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La musique sublime   Leave a comment

ImAGE clé de sol feu

Il a découvert encore une fois la beauté de la vie. Cette fois-ci, il était dans un métrobus. Il se rendait à son travail, il avait les écouteurs sur les oreilles et il écoutait une douce musique. Il avait sélectionné le mode découverte aléatoire.

Puis, peu après le tumulte des jeunes qui sont entrés par la porte avant, il lui a fallu peu de temps pour partir. Il avait quitté ce monde qui, pour les passagers assis autour de lui, demeurait stable et pérenne. Il a été entraîné vers une grande ouverture, où le temps et l’espace ne sont plus que fantaisies, où les étoiles sont des notes dansantes à l’image de la Danaïde de Rodin, puis de la petite Châtelaine de Camille Claudel ou encore les horloges fondantes de Dali. Toutes ces étoiles de l’art de la vie ne faisaient qu’un tourbillon en spirale, emportées dans une sorte de danse créatrice du monde. Ces notes étaient devenues des sons-passeurs vers ce noyau du monde qu’est l’extase, l’émerveillement. C’est dans ces instants de grâce que nous prenons conscience que la musique est sublime à qui sait l’écouter.

À la fin de la pièce musicale, lentement tout était redevenu un transport en commun, stable, pérenne. Il avait le sourire de la joie humaine. Aujourd’hui, je sais que personne ne sera capable de lui faire comprendre que la réalité n’est rien d’autre que ce qui est là sous nos yeux, et que c’est ce qu’il y a de plus certain dans la vie.

 

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Envole-moi

Paroles sur https://www.lacoccinelle.net/279972.html

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR 2018 – Daniel Jean – Vous pouvez copier ce texte en indiquant la source dandanjean.wordpress.com, SVP ne pas modifier les textes et le contenu sans approbation, merci.

Publié 12 avril 2018 par dandanjean dans Contes, Textes de mon cru

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S’émerveiller   Leave a comment

ImAGE joie

Le regard émerveillé est généreux, il se pose sur le spectacle et en jouit sans vouloir prendre, altérer ou posséder, il ne demande qu’à être partagé. C’est une bienveillance première, provoquant une forme d’attention soutenue, qui confère au regardeur une capacité de voyance. D’où ce constat : l’émerveillement est un mouvement littéralement altruiste.

*

Une des vocations de l’art consiste à représenter la dimension secrète et délicieuse du monde, qu’elle nous fait goûter. Une grande partie des images, peintes, photographiées, et peut-être depuis les toutes premières, sur les parois des grottes, témoigne de l’émerveillement devant le visible.

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L’œuvre d’art peut même nous émerveiller tant que soudain elle nous happe et nous absorbe.

*

Il faut s’arrêter devant le réel, et cet arrêt seulement rend possible l’émerveillement.

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Cette poésie qui déjoue nos façons d’entendre les mots, qui les démembre puis les réassemble pour les faire sonner selon d’autres réseaux d’autres significations, que provoque-t-elle en moi, sinon l’émerveillement ?

S’émerveiller résulte souvent, devant la beauté du monde comme devant l’invention artistique, d’une déroute de nos habitudes.

*

Mais je n’ai pas encore évoqué la forme poétique la plus accordée à l’émerveillement modeste que je veux décrire ici, et à la disposition intime qui le suscite : le haïku, attention au minuscule, au quotidien, au banal; sentiment vif de l’instant et de l’éphémère- quel est le plus bel éloge du monde simple et de la vigilance ?

Le regard est si proche de l’objet contemplé qu’il ne fait parfois qu’un avec lui,

« Mon âme plonge dans l’eau

et ressort

avec le cormoran « 

(Ryota, 1718-1787)

Tirée de Belinda Cannones dans S’émerveiller

Une pièce musicale  de Beethoven – 6e Symphony Pastoral

Publié 22 mars 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Pour l’amour de l’art et l’art de l’amour   Leave a comment

psyche_ranimee_par_le_baiser_de_lamour_canova_louvre_tetes2

Il n’y a pas si longtemps, un peu moins de trois millénaires, des hommes et des femmes vivaient déjà des vies amoureuses passionnées et leurs histoires inspiraient des œuvres d’art encore admirées aujourd’hui. Plus récemment, il y a moins de mille ans, on parlait avec délice, dans de nombreuses civilisations, de l’amour courtois et de l’art délicat de faire connaître son amour par un poème, un tableau, une chanson ou toute autre manifestation de beauté.

Cette semaine, pour des raisons commerciales cachées sous un prétexte romantique, un flot d’achats impulsifs d’objets ou de services de toutes sortes va inonder le monde. Comme si l’ultime preuve contemporaine de l’amour était l’argent.

Il est encore temps de se rappeler que ce qui est acheté, vendu et offert ne remplace pas la passion, la tendresse, l’attention, la bienveillance et l’altruisme. Et que l’amour le plus intense n’est pas celui que nous recevons, mais celui que nous donnons. Gratuitement. Sans rien attendre en retour.

Par ailleurs, afin d’échapper à cette dictature invasive du marché de la sphère la plus intime et afin de ne pas laisser la manifestation de l’amour se réduire à un acte commercial, je propose un exercice plus intéressant et révélateur: refuser toute manifestation commerciale de l’amour et d’offrir à un être cher une visite au musée et la réplique de l’œuvre d’art, qui à vous semble parler le mieux de votre amour. Et si vous voulez aller plus loin, offrez à l’autre le voyage pour aller contempler ce travail au musée, ou sur le site du monde, où qu’il soit.

Une réplique! Quelqu’un va éclater avec dédain. Ça craint, dépourvu de poésie, plat, et pas généreux! Tout le monde peut avoir ça et ça ne dit rien sur la valeur de la relation!

Ne nous leurrons pas: en sculpture, les répliques sont aussi précieuses que les originaux, qui ne sont qu’une série de doublons arbitrairement limités. Cela a été bien démontré par une longue discussion entre spécialistes dans un texte célèbre de Roland Barthes. Pour les peintures, ils sont de plus en plus fidèles au concept des répliques, et les musées commencent à comprendre qu’ils sont leurs alliés et non leurs rivaux.

Alors osons réfléchir à la meilleure façon d’exprimer un sentiment à travers une œuvre d’art. Selon ce que l’on pourrait vouloir dire, je peux recommander un travail particulier. Par exemple, Raphael Cupidon et Psyché; Paysage nuageux avec Pyrame et Thisbé par Nicolas Poussin; La mariée juive de Rembrandt; Watteau La chanson d’amour; l’apparition de Fragonard; les innombrables baisers, de Canova, de Lautrec, de Camille Claudel, de Klimt, de Picasso ou de Brancusi; Les Amoureux de Magritte; Le couple de Louise Bourgeois; ou les performances de Marina Abramovic avec Ulay à Venise en 1976 et MOMA en 1982; ou enfin, dans les cas extrêmes, la lettre de rupture reçue par Sophie Calle et affichée avec ses commentaires. Mieux encore, une œuvre d’art créée par vous. Parce que tout le monde peut le faire. Alors, prenez des cours de peinture, de sculpture, de tapisserie, de poterie et de dessin, puis commencez. Exprimez-vous. Prenez le temps dont vous avez besoin. Et vous saurez dire, mieux que le bijou le plus précieux, que votre amour, en soi, est une œuvre d’art.

Pour l’amour de l’art et l’art de l’amour de Jacques Attali

 Une pièce musciale de Ludovico Einaudi – Experience

Publié 4 mars 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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La conjonction des savoirs   Leave a comment

ImAGE corridor

La religion, la science, l’art, dans leur intelligibilité fondamentale, ne sont pas incompatibles mais inséparablement unis. Ces différentes attitudes de l’esprit devant le monde sont interdépendantes. Il est donc important de rétablir un dialogue, souvent occulté par une vision excessivement fragmentaire, entre ces aspects particuliers de la culture humaine…

Il est difficile de ne pas voir que notre civilisation, dans le passé comme dans le présent, a souffert et souffre encore d’une espèce de perte ou de faillite du sens. Chacun le vit comme un sentiment de « vide intérieur », d’absence de sens ou simplement d’absurdité de la vie. Le problème réside en ce que le sens implique la valeur, et si la vie est dépourvue de sens, elle revêt une valeur nulle et ne vaut donc pas la peine d’être vécue.

Les grandes traditions spirituelles, et aujourd’hui la science, évoquent l’existence d’une autre réalité que celle qui tombe directement sous le sens. Ces deux approches de la réalité nous acheminent aux confins des territoires objectivement observables, là où le sens de l’univers se déploie dans le vécu de notre conscience pour rayonner d’un sentiment intense d’unité intérieure et de participation cosmique.

La spiritualité, la psychologie des profondeurs et la science peuvent être des itinéraires complémentaires sans pour autant se fonder l’un sur l’autre, au regard d’une prise de conscience globale du fait relationnel au sens où l’univers n’est pas un agrégat de parties élémentaires séparées les unes des autres avec seulement des interactions externes.

A un niveau plus profond, celui où tend chacune des disciplines évoquées, tout est relié, chaque partie est potentiellement présente dans toutes les autres et réciproquement.

La fragmentation est une abstraction, une convention parfois pratique, mais aucun des termes constituants les pôles opposés n’est cause de l’autre. La matière ne cause pas l’esprit, l’esprit ne cause pas la matière, ils s’auto-produisent mutuellement…

La conjonction des savoirs, Dominique Casterman

Une chanson interprétée par Bruno Pelletier – Le temps des cathédrales

Les paroles et les accords surhttps://www.boiteachansons.net/Partitions/Notre-Dame-de-Paris/Le-temps-des-cathedrales.php

 

Publié 4 décembre 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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Le mythe de la création du monde   Leave a comment

ImAGE le voyage

Je vis parfois des moments que je trouve si incroyables, que je me dis que c’est presque tiré d’un roman, d’une histoire inventée, et pourtant…. Je sais que c’est vrai.

Tout comme il m’arrive de lire un livre et de me dire qu’en ce moment, cette histoire est surement vécue par quelqu’un dans le monde, avec d’autres dialogues, d’autres langues, d’autres costumes, mais le même possible.

Aussi, il m’arrive d’imaginer que notre monde est cette confession d’une humanité qui veut vivre, se divertir, se découvrir, devenir, et se partage sous forme d’histoires à conter. Il y a les histoires d’amour, d’amitié, de guerre, de science, de spiritualité, de biodiversité, etc.

On y découvre des femmes et des hommes qui découvrent et créent. Leur imagination fait en sorte qu’ils révèlent la beauté repoussant les limites de l’art et de la connaissance.

En tant que personnage, cette conception du monde fait en sorte que nous sommes captifs d’une histoire, acteurs passagers et précaires. Notre vie temporaire dans l’une de ces histoires est une réalité, pour autant, que nous puissions oublier qu’il y a toujours une autre histoire à renaître.

Et comme dans tout roman, ou dans tout livre, le mystère et le secret seront toujours que taches d’encre sur les pages, tandis que la solution ou la réponse est dans la prise de conscience de l’humain qui lui donne sens et vie. Nous avons ce pouvoir de faire la différence.

Et ainsi, s’amorce le début d’une autre histoire, tel un mythe de la création du monde.

Une chanson de Playing For Change | Song Around The World – Imagine

COPYRIGHT – DROIT D’AUTEUR – Daniel Jean – Si vous voulez copier ce texte merci d’indiquer la source dandanjean.wordpress.com, ne pas couper ou modifier les textes et le contenu merci

Publié 22 septembre 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Voyage au cœur de notre humanité   1 comment

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Il y a tant d’opportunités de voyages, il s’agit juste de prendre le temps de se laisser partir, de se laisser vivre l’émerveillement. Chaque livre, chaque peinture, chaque chanson, chaque film, chaque sculpture, chaque rencontre sont une aventure d’exploration. Tous ces modes de communication et de création démontrent qu’il y a un bon nombre de personnes qui peuvent nous apprendre une nouvelle dimension de notre monde.

Le voyage est d’autant plus intéressant qu’en devenant apatrides et nomades dans notre milieu, nous pouvons laisser de côté ces référents sociaux comme l’appartenance ou la performance. Alors, notre regard sans filtre peut mieux percevoir un espace humain riche, multiple et enrichissant.  <

C’est tellement rafraichissant de faire des rencontres qui ne sont pas des opportunités de débat pour se faire valoir, mais plutôt des contacts de partage, de complicité, voir même parfois d’oubli de soi

J’ai la chance de découvrir des espaces humains solidaires avec des personnes formidables de toute provenance (même des cités d’or et je me sens privilégié).

Cela fait en sorte que l’on ne se voit pas aussi fréquemment que souhaité, mais la connexion, elle, est toujours active.

Effectivement, il y a une grande aventure humaine à parcourir et la vie à de belles surprises à dévoiler.

Une chanson de Richard Séguin – Au bord du temps

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Publié 29 août 2017 par dandanjean dans Textes de mon cru

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Quelle est votre couleur de peau ?   Leave a comment

L’être humain est-il seulement blanc, noir et métisse ? Eh bien, c’est un petit peu plus compliqué que cela.

En 2012, Angélica Dass a lancé le projet Humanæ http://humanae.tumblr.com/ .

Cette photographe brésilienne s’est donnée pour mission de cataloguer toutes les nuances de couleurs de peau à la manière du système Pantone.

Elle a déjà réalisé 3 500 portraits dans 17 pays.

 

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