Les coloriés

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Les adultes évitent toujours de dire ce qu’ils ressentent. Ils croient que si on est amoureux, on doit deviner les besoins de l’autre sans qu’il en parle ! Et que l’amour c’est ça ! Une devinette ! Ce système est assez efficace pour ne pas se comprendre et en vouloir ensuite à l’autre !

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On devrait toujours aimer pour la première fois.

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Si le corps et l’âme des femmes doivent se résumer à un problème à régler, je préfère encore abdiquer toute ambition d’amant et m’en remettre à l’onanisme jusqu’à la crampe.

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L’âge nous déprave en adultes, en maris domestiqués, en contribuables obéissants, en débiteurs sans humours, en même temps qu’il émousse nos plus délicieux travers.

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À des milliers de kilomètres de chez nous vit un peuple qu’aucune carte n’a jamais répertorié: les Coloriés. Turbulents, sincères et gobeurs d’instants, ils vivent dans un univers sans adultes où l’enfance et le jeu sont une culture à part entière.

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Après tout, la vie valait d’être vécue si l’on avait la maturité de la colorier.

Alexandre Jardin dans Les coloriés

Une chanson d’Alex Nevsky – Les Coloriés

Les paroles sur https://www.paroles-musique.com/paroles-Alex_Nevsky-Les_Colories-lyrics,p016890435

Être à soi

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J’ai longtemps cherché la richesse, et pourtant, elle résidait dans ma capacité de donner.

Je me suis oublié pour être aimé des gens, et pourtant, tant que je n’ai pas su m’accepter, l’amour ne pouvait s’enraciner.

J’ai désiré découvrir la beauté en visitant tant de lieux, et pourtant, la capacité d’émerveillement émanait d’un temple en moi.

J’ai expérimenté bien des techniques de méditation et pourtant, en lâchant prise, la conscience et l’attention me cultivent maintenant au quotidien.

J’ai tenté de me libérer de mes chaînes, et pourtant, en geôlier, j’avais oublié le non-attachement.

J’ai recherché par tant de détours le pouvoir et pourtant, la bonté m’a fait comprendre la futilité de vouloir contrôler les autres.

J’ai beaucoup lu pour développer mes capacités, et pourtant, les expériences ont développé des connaissances que je n’aurais pas soupçonnées.

J’ai fait tant de représentations pour être reconnu, et pourtant, une simple présence qui rayonne est souvent porteuse d’humilité.

J’ai attendu patiemment le bonheur, et pourtant, il naît dans l’action harmonieuse et consciente envers les autres.

Une chanson de ZAZ – Qué vendrá

Les paroles sur https://greatsong.net/paroles-que-vendra-zaz

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

La Grande Totalité

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En 1586 j’entrai dans ma 41e année. Après une longue période de voyage et d’études, je pus enfin vivre tranquillement dans ma nouvelle demeure de méditation qui venait d’être construite. Mon esprit et mon corps subirent alors une détente bienfaisante et je me sentis merveilleusement heureux.

Un soir, pendant la méditation, je vis clairement la Grande Totalité, illuminatrice, transparente, vide et claire, telle l’Océan limpide, et rien n’exista plus.

Cette vision m’inspira les stances suivantes :

L’Océan limpide luit

clair et vide,

aussi éclatant que le reflet de la lune

sur la neige blanche.

Aucune trace d’homme ou de dieu ne subsiste.

Oh ! quand s’ouvre l’oeil de Vajra,

le mirage disparait.

La grande terre disparait dans la royaume de la tranquillité.

Après cette expérience, je suis retourné dans ma chambre. Sur mon bureau se trouvait le Soutra Leng Yen[Surangama]. Je l’ai ouvert par hasard, et je suis tombé sur les phrases suivantes :

« Vous verrez alors que votre corps et votre esprit, ainsi que les montagnes, les rivières, l’espace et la terre de l’extérieur sont tous dans l’Esprit merveilleux, illuminé et vrai. »

Soudain, l’essentiel de l’ensemble du sutra fut clairement compris par mon esprit et apparut de façon vivante sous mes yeux.

Chen Chi Chang dans Pratique du Zen

Une pièce musicale de Asha – Return To Your Soul

 

Ces épris de liberté

étoiles déraillent...

L’apprentissage de la solitude est un chemin d’apprivoisement et d’acceptation contrairement à l’isolement imposé.

D’une part, nous devons apprivoiser notre présence, notre rapport avec le silence et le calme, pour ensuite accueillir et composer avec nos peurs. C’est en quelque sorte un passage obligé qui nous amène à soi.

Toutefois, pour vraiment accéder à cet espace intérieur, souvent associé à la nature propre qui nous compose, il est primordial de s’investir pleinement pour assumer sa liberté. Ce mot si noble et si invocateur reste trop souvent une lubie de l’esprit. Regardez autour de vous, les gens qui recherchent constamment la compagnie des autres, qui font tout pour ne pas être seuls, cédant leur liberté pour une présence.

Ce qui est fardeau pour les uns et une bénédiction pour les autres. Être son propre guide et suivre ses propres principes et lois. Ceux qui gravissent des montagnes, qui écrivent leurs visions, qui franchissent des frontières, qui créent les œuvres d’art qui les habitent sont épris de liberté.

Il ne faut pas pour autant fuir les familles, l’amour, l’amitié, les groupes et les associations de toutes sortes, il faut tout simplement accepter que nous soyons des êtres qui ont besoin de se réaliser tout en contribuant à une communauté. L’oppression des autres est souvent ce que l’on s’impose pour s’éloigner de soi.

Pourtant, la solitude est une porte dérobée qui nous permet d’oser notre singularité pour mieux enrichir notre communauté.

Une chanson de Chanson de Paul Eluard adaptée pour l’édition 2016 des Enfoirés – Liberté

Les paroles suivent plus bas sous la vidéo

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2019 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

De la fumisterie intellectuelle

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Quand une divergence d’opinion vous irrite, méfiez-vous : vous verrez peut-être, après examen, que votre croyance va au-delà de ce que justifient les preuves.

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Si la moindre contradiction vous met en colère, c’est qu’inconsciemment vous vous savez incapable de justifier l’opinion qui est la vôtre.

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Méfiez-vous des opinions qui flattent votre amour-propre.

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La persécution est une arme propre à la théologie, et non à l’arithmétique : l’arithmétique, en effet, repose sur un savoir, mais la théologie repose simplement sur des opinions.

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La peur collective favorise l’instinct grégaire et la cruauté envers ceux qui n’appartiennent pas au troupeau.

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L’homme est un animal crédule, il a besoin de croire et, à défaut de fondements solides à sa croyance, il se contentera de fondements bancals.

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Surmonter sa peur, c’est le premier pas vers la sagesse dans la recherche de la vérité comme dans la quête d’une vie digne.

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Afin de mettre cet orgueil en sourdine, rappelons-nous que l’humanité n’est qu’un épisode éphémère dans la vie d’une petite planète nichée dans un recoin de l’univers et que pour autant que l’on sache, d’autres galaxies abritent peut-être des êtres qui nous sont tout aussi supérieurs que nous ne le sommes aux méduses.

Bertrand Russel dans De la fumisterie intellectuelle

Une pièce musciale de Zubin Mehta with Khatia Buniatishvili – Schumann: Piano Concerto in A Minor, Op. 54