Sans temps, ou 100 ans

Musique de la terre

Elle aimait les périodes de sa vie ou elle avait à passer des examens. C’était pour elle le délice ultime. Se concentrer sur une tâche, s’y engager pleinement et bien qu’il y eut une limite de temps défini pour la réaliser, elle prenait un malin plaisir à s’y échapper. Être sans temps.

Encore aujourd’hui, elle apprécie la vie tout en essayant de s’élever au-dessus du temps. Elle aimait voir ses étudiants en archéologie parcourir chacune des étapes de leur apprentissage, car elle le savait, une fois leur diplôme terminé, ils réserveront leur avenir aux découvertes du passé.

Pour développer leurs savoirs, les humains peuvent revêtir différents costumes, celui de l’historien, celui du scientifique, celui de l’artiste, celui du philosophe ou du cuisinier. Et chacun, peu importe leur rôle, devait faire, au début de leur cheminement, ce chemin en sens inverse qu’avait suivi l’histoire.

Elle savait qu’il fallait prendre une certaine distance avec le concept de temps. Cette perspective lui permettait d’utiliser cette force lumineuse qu’apporte le passé, qui nous permet de voir l’ensemble des ramifications à mesure qu’il s’éloigne du présent.

Elle aimait rappeler que si nous étions présents au début des temps avec les premiers humains, nous ne saurions même pas comment nommer cet épisode. N’étant pas capables de savoir leur origine qu’ils vivaient en temps direct en quelque sorte, ils en parlaient, ils le chantaient, ils tentaient de donner des mots à l’insolite et ils le racontaient au fur et à mesure. Ce n’est qu’en remontant le fil de l’histoire que nous avons trouvé le récit fabuleux de cette mythologie de notre origine.

Aujourd’hui, on lui donnerait 100 ans, et elle sourit encore et toujours, car elle en apprend encore tellement sur sa jeunesse.

Une chanson de Beyries – J’aurai cent ans

Les paroles sur https://www.paroles.net/beyries/paroles-j-aurai-cent-ans

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Après le sens unique

ImAGE envol papillon

Il n’est pas facile d’apprendre à ne plus creuser les sillons sur les chemins que nous foulons. Il était de ceux qui ont pendant des années emprunté un chemin et poursuivi la route malgré tout ce qu’il acceptait d’ajouter sur ses épaules.

Le problème de l’un l’attristait et devenait un fardeau pour lui. La peur de perdre sa route devenait un autre fardeau. S’assurer de saisir les bonnes opportunités en était un autre.

Et plus il avançait, plus le poids de sa vie creusait son propre sillage, donnant l’impression qu’il faut toujours poursuivre dans cette direction.

Un jour, assis sur le bord du chemin, le ciel s’assombrit puis devient tout noir. Il voyait pour la première fois une éclipse solaire. Il fut touché, et à la fois émerveillé. Il resta là silencieux, plein de vie.

Cet événement si simple et à la fois si fascinant lui fit prendre conscience que cet instant de sérénité ne lui était pas donné, ni imposé. Il l’a simplement saisi. Il avait vécu l’élévation dans l’instant, car les fardeaux de sa vie avaient glissé dans le passé.

À la fin de l’éclipse solaire, il se releva, et bifurqua au premier croisement vers le chemin de gauche qui lui semblait champêtre.

Une fois plus léger, il est plus facile de voir que notre marche de vie n’a pas besoin nécessairement de plus de distance pour atteindre ce que nous souhaitons, mais avant tout plus de sens.

Une chanson de Genesis interprétée par Fleesh – Your Own Special Way

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Les grandes mutations intérieures

Rien ne reste jamais pareil, mais il existe des états qui sont de longues durées. Les grandes mutations intérieures n’arrivent pas d’un seul coup, elles n’arrivent pas au moment que nous le souhaitons, il n’existe pas de moyens surs pour les appeler.

Toutefois, lorsque le processus est lancé, le moindre événement particulier de la vie porte en lui la semence d’une grande élévation, d’un mouvement de mutation.

Ce qui n’avait pas de sens a mué, et devient précieux. Ce que nous tenions pour acquis s’est envolé, ce de quoi nous avions peur devient une source de plaisir. Tel le passage d’un cycle, nous changeons de bourgeons à feuilles, puis de feuille à humus.

Et c’est en cela que réside la beauté de notre humanité. Nous passons de composition à décomposition. Nous sommes le battement de la vie.

Par delà ces changements, ces mutations, une réalité demeure, immuable et éphémère, comme le plus précieux des diamants.

Là comme tu es, avec ta joie, ton espérance, ta souffrance, ton sourire, ton regard, l‘âge qui mûrit en toi, la vie tout entière a besoin de toi, car tu es unique.

Une pièce musicale Vangelis – Conquest of paradise

 

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La musique du coeur

 

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C’est le secret de la musique qu’elle n’exige que notre âme, mais qu’elle la veuille toute entière. Elle ne demande ni intelligence, ni culture par delà toutes langues, toutes sciences, sous des formes ambivalentes mais évidentes en dernière analyse, elle représente l’âme de l’homme.

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Comme la danse et comme tout exercice artistique, la musique a été dans les temps préhistoriques un art magique, un des vieux et légitimes moyens de la magie.

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Plus la musique devient bruyante, plus les hommes deviennent mélancoliques, plus le pays est en danger.

Hermann Hesse dans Musique

Qui veut devenir ce qu’il devrait être doit laisser ce qu’il est maintenant.

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Ce qui est premier dans l’intention vient en dernier dans l’oeuvre, comme le toit d’une maison vient en dernier.

Maître Eckhart dans Aphorismes et légendes

Méditer sur le verbe, secrètement, pour le salut de l’âme et l’honneur de l’esprit, est devenu, avec la fin des temps, d’une nécessité absolue. Quand tout le monde triche, il n’est ni beau, ni grand, ni héroïque d’être honnête : c’est seulement indispensable pour la sauvegarde de l’honnêteté.

Armel Guerne dans Le Verbe nu : Méditation pour la fin des temps

La parole est un prétexte: ce qui attire l’homme vers l’homme c’est l’affinité qui les lie, et non la parole.

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Ta tâche n’est pas de chercher l’amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l’amour

Le livre du dedans : Fîhi-mâ-fîhi  de Djalâl-od-Dîn Rûmî

Une pièce musicale de Richard Strauss – Also sprach zarathustra

 

Changer d’altitude

ImAGE Lever de terre

Nous ne changerons jamais la direction des courants aériens ni celle des vents de la vie, mais nous pouvons à chaque instant changer d’altitude pour nous en libérer et trouver une meilleure trajectoire. Changer de niveau de compréhension afin de dépasser nos peurs, afin de découvrir d’autres façons de penser et de se comporter, d’autres explications, d’autres manières de percevoir la cause et même le sens de ce qui nous arrive. Comprendre ce que nous avons à faire de notre passage sur Terre.

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Nous devenons la plupart du temps prisonniers non pas des vents de la vie, mais de notre propre façon de penser et de comprendre l’existence.

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N’oublions jamais que la responsabilité [dans le déroulement de notre histoire] n’est pas liée à la situation dont nous héritons, mais à ce que nous allons en faire ! Ne pas comprendre cette première règle est une auto-condamnation à une vie de lamentations et de frustrations.

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Pour qu’une société fonctionne, elle a besoin d’un équilibre entre les droits et les devoirs de chacun. Nous en sommes arrivés à considérer les devoirs comme des atteintes aux libertés individuelles et les droits comme des justifications à tous les conflits.

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Tout ce que nous développons comme bonheur personnel, familial, matériel, dépend de l’extérieur et sera tributaire des vents de la vie. Ils apparaîtront et disparaîtront au gré des rafales. Il n’y a que les qualités intérieures de Conscience, de bonté et de sagesse qui peuvent devenir permanentes et indépendantes des circonstances. Tout le reste peut nous être enlevé à n’importe quel moment.

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Soyez honnêtes et transparents avec vous-mêmes, avouez-vous les pires idées, les plus inavouables pensées qui peuvent vous traverser la tête. Vous n’en serez que plus libres pour vous en affranchir. Tant que vous les combattrez, elles resteront en embuscade, prêtes à vous prendre par surprise et vous faire souffrir.

Bertrand Piccard Changer d’altitude : Quelques solutions pour mieux vivre sa vie

 

Une chanson de Jean-Pierre Ferland interprétée par Bruno Pelletier – Un peu plus haut, un peu plus loin

La grâce de la gratitude

ImAGE reconnaissance

 

Plus précieux que des cadeaux matériels en raison de son effet durable, la gratitude touche directement le cœur. Offrir sa gratitude en disant « merci » instaure une réelle reconnaissance entre deux personnes.

« Merci » ce sont que 5 petites lettres, qui lancées machinalement, sans attention, n’opèrent aucune magie. Mais, lorsque le regard est soutenu, en toute conscience, ces 5 lettres ont le pouvoir de toucher la source de l’estime de soi.

La gratitude exprimée suscite chez la personne qui l’a reçoit une prise de conscience de son potentiel et lui permet, du même coup, de balayer du revers de la main toutes les incertitudes potentielles. La gratitude permet cette élévation du matériel vers l’être. Elle est un appel à un regard positif sur notre humanité.

Le cercle vertueux de la gratitude est alimenté par l’expression de notre gratitude aux autres, ainsi, nous devenons conscients des instants de bonheur reçus, nous devenons plus ouverts, aimables, et enfin, semeur de ces présents précieux. Ces présents précieux peuvent susciter plus que de la gratitude…

Aucune reconnaissance et aucune gratitude exprimée ne sauront annihiler les émotions négatives, mais elles faciliteront le développement des émotions positives en nous concentrant sur ce que nous avons et non sur ce que nous désirons.

Il y a dans la gratitude une main ouverte tendue vers l’autre. Certains diront que le regard de l’autre sur soi valide notre existence en confirmant notre valeur. Il y a surement un peu de cela, car l’ingratitude peut souvent engendrer une impression de grand rejet.

Dire merci, exprimer sa gratitude, c’est contribuer à l’effet papillon pour la libération de moments de joie et de bonheur. C’est surtout être authentique, dire ce que nous pensons et ce que nous ressentons. En soi, c’est probablement le plus beau cadeau, autant pour la personne qui donne, que pour la personne qui reçoit. De nos propres fragilités, nous prenons conscience de notre grandeur en tant qu’humains.

Car la personne qui a reçu a bien souvent renoué avec sa vulnérabilité pour accepter le geste de l’autre.

Au creux des mains de la gratitude, il y a les battements du cœur de la générosité, de l’humilité et de l’ouverture à l’autre. Si la gratitude n’est pas le bonheur lui-même, elle permet d’en identifier une des énergies qui la composent.

Merci!

 

Une chanson de Jean-Jacques Goldman – Nos mains

LES PAROLES SUR https://www.lacoccinelle.net/280275.html

 

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De l’élévation

ImAGE Ballon

Autrefois, la première exigence adressée à celui qui s’engageait sur le chemin de la libération était « Connais-toi toi même… » car il faut être maître de soi pour définir son propre objectif.

L’éveil de l’homme commence quand il se rend compte qu’il ne va nulle part, et qu’il ne sait où aller. Tant qu’il demeure plongé dans un sommeil où ses rêves prévalent, il ne se doute pas qu’il dort.

Le sommeil dans lequel il existe est quasiment hypnotique, et cet état est continuellement maintenu, renforcé par lui-même. Aussi longtemps que l’être humain restera esclave intérieurement, il le restera extérieurement et souffrira. S’il vainc ses souffrances et surmonte les obstacles, il pourra alors développer les qualités qui lui octroieront la libération. Car derrière toute difficulté, il y a le remède qui est la connaissance du Soi. Elle qui est habituellement dissimulée par nos désirs et habitudes.

Sagesse Lakota – Le souffle de la Terre – Annie Pazzogna

Une pièce musicale de Caravan Palace – L’envol