Hubert Reeves nous explique… La biodiversité

Des espèces disparaissent et les grandes personnes nous racontent des histoires. Aujourd’hui nous allons voir comment nous pouvons préserver la vie de certains animaux en créant des Oasis Nature.

écrit et réalisé par Charbel Kazandjian

Extrait de la Bande Dessiné : « Hubert Reeves nous explique la biodiversité » Auteurs : Hubert Reeves – Nelly Boutinot. Dessin : Daniel Casane. Edition : Le Lombard.

N’hésitez pas à vous rendre sur le site de Humanité et Biodiversité pour prendre des infos et à vous procurer la bande dessinée sur la biodiversité et celle sur la forêt qui, à mon sens, doivent être présentes dans toutes les écoles.

Poussières d’étoiles

Perséides Mont-Sainte-Anne

À très petite échelle, la texture cosmique se résout en une multitude d’unités élémentaires : les galaxies. Comme des raisins enfouis dans la pâte d’un gigantesque pudding. La comparaison peut se poursuivre. Au four, le pudding va gonfler. Dans le volume de la pâte, les raisins vont s’éloigner les uns des autres, d’une façon uniforme. De même, nous l’observons au télescope, toutes les galaxies s’éloignent lentement les unes des autres. Ce mouvement a été observé pour la première fois il y a une soixantaine d’années. Il se confirme maintenant jusqu’à de très grandes distances.

Installez-vous par la pensée sur un raisin de notre pudding au four. Les raisins voisins s’éloignent lentement. Les plus lointains se déplacent à des vitesses beaucoup plus élevées. Il en va ainsi des galaxies. Certaines d’entre elles, situées aux plus grandes distances accessibles à nos télescopes (environ dix milliards d’années-lumière), filent à 90 % de la vitesse de la lumière (soit 270 000 kilomètres par seconde). Chaque raisin voit le même paysage. Tous ses confrères s’éloignent de lui. Ils s’éloignent d’autant plus vite qu’ils sont plus loin. Notre raisin pourrait se croire le centre du monde. Un instant de réflexion lui évitera cette désillusion. Comme il nous l’évite par rapport aux galaxies qui nous entourent.

Il est difficile de se représenter l’image d’un univers à la fois infini et en expansion. J’ai trouvé l’idée suivante : ramenons le problème à une seule dimension. Imaginons un mètre à mesurer, de longueur infinie (fig. 15). Il s’étend devant nous à gauche et à droite. Des deux côtés, il se perd à l’horizon. Pour les besoins de notre comparaison, le mètre sera en métal. On va le chauffer progressivement sur toute sa longueur. Il va se dilater. La distance entre les unités va s’accroître lentement et uniformément. Partout! L’avantage de l’infini, c’est précisément qu’il n’y a pas de frontière, pas de mur pour nuire à la progression. De même, chaque paire de galaxies voit s’accroître la distance qui les sépare sans que jamais l’espace lui manque. L’espace infini est infiniment dilatable.

Hubert Reeves dans Poussières d’étoiles

Une chanson de Bruce Cockburn – Starwheel

L’espace prend la forme de mon regard

Vent frais sur la figure. Bruits de pas dans les feuilles. Douce lumière qui tombe des grands nuages blancs. Tapis de pervenches et d’anémones étalées sous les grands troncs de la forêt. Pures merveilles…

Capturer cet instant harmonieux. S’insérer dans le courant du temps. Percevoir le battement de l’existence qui passe. La vie est une succession d’instants.

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Pour tirer le meilleur parti des connaissances acquises, pour en extraire toute la richesse, il importe de ne pas s’y habituer trop vite, de se laisser le temps de la surprise et de l’étonnement.

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La question n’est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt: qui est-Il, et à quoi joue-t-Il?

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La nature est éclatante d’intelligence. Chaque fois que nous inventons une technique nouvelle, nous découvrons qu’elle la maîtrise depuis longtemps et bien mieux que nous.

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Les gens meurent, mais la vie a une façon de continuer comme si de rien n’était. Il faut voir la mort non pas comme un arrêt, mais comme un relais, à l’image du coureur grec qui transmettait la flamme olympique avant de s’écrouler. Notre vie est courte mais notre espèce est de longue durée. Nous portons la responsabilité des maillons dans une chaîne.

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Distinguer le  » raisonnable  » et le  » rationnel « . Le premier inclut l’intuition et l’affectif. Le second n’implique qu’un déroulement correct du processus logique.

Hubert Reeves dans L’espace prend la forme de mon regard

 

Une pièce musicale Zbigniew Preisner – Hymn of Love

L’importance de la vie sur terre

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– Trois mots à retenir: connaître, créer, compatir.

– Faut-il faire des enfants ? Ne privez pas vos futurs enfants de ce que vous avez apprécié vous-mêmes. Donnez-leur leur chance.

– L’important, c’est d’agiter la vie. On a tout le temps d’être mort.

– La vie, c’est la matière qui fleurit… C’est la graine qui germe quand elle trouve un terrain favorable.

– Parmi mes amis nombreux sont ceux qui prient. Ils pensent qu’au bout de la ligne quelqu’un les entend et prête attention à leurs prières. Je l’ai cru dans ma jeunesse. J’en suis incapable aujourd’hui. Trop d’arguments dans ma tête entravent cette croyance. J’ignore si je la retrouverai jamais. Mais je refuse l’idée que ceux qui prient ont tort et que j’ai raison.

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Il ne faut jamais sous-estimer la précarité de nos connaissances.

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Nous ne pouvons compter que sur notre logique imparfaite et nos instruments approximatifs pour poursuivre la tâche amorcée par les philosophes grecs : l’exploration du cosmos. Le mystère du monde demeurera. Et c’est très bien ainsi. Il y a de quoi se passionner encore longtemps. Autrement, quel ennui !

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Les problèmes commencent quand les domaines sont confondus. Quand les religieux prétendent interférer dans la connaissance scientifique, tels les dominicains à propos de la rotation de la Terre ou les évêques anglicans au sujet de l’évolution darwinienne. Ou encore quand les nazis éliminaient les faibles en invoquant les lois de la génétique.

Paroles d’Hubert Reeves

Une chanson de David Bowie interprétée par l’astronaute Chris Hadfield – Space Oddity

Les paroles en français https://www.lacoccinelle.net/250739-david-bowie-space-oddity.html