Matthieu Ricard et le bonheur

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Demandez à plusieurs personnes de raconter des épisodes de « parfait » bonheur : certains parlent de moments de paix profonde ressentie dans un environnement naturel harmonieux, dans une forêt où filtrent des rayons de soleil, au sommet d’une montagne face un vaste horizon, au bord d’un lac tranquille, lors d’une marche de nuit dans la neige sous un ciel étoilé, etc. D’autres mentionnent un événement longtemps attendu : la réussite d’un examen, un triomphe sportif, la rencontre avec une personne qu’ils ont ardemment souhaité connaître, la naissance d’un enfant. D’autres enfin parlent d’un moment d’intimité paisible vécu en famille ou en compagnie d’un être cher, ou le fait d’avoir rendu quelqu’un heureux.

Il semble que le facteur commun à ces expériences fertiles mais fugitives soit la disparition momentanée de conflits intérieurs. La personne se sent en harmonie avec le monde qui l’entoure et avec elle-même. Pour celui qui vit une telle expérience, comme de se promener dans un paysage enneigé, les points de référence s’évanouissent : en dehors de l’acte simple de marcher, il n’attend rien de particulier. il « est » simplement, ici et maintenant, libre et ouvert. L’espace de quelques instants, les pensées du passé ne surgissent plus, les projets du futur n’encombrent plus l’esprit, et le moment présent est affranchi de toute construction mentale. Ce moment de répit durant lequel tout état d’urgence émotionnel disparaît est ressenti comme une paix profonde.

Matthieu Ricard dans Plaidoyer pour le bonheur

Une <chanson de Leonard Cohen – Waiting For The Miracle

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/248283-leonard-cohen-waiting-for-the-miracle.html

Entendre ce qui n’est pas prononcé

ImAGE enfants tibétains

Il existe des conversations où nous pouvons entendre les mots qui n’ont jamais été prononcés. Le corps, l’esprit, et deux présences se sont alors invités à l’échange. C’est lors de ces moments que nous prenons conscience que les mots sont parfois plus que des lettres, ils peuvent briser le voile retenant les ombres chinoises et nous permettre d’accéder à la mise en scène. Il devient alors évident que la clarté dans nos échanges ne viendra pas avec plus d’explication, plus de contenu, mais avec plus de sens et d’authenticité.

Nous observons ce même phénomène avec les photos de voyage. Tout peut être bien représenté, dans le moindre détail.  Nous pouvons créer un album de photos extraordinaire qui fait rêver. Toutefois, jamais l’album ne nous fera revivre l’expérience directe, la perception avec la chaleur du soleil, la douceur du vent, l’odeur et l’humidité ambiante.

L’humain, pour se développer, a besoin d’une expérience directe, entière et totale. Je ne dis pas qu’il faut balancer les mots ou les photos, il faut quand même se garder du divertissement et un espace de créativité.

Toutefois, il ne faut jamais perdre la perspective que ce qui se dit et ce qui se voit, ne représente que la partie visible du tracé du chemin à parcourir, le reste se foulent d’un pas singulier nous conduisant ultimement à la rencontre de l’autre.

Une chanson de Richard Séguin – M’entends tu

Les paroles sur http://laboiteauxparoles.com/titre/1971/richard-seguin-m-entends-tu

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