Archives du tag ‘Khalil Gibran

L’errant   Leave a comment

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Un homme dit à un autre :  » A la marée haute, il y a longtemps, avec un bout de mon bâton j’écrivis un vers sur le sable ; et les gens s’arrêtent encore pour le lire et font attention à ce que rien ne l’efface. « 

Et l’autre homme dit :  » Et moi aussi j’écrivis un vers sur le sable, mais c’était à marée basse, et les vagues de l’immense mer l’ont effacée. Mais dis-moi qu’avais-tu écrit ? « 

 Et le premier homme répondit :  » J’avais écrit ceci :  » Je suis celui qui est « . » Mais toi, qu’avais-tu écrit ? « 

 Et l’autre homme répondit :  » J’avais écrit ceci : « Je ne suis qu’une goutte de ce grand océan.

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Un jour la Beauté et le Laid se rencontrèrent sur le rivage. Et ils se dirent : « Allons nous baigner dans la mer. » Alors ils se dévêtirent et nagèrent. Au bout d’un moment le Laid revint sur le rivage ; il s’habilla avec les vêtements de la Beauté et poursuivit son chemin. Et la Beauté sortit aussi de la mer, mais ne trouva pas ses habits ; parce qu’elle était trop timide pour rester nue, elle s’habilla avec les vêtements du Laid. Et la Beauté poursuivit son chemin. Et à compter de ce jour les hommes et les femmes prennent l’un pour l’autre.

 Cependant il en est qui ont aperçu le visage de la Beauté, et ils la reconnaissent malgré ses habits. Et il en est qui connaissent le visage du Laid, et ses vêtements ne le dissimulent pas à leurs yeux.

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Khalil Gibran dans L’errant

Une pièce musicale de The Doors – Riders On The Storm

Publié 28 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Esprits rebelles   Leave a comment

La vraie lumière est celle qui brille de l’intérieur d’un homme. Elle révèle les secrets de l’âme à l’âme et lui permet de se réjouir dans la vie, chantant au nom de l’Esprit. La vérité est comme les étoiles, qui ne peuvent être vues que dans l’obscurité de la nuit. La vérité est comme toutes les belles choses de l’existence : elle ne révèle ses beautés qu’à ceux qui ont senti le poids du mensonge. La vérité est un sentiment caché qui nous apprend à nous réjouir de nos jours, et à souhaiter cette joie à tout le genre humain.

*

Maudit soit celui qui juge et celui qui pratique… J’étais une femme déloyale et adultère dans la maison de Rachîd parce que la force des traditions m’avait fait partager sa couche, sans attendre que le ciel fasse de moi son épouse selon la loi de l’âme et des sentiments. Je me sentais malhonnête et méprisable devant moi-même et devant Dieu lorsque je profitais de ses bienfaits pour qu’il profite de mon corps. Maintenant je suis une femme honnête car l’amour m’a rendue libre, je vis honorablement et en paix parce que j’ai cessé d’échanger mon corps contre du pain et mes jours contre des parures. Oui, j’étais une femme malhonnête et indigne quand les gens me considéraient comme une épouse vertueuse, et aujourd’hui que je suis honnête et respectable, ils me prennent pour une débauchée parce qu’ils ne regardent que le corps pour juger de l’âme et ne s’attachent qu’à ce qui est matériel pour juger du spirituel.

Khalil Gibran dans Esprits rebelles

Une pièce musicale de Yanni Keys To Imagination

Publié 16 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Le fou   Leave a comment

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Vous me demandez comment je devins un fou. Cela m’arriva ainsi: un jour, bien avant que de nombreux dieux ne fussent nés, je m’éveillai d’un profond sommeil et trouvais que tous mes masques étaient volés, les sept masques que j’ai façonnés et portés durant sept vies; je courus alors sans masque à travers les rues grouillantes de la ville en criant: « Aux voleurs! Aux voleurs! Aux maudits voleurs! »

Hommes et femmes se moquèrent de moi; de crainte, certains coururent vers leur maison.

Et quand j’atteignis la place du marché, un jeune homme, debout sur le toit d’une maison, s’écria: « C’est un fou. » Je levais la tête pour le regarder; le soleil embrassa mon propre visage nu pour la première fois. Pour la première fois le soleil embrassa mon propre visage nu et mon âme s’enflamma d’amour pour le soleil, et je ne voulus plus de mes masques. Et, comme dans une extase, je criai: « Bénis, bénis soient les voleurs qui me dépouillèrent de mes masques! »

C’est ainsi que je devins un fou.

Et dans ma folie, j’ai retrouvé à la fois ma liberté et ma sécurité; la liberté d’être seul et la sécurité de n’être pas compris; car ceux qui nous comprennent nous asservissent de quelque manière.

Mais je ne voudrais pas me targuer de ma sécurité. Même un voleur dans sa geôle est à l’abri d’un autre voleur.

Khalil Gibran dans Le fou

Une chanson de Daniel Bélanger – La folie en quatre

Les paroles sur https://genius.com/Daniel-belanger-la-folie-en-quatre-lyrics

Publié 10 août 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Les Secrets du cœur   Leave a comment

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Nombreux sont ceux qui parlent comme le grondement de la mer, mais leurs vies sont stagnantes et sans profondeur, comme un marais pourrissant. Nombreux sont ceux qui lèvent la tête au-dessus du sommet des montagnes, mais leur esprit continue à dormir dans l’obscurité des cavernes.

*

Celui qui tente de séparer le corps de l’esprit ou l’esprit du corps éloigne son cœur de la Vérité. La fleur et son parfum sont inséparables, et l’aveugle qui nie la couleur et l’image de la fleur en croyant qu’elle ne possède qu’un parfum qui vibre dans l’éther est semblable à ceux qui se pincent les narines en prétendant que les fleurs ne sont que des formes et des tons qui n’ont aucun parfum.

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La lampe de la Sagesse vacille, et il est temps d’y mettre de l’huile.

*

Le temps et le lieu sont des états spirituels; Tout ce qui se voit et tout ce qui s’entend est spirituel. Si tu fermes les yeux, tu percevras toutes choses à travers les profondeurs de ton moi intérieur, tu verras le monde physique et céleste dans son intégralité, tu feras connaissance de ses lois et de ses préceptes nécessaires, tu comprendras la grandeur qu’il contient au-delà de sa proximité…

Khalil Gibran dans Les Secrets du cœur

Une pièce musicale de Dhafer Youssef – Soupir Eternel

Publié 22 juillet 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Le jardin du prophète   2 comments

Quand le printemps viendra chercher son Bien-Aimé dans les bosquets et les vignes assoupis, la neige fondra, certes, et coulera en rivières pour rejoindre le fleuve dans la vallée et pour être l’échanson des myrtes et des lauriers.

… C’est ainsi qu’à l’arrivée de votre printemps, la neige de votre coeur fondra, et votre secret coulera en rivières pour rejoindre le fleuve de la vie dans la vallée. Et le fleuve prendra dans les bras votre secret pour le remettre à l’immense mer.

… Il n’est rien qui ne fonde et ne se transforme en chanson, lorsqu’arrive le printemps. Même les étoiles, ces énormes flocons de neige qui tombent lentement sur ces vastes champs, fondront pour devenir des rivières chantantes.

Lorsque le soleil de son visage se lèvera par-dessus le très large horizon, quelle harmonie glacée refusera de se muer en mélodie fluide ?

Et qui d’entre vous refuserait d’être l’échanson des myrtes et des lauriers ?

Khalil Gibran Le jardin du Prophète

 

Une pièce musicale de Dhafer Youssef – Soupir Eternel

Publié 21 avril 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Khalil Gibran; rêveries et attirance   Leave a comment

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Croyez aux rêves car en eux se cache la porte de l’Éternité.

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Aucun homme ne peut rien vous révéler sinon ce qui repose déjà à demi endormi dans l’aube de votre connaissance.

*

Moi et le rivage nous sommes amants :

Le vent nous unit et nous sépare.

Je viens de l’au-delà du crépuscule

Pour unir l’argent de mon écume à l’or de ses sables ;

Et je rafraîchis son cœur brûlant de mon humidité.

Quand l’aube point, je lis la loi de la passion à mon bien-aimé,

Et il m’attire sur son cœur.

Au soir je chante la prière du désir,

Et il m’étreint.

Khalil Gibran

 

Une pièce musicale de Vangelis – Conquest of Paradise

 

Publié 16 février 2018 par dandanjean dans Pauses lectures

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Quelques propos de Khalil Gibran   2 comments

beauté

Combien noble est celui qui ne veut être ni maître ni esclave.

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J’ai été une seule fois réduit au silence. Ce fut quand un homme m’a demandé: qui êtes-vous?

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L’aspect des choses varie selon les émotions, ainsi nous voyons en elles magie et beauté : mais beauté et magie, en réalité, sont en nous.

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Il ne coûte rien et produit beaucoup. Il enrichit celui qui le reçoit, sans appauvrir celui qui le donne. Il ne dure qu’un instant, mais son souvenir est parfois immortel. Un sourire, c’est du repos pour l’être fatigué, du courage pour l’âme abattue, de la consolation pour le cœur endeuillé.

C’est un véritable antidote que la nature tient en réserve pour toutes les peines. Et si l’on refuse le sourire que vous méritez, soyez généreux, donnez le vôtre. Nul en effet n’a autant besoin d’un sourire que celui qui ne sait pas en donner aux autres. Chacun d’entre nous recèle une part de beauté, il suffit de la faire rayonner de l’intérieur vers l’extérieur. Lorsque la main d’un homme touche la main d’une femme, ils effleurent tous les deux le cœur de l’éternité.

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Le mérite d’un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion.

Khalil Gibran

Une chanson de Damien Rice – Hypnosis

Publié 2 avril 2017 par dandanjean dans Pauses lectures

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