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Dans la main de la terre   Leave a comment

Il y avait peut-être cent ans qu’elle était là, ou peut-être juste un instant. Le vent de la nuit lui caressait le visage et je ne saurais vous dire où était son pays, où était sa maison, si elle était femme de marin, de paysan, d’exilé ou d’émigrant, si elle avait franchi la mer, une montagne ou l’océan.

La terre semblait être derrière elle ; en la voyant marcher on pouvait imaginer qu’elle la portait toute seule sur ses épaules.

Allez donc savoir ce qu’elle s’en allait chercher, ce qu’elle aurait aimé entendre cette nuit-là. La nuit, les regards des hommes s’éteignent un peu, on dit que la lumière est à l’intérieur, dans un village, au fond d’un port, en haut d’une montagne, un phare dans l’océan ou bien une étoile dans le ciel.

À chaque chant qui résonnait elle accordait son âme, elle accordait ses pas. Elle disait qu’elle voulait apprendre le chemin jusqu’aux plus beaux signaux du monde, jusqu’à la beauté qui unit les hommes et les peuples.

Son rêve, elle l’écrivait de quatre mots : l’unité qui rassemble, la diversité qui enrichit. Dans chaque chant du monde elle voulait graver une alliance, une reconnaissance, dans chaque langue elle voulait apprendre la part d’altérité, d’intelligence et d’humanité.

Elle disait que c’était cela la plus belle promesse d’avenir, de paix, de richesse du monde. Un jour le poète a écrit pour elle « l’homme n’est ni grand ni petit, il a la taille de ce qu’il sait aimer et respecter ».

Elle, elle répondait que toute la vie il fallait apprendre à être l’invité de l’autre, l’invité du monde, que c’était cela l’hospitalité. Il y a peut-être cent ans qu’elle marchait ainsi, ou peut-être un instant, c’était cela sa fidélité. Le chant d’amour qui fait pleurer les yeux d’un peuple ne peut à tout jamais laisser indifférent l’âme du monde, c’était cela sa paix.

Ce soir, entre la mer et l’océan il y a peut-être quelques lumières de plus dans la main de la Terre, là où rien n’est séparé, là où s’additionnent et se reconnaissent toutes dignités du monde, là où des enfants de Bretagne ont écrit un jour « tous ces pays dispersés par le vent, les champs de blé dans la poche des paysans, et l’océan qui n’a plus pour frontière que la graine emportée par une main d’enfant ».

Ce soir… ce soir le pain sera blanc à la table d’hôte ; passant, demeure ici pour le partager. Il y a peut-être cent ans qu’elle marchait ainsi ou peut-être un instant ; elle disait que cette beauté-là est invincible, elle disait que cette beauté-là est invincible.

Texte de G.F. Bernardini

Une prestation sur ce texte de I Murvini – Dans la main de la terre

 

Publié 14 août 2018 par dandanjean dans Pauses musicales

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Mon ancien maître, Arbre   Leave a comment

ImAGE soleil arbre

J’ai plaisir à revisiter mes maîtres anciens qui à chaque fois, me font découvrir des enseignements merveilleux.

Par exemple, le maître Arbre, qui m’a appris à devenir plus accueillant. Il m’a appris à faire en sorte que ma vie permette de nourrir les autres par le partage.

Arbre m’a appris l’importance de l’accueil dans un monde individualiste. Apprendre à s’ouvrir aux autres, à composer avec ceux-ci tout en préservant sa singularité. Et surtout, demeurer ce que nous sommes sans devenir une copie.

Pour cela, Arbre m’a parlé de l’importante de savoir, d’une part puiser en soi, puis se nourrir de sa sève de vie. Il est important de saisir que le liquide sacré qui s’écoule en nous est porteur de vie, et que par lui nous pouvons nous épanouir. Prendre soin de son corps, s’alimenter sainement et se respecter est primordial.

Arbre m’a aussi appris l’importance du partage. Nous nous nourrissons des éléments de la terre, il est tout fait normal de redonner les fruits que nous produisons à la terre. Accepter que les oiseaux de ce monde puissent venir se poser sur soi, et devenir un lieu de vie, de fécondité, de transfert intergénérationnel voire d’immortalité.

Arbre m’a aussi appris l’importance d’accepter de se transformer. Cette acceptation du changement passe par les cycles de vie, ou il est nécessaire de renaître, de fleurir et de se laisser aller dans le vent au terme de son cycle pour retourner à la terre.

Se transformer, c’est prendre le chemin de ses racines jusqu’à ses ramifications pour vivre un nouvel état d’éveil.

Mes maîtres anciens, Montagne, Rivière, Soleil, Chemin et Vent pour ne nommer que ceux-ci sont riches d’enseignement. Je vous invite tout comme moi à les revisiter de temps en temps.

Une chanson de Peter Gabriel – Shaking The Tree

Les paroles en français sur http://paroles-traductions.com/chanson/montrer/1707162/youssou-ndour/paroles-et-traduction-shaking-the-tree/

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Publié 8 août 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Les anciens maîtres   Leave a comment

Bouddha vert

Ah je me rappelle

Les anciens maîtres

Qui était capable de créer

Une chaumière accueillante

Sous l’ombre d’un arbre

 

Ah je me rappelle

Les anciens maîtres

Dont les paroles

Portée par la musique du vent

Faisait chanter l’âme

 

Ah je me rappelle

Les anciens maîtres

Dont les écrits

Suscitaient l’éveil

Des cœurs endormis

 

Ah je me rappelle

Les anciens maîtres

Dont les mains

Toutes usées

Depuis tant d’années

Persistaient à se tendre

Pour attendrir

Pour accueillir

Et avec un grand sourire

Partager a gratitude de vivre.

 

Deux chansons de Neil Young – Old Man & Heart Of Gold

Les paroles en français sur https://www.lacoccinelle.net/255297.html et https://www.lacoccinelle.net/246360.html

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Publié 6 août 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Demian… quelques bribes   1 comment

herman-hesse-trees

La communauté en soi, dit Demian, est belle. Mais ce n’est pas la communauté véritable. Elle naîtra du rapprochement de certains individus et elle transformera le monde pour quelque temps. Ce qu’on appelle communauté n’est que formation grégaire. Les hommes se réfugient les uns auprès des autres parce qu’ils ont peur les uns des autres.

Chacun pour soi ! Les patrons pour eux, les ouvriers pour eux, les savants pour eux !

Et pourquoi ont-ils peur ? L’on a peur uniquement quand on n’est pas en accord avec soi-même. Ils ont peur parce qu’ils ne sont jamais parvenus à la connaissance d’eux-mêmes. Ils se rassemblent parce qu’ils ont peur de l’inconnu qui est en eux.

Ils sentent que leurs principes sont surannés, qu’ils vivent d’après de vieilles Tables de la Loi et que ni leurs religions ni leurs morales ne répondent aux nécessités présentes. Depuis plus d’un siècle, l’Europe ne fait qu’étudier et construire des usines. On sait exactement combien il faut de grammes de poudre pour tuer un homme mais on ne sait plus comment on prie; on ne sait même plus comment se divertir pendant une heure seulement.

*

Chaque homme n’est pas lui-même seulement. Il est aussi le point unique, particulier, toujours important, en lequel la vie de l’univers se condense d’une façon spéciale, qui ne se répète jamais.

*

L’Amour ne doit pas prier, mais il ne doit pas exiger non plus. L’amour doit être assez puissant pour devenir une certitude. Alors, au lieu d’être attiré, il attire.

Hermann Hesse dans Demian

 

Une pièce musciale de Dave Matthews Band – Crash Into Me

 

Publié 16 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Moi et l’autre   Leave a comment

Mains monde

Un : Pourquoi y a-t-il des gens comme cela qui semblent si démunis et différents de nous?

L’autre : Ce sont des personnes qui ont quitté leur pays, car il y avait la guerre, et tout s’écroulait autour d’eux.

Moi : Ils sont ici pour toujours?

Toi : Ils essaient de poursuivre leur vie, tout comme toi, ils ont des rêves, ils ont des espoirs. Les parents veulent offrir un monde paisible à leurs enfants.

Moi : Comment peut-on les aider?

Toi : En faisant des choses simples. Être accueillant, sourire, regarder dans les yeux, saluer et poser des petits gestes d’entraide afin de faciliter leur intégration. Et surtout, éviter de reproduire des zones de guerres par nos préjugés et nos mots mal avenants. Chaque parole ou geste d’exclusion est une agression contre notre communauté qui évolue.

Moi : Si j’ai des amis qui se moquent de ces personnes, je vais leur dire.

Toi : Parfois, il vaut mieux s’exprimer par l’exemple, car il y en a encore qui n’ont pas compris que la guerre ne peut pas être un jeu et que les préjugés et les gestes d’exclusion sociale font partie d’un arsenal pour instaurer l’intolérance.

Une chanson de Richard Séguin -Au bord du temps

Les paroles sont sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Richard-S%C3%A9guin/Au-bord-du-temps

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Publié 26 janvier 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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Voyage, voyage   2 comments

Si j’avais un seul conseil à donner pour aider une personne qui ne sait plus quoi faire de sa vie, je lui dirais qu’il lui faut voyager. Je ne parle pas d’aller dans un tout inclus, mais de fouler une terre inconnue où la beauté, la joie et la peur seront entrelacées dans le ventre. Pour cela, je lui dirais de mobiliser toutes ses ressources pour s’offrir la grande transformation. Rien n’est impossible, pour ma part, compte tenu de mes origines, j’ai dû travailler un an pour le faire.

Entrer dans une ville inconnue regarder les gens, se rassasier de nouvelles nourritures, parcourir de nouvelles avenues, découvrir des perspectives différentes, recevoir des idées non conçues, et redécouvrir l’émotion de regarder pour une première fois. Cela implique d’apprivoiser, d’aimer, de douter, de s’inquiéter, de se remettre en question, de se sentir seul, et de s’apprivoiser puis de s’aimer.

Puis, le jour des départs, car il y en a toujours beaucoup, pouvoir regarder une dernière fois ce que nous laissons dernière nous, d’un regard attentif et paisible, laissant les images se déposer en nous, pour que se tamise par le silence du temps l’identité de cette terre, ses arômes, ses accents, ses regards, ses visions et paysages sous une fine couche d’enchantement. –

Le voyage peut transformer un humain. Il opère cette alchimie en nous, là où les identités de passage se côtoient, s’acceptent et se développent pour en polir notre nature propre. Le regard n’est plus figé, il perçoit réellement la vie.

Alors, le sens de notre voie se dégage, il n’y a plus de retenue et nous passons notre route avec une joie paisible d’être rendu à Soi.

Une chanson de Beyries – Je pars à l’autre bout du monde

Les paroles sont sur : http://paroles2chansons.lemonde.fr/paroles-beyries/paroles-je-pars-a-l-autre-bout-dur.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2017 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas couper ou modifier les textes et le contenu sans mon approbation, merci.

 

Publié 28 novembre 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Jacques Salomé et l’amour en partage   1 comment

Coeur armure

J’ai fait un pas immense le jour où j’ai compris que j’étais seul à entretenir mes souffrances…

*

Communiquer suppose aussi des silences, non pour se taire, mais pour laisser un espace à la rencontre des mots.

*

L’amour ne doit pas être utilisé comme un remède à la solitude, mais comme un soleil propre à faire éclore en chacun le meilleur de lui-même.

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Entrer en relation avec l’autre, c’est prendre le risque de communiquer, c’est à dire de mettre en commun des données personnelles liées à son vécu, à ses émotions…

*

Ne cherche pas d’autres richesses que celles de l’amour à donner et à recevoir.

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Ose, ose, car le possible est toujours un tout petit pas après… l’impossible.

Ose ta confiance, ose ta vie, toi seul la vivras.

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L’étoile est belle parce qu’elle laisse deviner l’infini dont elle s’entoure.

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C’est dans l’amour partagé en réciprocité que la vie prend toute sa saveur, donne tout son goût, révèle toute son ampleur.

Jacques Salomé

 

Une pièce musicale Zbigniew Preisner – Conte d’amour

Publié 20 novembre 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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