L’éternel instant éphémère

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Puisque tout passe, puisque tout est appelé à changer, il est bon de se poser la question de l’intérêt de se battre contre le temps. Au lieu de tenter de préserver un état le plus longtemps possible, ne serait-il pas mieux de tenter de nous attarder à la quête des plaisirs et bonheurs au lieu de leurs objets?

Il n’y a pas de plaisirs éternels, d’ailleurs il en est de même pour les malheurs. Les plaisirs et malheurs ne s’usent pas, ils sont là et se renouvellent d’événement en événement.

Seuls ceux qui tentent de les fuir et de les éviter en vivent une intensité plus forte.  Ceux qui ne s’attachent pas à la présence des plaisirs et des malheurs ni à leurs objets ressentent une plus grande paix.

Je ne dis pas que ce n’est pas possible de vivre une relation très longue avec une personne, je dis seulement que pour que celle-ci ait du sens, il faut qu’elle se renouvelle et change régulièrement.

Car, la seule façon que je connaisse pour vivre une durée significative en termes de sens, c’est de revenir à l’instant. Cet instant éphémère, qui pousse au changement, qui amène l’émerveillement et la gratitude, et qui nous oblige à percevoir notre vie qui se crée.

Une chanson de Peter Gabriel – Make Tomorrow

Les paroles sur http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/4533589/peter-gabriel/paroles-et-traduction-make-tomorrow/

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Le bruit d’une seule main

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Le Maître du temple de Kennin était Mokurai, le Tonnerre Silencieux. Il avait un petit protégé de douze ans, Toyo. Toyo voyait chaque matin et chaque soir les disciples rendre visite au Maître pour recevoir son enseignement par le moyen du sanzen, ou pour qu’il les aidât à se délivrer de la dispersion de l’esprit en leur soumettant des koans. Toyo voulut lui aussi pratiquer le sanzen.

— Attends encore un peu, dit le Maître. Tu es trop jeune.

Mais l’enfant insista et Mokurai se rendit enfin à son désir. Le soir même, le petit Toyo se présenta au seuil de la chambre de sanzen, de Mokurai, frappa le gong pour s’annoncer, s’inclina trois fois avant d’entrer et alla s’asseoir devant le Maître dans un silence respectueux.

— Tu sais le bruit que font deux mains lorsqu’on les claque l’une contre l’autre, dit Mokurai. Maintenant, dis-moi ce qu’est le bruit d’une seule main ?

Toyo s’inclina et regagna sa chambre pour réfléchir à ce problème. Par la fenêtre, il entendit la musique des geishas. « J’ai trouvé ! » s’écria-t-il.

Le lendemain soir, lorsque son maître lui reposa sa question, Toyo se mit à jouer la musique des geishas.

— Non, dit Mokurai. Ce n’est pas là le son d’une seule main. Tu n’as pas compris.

Se disant qu’une telle musique devait être à peine audible, Toyo s’installa dans un lieu plus tranquille et se remit à réfléchir. Ce faisant il entendit de l’eau qui coulait goutte à goutte : « J’ai trouvé ! » se dit-il.

Le lendemain, lorsqu’il se retrouva devant son maître, Toyo imita le bruit de l’eau.

— Ce n’est pas cela, dit Mokurai. Cela, c’est le bruit de l’eau qui coule ; ce n’est pas le bruit d’une seule main. Cherche encore.

Toyo proposa d’autres réponses — le soupir du vent, le cri du hibou, le chant du criquet — mais Mokurai les refusa toutes.

Pendant près d’un an, Toyo chercha en vain. Finalement, il entra en méditation et oublia tous les sons.

— Je ne pouvais plus en trouver d’autres, expliqua-t-il plus tard. C’est ainsi que j’ai atteint le son qui n’a pas de son.

Toyo avait compris ce qu’est le bruit d’une seule main.

Paul Reps dans le Zen en chair et en os

Une pièce musicale d’Eric Aron – Inside

Pause Jazz

Elle s’appelle Candelaria Buasso, elle chante du jazz depuis l’âge de 14 ans.

Quand à Luis Alberto Spinetta était un chanteur et guitariste argentin. Décédé en 2012, il a profondément marqué le monde musical argentin. Ici, lors d’un hommage, Cande Buasso et Paulo Carrizo interprétant une de ses compositions, Barro tal vez

Cande Buasso et Paulo Carrizo interprètent Barro tal vez (Luis Alberto Spinetta)

Les fruits de la passion

Boutique rêves

Pourquoi devons-nous être présents alors que manifestement nous existons? Quel subterfuge se cache derrière ces mots?

On peut avoir l’impression que le fait de trouver de beaux mots, de s’exprimer de façon positive devrait suffire. Et pourtant, être vrai est plus important que de faire simple ou positif.

Être présent demande plus que de la présence physique, car cela appelle à nous assumer, à délaisser l’emprise sur nous de toutes sortes de conceptions toutes faites, de préjugés et de peurs liées notamment à nos ruminations

C’est en quelque sorte, s’appuyer sur notre singularité, sur ce qui nous constitue, certains parlent de notre propre nature, et d’en être conscient une bonne partie de la journée.

Comment apprécier que nous soyons sur la bonne voie en ce qui nous concerne et non pas sur la voie des autres? Faites une pause dans votre journée. Prenez le temps d’apprécier ce que vous avez réalisé depuis votre lever. Tracer un bilan de l’importance de vos énergies que vous avez consacrées à faire puis à être. C’est en identifiant l’état d’esprit et l’émotion derrière chacune de ces actions que vous pourrez apprécier ce qui vous motive. Est-ce que vous faites ces actions pour éviter une réprimande, pour éviter de ne pas être apprécié, en faite pour éviter les différentes formes de nos peurs? Ou vos actions sont réalisées afin d’être mieux, c’est-à-dire pour se permettre de se réaliser, de vivre une passion qui nous nourrit et nourrit les autres?

Être présent, c’est prendre conscience de la passion d’être.

Une chanson de Fiori Séguin – La moitié du monde

Les paroles sur https://www.boiteachansons.net/Partitions/Fiori-Seguin/La-moitie-du-monde.php

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Propos de Boris Cyrulnik

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Pour trouver le bonheur, il faut risquer le malheur. Si vous voulez être heureux, il ne faut pas chercher à fuir le malheur à tout prix. Il faut plutôt chercher comment – et grâce à qui- l’on pourra le surmonter.

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La réussite n’est pas toujours une preuve d’épanouissement, elle est souvent même le bénéfice secondaire d’une souffrance cachée.

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Notre culture n’a pas assez développé l’éthologie, alors que la découverte du monde animal est bénéfique pour tous. Des éleveurs qui établissent des relations personnelles avec leurs vaches consomment en moyenne très peu de tranquillisants, alors que les éleveurs qui considèrent les animaux comme des choses à abattre et à vendre représentent une population dans laquelle on retrouve un nombre élevé de dépressions. C’est en rendant populaire ce genre d’études que les gens réaliseront qu’il faut diminuer ces massacres et ces tortures. Plus que par la loi, cela se fera grâce à des récits culturels. Dans les pays anglo-saxons, des écrivains, des philosophes ou des scientifiques comme Jane Goodall ont ainsi permis une protection animale plus efficace que la nôtre.

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Le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans les zoos et de les avoir humiliés par nos rires.

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Pour moi, le mot dangereux, c’est « un ». Parce que quand il y a UN seul Dieu, UNE seule théorie, UN seul chef, on court vers le langage totalitaire. Quand il y a « deux », quand il y a une comparaison, quand il y a la tolérance pour plusieurs Dieux, plusieurs chefs scientifiques, religieux, laïcs, on peut discuter et on est dans la direction de la démocratie.

Boris Cyrulnik

Une pièce musicale de Hans Zimmer – A Way of Life

Le sacré quotidien

Les pas du coeur

J’ai retrouvé le sens du sacré depuis que je porte une plus grande attention aux gestes du quotidien. Ils ne doivent pas devenir des automatismes, mais plutôt des gestes de vie. Ralentir, prendre conscience, quand cela est possible (car il y a des instants qui nous échappent et les 10 tractions l’emportent), pour découvrir l’aspect précieux de nos gestes.

Nous pouvons préparer un repas en suivant une recette standard, faite par un autre et pour les autres. Il est aussi possible de faire un repas à partir du goût moment, ce qui est ressenti, le besoin de soutien de notre organisme et l’intuition créatrice.

Faire un repas doit être un acte créatif et manger non pas par rituel, mais dans une action festive ou joyeuse.

Se rendre au travail non pas comme un automate, mais comme une personne conscient de la valeur de sa contribution, si minime soit-elle, et qui savoure le parcours et la destination.

Nous sommes en vie, c’est un événement en soi. Les plus grands rituels sacrés visent à se réaliser. Il est bon de prendre conscience que nous avons la chance de le vivre chaque jour.

Le chemin n’est pas seulement un moyen pour atteindre un but ou un objectif.  Le chemin est aussi notre vie, et nos pas, ce que nous avons de plus précieux pour avancer, car chacun de nos pas est le battement de l’histoire de notre vie? Et si, avec ce contact avec le présent, nous avions la clé pour franchir la porte sacrée de notre but lorsqu’il sera atteint? Alors, il ne serait plus pertinent de dire que je suis arrivé, mais bien, que je suis maintenant présent!

Une chanson de Yoav – One by one

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