de voir que notre marche de vie n’a pas besoin nécessairement de plus de distance pour atteindre ce que nous souhaitons, mais avant tout plus de sens.

Une chanson de Genesis interprétée par Fleesh – Your Own Special Way

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 29 septembre 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Conseils d’une amie pour des temps difficiles   Leave a comment

Tibet Drapeaux de prière

L’espoir et la peur proviennent de l’impression de manquer de quelque chose ; ils viennent d’un sentiment de carence. Il nous est tout simplement impossible de nous détendre avec nous-mêmes. Nous nous accrochons à l’espoir et l’espoir nous dérobe l’instant présent. Nous avons l’impression que quelqu’un d’autre sait ce qui se passe, mais qu’il nous manque quelque chose et que, par conséquent, quelque chose manque à notre monde.

*

Ce que nous haïssons en nous-mêmes, nous le haïrons chez les autres. Dans la mesure où nous avons de la compassion pour nous-mêmes, nous en aurons aussi pour les autres. Éprouver de la compassion commence et finit en ayant de la compassion pour toutes ces parts non désirées de nous-mêmes, toutes ces imperfections que nous ne voulons même pas regarder. La compassion n’est pas une sorte de programme de croissance personnelle ou un idéal selon lequel nous voudrions vivre.

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Nous ferions mieux d’arrêter de lutter contre nos pensées et de comprendre que l’honnêteté et l’humour sont une bien plus grande source d’inspiration et d’aide que toutes sortes d’efforts religieux solennels pour ou contre quoi que ce soit.

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La vie est un bon maître et un bon ami. Les choses sont toujours transitoires, si seulement nous pouvions nous en rendre compte. Jamais rien ne se résout de la façon dont nous le rêvions.

Pema Chödrön dans Conseils d’une amie pour des temps difficiles

Une pièce musicale de Max Richter – The Consolations of Philosophy

 

Publié 28 septembre 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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