3 questions

Les Grecs se posaient trois grandes questions : Que puis-je connaître ? Comment gouverner la Cité ? Comment mener mon existence ? Selon [Jean-François Revel], la science a répondu en grande partie à la première question et la démocratie à la deuxième. Quant à la troisième, il considérait que les philosophes qui ont suivi Spinoza ont totalement abandonné cette question pour se consacrer à l’élaboration de vastes édifices intellectuels destinés à reconstruire le monde comme si personne n’avait pensé avant eux. Devant cet échec de la philosophie moderne, [Jean-François Revel] se demandait si l’intérêt naissant pour le bouddhisme en Occident n’était pas dû au fait qu’il comblait un vide en apportant des réponses pragmatiques à la façon de conduire au mieux notre existence.

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Le bouddhisme déconstruit la notion d’un soi unitaire et autonome qui siégerait au cœur de notre être; le neuroscientifique confirme qu’aucune aire cérébrale n’assume un rôle central de « poste de commandement » dans le cerveau. Le concept d’un tel chef d’orchestre n’est qu’une illusion commode pour fonctionner au quotidien.

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S’engager face à la crise climatique : de l’indifférence à l’altruisme authentique.

Le sort des générations futures, incluant celui des 8 millions d’espèces qui sont nos concitoyennes en ce monde, est le défi ultime pour l’altruisme. Il s’agit en effet de prendre en considération le sort de personnes que nous ne connaîtrons pas et de modifier nos comportements en raison des souffrances qu’elles vont endurer dans cinquante ou cent ans en raison de notre manière de vivre. Mais ces souffrances seront réelles et nous en serons responsables. Si nous n’agissons pas, nul doute qu’elles diront : « Vous saviez, et vous n’avez rien fait.

Matthieu Ricard dans Carnets d’un moine errant

Une pièce musicale de Musique tibétaine · Buddhist méditation académie